‹ Frontin malade comedie en un acte et en versChapitre 24 sur 42 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les ans m’ont tant maigri, que ma culotte en tombe!

— Je suis tout épuisé; — j’ai besoin de repos; i’renez-moi ce valet, vaillant, frais et dispos!..

' — J’irai mourir, ailleurs, — isolé, — sans ressource...

G ÉHONTÉ, tout bouleversé.

— Assez, Frontiu !..

(A lui-mème.)

— Que faire? — Ab ! — ma bourse ! — ma bourse 1

— Deux valets ! — Cependant, je ne puis le laisser Me servir plus longtemps! — s’il allait se blesser I..

K R O N T 1 S , s’éloignant.

— Abandonnez Frontiu ! — Oui, je vous le répète!..

GÉRONTE, à lui-mème.

— Frontin va me coûter tous les yeux de la tète!

— Allons, ne faisons pas les choses à demi !..

Ce n’est plus un valet, d’ailleurs... c’est mon ami!..

F'RONTIN, l’observant, avec inquiétude.

— Il hésite! — Tout seul, il est là qui bavarde!

— Don!..

GÉRONTE, résolument.

— Tu m'as convaincu; — ce Lubin, je le garde! —

FRONTIN, désolé.

— Qu’ai-je fait?

L U B I N , cessant de pleurer.

— Quel bonheur 1

GÉRONTE, i Lubin.

— Viens ici, jeune gars I

LUBIN, accourant.

— Moi, Monsieur?

GÉRONTE

— Je te prends!..

LU U IIS, sautant de joie*

— Je reste!..

FRONTIN, tristement.

— Moi, je pars!

GERONTE, eu souriant, avec iiouliomie.

— Mais, non!..

FRONTIN

— Comment?

GÉRONTE, présentant Lu b in à Frontln.

— Tu vois Lubin? — Je te le donne!..

FRONTIN, reconnaissant.

— Ah! Monsieur!..

GÉRONTE

— Désormais, Frontin, commande, ordonne!

— Lubin t’obéira!..

LU OIN.

— Certes!..

GÉRONTE

— Tu vieilliras

Prés de moi... doucement! — lu te reposeras!..

FRONTIN

— Noble cœur !

GÉRONTE, & part.

. — 11 me doit beaucoup moins qu’il ne pense !

FRONTIN, à part.

— Au fait, en ce moment, c’est lui qu’il récompense! —

LUBIN , arec respect à Frontin.

— Et que m’ordonnez-vous, mon maître, en ce moment?

FRONTIN

— Moi? — d’allumer ce feu, maroufle, et promptement!

(Lubin s’incline et va vers la cheminée. — Il cherche, pendant toute la scène, à allumer le feu, sans y réussir.)

GÉRONTE

— Es-tu content?..

FRONTIN, jouant l’émotion et allant s’asseoir dans la ganache de droite.

— Trop!

GÉRONTE, étonné.

— Bah !

FRONTIN, à part.

— Ne lâchons pas ma proie !

(Haut.)

Oui; tant d’émotions! — la douleur, — puis la joie...

M’ont tout bouleversé... J’éprouve à l’estomac...

GÉRONTE, considérant Frontin, avec anxiété.

■— Qu’as-tu donc? — en effet... je sens...

FRONTIKj de plus en plus défaillant*

— C’est un mic-mac...

Ün malaise... une crampe...

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