LA MANDARINE EN MÉDECINE
Avec le jus sucré et acidulé de la mandarine on fait des boissons très appréciées pour malades; l’écorce sert à confectionner des tisanes pour les affections des voies digestives et des voies respiratoires, pour la cachexie palustre et l ascite.
La graine est donnée en infusions et en cataplasmes contre l’orchite.
Vangasay
Citrus madurensis Famille des Rutacées
Voir : Plantes à parfums , 4e vol.
« Bibliothèque pratique du Colon », p. 467.
Géographie. — Dispersion. — Synonymie
Asie. — