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C. — Industrie

Parfumerie. — Par distillation des fleurs fraîches de l’orange amère, on obtient une essence de néroli de qualité supérieure, que Ton distingue dans le commerce de l'essence de néroli-Portugal , dont il est question page 93. La distillation s’effectue comme il est dit pour les fleurs de l’oranger doux ; on obtient également de l 'eau de fleurs d oranger.

Pourtant il convient de distinguer ici une méthode par macération et une autre par distillation.

Première méthode. Macération. — On sait ce qu il faut entendre, ici, par macération: c’est une infusion dans un corps gras.

Il en résulte une pommade ci la fleur d'oranger , dont la richesse en parfum dépend du nombre d’infusions.

CHANGER AMER

Fig. 54. — Triage des Heurs d’orang

Pour parfumer suffisamment 1 kilogramme dégraissé, il faut trente-deux opérations; chaque fois on soumet à 1 enfleurage 250 grammes de fleurs, soit, pour chaque kilogramme de graisse, 8 kilogrammes de fleurs.

On traite ensuite la pommade par de l’alcool rectifié; on laisse digérer à douce température, pendant un mois, de 500 à 800 grammes de pommade par litre d'alcool.

Le produit marchand qui en résulte est Y extrait de fleurs d oranger .

Pour le mouchoir, ce parfum n’a pas d’égal; il rappelle, à s’y méprendre, le parfum de la fleur fraîche.

Cet extrait entre dans la fabrication de nombreux extraits composés : extraits de magnolia, de pois de senteur, etc.

Deuxième méthode. — Distillation. — Nous venons

d'en parler et nous avons prié le lecteur de se reporter à

ce que nous disons pour la préparation du néroIi-Portu-

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&ai*

On peut employer Veau de fleurs d! oranger comme Veau de rose et Veau de sureau pour la peau ou encore comme collyre.

Essence de petit grain. — On peut également obtenir l 'essence de petit grain en partant du fruit du bigaradier.

La dénomination « petit grain » vient de ce que, primitivement, on ne tirait cette essence que de « petits fruits verts » ou « petits grains ».

Le « néroli bigarade » est très recherché pour la fabrication de l’eau de Cologne, de l’eau de Hongrie et autres parfums pour le mouchoir ; quant au « néroli petit grain », il est surtout utilisé pour parfumer le savon.

Pour rendre plus complète cette classification, nous ajouterons qu’il y a plusieurs variétés « d’essence de petits grains ».

ORANGER AMER

Le « petit grain doux » est obtenu par la distillation de la feuille du Citrus aurantium ou oranger doux.

Le « petit giain limon » résulte de la distillation des feuilles de l’oranger commun.

Le « petit grain bigarré » provient de la feuille du Citrus bigaradier ou oranger amer, encore dit de Séville.

Fig. 55. — Transport des fleurs à l'usine. Cliché : Otto, Industrie des Parfums.

Veau de fleurs d oranger est celle qui reste après extraction complète de l’essence (distillation).

Dans les pays chauds, on peut obtenir des parfums de bonne qualité en distillant des feuilles de certains citrus.

C est ainsi que les fleurs du Citrus decumana , ou pamplemousse, donnent, par distillation, un néroli recherché.

Les produits obtenus par distillation diffèrent étrange ment de ceux résultant de macération ou enfleurage * ils n'ont pas, comme ces derniers, l’odeur de fleurs fraîches.

Produits extraits des écorces de fruits. — Ici encore il y a deux méthodes d’extraction : expression et distillation.

Méthode par expression. — On commence par râper l’écorce du fruit ou zeste, afin d’écraser les bourses ou petits vaisseaux qui contiennent l’essence.

On peut encore se servir d'une ècuelle ou récipient garni de pointes (fig. 71).

Méthode par distillation . — Voir ce que nous avons dit d’autre part.

Confiserie. — Confiture d'oranges amères. — C’est une grosse industrie en Angleterre. On utilise la pulpe qui contient un mucilage très abondant et qui favorise la confection de cette confiture fameuse.

