ETIENNE MARCEL
Des jugements bien dJiFérenls les uns des autres ont été portés, même par les contemporains, sur le mouvement communal de 1355 à 1358, et l'on peut y suivre les variations de l'opinion publique, toute favorable d'abord à l'intervention des états généraux, puis peu à peu inquiétée et effrayée par les violences auxquelles donne lieu la faiblesse ou l'absence de l'autorité supérieure. Les chroniques de Froissart rellètent ces impressions, qui se modifient et s'assombrissent à mesure que les événements se succèdent. On y voit Marcel dominer la commune de Paris, et la comnuuje de Paris dominer les états généraux; mais nulle part le caractère du célèbre prévôt des marchands ne se révèle mieux que dans des documents émanés de lui-même et restés longtemps inédits. M. Augustin Thierry se proposait de les faire
figurer dans une nouvelle édition de son Essai sur l^hlstoire du tiers état^ et si nous les reproduisons ici comme appendice à une étude sur Froissart et sur la littérature du XIV® siècle, c'est qu'ils offrent un précieux commentaire sur des faits historiques que les manuscrits de Froissart ne rapportent pas d'une manière uniforme; c'est aussi qu'ils méritent l'attention à un autre titre. En effet, le style y est plus vif, plus rapide, plus clair, plus moderne, si nous pouvons parler ainsi, que dans les autres pièces de la même époque. On sent que Paris, qui voulait exercer sur les autres villes une influence absolue par les idées, les précédait aussi jusque dans les formes de la langue, mieux étudiées, plus cultivées que partout ailleurs.
Lorsqu'on veut juger l'époque à laquelle Marcel a attaché son nom, il faut avant tout se demander ce qu'avaient été les premières années du xiv® siècle. Plus on les étudie, plus on est attristé à la vue de la misère et de la confusion qui les avaient remplies : sur le trône, la dynastie de Philippe le Bel frappée et tout à coup éteinte ; autour (lu trône, des ambitions rivales multipliant les intrigues et les luttes; partout ailleurs les guerres civiles et les guerres étrangères se mêlant et se perpétuant ensemble. El cependant, au milieu de cet état prolongé d'inquiétude et de souffrance, on découvre sans cesse une vague aspiration de la nation vers uu/temps meilleur, un espoir quelquefois étouffé, mais aussitôt renaissant, de se retrouver grande et forte, une invincible tendance à se sauver elle-même en relevant et en défendant de son sang les libertés publiques, devenues plus "saintes depuis qu'elles restaient associées dans tous les esprits aux pieuses traditions du règne de Louis IX.
Les Anglais avaient défait le roi Jean à Poitiers, comme ils avaient vaincu Philippe de Valois à Crécy. Entre ces deux journées, il y a quelque chose de plus que Taffai- Missement de la royauté pendant une courte péiiode de dix années : la défense du territoire et de l'honneur national a reculé de plus d'un siècle. A Crécy, les communes avaient combattu, et avec tant de courage que les bourgeois d'Orléans arrêtèrent un instant les Anglais victorie»iX. A Poitiers, on a dédaigné leur appui. EnOn, dernier rapprochement qui explique toute la situation, l'on avait vu la noblesse mourir à Crécy, tandis que Philippe de Valois quittait le champ de bataille. A Poitiers, la noblesse avait fui, laissant le roi de France prisonnier au pouvoir des Anglais.
Tels furent les événements dont l'influence dut nécessairement s'exercer sur les délibérations des états généraux et sur ces mémorables ordonnances dont Boulainvilliers disait, sous Louis X\\\ qu'elles eussent à jamais assuré la liberté publique, s'il eut été possible que la France put être houieuse. L'initiative était venue de la ville de Paris, et, afin de mieux faire couiprendre le but tout national qu'elle se proposait, elle avait eu soin d'associer aux réformes administrativeai les mesures les plus énergiques pour s'opposer a l'invasion des Anglais. Un homme dirigeait la commune de Paris, et, par la comnume de Paris, gouvernait la France. Cet homme, dont la figure, selon l'expression de M. Augustin Thierry, a de nos jours singulièrement grandi pour l'histoire mieux informée, est l'un des plus riches bourgeois de Paris (•),
(') A Paris, comme en Flandre, les plus riches bourgeois appartenaient au commerce de la draperie. Etienne Marcel était de
et ses fondions de prévôt des marchands l'ont pl(icé à la tôte de la commune : c'est Etieinie Marcel.
