‹ Fruits des pays chaudsChapitre 103 sur 152 · R AM BOUTA N · texte numérisé non relu

R AM BOUTA N

Ramboutan

Nephelium Lappaceum Famille des Sapindacées

PLANTES DE MEME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Litchi, Nephelium litchi , p. 560.

Longanier ou œil-de-dragon, Nephelium longanum , p. 568.

Quenettiev, Meliocca hijuga , p. 624.

Historique et généralités. — * Il provient de la Malaisie, d’où il a été propagé à Ceylan, en Cochinchine, etc.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Asie. — En Cochinchine, on commence à voir cet arbre, qui y est appelé chourn chou tu.

Océanie. — Quand il est cultivé, il est dit ramboetan en malais, et tountoun s'il est sauvage. Toujours dans la môme langue, les pointes du fruit sont appelées rambout, ce qui signifie cheveux.

A Java, on compte une quinzaine de variétés, parmi lesquelles le al je bezaarh fruits ovoïdes et volumineux; le atje kitjil , à petits fruits sphériques, le pulu puti , à fruits jaunes et le pulu berrum à fruits pourpres.

A. — Agronomie

Botanique. — Nephelium Lappaceum Linné; Euphoria Nephelium de Candolle; Dimocarpus crinita Lacour. Famille des Sapindacées .

Fruits. — Ils viennent en grappes. Ces fruits sont couverts de pointes longues et molles, sorte de chevelure. Au-dessous de la peau est une pulpe arillaire sucrée et de

couleur jaunâtre, dans laquelle les dents entrent avec peine; on suce pour se désaltérer. La saveur varie selon les espèces ; elle est douce dans le atje gundil , aigrelette dans 1 e pulugede, acide dans le piilu tuntan, etc.

Quant à la forme, le fruit est ovale ou rond et de couleur rouge; il est plus petit qu'une pomme ordinaire.

Culture. — Il faut un climat uniforme et assez humide.

On reproduit de graines ou par marcottage.

B. — Industrie

Le fruit se mange ordinairement cru; mais on peut aussi le dessécher et le garder en cet état.

Sa poti Nier

Sapota achras Famille (les Sapotacées

PLANTE DE MÊME FAMILLE DÉCRITE DANS CE VOLUME

Caïmitier, Chrysophyllum Caïmito, p. 455.

Historique et généralités. — Originaire des Indes occidentales. L’arbre se trouve inculte dans les forêts de Saint-Domingue. Il a été répandu dans tous les pays chauds ; c’est certainement l’un des meilleurs fruits exotiques.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Asie. — Le sapotillier fut importé à Ceylan en 1892. En Chine existe Yachras balata Aublet, dont les fruits verts ont la forme de l’olive et sont à peu près de sa grosseur.

Afrique. — L’arbre est commun au Sénégal.

SAPOTILLIER

Amérique. — 11 existe en Amérique centrale et aux Antilles, notamment en Haïti, Dominicanie, Martinique, Guadeloupe, Jamaïque, Cuba, Pérou, etc. Dans plusieurs de ces pays, la sapotille est assez souvent appelée marmelade.

A. — Agronomie

Botanique. — Sapotaachras Miller ; Achras sapota Linné. Famille des Sapotacèes.

Arbre. — Peut atteindre 20 mètres de haut; il est à belle frondaison et ses rameaux lui forment ordinairement une belle cime.

Feuilles. — Alternes, entières, coriaces, épaisses, ovales lancéolées.

Fleurs. — Blanchâtres, isolées et inodores.

Fruit. — Baie ronde de la grosseur d’une pêche ; la sapotille est recouverte d’une mince pellicule grisâtre; sa pulpe rougeâtre est très sucrée et délicieuse. Le fruit est divisé en douze loges renfermant les semences.

Variétés. — Les deux principales variétés sont:

Sapota lobata et Sapota Candollei.

Sapota lobata. — Dans le calice, la corolle etl’androcée, le nombre des parties varie de 5 à 7.

L’ovaire est souvent à 12 loges; le fruit est piriforme : il contient de 2 à 6 graines.

Les pétales sont toujours ’émarginés et le calice est souvent à cinq parties au lieu de six.

Sapota Candollei Pierre ou grosse Sapote, Sapotillemammée, Marmelade-tree, Joko-Inco. Mêmes caractères que pour S. Lobata, mais les staminodes sont arrondis et on compte parfois jusqu’à douze étamines par corolle.

