COMBATS A L'OUEST DE GŒRSDORF
(Croquis n» 29.)
§ 1. — Période d'accalmie sur les lisières du bois
de FrœschwiUer.
Depuis H heures du matin jusqu'à 1 h. 1/2, les troupes françaises qui occupaient FrœschwiUer, le bois du même nom et le terrain à l'ouest de Langensoultzbach, jouirent d'une tranquillité relative.
Aux abords de la Scierie (Sftge-Muhle) sur le Soultzbach, les turcos du 2® entretinrent une fusillade continuelle avec les défenseurs de cette usine, du promontoire boisé et du Vieux- Moulin (Alt-Muhle).
L'ennemi avait pu se maintenir dans cette région avec les deux premiers bataillons du 5® et le 3® bataillon du H®, appartenant, tous les trois, au II® corps bavarois (division Bothmer), qu'appuyaient deux compagnies de grand'garde du 37® prussien et trois compagnies du 5® bataillon de chasseurs prussiens.
Au moment où l'artillerie du V® corps était entrée en action à l'est de Wœrth, les deux premiers bataillons du 59® (9® division, 17® brigade) avaient été envoyés à Gœrsdorf pour renforcer l'occupation de ce point d'appui de droite.
Ces deux bataillons demeurèrent là jusqu'après 3 heures du soir.
§ 2. — Mise en batterie de l'artillerie de la l^e division
bavaroise.
Vers 1 h. 1/2, les batteries de la !'• division bavaroise (Stephan) vinrent prolonger Taile droite de Fartillerie du V® corps et commencèrent à tirer sur la lisière orientale du bois de Frœschwiller.
§ 3. — Déploiement de la 2^ brigade bavaroise.
A peu près au même moment, on vit descendre vers la Sauer la 2® brigade, avant-garde du P' corps bavarois, en formation déployée sur plusieurs lignes.
Voici ce qui s'était passé au I®' corps bavarois.
Le général von der Tann, chef du corps d'armée, avait pris les devants, au bruit du canon, et s'était porté auprès du général de Kirchbach, sur les hauteurs de Dieffénbach, afin de s'entendre avec lui au sujet de la participation prochaine de ses troupes à la bataille.
Durant son entretien avec le chef du V® corps, le général von der Tann reçut communication de l'ordre du général en chef lui prescrivant d'attaquer et de déborder l'aile gauche des Français.
La brigade d'avant-garde (2®) était seule prête à agir, mais les quatre batteries divisionnaires qui avaient devancé, au trot, le gros de la 1'® division (1'® brigade), allaient pouvoir prolonger, à droite, l'artillerie du V® corps.
Le général von der Tann donna, en conséquence, l'ordre au général de Stephan, chef de la 1'^ division bavaroise, d'attaquer de front le bois de Frœschwiller avec la 2® brigade, en laissant Gœrsdorf à sa droite, et de faire envelopper le flanc gauche de l'ennemi par la 1" brigade dès que celle-ci, encore en marche, serait en mesure d'agir.