‹ Frochet, préfet de la SeineChapitre 27 sur 38 · I. — SERVICE MUNICIPAL. — MAIRIES · texte numérisé non relu

I. — SERVICE MUNICIPAL. — MAIRIES

La ville de Paris a été de tout temps divisée en plusieurs quartiers, dont les édits royaux avaient fixé le nombre et les limites. La Révolution la divisa en soixante arrondissements ou districts, et bientôt après, les soixante districts firent place à quarante-huit sections. La loi du 3 ventôse an 111 (21 fé-

FROCHOT

vrier 1795), qui détermina le mode de constater l’état civil dans la commune de Paris, prescrivit de composer un arrondissement avec quatre sections et de former dans Paris douze arrondissements. Un peu plus tard, la constitution de l'an III ayant fixé à douze le nombre des administrations municipales de Paris , les douze arrondissements d’état civil devinrent les douze arrondissements municipaux. Les quarante-huit sections furent maintenues et prirent le nom de divisions. D’autre pari, la garde nationale et la police de sûreté s’étant organisées dans des cadres différents, Paris se trouvait, en l’an VIII, livré à une complication de divisions et de subdivisions administratives qui entretenaient le désordre.

Pénétré de la nécessité d’assurer l’exécution des lois, de simplifier et de fortifier les rapports de l'administration centrale avec les administrations secondaires, du préfet avec les maires, des maires avec les citoyens, des magistrats de sûreté avec les juges de paix, des juges de paix avec lesjusticiables, en un mot d’établir dans un même cadre les services de l’administration, de la justice et de la police, Frochot proposa hardiment de rectifier le plan de Paris. Il divisait la ville en six arrondissements avec six maires et six magistrats de sûreté : chaque arrondissement en trois justices de paix : chaque justice de paix en trois commissariats de police. Le 19 fructidor an IX (6 septembre 1801), le conseil d’Élat rejeta cette proposition qui lui parut trop radicale, et la ville de Paris conserva, pendant le Consulat et l’Empire, les divisions que la Révolution et le Directoire avaient tracées.

On sait que la loi du 28 pluviôse an Vlll substitua l’action d’un magistrat unique à l’action d’une administration collective. Le maire et deux adjoints remplacèrent les directoires, et dans les douze arrondissements les nouveaux fonction-

naires municipaux reçurent à peu près la même mission que leurs devanciers. Ils tinrent les registres de l’état civil, préparèrent toutes les opérations de conscription , réquisition et enrôlements, surveillèrent les établissements de bienfaisance et les écoles primaires, et firent exécuter les arrêtés du préfet, maire central de Paris. Lorsqu’en l’an XI Frochot eut transféré l’administration préfectorale et municipale de l’iiôlel de la place Vendôme dans l’antique hôtel de ville, il devança le décret du 1 5 mars 1806, en cherchant les moyens d’installer les douze mairies dans des maisons municipales. Si l’état des finances communales le contraignit à différer un projet que réclamaient les exigences d’un nouveau service, du moins il exerça sur ces administrations dispersées un contrôle sévère, s’appliquant d’ailleurs à élever par des marques d'estime la fonction de maire et d’adjoint à la dignité de magistrat de la cité. Le gouvernement seconda ces vues et encouragea ces prétentions. Le maire central de Paris et les douze maires d’arrondissement reçurent du premier consul et de l’Empereur les témoignages de la plus chaleureuse bienveillance, et tandis que Frochot et ses collègues s’efforçaient de mériter la reconnaissance des Parisiens, en portant un zèle scrupuleux dans le détail quotidien des affaires municipales, le gouvernement s’efforçait d’exciter cette reconnaissance par des distinctions qui s’adressaient aux représentants de la ville de Paris.

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