ACTION GÉNÉRALE DES ALLEMANDS CONTRE FRŒSCHWILLER
A 2 heures, le prince royal de Prusse, ou plutôt son mentor, le général de Blumenthal, envoya Tordre au général d'Obernitz de diriger la division wurtembergeoise de Gunstett sur Reicbshoffen, pour compléter Tenveloppement dé Taile droite française alors rompue par le XI* corps.
Le général de Starkloff, chef de la 2« brigade wurtembergeoise, reçut communication de cet ordre, entre 2 et 3 heures, au moment où il faisait passer sa brigade sur la rive droite de la Sauer.
A cette heure-là, le Nieder-Wald était au pouvoir du XP corps et le combat s'était transporté aux abords d'Ëlsasshausen.
La réserve de cavalerie (cinq escadrons), emmenant avec elle une batterie de la 2® brigade (S® batterie), passe la Sauer sur le pont de Gunstett et se dirige de là sur Eberbach et Reichshoffen.
Un bataillon avec une batterie utilise le pont du Bruck- Muhle, rétabli, pendant que les autres bataillons de la 2® bri*gade franchissent la rivière entre Gunstett et Spachbach sur les passerelles façonnées par les pionniers du XP corps.
« Cependant, Faction devenant plus vive à Elsasshausen « (vers 3 heures) et des o/ficiers prussiens déclarant qu'il serait ** utile d'y amener des renforts, le général de Starkloff croit « devoir prendre sur lui de modifier la direction qui lui avait « été assignée; reformant à la hâte les bataillons, à mesure « qu'ils débouchent sur la rive droite, il les porte donc, par « la ligne la plus courte, sur le front de bataille, à droite et à ^^^ « gauche du village en flammes d'Ëlsasshausen (1). »
Les bataillons de la 2® brigade wurtembergeoise, et la batterie qui les accompagnait, arrivèrent sur la ligne de bataille du XP corps, de part et d'autre d'Ëlsasshausen au pouvoir des Prussiens, un peu après 4 heures.
(I) Historique officiel prussien, p. 268.
« Bien que fractionnés sur divers points du front de ba- « taille, les Wurtembergeois apportaient, partout, l'appui « d'un noyau compact aux bataillons du XP corps, désa-
« grégés par le combat (1). »
Commentaires.
Si Ton se donne la peine d'analyser la relation allemande décrivant la marche des Wurtembergeois et des Badois depuis le départ de leur bivouac, le 6 août, jusqu'à leur arrivée sur le champ de bataille; et si l'on compare le récit ofBciel à la succession évidente des faits, il y a matière à conclusions au point de vue de la sincérité des rédacteurs de l'ouvrage du grand état-major prussien.
Les auteurs de la relation officielle, voulant masquer la faute commise par le général Werder qui a fait marcher tout son corps d'armée sur une seule route, le 6 août, des environs d'Hoffen à Reimerswiller, pour lui faire exécuter un parcours de 6 kilomètres, ont fait preuve d'une ingéniosité remarquable.
Après avoir raconté l'arrivée de la l'® brigade wurtembergeoise, à 9 heures, au sud de Reimerswiller, et celle de la tète du gros (2® brigade) à 10 heures au même village, l'historique fait partir, à cette heure-là, pour Gunstett le 3* bataillon de chasseurs et deux batteries, puis il fixe à H heures la réception de l'avis du général de Bose informant le général Werder de la marche du XP corps sur Gunstett.
Le récit prussien, après avoir mis sur le compte des trains du XP corps défilant à Surbourg l'arrivée de la 2® brigade wurtembergeoise, à 2 heures seulement, au débouché ouest du bois Kreuzhecke, ajoute :
« Pendant ce temps (arrêt de la 2* brigade à Surbourg), la
(4) Historique offiael prussien, p. 269.