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CHAPITRE PREMIER

§ 1. — Le corps de Failly avant, pendant, et après la bataille

de FrœschwiUer.

Il convient de jeter un regard en arrière pour comprendre dans quelles conditions a pu s'effectuer la retraite du 5® corps français dont le quartier général se trouvait à Bitche, le jour de la bataille de FrœschwiUer.

Nous avons reproduit au cours de cette étude (1) lespas> sages essentiels des dépêches échangées entre le maréchal de Mac-Mahon et le général de Failly, à partir du jour où le 5® corps fut mis, pour les opérations seulement, sous les ordres du duc de Magenta.

Le 4 août dans la soirée, le major général avait télégraphié au général de Failly :

« Soutenez avec vos deux divisions celle que vous avez à « Bitche. »

(1) Pages 174, 175, et de 180 à 188 indus.

ioO IU« PARTIE. — CHAPITRE l^'.

A ce moment, la répartition du 5® corps était la suivante :

La 3® division (général Guyot de Lespart] se trouvait à Bitche, ainsi que le 12^ chasseurs à cheval, tandis que les 2^ (général de TAbadie d'Aydrein) et l'® (général Goze) divisions étaient à Sarreguemines et environs, ayant auprès d'elles trois régiments de cavalerie, six batteries de la réserve d'artillerie et le convoi du corps d'armée.

Il s'agissait pour le commandant du 5® corps de faire venir ses 1^" et 2® divisions, aussi vite que possible, à Bitche en leur évitant de s'engager sérieusement contre l'ennemi.

Pour aller de Sarreguemines à Bitche, on a le choix entre les trois itinéraires suivants :

1° Par la grande route passant à Rohrbach, qui longe l'ancienne frontière à 2 ou 3 kilomètres jusqu'à Wœlflng, puis s'en écarte progressivement jusqu'à 18 kilomètres (à Bitche). (Parcours de 30 kilomètres.)

2^ Par Zetting, Diding, Kalhausen, Ralsling, Montbronn, Lemberg. (Parcours de 40 kilomètres.)

3® Par Hambach, Sarraibe, Saarunion, Lorentzen, Lemberg. (Parcours de 50 kilomètres.)

Aujourd'hui, on organiserait la marche de ces deux divisions d'une façon peu différente de celle-ci :

Trois brigades d'infanterie, deux régiments de cavalerie et la réserve d'artillerie quittent Sarreguemines dans la soirée du 4 août, prennent l'itinéraire n® 2 et vont bivouaquer entre Wittring et Achen, couverts par une brigade d'infanterie, deux batteries et un régiment de cavalerie, lesquels, après avoir suivi l'itinéraire n^ l , ont pris poste vers Wiswiller— Wœlfing.

Le lendemain, 5 août, ou bien, la colonne principale marche sur Bitche en passant par Rohrbach , pendant que sa flanc-garde se porte de Wœlfing sur Wolminster et de là sur Bitche, ou bien, une division prend l'itinéraire n^ 3 et s'arrête à Lemberg, tandis que l'autre division, toujours couverte par

LA RETRAITE DE L'ARMÉE D* ALSACE. 4ol

une brigade en flanc-garde, continue jusqu'à Bitche par l'itinéraire n® 2.

En même temps, le convoi, escorté par un bataillon et un escadron, atteint Sarralbe, le 4, et, le lendemain, Drulingen, ou Lorentzen, ou encore, Lemberg, suivant les ordres reçus.

Mais de telles dispositions ne pouvaient être prises dans une armée qui avait désappris la guerre.

Le général de Failly prescrivit à sa l'® division de marcher, le 4 au soir, par la grande route, aussi loin que possible. Celle-ci forma son camp, pour la nuit du 4 au 5, près de la ferme de Wissing, à 7 kilomètres de Sarreguemines et à 2 kilomètres de la frontière. Le lendemain 5 août, cette division (général Goze) se porta de la ferme de Wissing à la ferme Freudenberg située à 3 kilomètres ouest dé Bitche.

