GROUPE DE L’ORANGER
Oranger doux
Citrus aurantium Famille des Rutacées
Voir : Plantes à parfums , 4e vol.
« Bibliothèque pratique du Colon », p. 467.
Historique et Généralités. — Pendant longtemps, les oranges écoulées sur les marchés de l'Europe et de l’Amérique du Nord provenaient des îles de T Atlantique avoisinant la côte nord-ouest d'Afrique et aussi de certaines zones côtières de la Méditerranée; puis, grâce à l'amélioration des moyens de transport, on profita des productions des Indes occidentales : Jamaïque, Dominique, îles Bahama, etc.
De nos jours plusieurs métropoles s’approvisionnent indistinctement dans bien des pays et on ne cesse de s'efforcer d’améliorer encore et toujours les moyens de transport, afin d’augmenter encore le nombre des pays exportateurs.
C’est aux Arabes que l’on doit la propagation de
l’oranger dans le bassin de la Méditerranée. Oranger dérive de l’arabe Naranclj. Les Arabes disent encore Tchina , nom qui indique l’origine chinoise.
Géographie. — Dispersion. — Synonymie
Europe. — France. — La production annuelle de la France, en oranges, est d’environ 40.000 quintaux. 11 y a lieu d'y ajouter près de 3.000 quintaux fournis par la Corse.
De façon géüérale, on dit orangers, oranges ou agrumes.
Chaque Français consommeanniiellement une moyenne de douze oranges ou autres fruits des cilrus.
Angleterre . — Aucune production, mais une consommation de vingt fruits par habitant.
Italie. — Les orangeries de ce pays couvrent environ
45.000 hectares, et la production dépasse 17 millions de quintaux de fruits, d'une valeur moyenne de 75 millions de francs.
D’après le professeur Savastano, chaque Italien consomme quatre-vingts agrumes.
Allemagne. — Pas de production, une moyenne de deux fruits consommés par habitant.
Espagne. — C’est surtout dans les plaines côtières que se voient les orangeries, dont l’ensemble couvre plus de
20.000 hectares, d’une production de 3 millions de quintaux de fruits.
L’oranger y est appelé naranjo .
Suisse , Norvège , Suède. — Consommation de deux fruits par habitant.
Russie. — La consommation par habitant n'est même pas d’un fruit.
ORANGER DOUX
Portugal. — Les plus belles orangeries se rencontrent dans les vallées de Sétubal et de l’Algarve. L’exportation comprend annuellement 60.000 quintaux qu’absorbe l'Angleterre.
Ile de Malte. — Les oranges de Malte sont très renommées ; on en exporte pour plus de 150.000 francs.
Fig. 41. — Porteurs d’oranges aux Indes.
Les Anglais dénomment l’orange de Malte ou sanguine : bloodred orange.
C’est de bile de Malte que l'orange sanguine fut réintroduite en Extrême-Orient, en 1859.
Asie. — Syrie. — Les orangeries y prennent une rapide extension, notamment dans la région de Jaffa, malgré les attaques de cochenilles parasites.
Les deux villes de Jaffa et de Tripoli de Syrie expédient annuellement 400.000 caisses de 300 fruits.
La grosse orange de Jaffa qui se présente sans pépins paraît être un hybride.
Ile Chio. — (Prononcer ki-o). — Cette petite île est l’nne de celles qui se disputent l'honneur d’avoir donné le jour à Homère; ... en attendant que le problème soit résolu, elle est devenue autrement célèbre par la production de ses oranges et surtout de ses mandarines.
Inde , Hindoustan. — Pour désigner les orangers, on dit généralement: naranji , sangtara amritphal ; au Bengale, l’appellation commune est kamla nembn narengà , mais on distingue : Kamla moglai (orange douce), Nannghi , naki, Khatajamir (orange amère).
En langue tamoul on dit : Kich-chilep-pazham , koz hanjip-pazham , kolinji-marum , kolinji pullnm.
En telinga : ganjanimmna kit t ali , kittalie pandu.
