‹ FroissartChapitre 31 sur 45 · LE RETOUR EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LE RETOUR EN ANGLETERRE

Vers la fin de 1393, après bien des entraves, le Congrès d*Abbeville mena à bonne fin la trêve si longtemps projetée entre la France et l'Angleterre . Froissart assista au Congrès : c'est peut-être là qu'il lit hommage au duc d'Orléans, qu'il détestait, d'un exemplaire de Méliador. Mais ce qui dut l'intéresser davantage, c'est la rencontre qu'il fit de deux des trois fils survivants de sa bienfaitrice la reine Philippe. Froissart nous a peint en pied les deux ducs royaux : Jean de Lancastre, fin, ambigu, jadis cadet sans importance, arrivé à un état plus que princier, à des prétentions royales; Thomas de Gloucester, l'idole du peuple anglais, gros mâtin brutal et brave qui n'aime point lâcher sa proie. 11 s'en va, à travers

IS'l FROISSART.

les derniers chapitres des Chroniques, pestant et jurant. En vain crie-t-il à tue-tête qu'il faut continuer la guerre contre un pays si riche. On n'écoule plus ce vieillard grincheux, et malgré lui la trêve se fait.

Depuis sa rencontre avec le sire de Goucy en 1389, Froissart attendait avec impatience la fin de la guerre. Il parle plus d*une fois de sa « très grande affection et imagination d'aller voir le royaume d'Angleterre.... Si désirais à voir le pays et me semblait en mon imagination que, si je l'avais vu, j'en vivrais plus longtemps. Car vingt-sept ans tous accomplis, je m'étais tenu d'y aller. » Ne dirait-on pas que Froisssart a oublié la seconde rédaction des Chroniques ? Ne croirait-on pas que pendant vingt-sept ans il s'est assis pour pleurer aux bords des fleuves de Babylone?

Pourtant, à Leslinnes, -a Ghimay, à Blois et même à Tarbes, qui fut plus français que le « chapelain » du comte Guy ? Sans doute, les déchirements de sa rupture avec Guy de Ghâtillon faisaient valoir encore plus les belles années de sa jeunesse, avant son retour au pays. Le vieux chroniqueur revenait à ses premières amours. Rien ne l'attachait plus à la France, rien ne l'éloignait plus de l'Angleterre. Ses nouveaux maîtres n'étaient ni français, ni anglais. La maison de Hainaut-Bavière, redevable à la France pour sa comté de Hainaut, à

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