N^ayant ni flanc-garde ni avant-garde, la division Goze employa toute la journée à parcourir les 22 kilomètres séparant son point de départ de son point d'arrivée. Le même jour, 5 août, la 2* division, laissant sa 1'® brigade (général Lapasset) ainsi qu'un régiment de lanciers, à Sarreguemines, pour y attendre l'arrivée de la division Montaudon, du 3® corps, poussa jusqu'à Rohrbach avec la brigade de Maussion, la réserve d'artillerie et un régiment de lanciers. Ainsi, le 5 août au soir, le 5® corps avait une division (3®), à Bitche, une autre division (2®), près de ce point, une brigade avec le convoi du corps d'armée, à Sarreguemines, et une brigade, à Rohrbach.

Le commandement français était si incapable, en ce temps-là, que, pour réaliser un faible travail, il imposait aux troupes des fatigues extraordinaires.

Ainsi, faute de savoir se garder, la brigade de Maussion en entier passa l'après-midi du 5 août et toute la nuit suivante sous les armes, à Rohrbach.

Pour la même cause, la division Goze (2®) ne sut marcher sur la route de Bitche que par bonds successifs entrecoupés

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de haltes pendant lesquelles on attendait le retour des petites reconnaissances envoyées successivement vers la frontière.

En raison de leur ignorance des procédés tactiques penncttant à une colonne des trois armes de marcher et de stationner sans crainte d'une surprise près d'une frontière dangereuse, les commandants des colonnes du 5® corps firent preuve, en cette occasion, de pusillanimité. C'est que la hardiesse — à ne pas confondre avec la témérité — s'appuie sur la confiance en soi, fruit du savoir.

Même augourd'hui, en pleine paix, lorsque des ofBciers sont réunis pour une manœuvre de cadres, on peut les diviser en deux catégories : ceux qui, ayant confiance en eux-mêmes, se croient capahles d'oser et ceux qui ne voient partout que difficultés.

Quand un de ces derniers a mission d'attaquer, il estime invariablement la position trop forte ou l'ennemi trop nombreux. Lui donne-t-on à défendre une ligne de terrain, aussitôt il prévoit que l'adversaire va le déborder et déclare qu'il ne pourra tenir.

Les chefs pusillanimes sont la plaie des armées.

Quoi qu'il en soit, le 5® corps se trouvait, le 6 août, à la pointe du jour, dans la situation suivante :

1° La division de Lespars, ayant l'ordre de partir pom* Reichshoffen. (Étape de 26 kilomètres.)

2^ La division Goze (à 3 kilomètres de Bitche), maintenue pour le 6 août à son emplacement de la veille au soir, malgré Tordre télégraphique du maréchal de Mac-Mahon, en date du 5 août, 8 h. 10 du soir, débutant par ces mots :

« Venez à Reichshoffen avec tout votre corps d'armée le « plus tôt possible »

3° La brigade de Maussion, renforcée de la réserve d'artillerie et du 5*^ lanciers, à Rohrbach, avec ordre de venir dans la journée à la ferme de Freudenberg, en passant par Lemberg.

i^ La brigade Lapasset avec le 3® lanciers, à Sarreguemines, où elle a Tordre de rester, malgré Farrivée en cette ville, le 5 au soir, de la division Montaudon (du 3* corps), sous le prétexte que des partis de cavalerie allemande ont coupé le télégraphe, à Bliesbrucken, dans la journée du 5 août.

L'intention du général de Failly, exprimée dans une dépêche télégraphique au maréchal de Mac-Mahon expédiée de Bitche, le 6 août, à 3 heures du matin, était d'envoyer, le 7 août, la division Goze à Philippsbourg et de diriger, le même jour, la réserve d'artillerie avec la brigade de Maussion sur Reichshoffen par la route de Lemberg à Zinzwiller, celle par Niederbronn lui paraissant trop dangereuse (!). Dans cette même dépêche télégraphique, le commandant du 5® corps, n'osant pas sans doute dégai*nir de troupes les abords de Bitche, le 6 août, rendit compte au maréchal de Mac-Mahon qu'il ne pouvait disposer, ce jour-là, que de la division Guyot de Lespars.