Dans une assemblée tenue à Paris, le prévôt des marchands, qui, pendant longtemps ('), n'avait éleVé la voix que pour invoquer les intérêts les plus chers de la nation, la délivrance du roi piisonnier. la réunion des hommes d'armes contre les Anglais, la répartition équitable des impôts, le cours régulier de la justice, la suppression des mauvaises monnaies, prit la parole pour lui-même et en son propre nom. Il venait justifier le meurtre des maréchaux de Normandie et de Champagne et d'un avocat du roi au parlement, nommé Regnaud d'Acy, qu'avait misa moi t sans forme de justice une multitude furieuse. Parmi ceux qui écoutaient la harangue du prévôt des marchands se trouvait un religieux du couvent des Carmes de la place Maubert, qui s'appelait Jean de Venette, et que nous ne désignerons toutefois que par le nom plus connu de Continuateur de la chronique de Guillaume de Nangis. Il aimait Marcel, et, comme lui, il voyait dans la convocation des étals généraux le salut de la France ; mais il gémissait secrètement sur ces violences : Ulhiam consilium nunquam ad efl'ccfum chvcnisset! Çvare ista
ce nombre. On le voit, en 1352, vendre des draps royez bruns de Gand au duc de Norm;indie. (Comptes d'ÉHenne de la Fontaine, publiés par M. Douct d'Arcq.) Je ne puis que rappeler ici la part que les marchnnds drapiers, placés à la tète de la bourgeoisie, prirent aux mouvements de la commune de Paris en 1 358 et en 1382, et je me borne à faire remarquer que les rapports commerciaux qu'ils entretenaient avec les villes flamandes ont pu déguiser souvent des relations politiques.
(•) De repvblica mullum sollicitus pro tune. Cont. ciir. Glill. DE Nangiaco; éd. de M. Géraud, II, p. 247.
fla^itla perpetrarunt? Tantum nefas imptmùum non remansit.
Ce religieux obscur, qui, chaque soir, se retirait dans sa cellule pour interroger sa conscience, tandis que partout autour de lui on n'écoutait que la clameur des passions, avait compris la grave et impartiale mission de J'historien. Il ne faut pas se demander si le maréchal de Normandie, qui vient de violer les franchises de Féglise Saint-Méry, a tué G-'ofFioi d'Harcourt en guerre loyale, et s'il n'a peut-être pas coopéré à la mort de son neveu, décapité à Rouen par trahison. Il ne faut pas rechercher si le maréchal de Cihampngne a excité les nobles de sa province à prendre les armes, et si Regnaud d'Acy a déjà été mis en accusation par les états généraux. Peu nous importe de savoir que ces conseillers exhortaient le duc de Normandie à traiter avec les Anglais qui ruinaient le royaume, pour exterminer les communes empressées à le défendre : il suffit (tel est Tordre invariable des desseins de la Pix)vidence) que Marcel ait déplacé l'autorité légale, en la livrant à Teffervescence populaire, pour que tôt ou lard, dominé par les menus, comme il les appelle luimême, il devienne inévitablement la victime des mêmes violences et des mêmes haines , qui le traîneront, lui aussi, nu et couvert de plaies, sur le pavé du Val des Écoliers, où ont été abandonnés sans sépulture les corps des maréchaux de Champagne et de Normandie (*).
(«) « Plusieurs tenoieut que c'estoit ordenance de Dieu, quar « il estoit mort comme il avoit fait morir lesdis mareschaux. » Chron. de Saint-Denis, éd. de M. Paulin Paris, VI, p. >l33.~Sur les menus^ voyez le Livre de Paix, de Christine de Pisan, au chapitre intitulé : « Comment il n'appartient que les menus po^ « pulaires soient mis es offices et estas de la cité. » I. 25
Marcel, qui expia par son sang le sang qu'il fit répandre, fixe à d'autres titres l'attention des historiens. Il fut l'éloquent organe des griefs, des besoins et des intérêts de son pays et de son temps. Au milieu du désordre qui régnait, il conçut le plan d'une organisation vigoureuse qui transforma la capitale du royaume, et qui, si elle ne put transformer le royaume môme, y laissa du moins après elle de longs et vifs regrets justifiés par de nouveaux désastres et de nouveaux malheurs.
Il y a aussi dans la vie de Marcel quelques pages qui réclament une réhabilitation. On lui reprocha d'être l'allié des Anglais, et personne ne fit plus que lui pour les repousser. On l'accusa de soutenir les Jacques et de chercher l'extermination de la noblesse ; or il ouvrit un refuge aux nobles dans les murs de Paris, et .s'opposa de toutes ses forces aux fureurs de la Jacquerie. On nous le montre avide, ambitieux, cherchant à concentrer le gouvernement entre ses mains: mais il faut se souvenir qu'en dehors de l'unité, représentée par les états généraux, les rênes du gouvernement flottaient au hasard entre le roi, prisonnier à Londres, et le duc de Normandie, errant en France de province en province, tous les deux désarmés le même jour à Poitiers, l'un par la fortune du combat, l'autre par le déshonneur de sa fuite.
Les documents historiques qui s'occupent de Marcel sont nombreux, mais la plupart sont postérieurs à sa chute. Il n'en est que plus intéressant d'étudier le célèbre prévôt des marchands dans deux lettres également précieuses, quoiqu'elles soient de nature différente.
