ACTION GÉNÉRALE DES ALLEMANDS CONTRE FRŒSCHAVILLER
(c 3« brigade, encore à Reîmepswiller (évidemment, puisque « cette brigade suivait, sur la route, la 2'), avait pris les « devants vers Dieffenbacb, avec la réserve d'artillerie (six n batteries) sur un ordre direct du commandant en chef. « La tète de cette colonne, forte ainsi de cinq bataillons, « deux escadrons et six batteries, atteignait Hœlschloch à « 1 h. 1/2 (1). »
Il est possible que la 3^ brigade ait suivi, à partir de Reimerswiller, les chemins de terre qui conduisent au sud de Feldbach, tout près de la voie ferrée, puis, de là (cote 153), à Hœlschloch; mais elle ne gagnait rien à suivre cet itinéraire aussi long que compliqué, puisqu'elle avait à attendre, comme la 2® brigade, le passage des colonnes de munitions du XI* corps sur la route de Soultz à Surbourg.
Enfin, cette brigade n'est pas arrivée, à 1 h. 1/2, à Hœlschloch, car si elle fût parvenue en ce point avant 2 heures, elle eût pu atteindre Dieffenbach et Wœrth avant la fin de la bataille.
Nous avons montré précédemment (2) que la division badoise n'a pu rompre, le matin du 6, qu'à 10 heures au plus tôt.
L'historique dit que cette division, une fois arrivée à Hohwiller, reçut l'ordre de s'y tenir prête à continuer son mouvement en avant.
Cet ordre n'a pas été donné par l'autorité supérieure; la division badoise s'est arrêtée quand sa tête eut atteint Hohwiller, parce que la division wurtembergeoise qui la précédait sur la même route s'est trouvée arrêtée elle-même par le XP corps à Surbourg et n'a repris sa marche qu'à 1 heure.
L'ordre du prince royal de Prusse, daté de i heure, était que tout le corps Werder vînt à Dieffenbach. Or, une seule
(1) Historique officiel prussien^ p. 240. 12) Page 168.
412 II*. PARTIE. — CHAPITRE XVm.
brigade wurtembergeoise, la 2®, a pu entrer en action après la prise d'Ëlsasshausen, et la division badoise n'a pu dépasser Surbourg.
Encore une fois, V Historique officiel prussien n'est pas sincère.
Dans son récit du combat malheureux de la division Bothmer, le matin au sud de Langensoultzbach, Thistorique allemand fait intervenir un officier prussien portant l'ordre de rompre le combat.
Lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi le général Starkloff n'a pas obéi à l'ordre de marcher sur Reichshoffen, l'historique officiel attribue encore à des officiers prussiens le fâcheux conseil de se diriger sur Elsasshausen.
Le général wurtembergeois n'est pas moins blâmé sous une forme discrète, car l'expression : « il crut devoir prendre sur lui de modifier la direction qui lui avait été assignée » ne laisse aucune place à l'équivoque.
Ces interventions maladroites d'officiers prussiens auprès de généraux des contingents du sud ont dû être imaginées dans un but politique afin d'atténuer la faiblesse et la sottise du commandement chez les Bavarois et les Wurtembergeois.
On ne prête qu'aux riches.
§ 2. — Efforts combinés des V« et XI« corps, soutenus par la division wurtembergeoise, pour s'emparer de Frœschwiller.
Arrivons maintenant aux derniers épisodes de la bataille sur le plateau de Frœschw^iller.
Lorsque le Y® corps, gagnant du terrain à l'ouest de Wœrth, se fut établi solidement au Calvaire et eut poussé ses 18®, 17* et 19* brigades à mi-chemin de Frœschvsdller, la droite de la 19* brigade au grand ravin de Frœschwiller, la gauche de la 18® au chemin de Wœrth à Elsasshausen, une