En sanscrit, la désignation ordinaire est riagaranga.
En arabe : narandj .
Dans l’Inde, on dit encore rabàb tcnga et Jora tenga. De façon précise, les fruits de la récolte d’été sont appelés Mira ghabar et ceux de la récolte d'hiver, ambiabahar.
Inde anglaise. — Sikkirn. — Le Sikkim est le pays des orangers; une grande quantité en descend dans la plaine; ce sont des coolies (fig . 41) qui les portent durant des journées entières, pour un maigre salaire.
A Reang, comme dans la plupart des villes de cette région, il existe des bazars ou marchés aux fruits (fig. 42).
Dans la province du Pendjab, l’orange est dite santara. A Lahore, chef-lieu de cette province, il se fait un très important commerce d’oranges.
Les principaux centres de culture sont : Nagpourg, dans le Deccan septentrional; Delhi, dans le bassin du Gange; Ulvvar, Gurgeon, Mooltan, Poonah ; les monts
ORANGER DOUX
Shevarg, Madras, sur le Kouvam et le golfe de Bengale
(côte de Coromandel); Coorg, etc.
États indépendants . — Au Népaul, l’oranger est appelé
Santala .
Tonkin. — L’oranger y est connu sous le nom de câm.
Fig. 42. — Marchands de fruits aux Indes.
Annam. — Les Annamites disent cay cdm , câm duong, càm xanh, trem cdm pour désigner les orangers.
Cambodge . — Les oranges du Cambodge sont très renommées ; le nom indigène de l’oranger est crôc-hpa-êm. Bappelons que la variété dite Oranger du Cambodge est le mandarinier -citron de la Réunion.
Cochinchine . — Dans les régions très humides de la Cochinchine et des pays à climat semblable, il est préfé-
râble de cultiver les Citrus au soleil ; nous avons dit le contraire pour la culture en zones tempérées.
Les citrus sont extrêmement vigoureux en Cochinchine; les oranges les plus réputées proviennent de Mytho, sur la branche orientale du Meï-Kong ; de Tra-vinh et de Ben- Tré. Pourtant les produits de Cochinchine ne valent pas ceux de Taïti et autres îles d'Océanie.
Les principales variétés d’oranges sont : cam ngù ou cam tien , orange du roi; cam dùong à peau épaisse et dorée; cam tan ou orange chinoise; cam grclg à peau mince et ocreuse.
En Birmanie, les noms indigènes de l’oranger sont : than-ba-ya, schon-si , lien g man , simguen shoungpang .
Dans la presqu’île de Malacca, on dit mahuranarauna kolanj i-narakam , Djerouk-nansis.
A Singapour, on appelle l’orange panneh-dolang .
Palestine . — En dix ans, les exporlations se sont élevées de 90.000 à 030.000.
Afrique. — Tunisie . — Les orangeries y sont encore peu développées, malgré la bonne qualité des fruits.
Egypte. — L’oranger est cultivé sur la côte et dans le Fayoum. Ce pays n’exporte que des mandarines.
Les cultivateurs ont à combattre plusieurs cochenilles.
Algérie. — Il y a quelques années, l’Algérie ne suflisait pas à la production nécessaire à sa population; or, en 1910, elle a expédié en France plus de 10.000 tonnes d’oranges, de citrons et de mandarines.
Sa production moyenne est d’environ 250.000 quintaux d’oranges; elle en exporte 55.000 quintaux. La superficie plantée en orangers peut être estimée à 2.500 hectares, ce qui représente de 1.000.000 à 1.250.000 arbres.
Pour l’établissement des grandes orangeries, on a choisi
les terres profondes et fertiles, à irrigation facile. Pour remédier à la violence des vents, on intercale de nombreuses haies de cyprès. De préférence, on recherche les plaines aérées, car, sur le littoral, le rendement laisse parfois à désirer.
Le principal centre des orangeries est Blidah, au pied de l'Atlas qu’arrose l'Oued el Kébir.
Chacun connaît la renommée des oranges de Bahia.