Dans la première, que les chroniques de Saint-Denis appellent « unes bien merveilleuses lettres closes (*), »
(') Chroniques de Saint-Denis, VI, p. 104. Cette lettre se trouve
Marcel, au faîte de sa puissance, répoud en termes altiers aux menaces du duc de Normandie, qui veut réduire les Parisiens parla fa mine. La seconde, écrite le i 1 juillet \ 358, et antérieure seulement de vingt jours à sa mort, n'est qu'une longue apologie de tout ce qu a fait le prévôt des marchands. Il semble qu'avant de descendre dans la tombe, et à défaut du témoignage de ses amis qui seront entraînés dans sa perte, il veuille plaider lui-même sa cause devant la postérité, et ce qui accroît l'importance de ce document, c'est qu'il est adressé aux communes de Flandre, dont Paris réclamait, en 1 358 aussi bien qu'en 1382, l'alliance et l'appui (').
Il faut ajouter que ces lettres de Marcel, détruites en France, se sont conservées dans les archives des communes flamandes, et ce sont les seules qui soient parvenues jusqu'à nous. J'avais copié celle du 18 avril, il y a plusieurs années, dans un cartulaire de Bruges. J'ai retrouvé la dernière aux archives d'Ypres, et c'est là probablement un de ces documents, cachés avec soin après la bataille de Roosebeke, qui donnèrent lieu d'accuser, à cette époque, les échevins d'Ypres, condamnés à remettre toutes leurs chartes au château de Lille, d'avoir « autres « choses qu'ils n'avoicnt point apportées (^). »
aussi mentioDnée dans rordonnance d'abolition du 10 août >I358. Secousse, t I, p. 213.
(•) Parmi vingt-et-un bourgeois désignés comme amis de Marcel, les Chroniques de Saint-Denis cÀleni CoWn le Flament, Mannequin le Flament, Pasquet le Flament, Jacques le Flament, trésorier des guerres, et Jacques le Flament, maître de la chambre des comptes. Elles nomment ailleurs Geoffroi le Flament, du porche Saint -Jacques.
(*) Acte du mois de janvier 1382 (v. st.). (Archives de Lille.)
Très-redoubté seigneur, plaise vous remembrer comment vous nous avés convent que se aucune chose senestrevous estoit rapportée de nous, vous n'en croiriés rien, mais le nous fériés savoir; et aussi se aucune chose nous estoit rapportée de vous, nous le vous ferions savoir : et pour ce, très-redoubté seigneur, vous certifions en vérité que vostre peuple de Paris murmure très-grandement de vous et de vostre gouvernement pour trois causes : premier que les ennemis de vous, de nous et du royaume nous roignent et nous pillent de tous lés, du costé devers Chartres, et nul remède n'y est mis par vous qui li deuissiez mettre; et aussi que tous les soudoiers qui jà en arrière sont venus à vostre mandement, du Dalphiné, de Bourgoigne et d'ailleurs, pour la defFense du royaume, n'ont fait honneur ne proufit à vous, ne à vostre peuple, mais ont tout le païs mangié et le peuple pillié et robe, nonobstant que il aient esté bien paies, et ce savés vous bien, car plusieurs plaintes vous en ont esté faictes, tant par moy comme par autres, pour lesquelles vous leur deustes mander qu'il s'en alassent en leur pais ; et néant-
moins vostre peuple tient que vous les tenés entour vous, ou aucuns d'eux ausquels vous avés baillié à garder les forteresses de Meaulz et de Monstereau, qui tiennent les rivières de Saine, de Marne et d'Yonne, desquelles vostre bonne ville de Paris doit estre nourrie et soustenue, que tant amés, si comme tousjours avés dit; la tierce cause du murmure du peuple est que vous ne mettes aucune paine à garnir les forteresses qui sont devers vos ennemis, mais trop bien avés saizi celles dont vivres nous pevent venir, et, qui pis est, les avés garnies de gens qui nul bien ne nous veuUent, si comme plainement vous appert et à nous par lettres qui furent trouvées es portes de Paris, lesquelles vous furent monstrées en vostre grant conseil, et encore desgarnissiés vostre ville de Paris d'artillerie pour garnir les forteresses de Meaulz et de Monstereau garnies de gens qui nul bien ne nous veullent, comme dit est, et bien appert par les paroles que dictes vous ont, que bien savons que telles sont : « Sire, quelconque persone qui sire « soit de ce chastel se peut bien vanter que ces villains « de Paris sont en son dangier et que bien près leur peut « rongnier les ongles. » Si vous plaise savoir, très-redoubté seigneur, que les bonnes gens de Paris ne se tiennent pas pour villains, mais sont prudes hommes et loiaulx, 6t tels les avés trouvé et trouvères, et disent outre que tuit cil sont villains qui font les villainies : touttes lesquelles choses sont au très-grant desj)laisir de tout vostre peuple, et non sans cause, car premier vous leur devés protection et deffense, et eux vous doivent porter honneur et obéissance, et qui leur faut de Fun ne sont tenus en l'autre ; et aussi semble à vostredit peuple, selon raison et vérité, que mielx fussent emploies gaiges à gens qui se combatent aus ennemis du royaume que à ceulx