Cette division reçut de lui l'ordre de partir de grand matin pour Reichshoffen, par la route de Niederbronn; mais, sur des bruits colportés par des paysans apeurés, la division retarda son départ et ne se mit en marche qu'à 7 h. 1/2.

L'étape qui, normalement, aurait dû s'exécuter en six heures, fut interrompue à maintes reprises par l'envoi de reconnaissances sur les divers chemins au nord de la route de marche, en sorte que la tête de la division ne put atteindre les abords de Niederbronn que vers 5 heures du soir (1) au moment où les troupes du 1*^' corps, en retraite, traversaient dans le plus grand désordre les rues de cette petite ville.

La i^ brigade (général Abbatucci) se déploya à l'ouest de Niederbronn sur les hauteurs au nord de la route, la 2« bri-

(1) La division Guyot de Lespars mit ainsi neuf heures et demie à parcourir 22 kilomètres (de Bitche à Niederbronn), soit aTec une vitesse moyenne de 2,300 mètres à l'heure.

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gade (général de Fontange) au sud, et le flot des fuyards s'écoula entre les deux, en majorité par la route de Bouxwîller, quelques groupes par celle de Bitche.

Le commandant du ^^ corps apprit les résultats de la bataille, dont il entendait le canon, par le télégramme suivant :

Ghbf gare Banstein, a BrrcHE,

6 août, 6 h. 30 soir.

L'ennemi est à Niederbronn ; tout est en déroute.

Un peu après arriva un billet du général Abbatucci ainsi conçu :

La division (Guyot de Lespars) est coupée. La brigade de Fontanges se retire sur SaTeme et moi sur Bitche.

Le général de Failly avait appris, vers 3 heures, que les 2* et 3® corps étaient attaqués; sa perplexité dut être extrême.

Sur ces entrefaites, la brigade de Maussion et la réserve d'artillerie du 5® corps avaient atteint la ferme de Freudensberg après avoir laissé, à Rohrbach, le 3® lanciers avec un bataillon de soutien.

Le général de Failly réunit, vers 7 heures du soir, les généraux et les chefs de service en conseil de guerre et leur posa ces deux questions :

— Doit-on accepter le combat sous les murs de Bitche?

— Doit-on suivre le mouvement de retraite du maréchal de Mac-Mahon?

La majorité fut d'avis qu'il fallait, au plus tôt, marcher, par la Petite-Pierre, sur Phalsbourg. On espérait, en cheminant dans le massif des Vosges, échapper aux atteintes de l'ennemi.

Précédemment, dans l'après-midi, le S® lanciers ainsi que son bataillon de soutien avaient reçu l'ordre de rétrograder de Rohrbach sur Lemberg.

La marche des trois brigades et de la réserve d'artillerie campées non loin de Bitche commença, le soir même, vers 9 heures.

Les bagages et les chevaux de main furent laissés, par excès de prudence, à Bitche, où Ton mit comme garnison un bataillon et quelques canonniers. La colonne marcha par Lemberg, Wimmenau, Erckartswiller et atteignit la Petite- Pierre, le 7 dans la matinée, au prix de fatigues extraordinaires, le chemin à partir de Wimmenau étant sablonneux et peu praticable.

La même nuit, la brigade Abbatucci, informée, en arrivant à Philippsbourg, du départ du 5* corps dans la direction de Phalsbourg, quitta la grande route de Bitche et se porta, par des sentiers de crête, sur Phalsbourg, où elle arriva, le 7 au soir, après avoir parcouru en trente-six heures plus de 100 kilomètres.

Les troupes du 5® corps étaient, on le voit, capables d'exécuter de grandes marches, et si les efforts dépensés par elles pour se soustraire aux coups de l'ennemi après les échecs simultanés du 1®' et du 2® corps, le 6 août, eussent été employés, dès le 4 août au soir, à rejoindre le maréchal de Mac-Mahon, il n'est pas douteux que la bataille de Frœschwiller aurait présenté un tout autre caractère.

