‹ FroissartChapitre 29 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

serve, au milieu de tant de foimes nouvelles, cette forme ancienne que plus d'un érudit regrette encore aujourd'hui. Il a d'ailleurs fait assez pour adoucir et assouplir la langue du xiv" siècle. Il semble qu'en lui imprimant la variété de ses récits, il l'ait colorée et émaillée en quelque sorte de toutes les fleurs de son imagination ; elle lui doit de plus cette précision, cette lucidité qui en formeront désormais le principal caractère.

c Depuis cinq siècles que ces chroniques ont été écrites, c dit un habile critique (') , l'esprit français se reconnaît aux c qualités de ces charmants récits, à cette clarté, à cette c suite, à cette proportion, à cette absence d'exagération, c à ces couleurs déjà mêlées et variées dont aucune c n'éblouit : de même, la langue française se reconnaît « à cette netteté de rexpression, à cette grâce du tour , à « cette fermeté sans raideur, à cet éclat tempéré que sen- « tiraient ceux mêmes qui veulent lire sans juger. »

En lisant Joinville, on le jugerait antérieur de deux sièciesà Froissart, mais en étudiant Froissart, on le croirait à peu près le contemporain des écrivains du siècle de François I". Comme tous les hommes supérieurs, il avait devancé son époque.

(') M. Nisard, dans son ffistoire de la littérature française.

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