Tunisie. — Certaines localités tunisiennes, telles que le Bardo, la Manou ha, le Mornag, aux environs de Tunis, Naheul et Hammamet, sur la côte orientale du cap Bon, les oasis de Gabès, de Gafsa et du Djérid, et aussi une partie de l'ile de Djerba possèdent d'importantes plantations d'orangers.
Les variétés d’oranges les plus estimées en Tunisie sont : l’orange meski, la maltaise et la cheroubo, qui sont vendues, selon l'abondance des récoltes, de 3 fr. 50 à 5 francs le cent.
La meski, de beaucoup la plus répandue, est tout à fait ronde. Elle est la plus précoce, mûrissant tin décembre. Les indigènes la préfèrent, mais les Européens la trouvent trop fade et recherchent plutôt l’orange chéroubo, à pulpe fondante et parfumée. La maltaise est ovoïde, sa pulpe est très parfumée, fondante, souvent colorée en rouge.
Parmi les autres variétés d’oranges que compte la Tunisie, citons : la méditerranéenne douce, gros fruit ovale, bon pour l'expédition ; la jaffa, fruit très gros, ovale, excellent et très beau; la valence tardive, fruit moyen, lin et juteux; X or ange- mandarine, douce, agréable et précoce ; la navel de Thompson , à peau fine ; la navel Washington ou bahia , à chair très fondante, sapide, parfumée; enlin, l'excellente petite sanguine de Fatras , fruit
sans graine, peau très fine, chair fondante colorée et fort agréable.
Les jardins de Nabeul contiennent aussi une très grande variété de bigaradiers recherchés, le plus souvent, pour la production des sujets porte-greffe et pour la distillation de la fleur et des feuilles. On remarque spécialement : la bigarade commune ( Séville-orange ), fruit coloré, peau épaisse, jus acide; les fleurs, très odorantes, et les feuilles, également parfumées, sont employées pour la distillation; le fruit sert à faire de la confiture. La bigarade à peau fine , fruit moyen, peau colorée, pulpe juteuse. La bigarade corniculêe , fleur très parfumée ; l’écorce est recherchée pour la confection des liqueurs. La bigarade à confiture , fruit très gros, peau épaisse, amertume légère. La bigarade douce , grandes fleurs très suaves. (Voir p. 98 ce que nous disons du bigaradier.)
A Nabeul, dans les jardins bien soignés et suffisamment irrigués, un oranger arrivé à l'âge adulte donne en moyenne de 400 à 600 fruits; il s'ensuit qu’un hectare com planté d’orangers en rapport vaut de 7.000 à 10.000 francs. Suivant la nature du sol, la valeur des produits, les soins donnés aux arhres, un hectare d'orangers donne un bénéfice annuel de 600 à 800 francs.
La plus belle orangerie de la Régence est incontestablement celle de Bradai', située dans le Mornag, au pied du Bou-Khornine, à 14 kilomètres de Tunis. Elle a été créée au xvne siècle par le frère d'un dey d’Alger, et elle appartient aujourd’hui au président du Syndicat des Horticulteurs tunisiens.
La superficie de cette orangerie est de 6 hectares, entièrement complantés d’orangers, mandariniers et citronniers au nombre de 2.000 dont la moitié date de la création et forme les plus beaux spécimens d’orangers
ORANGER DOUX
.connus; quelques-uns de ces arbres géants mesurent 2 mètres de circonférence au tronc, portent leur rameaux à 5 mètres et produisent 6.000 fruits. Toutes les anciennes variétés d’orangers connues dans le bassin de la Méditerranée y sont représentées et ont servi à la
Fig. 43. — Vue panoramique de Nabeul.
création de la plupart des autres orangeries de la Régence. La fameuse orange sans pépins, cultivée en grand par les Américains, est originaire de Bradai.
Les oranges tunisiennes paient 5 francs par 100 kilogrammes de droits de douane à leur entrée en France, et le transport du quintal d’oranges de Tunis à Paris revient à 8 fr. 50; mais jusqu’alors les oranges tunisiennes ont été consommées en très grande partie sur place. La faible exportation dont elles font l’objet a lieu surtout en décembre et janvier, sous forme de colis postaux de 3, 5 et 10 kilos.