Contrairement à la loi générale, les staminodes deviennent fertiles au lieu d’être pétaloïdes.

On rencontre cette variété à Cuba, Porto-Rico, la Martinique et en Guyane française.

La corolle est très velue, les étamines alternes; le fruit et la graine sont ovoïdes.

La chair est orangée.

A distinguer également :

Achras australii Br. ou P/anchonella austrcilis Pierre. Commun en Australie. Les fruits sont de qualité médiocre.

Achras Bonplandii Pierre. Liicuma Bonplandii Kunth. Le fruit piriforme présente une pointe; la graine est très oblongue. La chair est rouge.

Les pays où il est fréquent sont : Jamaïque, Cuba et Porto -Rico.

Culture; entretien. — Aux Antilles, l'arbre fleurit deux fois par an et il a des fruits pendant presque toute l’année.

11 faut au sapolillier de basses altitudes.

11 ne se plaît qu’en pays franchement tropical.

On le reproduit de semis.

B. — Technique

Bouchardat a trouvé du sucre de lait dans la pulpe de la sapotille.

Fruit. — En Amérique, la sapotille figure sur toutes les tables. Il ne faut cueillir ce fruit que lorsqu’il est bien mur; on doit le manger cru et de suite. Sa peau mince se détache facilement, elle est brune, assez de la couleur d’une pomme de reinette.

La pulpe juteuse est exquise ; elle a l’aspect d’une glace

TAMARINIER

au café ; elle fond dans la bouche ; son parfum délicat rappelle le muguet et le jasmin.

La Sapotille en médecine

Les graines noires, luisantes, comme vernies, peuvent être pulvérisées pour servir en infusions. Elles sont vermifuges et diurétiques.

Tamarinier

Tamarindus indica Famille des Légumineuses

PLANTE DE MEME FAMILLE DÉCRITE DANS CE VOLUME

Ceratomia siliqua, Caroubier , p. 199.

Historique et généralités. — Le tamarinier est originaire des Indes; on le voit en de nombreux pays chauds.

La famille des Légumineuses comprend des « arbres à fruits » et des « plantes à légumes ». Nous énumérons les premiers au paragraphe Botanique et nous étudierons les « Légumes des pays chauds » dans un ouvrage spécial.

Asie. — Le Tamarindus indica est assez répandu dans l'Inde, toute lTndo-Chine et dans l’ile de Ceylan.

Afrique. — On le voit à Madagascar, à la Réunion et dans la plupart des iles de l'océan Indien.

Au Soudan, le tamarinier atteint la taille du chêne.

Amérique. — C’est un arbre répandu eu Amérique centrale et aux Antilles; il est commun à la Guyane.

A. — Agronomie

Botanique. — Tamarindus Indica Linné. Famille des Légumineuses.

Arbre. — Beau sujet à tronc épais et à écorce brune.

Feuilles. — D’un beau vert luisant.

Fleurs. — Elles se présentent en petites grappes.

Fruit. — Gousse allongée, un peu comprimée, pleine de pulpe molle, gluante, noirâtre et de saveur acidulé.

Cette pulpe est nutritive, laxative et rafraîchissante.

Autres Légumineuses. — De nombreuses Légumineuses ne donnent que des graines comestibles ; on les mange crues ou grillées; parmi elles nous citerons:

Castanosperum australe Cunningh. Commun en Australie et en Nouvelle-Calédonie.

Ses graines sont contenues dans une gousse volumineuse, oblongue et cylindrique ; ovoïdes, à embryon charnu et à cotylédons épais. Elles sont du volume d’une châtaigne; étant riches en fécule, elles constituent un bon aliment. On les mange cuites.

Afzefia af ricana Smith. Dans le fruit se trouvent des graines arillées, d’un goût agréable et que les indigènes recherchent. L’arbre est commun au Sénégal.

Afzelia bijuga Gray. L’albumen de la graine est comestible. Le fruit acide et laxatif est apprécié par les indigènes. Arbre répandu à Madagascar et en Cochinchine.

Prosopis julifeora de Candolle. Les fruits sont des gousses arquées, comprimées et étroites, à pulpe jaunâtre, douce et sucrée.

En faisant fermenter la pulpe fraîche, on obtient une boisson capiteuse et enivrante. Si l’on distille, on recueille

TAMARINIER

lin alcool de bonne qualité. Arbre commun à la Martinique.

