ACTION GÉNÉRALE DES ALLEMANDS CONTRE
§ 1. — Opérations de la division wurtembergeoise.
Avant de raconter la dernière phase de la bataille qui s'est terminée par la chute de Frœschwiller et la retraite de l'armée française, il nous faut revenir en arrière pour examiner les opérations de la division wurtembergeoise.
Aux termes de V Historique officiel prussien^ la !'• brigade wurtembergeoise, avant-garde du corps combiné bado-wurtembergeois, partit des bivouacs au nord de Hoffen, à 6 heures du matin, et dépassa Reismerswiller, un peu avant 9 heures.
Pendant que cette brigade plaçait des avant-postes sur la ligne Schwabwiller — Ober et Niederbetschdorf, la 2' brigade, formant tête du gros, parvint, vers 10 heures, à Reimerswiller. Ensuite, la colonne commença son rassemblement préparatoire à l'établissement des bivouacs.
On entendait le canon de Wœrth depuis 9 heures du matin, et le général Werder était dans un état de perplexité facile à comprendre lorsque lui arriva, vers 11 heures, un avis du général de Bose le prévenant que le XP corps marchait sur Gunstett où un engagement avait lieu.
Le général Werder donna alors les ordres suivants au général d'Obemitz, chef de la division wurtembergeoise :
La l'® brigade (cinq bataillons, deux escadrons, deux batteries) restera en position d'avant-garde, face à la forêt de Haguenau.
La réserve de cavalerie (4« régiment et 1®' escadron du 3* régiment) se mettra, par Surbourg et la route de Gunstett, à la disposition du général de Bose.
La 2® brigade (3® bataillon de chasseurs, 2® et S® régiments et deux batteries) marchera, par Surbourg, sur Gunstett et sera suivie de la 3® brigade (!*' bataillon de chasseurs, 3® et 8® régiments) avec la réserve d'artillerie (cinq batteries).
Le mouvement commença, vers 11 heures, par le 3« bataillon de chasseurs ayant derrière lui les S® et 6* batteries; puis venaient le gros de la 2® brigade, la réserve de cavalerie (cinq escadrons), enfin la 3* brigade et la réserve d'artillerie.
A Surbourg, la colonne wurtembergeoise rencontra la queue de la 22® division venant de Soultz et dut marquer le pas jusqu'après le défilé des colonnes de munitions et des ambulances du XP corps.
C'est seulement vers 1 heure que la 2® brigade put reprendre sa marche sur Gunstett. A cette heure-là, le général de Blumenthal appelait tout le corps Werder à Diefienbach.
La dépêche dut parvenir au général Werder, à Reimerswiller, entre 1 h. 1/2 et 2 heures.
Celui-ci transmit l'ordre du général en chef au général d'Obernitz, mais, dans l'intervalle, la 2® brigade avait atteint le débouché ouest du bois de Kreuzhecke où, vers 2 heures, elle commençait à se rassembler.
L'ordre envoyé par le général de Blumenthal au nom du prince royal de Prusse ne put recevoir un commencement d'exécution que de la part de la 3^ brigade, laquelle, à 2 heures, avait sa tête à la sortie ouest de Surbourg, Cette brigade prit, en conséquence, le chemin conduisant à Dieffenbach, par Hœlschloch.
Quant à la division badoise, elle atteignit Surbourg avec son élément de tête vers 4 heures.