qui prennent les deniers d'icellui, robent et pillent le peuple d'icellui, et aussi leur semble que vous et les gens d'armes qui sont en vostre compagnie fussent mielx à vostre honneur entre Paris et Chartres, là où sont les ennemis, que là où vous estes, qui est paiis de pais et sans guerre ; et aussi est vérité que lesdictes forteresses par vous saisies de nouvel, estoient en gouvernement de très-bonnes gens et sans aucun mauvais soupçon, et n'estoient point en frontière, ne ne vous coustoient rien à garder, et est aussi vérité que quiconque a deux choses à garder et garnir , il doit mielx et plus tost garder et garnir la plus vallable, la plus honorable, et proufitable, quant elle est plus ennoie et plus doubtable , et vous en vostre nouvel conseil vouliés desgarnir Paris d'artillerie pour garnir les forteresses dessus éclaircies, laquelle chose vostredit peuple n'a voulu souffrir; car par ce voient la destruction et perdition du roiaume, de vous et de tout le peuple. Si vous supplions très-umblement , très-redoubté seigneur, que il vous plaise à venir en vostre bonne ville de Paris et leur donner protection et deffense. si comme faire le devés, et aussi veuilliés oster
d'entour vous toutes gens qui à vostredit peuple n'ont bonne volonté , lesquels vous povés bien cognoistre par les consaulx qu'il vous donnent, et avec ce remettre lesdictes forteresses de Meaux et de Montereau es mains de vos féaulset loiauls subjets, où par avant estoient, afin que vostre peuple de Paris n'ait cause de commotion pour faute des vivres, et que il se délaissent de leur murmure ; et aussi vous supplions qu'il ne vous veuille desplaire si nous avons retenu l'artillerie qui avoit esté jà menée au Louvre par Jehan de Lyons, car en vérité nous l'avons fait en bonne intention et pour plus grans niaulx et périls
eschever ; car le peuple estoit si esmeu pour ce, <jue grans maulx en fussent venus se nous ne leur eussions eu convent de la retenir.
Très - redoubt^ seigneur, plaise vous savoir que le peuple de Paris se remembre moult de promesses que vous leur déistes de Vostre bouche, à Saint-Jacques de Tospital, as halles et en vostre chambre, outre lesquelles vous leur promeistes que, se vous ne deviez yssir que vous , trente ou quarante avecques vous , si ne pourries vous plus souffrir les choses en Testât où il estoient, et. Dieu merchi, les choses ont depuis pris moult petit amendement.
Très-redoubté seigneur, sur toutes ces choses et chascuue d'icelles dessus éclaircies, vous plaise ordener par telle manière que ce soit à la loenge de Dieu, à hoimeur du roy, nostre sire^ de vous, et au prouffit du peuple, en telle manière qu'il s'en puisse brièvement apercevoir, et nous veuilles avoir pour recommandés.
Li Saint-Esprit vous ait en sa sainte garde et vous doint bonne vie et longue.
Escript à Paris, le xvuj* jour d'avril.
Très-chiers seigneurs et grans amis, vous avez bien sceu comment en la bonne ville de Paris, après la prise du roy nostre sire, faicte à Poitiers, du commandement de monseigneur le duc de Normandie, convocation générale fu faicte des trois estas du royaume de France, clergié.
nobles et bonnes villes, pour avoir conseil sur le fait de la délivrance du roy nostredit seigneur et sur la défense du royaume et des subgés, et le bon gouvernement d'icelli qui, par longtemps, par les fauls et déloyaulz conseillers et corrompus officiers avoit petitement esté gouvernés, dont les grans maulz que chascun a veu, pour lesdites causes et pluseurs autres, sontavenuz au royaume et aus subgés, et aussi pour avoir finance convenable par consentement de tous pour le fait de la guerre. Et combien que desdis estas fussent à ladicte journée très-grans et notables nombres, et des remèdes sur touslesdis poins el aussi des aides fussent tout en accort, loulevoies la chose fu empeschée, délaiée et froissée par les malices et fausses inductions desdis conseilliers et ofRciers, à Toppinion desquels se enclina monseigneur le duc plus que à tout le bon conseil qui donnet li fu paiv tous les estas dudit royaume , dont grant mal s'ensuyvirenl et grans perditions de paiis.Etpour ce furent faictes autres assemblées pour lesdictes causes, lan (') Icsdictes sainctes ordonnances faictes premièrement et en escript rédigées furent par tous loées et approuvées, promises et jurées, et par monseigneur le duc en las de soye et en cire vert confermées et par li promises et jurées, èsquelles avoit cinq poins principaulx : premièrement que justice fusl réformée, tenue et gardée; la multitude de mauvais et corrompus officiers qui deslruisoient le peuple ostée; les grans aliénations faictes du patrimoine du royaume en personnes indignes, au grant dommage du roy et du royaume, fussent rappelles et au patrimoine réincorporés ; la personne de monseigneur le duc de bonnes personnes sages et loyauls,
(•) Lan pour ia où.