Régence de Tripoli. — De sa capitale, Tripoli de Barbarie, on expédie annuellement environ 2.000 quintaux d oranges et de mandarines.
Gabon. — L’oranger y est dit iloshi. On le voit aussi au Sénégal.
Le Cap. — Exporte des oranges vers l’Europe ; il en est de même du Natal, où des services spéciaux sont organisés pour l'exportation des fruits.
Zanzibar. — Les musse mbi appartiennent à la race de Malte ou sanguine.
La Réunion. — Dans cette île se trouvent tous les Citrus.
Amérique. — Cuba. — La culture rationnelle des orangers ne date guère que d’une dizaine d'années. Auparavant c'étaient la Floride et la Californie qui l’approvisionnaient. Les plantations d’orangers de Cuba sont entre les mains des Américains. On y cultive : Hart’s late , Pineapple , Valence tardive et Washington1 s Navel.
Jamaïque. — La production des orangers constitue
l'un des principaux revenus du pays; pourtant les fruits de Californie et de la Floride ont fait fléchir les cours pratiqués ces dernières années.
La Jamaïque exporte de grandes quantités de fruits sur le Canada et sur l’Europe.
États-Unis. — Le développement de la culture des
orangers aux Etats-Unis est réellement prodigieux et le chiffre d'exportation augmente chaque année; c’est l’Europe qui achète. La variété Washington s Navel est représentée par plus de 3 millions d’arhres en Californie, en Floride, au Mexique et à Cuba.
Océanie. — lies Gambier. — Les principales races d’orangers ont été importées de Taïti.
Iles Toubouaï. — Les oranges y sont de première qualité; le plant provient de Taïti.
Taïti. — Les premiers pieds d 'oranger y furent plantés par le capitaine Cook, vers 1770; il y existe maintenant
ORANGER DOUX
plusieurs variétés. L oranger est nomme cuicini et le cédra tier tapora.
Les oranges de Taïti s’exportent en grande quantité,
surtout vers la Nouvelle-Zélande ; ce sont les meilleures du monde.
Les districts d'Haapape et d’Arue servent de types pour les oranges de Taïti.
Archipel de la Société. — Dans les vallées de l’île Moorea ou Eïmio, les orangers se sont développés admirablement. Il en est de même aux îles Sous-le-Vent.
Malaisie. — Les orangers de Malaisie sont très réputés.
Le genre Citrus est indigène dans la région.
Archipel de la Sonde. — Les habitants des îles de la Sonde dénomment l’oranger lemon manisowdjeroukmanis.
Java. — L'oranger y est connu sous le nom de djerouc/i ragi.
Botanique. — Citras Aurantium Linné. — Citrus Aurantium sinensis Gallesio.
Arbre. — Il peut atteindre 12 mètres de haut; il est à cime conique compacte, à rameaux souvent épineux.
Feuilles. — Les pétioles sont souvent ailés; les feuilles sont entières ou légèrement dentées.
Fleurs. — Fleurs blanches plus petites que celles du bigaradier et aussi moins odorantes.
Fruits. — L’écorce est lisse; sa couleur va du jaune clair au rouge. Le fruit est suhsphérique ; la pulpe dépourvue d’amertume; le jus est acide-sucré et souvent simplement sucré. Les graines sont à embryon non teinté de vert.
Classification. — Le Dr Bonavia a divisé les oranges en quatre races « Agri-Iïorticultural Society of India ».
1° Races d’oranges de l'IIindoustan ;
2° Races d’oranges comestibles de Taïti ;
3° Races de la Cochinchine;
4° Races des mandarines (voir page 118).
1° Races de T Hindoustan. — Comprenant : Race santara, race Naringhi , race de Malle ou sanguine .
2° Races d'oranges comestibles de Taïti. — Elles groupent : race d' Haapape, race d' Aroué.
