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DÉPLOIEMENT DE L' ARTILLERIE AU V« CORPS

lion sur le mamelon au nord de Gunstett et tire contre Tartillerie de la division Lartigue.

La lutte d^artillerie dure, au V® corps, exactement une heure (de 9 h. 1/2 à 10 h. 1/2).

Ce temps a suffi pour éteindre le feu des six batteries françaises opposées (1).

CommentaireB.

On peut se demander ce qu'il fût advenu si, au lieu de 24 canons de 4, Tartillerie française établie sur les pentes du plateau de Frœschwiller eût disposé de 80 canons analogues à ceux de l'armée prussienne.

La distance de lutte étant de 3,000 mètres environ et la position des batteries françaises un peu meilleure que celle de rennemi, les deux artilleries se seraient combattues pendant un grand nombre d'heures, sans résultat décisif, laissant aux deux infanteries le pouvoir d'agir l'une contre l'autre en toute liberté.

Dans ces conditions, le combat d'usure aurait tourné en faveur de nos bataillons, mieux partagés sous le rapport du terrain, munis d'un fusil supérieur, animés, aussi et surtout, d'une confiance et d'une énergie sans bornes.

On peut prévoir que, lors d'une prochaine guerre, les artilleries opposées, quand elles s'équivaudront par le nombre, le matériel et la qualité, ne pourront plus engager le fameux duel dont nos oreilles sont rebattues depuis vingtcinq ans.

Grâce aux perfectionnements techniques, tels que l'éloignement des chevaux et des caissons, la protection du per-

(1) Deux batteries de canons de la 3^ dirision et quatre batteries de canons (montées) de la réserve générale.

sonncl, le choix (remplacements défilés, les batteries de la guerre future seront prescjue invulnérables au début des batailles.

Une fois que Tartillerie d'un corps d'armée encadré aura reconnu l'impossibilité d'obtenir tout d'abord à elle seule un résultat décisif, elle divisera le travail entre ses batteries, les unes étant chargées d'un tir de surveiQance contre Tartillerie opposée, les autres devant participer activement aux luttes de rinfanterie, éventuellement de la cavalerie.

Les premières accableront les batteries ennemies qui voudraient se porter en avant, les secondes soutiendront activement les autres armes et, pour ce faire, devront être dirigées par des officiers supérieurs, non seulement rompus aux procédés de la tactique générale, mais encore en possession des doctrines du haut commandement.

La bataille de demain ne débutera donc vraisemblablement plus par les luttes d'artillerie préludant aux engagements des avant-gardes.

Comme au temps de Napoléon I®'', Tartillerie agira suivant le but, les moyens et les circonstances du moment*

Alors tomberont dans l'oubli les théories étranges d'un certain nombre d'écrivains tudesques qui, après la guerre de 1870, ont noirci des monceaux de papier pour faire croire que les procédés de guerre des Allemands ont ouvert une ère nouvelle à la tactique.

§ 5. — La brèche appelle Tassaut.

Quoi qu'il en soit, l'artillerie française du plateau de Frœschwiller une fois mise hors do cause, les batteries du Y*' corps vont pouvoir diriger leurs feux contre les troupes d'infanterie qu'elles apercevront, ou môme, (ju'elles soiip- (^onneront embusquées derrière les couverts et les ondulations du sol.

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Elles repéreront aussi les points saillants du terrain entre le bois de Frœschwiller et le Nieder-Wald, de telle sorte qu'une troupe ennemie, surgissant à Timproviste d'une crête ou d'un couvert, puisse être soumise, instantanément, à un feu rapide bien réglé.

Admettons que les cinq batteries d'aile droite, disposées au nord de la grande route de Preuschdorf à Wœrth, fassent le guet, soit pour empêcher une reprise du feu par l'artillerie française, soit pour accabler une troupe se montrant à découvert. Les neuf autres batteries d'aile gauche vont-elles déverser le contenu de leurs coffres, par un tir ininterrompu, sur les hectares de vergers, de houblonniers de boquetaux, d'espaces défilés à ses vues, qui occupent la majeure surface du sol en face?