de bons, vrais et loyaiilx conseilliers fiist associée et bien aornée, et regetés de sa conipaignie plusieurs de petit estât et de petit sens, qu'il créoit plus que inestiers ne li fust, qui estoient u sont de mauvaise famé et renommée; défense bonne et convenable par fait d'armes contre les ennemis fust aus subgés du royaume administrée et prestée, les prises qui se faisoient sur le peuple sans rien paier, dont li peuple avoit esté très-grandement domagiés, fussent du tout ostées. Lesquelles ordonnances en tous les poins dessusdis furent par monseigneur le duc et plusieurs mauvais estans près de li froissiés et cassées, et grans divisions entre les estas engenrées, car li plusieurs des nobles, des choses par euls consenties, accordées, promises et jurées, et aussi du clergié, se départirent, et du tout des bonnes villes se divisèrent, ne rien des choses accordées ne paièrent, et à la josne volonté de monseigneur le duc du tout se confermèrent , afin que sur euls, sur leurs terres, ne sur leur subgés ne fust aucune chose prise, ne levée. Et pour ce, très-chier seigneur et très-vray ami, que nous et plusieurs autres bonnes villes les susdictes ordonnances, par nous et tousautres, comme dit est, accordées et jurées, vousisimes tenir et accomplir sens comparoison, et par cesdeffauset plusieurs autres veyens nous et le royaume en estât de perdition, et pour ce que souvent à monseigneur le duc et son conseil en faisions requeste de y remédier , nous avons moult encouru la malevolenté de li etdesdis nobles, en nous mettant sus à grant tort que nous vouliens avoir le gouvernement du royaume, et combien que monseigneur le duc bel en respondesist et à faire le promesist, rien n'en faisoit, mais tout le contraire, et contre nous et ceuls qui ensuyvoient nostre opinion estoit en corage se forment meus que par
maintes voies prociiroit et faisoit procurer nostre destruction, et se estudioit faire, en la bonne cité de Paris, des menus contre nous grant commocion, pour laquelle chose et aucunes autres aucun mauvais de ses conseilliers en très-bon . petit de nombre en ont esté justement rois à mort, qui en ce et en plusieurs autres grans mauls le norrissoient et entroduisoient : depuis lesquelles choses ledit monseigneur le duc avecques grant quantité de nobles, veullans la destruction universele de nous, des gens des bonnes villes et de tout le plat paiis, sont en armes et en host pour nostre destruction devant la bonne ville de Paris, et ont esté à Meaulx, lan de bonne foy les citoyens les avoient receus, lan ils ont destruit la cité et tous les citoiens et fait plusieurs horribles mauls, selon ce que de ce et des choses dessusdites et de plusieurs autres vous porra plus plainement apparoir par certains rooles, lesquels nous vous envoions soubs le contre-scel de la ville de Paris clos. Et vous supplions et prions, tant et si acertes comme plus poons, que, tout vostre commun assemblé et en audience, vous plaise lesdis rooles faire lire avecques ces présentes, et clèrcment exposer à vostre commun les choses qui contenues y sont.
Très-chiers seigneurs et bons amis, nous pensons que vous avez bien oy parler comment très-grand multitude de nobles, tant de vostre paiis de Flandres, d'Artois, de Boulonois, de Guinois,'de Ponthieu , de Haynault, de Corbiois, de Beauvoisis et de Vermendois, comme de plusieurs autres lieux, par manière universele de nobles universaunjent contre non nobles, sens faire distinction quelconques de coulpables ou non coulpables, de bons ou de mauvais, sont venus en armes, par manière d'ostilité, de murdre et de roberie, deçi'i l'yaue de la Somme et aussi
deçà Tyeau d'Oise, et combien que à plusieurs d^euls rien ne leur ait esté meffait, toutevoies il ont ars les villes, tué les bonnes gens des paiis, sens pitié et miséricorde quelconques, robe et pillié tout quanques il ont trouvé, femmes , enfans , prestres , religieux mis à crueuses gehines, pour savoir Favoir des gens et ycels prendre et rober, et plusieurs d'iceuls fait morir es gehines, les églises robées, les calices, sainctuaires, chapes ostées et robes, les prestres célébrans pris et les calices ostés de devant euls, et 11 aucun d'euls le corps Nostre-Sire geté h leurs variés, le précieux sang Nostre-Sire geté à la paroit, les vaissaulx où estoit le corps Nostre-Sire pris, les églises, abbaies, priorés et églises parochiauls que il ne ardoient misa raençon, et les personnes de Saincte Eglise, les pucelles corrompues et les femmes violées en présence de leur maris , et briefment fait plus de mauls, plus cruelement et plus inhumainement, que oncques ne firent les Wandres, ne Sarrasin , et plusieurs desdictes pilles (') ont porté en Flandres, en Artois et en Vermendois, et très-grant quantité en ont laissée à Gompiègne, qui èsdis fais les a souslenus et sousticnt, à la destruction du plat pais et des bonnes villes, et encore èsdis mauls persévèrent de jour en jour, et tous marchans qu'il treuvent mettent à mort, et raençonnent et ostent leurs marchandises, tout homme non noble de bonnes villes ou de plat paiis et les laboureurs tous mettent à mort et robent et dérobent) ont pris quarante et cinq mules chargiés de draps de Flandres et d'ailleurs, et yceuls ont pilliés et ostés aus marchans qui les mcnoient avecques Icsdis draps. Et ainsi véons clèrement qu'il nous en-
(.) Pille, butin.