3° Races de la Cochinchine. — Comprennent : Cam Dxiong , Cam grdg , Cam ngù , Cam tan.
L’oranger doux ne diffère de l’oranger amer que par des caractères botaniques peu importants. Pourtant ces deux
orangers ne se croisent pas; cela est d’autant plus curieux que tous les citrus s hybrident facilement.
Le Dr Trabut, dans l'Oranger en Algérie, répartit comme suit les sous-espèces de l’oranger doux :
Citrus aurantinm sinensis. — Orange de Chine ou du Portugal. — Bassin occidental de la Méditerranée.
Citrus aurantium melitensis. — Orange de Malte et de Jaffa. — Bassin oriental de la Méditerranée. A cette sousespèce est rapportée la subdivision des fœtifères ou oranges à nombril (Navel).
Citrus aurantium prœcox. — Orange précoce, peu répandue, à laquelle on peut joindre : orange de Tunis, orange de Meski, orange-lime, dont la pulpe est dépourvue d’acidité.
Dans la pratique, les classifications diffèrent souvent des groupements scientifiques. C’est ainsi que, pour les orangers, on admet parfois deux grandes sections : l’une ayant pour type l'oranger du Portugal ou d'Espagne et l’autre ayant pour type l’oranger d'Orient et de Malte; dans cette catégorie figurent les sanguines et les Navel.
Parfois aussi les groupements sont basés sur des remarques assez positives, telles que l’époque de maturité du fruit.
Mais alors ces classifications ne peuvent être que locales, et encore dépendent-elles de la situation, des soins culturaux, etc.
Quoiqu’il en soit, et pour fixer les idées, voici, d’après les époques de maturité, une énumération des principaux orangers d’Algérie (Voir F Oranger en Algérie, par le Dr Trabut).
1° Maturité : novembre-décembre .
Boone , Centennial , Entreprise , Forster , Masri , Navel * Golden Buckeyi, Orange Nabonnand, OEuf de saint Michel ou oblongue précoce , orange précoce kabyle , Parson Brown.
2° Maturité : décembre-janvier- février
Acme , Ananas, Bahia ou Washington Navef Botelka , Circassian , Dummitt , Exquisité , Homossassa , India River , Magnum bonum , Madam Vinous, Méditerranéenne douce , Naranja Macetera , Navel de Thompson , Navel surprise , Navel d’ Australie , Oranger franc, Oranger de Nice, Oranger de Majorque, Orange de Blida, Orange de Valence, Orange de Montavcr, Orange à petites feuilles de Sol 1er, Paramatta , S il et ta, Ta'iti.
3° Maturité : février-mai
Arancio moscato , apepu, Biskra, Bessie, Du Roi, Jaffa, Joppa, Ladoo, Maltaise ovale, Majorca, May, Mandarine- Orange, Navalencia, Navel Nugget, Naranja Verna, Naranja totanera, Naranja Mollar, Non pareil, Orange calabraise, Orange anglaise de Castellon, Osceola, Old Vini, Orange de Bagdad, Orange des Canaries sans pépin, Orange blanche de Ténériffe, Orange blanche de Blida, Orange blanche de Corfou, Orange de Trinidad, Paper Rind , Aubis, Sanguine de Patras, Sanguine de Corfou, Semper fructifère, Star h, Suntara, Tardive du Cap, Tripoli, Toudja, Tripoli de Barbarie, Telde, Telon , Valence Tardive, Whitaher.
D’autre part, on appelle Citranges la série des hybrides résultant de la fécondation artificielle entre Y Oranger et le Triptera.
En voici les principales variétés ! citrange de Montauban , citrange de Rus k, cit range de Willist , citranges portegreffe.
Habitat; Exposition; Altitude. — L’oranger est originaire de l’Asie méridionale; nous préciserons en ajoutant
Fig. 45. — Orange verte (2/3 grandeur naturelle).
Dessin : Docteur H. Lenoir.
que les races santara sont originaires de l’Anani, comme l’indique leur nom indigène Kamala , et que la race de Malte ou sanguine , originaire de l'Indo-Chine, a été réintroduite de Malte dans l'Extrême-Orient.
Parmi les Aurantiacces , l’oranger est peut-être la plante la plus résistante. Sa végétation est inouïe sous les tropiques, remarquable dans les pays subtropicaux et résistante même dans les zones intluencées par de légères gelées.
On peut prendre comme climat typique de l'oranger celui des parties les plus favorisées des îles des Indes occidentales.
Dans les pays chauds, une altitude de 600 à 700 mètres convient encore parfaitement; pourtant, les fruits sont plus gros et plus succulents dans les parties chaudes et humides.
Température. — 11 ne faut pas que la température descende au-dessous de 4 à 5°, la température moyenne doit osciller entre 13 et 16°.
Sol. — La plupart des sols conviennent à l’oranger; pourtant les sols sablonneux sont à éviter.
La racine de l'oranger étant pivotante, il faut en tenir compte et choisir un sol en bonne profondeur. Plus le sol sera généreux, plus les rendements donneront satisfaction ; pour fixer les idées, nous dirons que les alluvions, argiles, marnes et calcaires conviennent également et que seule la proportion d’humus fera préférer un terrain à un autre; néanmoins il ne faut pas oublier que l’oranger ne se plaît pas en terre par trop argileuse.
Les anciens terrains forestiers conviennent généralement.
Abri; Ombre; Irrigation. — Dans certaines zones des pays tropicaux où régnent parfois des sécheresses durant des mois, il est bon de planter les orangers à l’abri de grands arbres feuillus, par exemple, sous le couvert des forêts; pourtant, si le climat est très humide et rappelle celui de la Cochinchine, il sera préférable de faire les plantations au grand soleil.
Si, au contraire, le climat est très sec, l irrigation s’imposera; on arrivera à raison de 200 mètres cubes d eau par hectare et l’opération sera répétée cinq ou six fois par mois. On creuse des petits bassins au pied des arbres ou on opère par submersion des intervalles.
Dans les pays où se font sentirlescyclones et les tornades, il faudra prévoir des ceintures d’arbres robustes qui protè-
OUANGER DOUX
geront efficacement les orangers en fleurs ou portant des fruits.
Reproduction; Graines; Ecussons; Greffe. — Graines. — Dans les Indes occidentales, on propage ordinairement par graines. Les fruits y sont délicieux et les semences reproduisent exactement les variétés.
À Taïti également, les orangers semés ne dégénèrent pas.
Les graines sont disposées sur planches ou dans des boites élevées au-dessus de terre, afin d’éviter les ravages des rats et des souris.
Les graines fraîches sont utilisées dès qu’elles sortent du fruit, car, gardées hors de terre et en lieu sec, elles ne tardent pas à perdre de leurs facullés germinatives.
Une graine d’oranger contient souvent plusieurs embryons; il en résulte fréquemment des pieds poussant entrelacés.
Sur planches, les graines sont placées de 0m,07 à 0m,10, les unes des autres pour une même ligne ; d’autre part, entre les lignes, on ne laisse pas moins de 0m,15à 0m,25.
Il ne faut pas oublier que les racines sont pivotantes et que les pépinières doivent être bêchées profondément.
La germination est rapide et les plants peuvent être mis en place au bout d'un an.
Ecusson. — En Floride et dans plusieurs pays méridionaux des Etats-Unis, on reproduit en écussonnant des troncs d orangers sauvages ; l’orange amère s'y trouve, en effet, en brousse.
Greffage. — Les orangers peuvent se greffer de toutes les façons.
En Europe, on a recours à la greffe, car on prétend que 1 on ne parvient à reproduire les variétés que de cette façon. On a remarqué, en outre, que la greffe hâte la
« mise à fruit » et fait diminuer la force des épines.
L oranger greffé s’élève moins; plus de sève est utilisée pour l inflorescence et la fructification.
F1 ig. 46. — Orange (2/3 grandeur naturelle).