Liquoristerie. — La peau du fruit sert dans la fabrication du curaçao et de plusieurs autres liqueurs, notamment du bitter. Rappelons que le bitter est à base de genièvre.

Fruit. — Le fruit du bigaradier est appelé orange amère bigarade , orange de Séville. C’est une baie de grosseur moyenne, rappelant l’orange douce par la forme, mais d’une couleur rougeâtre souvent plus foncée. Son zeste est aussi plus rugueux ; ses vésicules oléifères sont concaves et non convexes. La pulpe est acide, d’une saveur amère et désagréable, aussi n’est-elle pas comestible; pourtant elle sert quelquefois de condiment et d’assaisonnement.

Mabi. — C’est du sirop fermenté avec une infusion d’écorce de bois-mabi, du gingembre, des patates rouges et des oranges sures.

Cette composition fermente en moins de trente heures; il en résulte un vin clairet rappelant en tous points les meilleurs poirés de Normandie... et qui vous érnoustille en diable !

Les fleurs distribuées pour les alambics.

Préparations spéciales. — Dans la plupart des pays tropicaux on fait entrer les citrns dans les préparations les plus diverses. C’est ainsi qu’en Haïti les gros bouillons de tripciilles sont faits de gras double, de morceaux de foie et de pied de bœuf. Le tout a été frotté avec du jus d'oranges amères ; on y ajoute des bananes et des ignames.

Bois. — Blanc grisâtre, compact, lourd, assez dur; il est excellent pour le tour et autres travaux exigeant peu de volume; pourtanton lui préfère le bois des citronniers. A la République Argentine, on en confectionne de bons manches d'outils, des essieux de charrettes, des meubles et autres objets tournés; sa densité varie entre 0,704 et 0,946.

L'orange amère en médecine .

Au point de vue antispasmodique, les feuilles du bigaradier sont très recherchées.

L'écorce enlevée au couteau et découpée en lanières, que l'on fait sécher, est la véritable écorce d'orange amère qui sert en médecine à la préparation d’un sirop tonique souvent associé au quinquina et au Colombo.

Les orangeltes sont les fruits du bigaradier que l'on cueille avant qu’ils aient atteint la grosseur d'une cerise; elles sont rondes, d’un noir grisâtre et marquées d un point jaunâtre au sommet.

En médecine, on les emploie pour la préparation d’une teinture stomachique très amère et aussi comme pois d'oranges pour les cautères.

ORANGER AMER

Fig. 57. —

Pré

aration du néroli etde l’eau de fleurs d’oranger en Provence. Cliché : Olto, Industrie des Parfums.

I). — Commerce

L’essence de néroli vaut de 800 à 1.000 francs le kilogramme, selon qualité et quantités disponibles sur le marché ; l’essence de feuilles d’oranger vautde5àl0francs les 100 grammes et les graisses d’enfleurage sont cotées de 20 à 35 francs le kilogramme.

E. — Falsifications

Les falsifications les plus communes et les plus naturelles de l’essence de néroli sont celles qui consistent en additions d’essences de bergamote et de petit grain.

On reconnaît qu’on a affaire à une « essence première » en mettant un peu du produit dans un tube à essais et en ajoutant quelques gouttes d’acide sulfurique, on voit apparaître aussitôt une belle couleur rouge. Si, au contraire, le produit n’est qu’une essence tirée de feuilles ou d’écorces, il n'y a aucune modification de coloration. D'autre part, toute essence de néroli qui possède un indice de saponification supérieur à 55 doit être considérée comme suspecte.

Enfin, on a proposé d’utiliser comme moyen d’investigation la propriété que possède l’essence de néroli d’abandonner de la paraffine quand on la soumet à l’action d’un mélange réfrigérant; mais nous devons faire remarquer que l’essence de néroli non falsifiée peut être, dans certains cas, assez pauvre en paraffine.

Le mieux, à notre avis, est de s’en rapporter à des comparaisons physiques en partant d’essences pures considérées comme « types » ; à l’odorat, etc.

On peut encore la soumettre (selon Aner) à l’action de

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