tendent universaument tous des bonnes villes et du plat paiis, sens pité ne miséricorde, se Dieux ne nous secourt et aide, et no bon amy, frère et voisin, mettre à destruction. Et bien savons que monseigneur le duc nous, nos biens et de tout le plat paiis a mis en habandon dus nobles, et de ce qu'il ont fait et feront sur nous les a advoés, ne n'ont autres gaiges de li que ce que il peuvent rober, et combien que lidit noble, depuis la prise du roy nostre sire, ne se soient volu armer contre les ennemis du royaume, si comme chascun a veu et sceu, ne aussi monseigneur le duc, loutevoies contre nous se sont armé et contre le commun , et pour la très-grant hayne qu'il ont à nous, à tout le commun, et les grant pilles et roberies que il font sur le peuple, il en vient grant et si grant quantité que c'est merveille. Si avons bien mestier de l'aide de Nostre-Sire , de la vostre et de tous nos bons amis, et ceuls qui aideront à défendre le bon peuple, les bons laboureurs et les bons marchans, sens lesquels nous ne poons vivre, contre ces murdricrs, robeurs et cruaus ennemis de Dieu et de la foy , acquerront plus grant mérite envers Nostre-Sire que se il aloient tout croislé contre les Sarrasins, et certes il ont jà fait tant de mauls deçà la Somme et en Beauvoisis et deçà l'yaue d'Oise, et tant tué de laboureurs , qu'il est grand double que ceste année, qui èsdis paiis estoit très-fertile de blés et de vins, ne soit du tout gastée et périe,et qu'il n'y ait qui laboure et cueille les vins, ne aussi où mettre les vins pour les vassiauls des villes qui sont tous ars et aussi les villes.
Très-chiers seigneurs et" très- bon amy, toutes les choses dessusdites nous vous escripsons, pour ce que nous savons certainement que la bonne ville de Paris, et les bons marchans de la bonne ville de Paris et des bonnes
villes, le bon comoMui et les bons laboureurs vous amés et avez tousjours aîné, el à trois fius les vous escripsons : la première, afin que vousA'éezIa bonne raison et justice que nous avons, et le grant tort, desloyaulé et injustice que on a sur nous et sur le peuple; la seconde fin, afin d'avoir vostre conseil et aide, car les choses nous sont grandes, pesans et périlleuses, et non pas tant seulement à nous et au paiis qui sont domagiés, mais aussi à vous et aus autres paiis lan il convient courre marchandise, et lan il convient porter les vivres de blés et de vins des paiis qu'ils ont ainsi gaslés sens cause, et bien poez veoir que se on gastoit le paiis de Laonnois, ainsi que on a gasté le paiis de Beauvoisis, tout le paiis de delà l'yaue d'Oise, qui sert de vins le bon paiis de Flandres, de Haynaut, de Cambrésis, seroit destruit, dont grant dommage s'ensuivroit audit paiis; la tierce fin, car plusieurs nobles dudit paiis de Flandres qui ont faictes lesdictes roberies, et des autres paiis dessusdits, et qui lesdictes rol)eries ont portées èsdis lieux dessusdis, que tous lesdis biens que vous sentirez cstre en vostre terre et pooir vous leur ostezde fait, et mettez en vostre main comme en main seure. Et pour ce que ii dessusdit sont encore en faisant lesdis mauls à host devant la bonne ville de Paris, afin de nous destruire, qui rien*ne leur avons meflînt, et combien que tous ne les cognoissiens mie, de plusieurs nous vous envoions les noms en un roolet clos et scellé du scel de ladicte ville de Paris, lesquels ou plusieurs d'euls, par la poissance que Dieux vous a donnel, nous vous supplions, tant comme nous poons, que sur leurs corps et sur leurs biens, à l'onneur et salvacion de nous, vous y veulliez pourveoir par tele manière que vos grans discrécions verront qu'il sera à faire, et qu'il n'ayent plus hardement I. 20
ne puissance de nous meffaire, car à vostre requeste ainsi le vous feriens-nous en cas pareil.