Dessin : Docteui; H. Lenoir.
Fruit rouge couvert de taches grisâtres. Feuilles d'un vert assez foncé.
En Egypte, on a remarqué qu’il ne faut pas greffer l’oranger sur le citronnier; les arbres obtenus n’atteignent jamais une taille même moyenne et ils ne vivent pas longtemps.
Pour former des orangeries de valeur, on greffe ordinairement sur bigaradier; pourtant certaines variétés ne peuvent se contenter de cette essence.
En Floride, au Gap et dans beaucoup d’autres pays, on préfère, comme porte-greffe, le Citrus de Floride (p.160), pour certaines variétés telles que l’orange W. Navel.
ORANGER DOUX
Au Cap, on utilise aussi le Limon de mazoe , naturalisé en Rhodésie.
Dans l’Inde on préfère le Khatta.
En Syrie, on greffe l’orange Jaffa sur boutures de Limette.
En Chine et au Japon, on ne prend, comme porte-greffe,
Fig. 47. — Orange (coupes) (2/3 grandeur naturelle). Dessin : Docteur H. Lenoir.
que le Triptera ; les Américains commencent à T utiliser en Californie, en Floride, au Texas et en Louisiane.
On sait que ce citrus est le plus résistant à la gommose.
Préparation du terrain ; déboisement ; alignement. — Le terrain une fois préparé, comme nous l’avons déjà indiqué dans nos études précédentes : Cocotier , Bananier, c’est-à-dire une fois déboisé et ameubli, sera piqueté selon alignements déterminés.
Plantation. — La richesse du sol influe sur la distance à laisser entre les sujets. On compte généralement de 6 mètres à 8- mètres en tous sens, ce qui fait de 180 à
270 pieds environ, à l’hectare. Mais dans certains pays on met jusque 1.300 arbres à l’hectare !
S’il s’agit d’orangers de petite taille comme les sanguins, les Jaiïa, on peut planter à 5m,50 et avoir 324 arbres à l'hectare.
Mise en place. — La trouaison doit être faite de façon à planter dès le commencement de la saison des pluies. Lors du prélèvement des plants, si la racine est endommagée, il sera bon de la tailler au canif; mais, en prenant quelques précautions, il ne doit pas y avoir de pertes. L'oranger est, en effet, comme nous le savons, une essence robuste. Ajoutons que dans bien des contrées on profite de la saison des pluies pour déplacer des arbres de grosseur ordinaire.
Culture; Entretien. — L’entretien peut être nul, ou à peu près; mais les soins contribuent, néanmoins, à l'obtention de récoltes avantageuses en qualité et en quantité.
Les mauvaises herbes sont détruites et, comme l'arbre émet des racines de surface, le sol sera remué plusieurs fois par an.
Quand l'oranger se développe normalement, sa hauteur moyenne est de 10 mètres.
Taille. — Dans la zone intertropicale, il faut éviter de tailler les aurantiacées ; car, si cette pratique est sans inconvénient pour quelques espèces sauvages, elle est cause, souvent, de la destruction des orangers.
Partout ailleurs il faut tailler l’oranger de bonne heure et élaguer les buissons de tiges qui surgissent parfois de l'arbre.
La tige centrale doit pousser nette et droite, le branchage ne devant s’accuser qu’à une hauteur moyenne de lm,50 du sol ; ultérieurement les branches poussant plus bas seront coupées à ras de la tige, de façon à empêcher
ORANGER DOUX
l’écorce de repousser sur la cicatrice , pourtant il ne faut pas oublier qu'un élagage exagéré retarde la croissance générale.
Plus tard, dit À. Nicholls, les branches mortes ou mal venues seront élaguées à la serpe, la plaie sera parée au couteau et badigeonnée de goudron. On évite, ainsi, que la pourriture ne persiste au cœur de l’arbre.
Floraison. — L’oranger fleurit au retour des pluies et continue à donner quelques fleurs pendant plusieurs mois.