Dans la soirée du 7 août, le commandant du 5® corps reçut un télégramme du major général lui enjoignant de continuer sa retraite sur le camp de Ghâlons.

§ 2. — La journée du 7 août.

{Croquis n» 32.)

Le soir de la bataille de Frœschwiller et pendant la nuit du 6 au 7 août, les débris de l'armée d'Alsace ne cessèrent de marcher afin d'échapper aux conséquences de la défaite.

4oO III« PARTIE. — CHAPITRE I*"^.

La majorité des fuyards suivirent, après avoir traversé Niederbronn, la route de Saveme, quelques groupes seulement, la route de Bitche.

La division Guyot de Lespars quitta les abords de Niederbronn vers 7 heures du soir et se partagea en deux colonnes qui allèrent, la brigade de Fontanges, sur Saveme, la brigade Abbatucci, sur Bitche.

La cavalerie française atteignit Saverne, le 7 août, entre 2 et 4 heures du matin, mais Tinfanterie et l'artillerie n'arrivèrent au même point que beaucoup plus tard, entre 7 et 11 heures du matin.

On reforma tant bien que mal les régiments dans les prairies au nord de la ville, et les habitants apportèrent généreusement à nos soldats tout ce qu'ils possédaient de vivres.

Le dernier train de chemin de fer venant de Strasbourg atteignit Saverne à 5 heures du soir. Des voyageurs qu'il amenait annoncèrent que de fortes colonnes allemandes étaient en marche de Steinbourg sur Saverne.

Le maréchal de Mac-Mahon, à cette nouvelle d'ailleurs fausse, ordonna le départ immédiat du 1®' corps et de la brigade de Fontanges en deux colonnes, l'une (infanterie des 1" et 3® divisions) par la voie ferrée, l'autre (le reste de l'infanterie, l'artillerie et la cavalerie) par la route de Sarrebourg. Cette marche, après les cruelles épreuves de la bataille et les fatigues consécutives, acheva de ruiner nos troupes.

La cavalerie put atteindre Sarrebourg d'une seule traite dans la nuit du 7 au 8, mais l'infanterie et l'artillerie durent faire, auprès de Phalsbourg, une grand'halte de plusieurs heures, et n'arrivèrent à Sarrebourg que le lendemain, 8 août, dans la matinée.

Tout avait été disposé pour faire sauter les trois tunnels de Saverne; mais le maréchal de Mac-Mahon, au moment de son départ pour Sarrebourg, ne crut pas devoir autoriser leur destruction.

LA RETRAITE DE L' ARMÉE d'aLSACE. 457

§ 3. — La journée du 8 août.

Dans la soirée du 7 août, le général de Failly donna des ordres pour que la colonne principale du 5® corps (à la Petite-Pierre) et la brigade Abbatucci (à Phalsbourg) , se portassent, le lendemain de bonne beure, sur Sarrebourg.

Quand le 5« corps parvint en cette ville, les débris du 1®' corps et la brigade de Fontanges, du 5® corps, y étaient déjà parvenus.

Dans l'entrevue que le général de Failly eut alors avec le maréchal, les décisions suivantes furent prises pour la continuation de la retraite vers le camp de Ghâlons :

Les troupes des deux corps d'armée, précédées par les divisions de cavalerie Duhesme et de Bonnemains, marcheraient sur Luné ville en trois colonnes.

La colonne d^ droite, formée de la division Goze, de la brigade de Maussion et de la réserve d'artillerie du 5® corps, prendrait la route de Rechicourt.

La colonne du centre, comprenant les débris du 1®' corps et de la division Gonseil-Dumesnil (7® corps), prendrait la route par Blamont.

La colonne de gauche, composée de la division de cavalerie Brahaut et de la division Guyot de Lespars, toutes les deux du 5® corps, passerait par Cirey et Baccarat.

Le choix de la zone de reconstitution de l'armée du maréchal au camp de Ghâlons était pour le moins étrange.

Pouvait-on conserver l'espoir de battre l'armée ^dctorieuse du prince royal dans les plaines de Ghampagne, dépourvues de toute ligne de défense, après ce que l'on savait des forces supérieures de la IIP armée?