Très-chier seigneur et bon amy, pour ce que aucun d'euls ou de leurs amis se voudroient envers vous excuser des mauls qu il ont fais en Beauvoisis et aussi sur nous, pour ce que aucunes gens du plat paiis de Beauvoisis commencèrent le riot sur les gentils hommes, en euls tuant, leurs femmes et enfans, et en abattant leurs maisons, et que à ce nous leur fusmes aidant et confortant, et de ce puet ou porroit eslrc faicte à hault et noble prinpce, monseigneur le conte de Flandres, et à vous information et relacion mains véritable, plaise-vous savoir que lesdites choses furent en Beauvoisis commencées et faictes sens nostre sceu et volenté, et mieuls ameriens estre mort que avoir apprové les fais par la manière qu'il furent commencié par aucuns des gens du plat paiis de Beauvoisis, mais envoiasmes bien trois cens combatans de nos gens et lettres de crédance pour euls faire désister des grans mauls qu'il faisoient, et pour ce qu'il ne voudrent désister des choses qu'ils faisoient, ne encliner à nostre requeste, nos gens se départirent d'euls, et de nostre commandement firent crier bien en soixante villes, sur paine de perdre la teste, que nuls ne tuast femmes, ne enfans de gentil homme, ne gentil femme, se il n'estoit ennemi de la bonne ville de Paris, ne ne robast, pillast, ardeist, ne abatist maisons qu'il eussent, et au temps de lors avoit en la ville de Paris plus de mille que gentils hommes que gentils femmes, et y estoit ma dame de Flandres (•),
(') Marguerite de Brabant, fille du duc Jean III et de Marie d'Évreux, était, par sa mère, cousine de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Elle vivait en mauvaise intelligence avec Louis de Maie, et tandis que celui-ci soutenait le duc de Normandie, elle secondait sans doute à Paris les intrigues du roi de Navarre.
ma dame la royiie Jehanne (') et madame d'Orliens ('), et à tous on ne fil que bien et honneur, et encores en y a mil qui y sont venus à seurté, ne à bons gentils hommes ne à bonnes gentils femmes, qui nul mal n'ont fait au peuple, ne ne veulent faire, nous ne volons nul mal. Et depuis les choses avenues en Beauvoisis, monseigneur de Navarre, qui oudit paiis estoit à gens d^annes, auquel il vindrent courre sus, et lesquels il desconfit par quatre fois, et leurs capitaines prist etcopa les testes, mist le paiis tout à pais et, du consentement des nobles du paiis de Beauvoisis et de Veqcin, qui avoient esté domàgé et injurié, et aussi des gens des villes du plat paiis de Beauvoisis, ordonna que de chascune ville quatre des plus principauls de ceuls qui avoient fait les excès seroient priset justicié, et dix du paiis de Beauvoisis seroient pris qui savoient les domages qui avoient esté fait aus gentilshommes, les villes et les personnes, par qui ce a voit esté fait, et seroit rapporté à monseigneur de Navarre, et il feroit faire restitucion convenable des domages ausdis gentils hommes, et parmi ce les bonnes gens du plat paiis de Beauvoisis, les villes et le paiis dévoient demourer en seurté et en pais. Ce nonobstant, les gentils hommes du paiis de Beauvoisis, de Veccin, monseigneur de Navarre parti, et aussi li autres nobles des paiis dessusdis que rien ne touchoit, se assemblèrent, et tout le paiis de Beauvoisis destruisirent et pillèrent, et, sur Tombre dudit fait de Beauvoisis, li gentil homme en plusieurs
(') Jeanne dÉvreux, veuve de Charles le Bel, mère de la duchesse d'Orléans et Uiule de la comtesse de Flandre ; elle favorisait activement son neveu le roi de Navarre.
(*) Blanche de France, tîUe de Charles le Bel et de Jeanne d'Evreux , par conséquent cousine du roi de Navarre.
et divers lieux uni faictes grans assemblées, et s'en sont venu en plusieurs lieux desdis paiis deçi\ la Somme et la rivière d'Oise, et sur yceuls qui du fait de Beauvoisis rien ne sa voient et qui en estoicnt pur et ignoscent, ont couru, robe, pillié, ars et tué, et tous les paiis destruis, et encores font de jour en jour.
