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COMBATS DE L' AVANT-GARDE DU XI^^ CORPS

comme circonstance atténuante, la mise hors de combat d'un grand nombre d'officiers.

Nos soldats n'étaient-ils pas dans la même situation?

La véritable cause de la supériorité individuelle de nos soldats sut ceux de T Allemagne doit être cherchée dans la qualité exceptionnelle du sang français, non ailleurs.

§ 5. — Débouché intempestif du 11® bataillon de chasseurs prussiens au delà du pont de Gunstett et contre-attaque victorieuse des Français.

Revenons au Bruck-Muhle.

A 9 h. 1/2, la fraction de gauche de Favant-garde du XP corps, renforcée du 2® bataillon du SO® (V® corps) et du 11® bataillon de chasseurs prussiens, avait ouvert le feu contre le 1®' bataillon de chasseurs français, et ce combat de pied ferme durait depuis une demi-heure lorsque le H® bataillon de chasseurs prussiens, soutenu par la 6® compagnie du 50®, traverse le pont de Gunstett et marche à Fattaque des chasseurs français (10 heures).

Nos chasseurs, déjà éprouvés par le feu des quatre batteries de la 21® division, combiné avec le tir d'un millier de tirailleurs de Favant-garde du XI® corps, cèdent devant les chasseurs prussiens.

Le général de Lartigue fait alors avancer, à la droite de son 1®' bataillon de chasseurs, le 1®' bataillon et deux compagnies du 2® bataillon du 3® turcos, qu'il fait suivre par les 1®' et 3® bataillons du 56®, ceux-ci en deuxième ligne.

Malgré les ravages causés dans les rangs français par les 24 pièces en position sur le mamelon de Gunstett, nos chasseurs, à l'approche des turcos, font volte-face, courent sur les chasseurs prussiens et les forcent à repasser la Sauer dans le plus grand désordre.

L'attaque française gagne ainsi le pont de Gunstett que

II® PARTIE. — CHAPITRE Vil.

franchissent 200 à 300 turcos de Textrême droite, pêle-mêle avec les chasseurs prussiens.

Contre-attaque d^une partie de la dlTision de Lartigue,

à. 10 h. 1/2 du matin.

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Mais les compagnies du 87^, tout d'abord établies sur la rive gauche en amont du Bruck-Mûhle, ont eu le temps de prendre des dispositions pour recueillir les chasseurs prussiens en se déployant au pied des vignes du mamelon, et de là elles tirent d'écharpe sur les assaillants.

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Les turcos, passés sur la rive gauche, reçoivent un feu violent sur leur flanc gauche (il heures) et, une fois parvenus aux premières maisons de Gunstett, sont accablés par la fusillade du bataillon du 80® établi sur la lisière de ce village, de telle sorte que, à part un très petit nombre, ils sont tués, blessés ou pris.

A la suite de cette contre-attacjue, nos tirailleurs occupent les houblonnières voisines du pont de Gunstett et tiennent ce débouché sous leur feu.

Commentaires.

Cette contre-attaque est remarquable. Rien n'y manque : mouvement enveloppant des turcos contre Taile gauche des cinq compagnies prussiennes; marche en bataille de deux bataillons du 56® en deuxième ligne pour soutenir chasseurs et turcos et leur donner l'impulsion.

Les formations minces de cette contre-attaque sont très bien adaptées à la situation d'une infanterie marchant à découvert sous le feu d'une artillerie maltresse du terrain.

La bataille de Frœschwiller a offert d'autres exemples de contre-attaques françaises ayant, les unes réussi, les autres échoué.

Elles ont été menées avec un égal courage et la même furia franzese^ mais toutes n'ont pas été organisées et conduites avec le même discernement que celle dont nous venons de retracer les péripéties.

La pointe singulière du 11® bataillon de chasseurs prussiens contre le 1®' bataillon de chasseurs français a-t-elle été entamée en exécution d'un ordre, ou bien, s'est-elle produite spontanément?

En l'absence de documents à cet égard, on peut croire qu'une attaque aussi intempestive et aussi faiblement organisée n'a pas été prescrite par l'autorité supérieure.

Il faut voir là un effet de l'exagération du sentiment très louable qu'avaient de leur supériorité les chasseurs prussiens.

L'occasion paraissait bonne. Nos chasseurs étaient cruellement éprouvés par un feu violent de mousqueterie et d'artillerie. Eux seuls étaient pour le moment engagés, et les chasseurs prussiens ne voyaient aucune autre troupe d'infanterie française à portée de les secourir.

Les chasseurs prussiens n'ont probablement pas su résister au désir de se mesurer avec des chasseurs français ; mal leur en a pris.

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