Pterocarpus esculentus. Gousse ronde et épaisse qui contient une graine comestible quand elle est grillée.

Fig. 216. — Tamarinier et fromager au village de Ngara. Cliché : A. Chevalier ( Mission Cliari-Lac Tchad).

Cette graine, mangée crue en trop grande quantité, donne des vertiges.

Arbre commun en Haute Côte d’ivoire, au Soudan et en Guinée.

Jnocarpus edulis Forster ou Noix cFAhi, ou Mape ou Gatip à Java et Laka en Nouvelle-Guinée.

Bel arbre commun en Océanie ; il donne une grosse drupe renfermant un noyau à amande réniforme.

Les ind igènes mangent l'amande cuite à l'eau ou grillée.

Arbre commun à Tahiti.

Inga divers ou Gucima , pois sucré , Pacciy.

Plantes répandues au Pérou, à la Nouvelle-Grenade, aux Antilles françaises, à la Guyane.

L' Inga reticulata Sprengel s'est naturalisé à Tahiti.

L'I/iga vera Wildenow a les graines entourées d’une substance blanche comestible.

Parkia divers. Les fruits se mangent crus ou sous forme de conserves.

Parkia af ricana ou Peté des Javanais et les Pithecolobium , en langue malaise sappi et Pitzang , donnent à l'haleine une odeur alliacée prononcée.

Parkia biglobosa Bentti, ou N été. Au Sénégal, la gousse est très recherchée des indigènes.

Enlin il est des Légumineuses à fruits plus charnus :

Gourliea Chilensis Clos. Nommé chancir au Chili; le fruit drupiforme est assez apprécié.

Detarium microcarpum. Fruit de forme lenticulaire ; chair jaunâtre sucré et relativement peu fibreuse. Arbre du Sénégal.

Detarium Senegalense Gmelin et Detarium microcarpum Guillemin et Perrottet.

Commun au Sénégal; le fruit comestible est une grosse drupe orbiculaire de 0m,6 de diamètre. Fruit charnu ; pulpe farineuse, verdâtre, légèrement sucrée et fibreuse. Il est vendu à Corée, à Saint-Louis, etc. On mange la pulpe en bouillie.

Dialium indum Linné. Dont les noms javanais sont : Kranji , Randji et Kouranji. Le fruit possède une saveur agréable, acidulée et parfumée. On le vend dans les bazars indiens.

Dialium nitidum Guillemin et Perrottet ou Codarium nitidum Wahl; ou Dialium guïneense Wildenow; son

TAMARINIER

Fi g. 21

Porteurs malgaches au repos

fruit agréable a le goût de bonbon anglais. La pulpe est farineuse, acidulé, très sucrée et agréable. Arbre commun au Sénégal.

B. — Technique

Yauquelin et Berzélius ont trouvé dans la pulpe : sucre, gomme, acide malique, acide citrique et un peu d’acide tartrique.

Fruit vert. — Dans certains pays, la gousse verte est mangée crue.

Condiment. — On l'utilise aussi comme condiment pour relever la saveur des légumes et du poisson.

Plat. — La gousse verte est parfois cuite avec du riz.

Fruit mûr. — Elle renferme une pulpe molle, jaunâtre, douce, aigrelette, légèrement laxative. On la consomme fraîche ou associée au sucre, au miel, au couscous, etc. C'est ainsi que les Turcs et les Arabes en font provision dans leurs voyages.

Confitures et conserves. — La pulpe sert à confectionner des confitures et des conserves très appréciées.

Boisson. — En triturant la pulpe dans l’eau, on obtient une boisson acidulée très rafraîchissante et agréable.

Bière. — C’est dans l’Inde que le fruit du tamarinier sert à fabriquer une sorte de bière.

Coagulation du caoutchouc. — La pulpe acide est employée parfois pour coaguler le caoutchouc.

Bois. — Le bois du tamarinier ressemble au coromandel, mais sa teinte est rose.

On l’emploie en ébénisterie.

TAMARINIER

D. — Commerce

Los tamarins du commerce sont s peuvent contenir des matières

souvent sophistiqués ; cuivreuses provenant

Fig. 218. — Village congolais.

des vases dans lesquels ils ont séjourné; on y ajoute parfois un peu d’acide sulfurique.

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