Il semble qu'en cette circonstance, comme en beaucoup d'autres, l'empereur et son entourage, affolés par la grandeur des premiers désastres, aient donné aux mots la valeur d'idées qu'ils ne représentaient plus.

458 m® PARTIE. — CHAPITRE I«'.

Quant au dispositif de retraite, il renverse tous les principes admis en pareil cas.

La cavalerie est mise en avant, alors que sa place était à Tarrière-garde. Le 5*^ corps marche en deux colonnes ayant entre elles la colonne du 1®' corps. Enfin, l'itinéraire de la colonne de gauche est si excentrique, que les troupes qui la composent auront forcément un jour de retard sur les autres colonnes.

Pourquoi donner Luné ville comme objectif aux trois colonnes? ce point est beaucoup trop rapproché de Sarrebourg.

Dès raprès-midi du 8 août, les divisions de cavalerie Duhesme et de Bonnemains se mirent en marche sur Blamont qu'elles atteignirent dans la soirée.

§ 4. — La journée du 9 août.

Ce jour-là, les deux divisions précitées se rendirent à Lunéville. La colonne de droite vint à Rechicourt, celle du centre à Blamont, celle de gauche à Cirey (division de Lespars] et Badonviller (division de cavalerie Brahaut). Il ne fut constitué aucune arrière-garde digne de ce nom.

Dans la soirée, le major général, en dépit de Tordre du 5 août plaçant le 5® corps sous la haute direction du maréchal de Mac-Mahon, adressa au général de Failly un télégramme lui prescrivant de se porter directement sur Nancy.

§ 5. — La journée du 10 août.

La colonne de droite du 5^ corps, auprès de laquelle se tenait le général de Failly, parvint à Lunéville, où arriva également le maréchal de Mac-Mahon avec le 1*' coi^s d'armée. La colonne de gauche du 5® corps atteignit Baccarat.

LA RETRAITE DE L' ARMÉE D'aLSACE. 4o9

Les divisions de cavalerie Duhesme et de Bonnemains étaient à Luné ville depuis la veille, attendant des ordres.

On apprit, vers midi, que des troupes ennemies se montraient à Château-Salins et environs. Le maréchal, ne voulant à aucun prix exposer ses troupes désorganisées à des engagements immédiats, prit la résolution d'appuyer vers le sud, et, dans cette intention, il fit partir, le soir même, ses deux divisions de cavalerie pour Bayon.

Le général de FaUly n'osa pas prescrire pour le lendemain, à sa colonne de droite, la marche sur Nancy ordonnée par l'empereur.

§ 6. — La journée du 11 août.

De grand matin, le 1®' corps marcha de Luné ville sur Bayon, et, peu après, la colonne de droite du 5® corps fut dirigée sur Charmes, tandis que la colonne de gauche s'avançait de Baccarat jusqu'à Saint-Genest. Le même jour, les divisions de cavalerie Duhesme et de Bonnemains allèrent à Colombey-les-Belles. Une fois à Charmes, le général de Failly adressa au major général le télégramme suivant :

Je demande à marcher sur Toul, où le 5* corps se réunirait, occuperait la vallée de la Moselle, protégerait Frouard, marcherait sur Nancy par plusieurs routes, en suivant les hauteurs et la forêt de Hayes, où l'on pourrait repousser Tennemi en l'abordant de front. En cas de retraite forcée, on pourrait tenir dans la forêt de Hayes ou gagner Metz, ou, au besoin, se retirer dans TArgonne.

Le télégramme ci-dessus est un tissu de bonnes intentions dont aucune ne supporte l'examen.

Le général de Failly attribuait à la vallée de la Moselle et à la forêt de Hayes des vertus bien grandes pour qu'il ait cru pouvoir affronter le choc d'une armée de plus de 100,000 hommes, enivrés par le succès, avec les seules troupes de son corps d'armée, déjà fort amoindries, physiquement et moralement, par six jours de retraite précipitée!

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