D'infanterie ennemie on ne voit trace. Durant la lutte d'artillerie, elle s'est rasée dans les parties couvertes du terrain et n'a pas tiré un seul coup de fusil. Où est-elle donc? On l'ignore.

Le canon à lui seul a-t-il le pouvoir de la faire lever?

Il faudrait pour cela que le tir des batteries fût dirigé exclusivement sur les troupes, en supposant qu'elles pussent être atteintes derrière les masques qui les abritent.

Mais si l'artillerie fouille avec ses obus tous les lieux susceptibles de cacher de l'infanterie, ses résultats probables seront bien faibles.

Comment forcer l'infanterie adverse à se montrer, ou tout au moins, à signaler sa présence par le feu de ses fusils?

L'unique moyen consiste à menacer cette infanterie d'un abordage, et une telle menace, l'infanterie seule peut la produire.

Si donc, le général de Kirchbach voulait exploiter la victoire de son artillerie au profit de l'ensemble, s'il souhaitait en conséquence de faire servir la majorité de ses batteries à la destruction de l'infanterie masquée dans les couverts du terrain à l'ouest de Wœrth, il était de toute nécessité qu'il

lançât, à la façon d'une meute, une partie de son infanterie à Tattaque de celle de rennemi.

Dans quelle proportion?

Au cas présent, il s'agit moins de vaincre que de reconnaître l'adversaire, de le démasquer, de l'accrocher, enfio d'entamer son usure à laquelle participera une artillerie désormais maîtresse du champ de bataille.

Si la troupe d'infanterie jetée tout d'abord sur l'ennemi est par trop faible, elle sera mangée à la façon des navires d'un très petit tonnage qu'une mer démontée engloutit tout à coup.

Qu'elle soit supérieure à son rôle, l'usure prématurée de ses nombreux éléments compromettra le succès final, parce que ceux-ci ne pourront plus, quand le moment sera venu, produire les eflorts énergiques qui doivent caractériser les attaques décisives.

Le général de Kirchbach a senti la nécessité de lancer au cœur de la position opposée une force d'infanterie aussi petite que possible. Cet officier général a obéi en cela aux réflexes cérébraux résultant de son expérience personnelle et des nombreux travaux de tactique appliquée auxquels il avait autrefois participé en quaKté d'officier du grand étatmajor.

L'envoi de la 20® brigade, à 10 heures du matin, sur Elsasshausen, a donc été provoqué, plus ou moins inconsciemment, par la doctrine du grand état-major qui vise la combinaison des deux armes principales du combat de front — infanterie et artillerie — pour user l'ennemi en lui infligeant de grosses pertes.

Seulement, l'adaptation au cas particulier d'une infanterie adverse cachée à tous les regards n'a pas été assez réfléchie, et ce défaut a provoqué, ainsi que nous le verrons plus loin, l'échec complet de l'avant^garde du V® corps.

Comme observation de détail, les 2« et 3® bataillons du

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37® prussien (20* brigade), auraient dû occuper Wœrth dès le début de la lutte d'artillerie (9 h. 1/2), avec Tadjonction d'une compagnie de pionniers chargée de réparer les ponts et de créer de nombreux moyens de passage sur la Sauer en amont et en aval du bourg.

Fait surprenant ! Wœrth n'a eu dans ses murs ni un soldat français, ni un soldat prussien, pendant les deux heures comprises entre le retour en arrière (à 8 h. 1/2) du bataillon prussien envoyé de Dieffenbach et la fin de la lutte d'artillerie (à 10 h. 1/2).

Un peloton prussien (50 hommes) avait seul été laissé (à 8 h. 1/2) dans le cimetière situé au delà de l'extrémité orientale de Wœrth.

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