ïrès-chier seigneur et bon anii, veidliez nous pardonner et avoir pour excusés se si tart vous avons escript desdictes choses, car li chemins estoient très-périlleux et mal seur, et ces gentils hommes tous les paiis et tous les chemins occupoient. Toutevoies, vculliez savoir que, combien que plusieurs gentils hommes et gens d^armes en très-grant nombre soient devant la bonne ville de Paris avecques monseigneur le duc, que nous et nostre commun sommes bien tout un et en bonne volenté de défendre, et y a, Dieu mercy, très-bonne ordonnance et grant marchié de vivres et très-grant quantité, et pour l'onneur de la bonne ville de Paris défendre, et eschiver que nous qui aviens toujours esté franc, ne chéons en la servitule en laquelle nous veulent mettre ces gentilshommes, qui sont plus villain que gentil, nous exposerons nos corps et nos biens et morrons ançois tuit que nous souffrons qu'il nous mettent en servitule. Car de nous et des autres, il se sont vanté qu'il nous osteront tout que un blanchet qu'il nouslairont, et nous feront traire à le cherue avecques les chevaulx ; ui:n*s,à l'aide de Dieu, de voi?s et de nos bons seigneurs et au)is et de très -excellent prinpce, monseigneur de Navarre, ou(|uel nous trouvons très-grant confort et très-grant aide et ayme très-parfaitement les bonnes villes et le bon commun ('), nous les en garderons bien.
(•) Charles le Mauvais, roi de Navarre, fils de Philippe, roi de
Très-chier seigneur et bon ami, nous nous recommandons à vous et nous offrons à vous de quanques nous savons et poons faire, et vous prions que les dessusdis rooles et ces présentes, après ce que vous les aurez veues et leues, vous plaise envoier en aucunes des bonnes villes dudit paiis de Flandres aus bonnes gens et commun d'icelles, ausquelles prions et requérons semblablement comme à vous faire les choses dessusdictes.
Li Sains-Esperis, par sa grâce, vous veuille sauver et garder. Sur toutes les choses que nous vous escripsons, nous désirons moult avoir nouvelles de vous et response : sy vous supplions qu'il la vous plaise à faire le plus hasti • vemenl que vous porrez bonnement.
Escript à. Paris, le xi* jour de juillet, Tan lvhi.
Los tout vostres,
Le PRÉVOST DES MÂRCIIAISS ET LES ESCHEVINS ET LES
maistres nes biestiers de la ]k)nne vu.le de Paris (•).
Ces lettres retracent toute la situation. D'une part, le respect de Tautorilé s'afFaihIil ; d'autre part, le patrio-
Navarre, et de Jeanne, fille unique de Louis le Hiilin, pelit-fils de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, arrière-petit-fils de Philippe le Hardi et de Miirie de Brabant. Le roi de France, disait plus tard Edouard III, ne craint que trois princes, le roi de Navarre, le duc de Bretagne et le comte de Foix ; « quar eux « supplantés, il ne tient compte des autres. » (Archives de Lille.)
(•) Lettres closes où l'on aperçoit encore les traces du sceau de la ville de Paris. Au dos, on lit ces mots : Che sont les lettres et les briefs du roy de Navarre, de le ville de Paris et de le ville d'Amiens. Les deux rôles qui étaient joints à la lettre de la ville de Paris ont disparu, et il en est de même des lettres du roi de
lisme s'élève : et dans ce double caractère, qui nous permet tour à tour de blâmer et de louer Marcel, nous retrouvons encore Timage de la France du xrvc siècle, pleine d^entliousiasme et d'ardeur belliqueuse sous un pouvoir faible et chancelant qui ne la protège plus.
Il faut bien se garder de confondre la commune de Paris qui sauva la France de la conquête des Anglais, avec cette même commune de Paris qui, après le traité de Troyes, se précipita au-devant d'eux pour acclamer leur venue. Entre ces deux époques, il y a toute la distance qui sépare les Caboche, les Legoix et les Saint- Yon d'Etienne Marcel, dont le nom vivra dans les célèbres ordonnances de 1355 et de 1356. N'oublions pas que le dernier vœu du duc de Normandie, devenu Charles le Sage, fut le retour aux institutions qu'avaient fondées les états généraux et aux réformes qu'ils avaient conçues. Les biens du prévôt des marchands, confisqués après sa mort, avaient été rendus à sa famille, et lorsqu'en 1413 le parti de Tordre triompha à Paris de la faction des bouchers, l'un des échevins choisis pour remplacer les Saint- Yon fut Jean Marcel, parce qu'on croyait ne pouvoir opposer à l'anarchie aucun nom placé plus haut dans la mémoire du peuple par d'éclatants services rendus à la cause des libertés publiques.
Navarre et de la ville d'Amiens. Je suis disposé à penser que la lettre de Marcel avait été envoyée à Jean de Pecquigiiy, et celui-ci l'aurait transmise aux échevins dWmiens et d'Ypres. Les relations de Jean de Pecquigny avec la commune d'Amiens sont assez connues : celles qu'il entretenait avec la commune d'Ypres remontaient à 1351 (voyez mon //istoire de Flandre, Ireédit., t. III, p. 366).