‹ Frontin malade comedie en un acte et en versChapitre 35 sur 42 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Ai

GÉRONTE, trouvant l’épée de Valère sur le guéridon, la saisit et regarde la pointe; il court à Talère.)

— Ah! — chien! — tu l’as blessé!...

VALÈRE

— Quand vous saurez pourquoi Je l’ai battu, — Monsieur, — vous direz avec moi Qu’il l’a bien mérité!...

FRONTIN, gémissant.

— Je suis moulu!...

(Gérunte se retourne vers Froutin.) VALÈRE, â Géronte.

— Voulez-vous m'écouter?

— J’enrage!..

CÉRONTE, brandissant l’épée, avec indignation.

— Brigand 1... malgré mon âge...

Tu vas me rendre, ici, raison de son trépas !...

— Défends-toi!... spadassin!...

(il se fend sur Valère. — Isabelle se précipite entre Valère et son père,

à gauche.)

VAI.ÊRE, riant malgré lui.

— Monsieur!...

ISABELLE, à Valère.

— Retirez-vous!

— N’insislez pas;

VaLÉRE, éclatant.

— Mordieu! — vous aussi? Ma parole,

C’est à devenir fou!...

(A Géronte.)

Je croirais que le drôle Avait tantôt raison... lorsqu’il a prétendu Qu’il était votre gendre !

ISABELLE, à part.

— O ciel !

GÉRONTE, tressaillaut, laissant tomber l’épée qu’lsabelle ramasse et donne

à Valère.

— Qu’ai-je entendu?

— Qu’avez-vous dit?... lui!... mon!... Ah! vous perdez la tète!

VA LÉ R E, remettant son épée au fourreau.

— On la perdrait à moins, pardieu! — je vous répète Qu’il l’a dit, et d’un ton!...

(Frontin gémit.)

GÉRONTE, se retournant vers Froutin, à lui-méme.

— Oh ! — tout autre désir!

Tout ce qu’il voudra!... mais...

FRONTIN, d’une voix languissante.

— Monsieur! — je vais mourir...

D'amour!... accordez-moi la main de votre fille!...

GÉRONTE, d'un ton impératif.

— Ne meurs pas! — O mon Dieu! que faire? — ma famille!

— Mon honneur!

Y A LE RE, enrageant.

— 11 est fou!

FRONTIN, gémissant encor:.

— La! — la!...

GÉRONTE, arec autorité, à Frontin.

— Je te défend

De mourir! — Isabelle! — écoute, mon enfantl...

— Je ne puis t'expliquer l... tu ne peux pas comprendre Pourquoi !.. mais, pauvre enfant, vois-tu... s’il n’est mon gendre,

— Il rendra l’àme !...

YALÉRE, dédaigneusement.

— Eh bien! — qu’il crève! — un beau malheur!...

GÉRONTE

— Je ne vous parle pas, Monsieur !...

(A Isabelle, arec dureté.)

Pour mon bonheur.

— 11 le faut!...

ISABELLE, d’un ton résigné.

— Je ferai ce que voudra mon pèl’e !

GÉRONTE, la serrant dans ses bras.

*— Ma fille ! — ô mon enfant!...

VALÊRE, anéanti.

— Isabelle!

ISABELLE

— Valèïe,

Oubliez-moi !

GÉRONTE, à Yalère, en lui montrant la porte.

— Monsieur, vous avec entendu?...

VAL ÈRE, de même.

— Vous consentez? — Mordieu 1 — je reste confondu!

(Géroute se lient près de Frontin, qui lui fait signe qu’il -va beaucoup mieux. — Vaière, à Isabelle, qui sourit malgré elle.)

— Adieu, perfide!.. Quoi! — vous riez, quand je pleure !..

Je vous déteste... et!..

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