Si la plantation a pour but de fournir des fleurs pour la distillation : préparation du Néroli-Portugal et de l’eau de fleurs d'oranger, on procède à la cueillette des fleurs en ayant soin d’étendre des draps sous les arbres; on opère par temps sec ou deux heures après le lever du soleil afin de permettre à la rosée de s’évaporer. Il suffit de secouer fortement les branches pour faire tomber les fleurs. L’opération est répétée tous les deux jours durant la durée de la floraison.
Fructification. — L’orange met près de six mois à se développer et à mûrir. Une fois mûre, elle ne se conserve pas longtemps dans les pays chauds ; pour la cueillir, on n’attend pas qu’elle soit d'un beau jaune ; elle est souvent à point alors que l’écorce est encore verte ou d’un jaune pâle.
L'orange est rafraîchissante, mais peu nutritive.
On sait qu’il en existe bien des variétés; la peau est plus ou moins fine, de couleur plus ou moins foncée; le jus peut être très sucré et parfois assez fade; le parfum diffère également; certaines variétés ont la chair rouge.
Récolte. — L'oranger met de cinq à huit ans avant d’entrer en rapport.
L époque delà récolte varie selon les pays, les variétés
et les soins apportés aux plantations. Les orangers de la Méditerranée ne sont pas en pleine saison avant le commencement de l’année.
Rendement. — Il est très variable : le sol, le climat, la culture, jouent, ici, un rôle prépondérant.
En Californie on recueille de 400 à 600 fruits par arbre. Aux Açores et en Floride, on arrive à un millier; dans les Indes occidentales on obtient plusieurs milliers. A la Dominique la moyenne est de 8.000.
Le rendement en fleurs varie de 10 à 30 kilogrammes par pied.
A Jalfa, on estime à deux caisses de fruits le rendement moyen d’un arbre; le revenu donné par un feddan planté de 168 arbres est d’environ L. E. 47. Au marché de Covent-Garden, Londres, les prix varient entre 50 et 70 P. T. la caisse L
Le prix de la récolte, emballage, etc., étant d’environ P. T. 8 et le coût du transport en Angleterre de P. T. 6 par caisse, on voit que ce commerce profite à tous, cultivateurs et marchands.
En Egypte, on estime qu’une plantation saine peut rapporter L. E. 40 par feddan.
Cueillette. — On évite soigneusement de meurtrir les fruits ; une seule orange tachée fait pourrir toutes celles empaquetées avec elles ; on atteint le haut des arbres au moyen d’échelles; les queues sont coupées et le fruit non arraché; au reste, les oranges « queue-coupée » se conservent encore mieux et ont plus de valeur.
La cueillette doit être faite par temps sec.
Épuisement du sol. — Fumure. — Quand les orangers sont en rapport, il est indispensable de les fumer chaque
1. Voir le tableau général que nous avons donné : Poids, Mesures, Monnaies, etc., dans Ananas.
ORANGER DOUX
année. On utilise de préférence : guano, cendres de bois, fumier de ferme, engrais vert.
Ou s'aperçoit vite qu'un sol est trop pauvre pour une orangerie; l'arbre se développe péniblement, ses feuilles sont jaunes, les fruits rares : dans ce cas, il faut user largement d'un engrais azoté..
Le professeur Dr Hilgard, de l'Université de Berkeley (Californie), a calculé que les orangers enlèvent au sol, par hectare, les quantités de matières nutritives suivantes, par leurs fruits seulement1.
Acide
Potasse phosphorique Azote
Par 20.000 kilogs d’oranges. . 42ks,2 10ks,6 36ks,6
Malheureusement le professeur Hilgard n'a pas étendu son étude aux principes alimentaires absorbés par les branches et le feuillage. Les chiffres indiqués ci-dessus sont donc inférieurs à la réalité.
En 1893, 1894 et 1895, le Dr Woodbridge lit des expériences à Nord-Pomona (Californie du sud) ; le tableau suivant résume ses très intéressantes observations.
i. Rapport sur les travaux de la Station Californie, 1892-1894.
agronomique de l’Université de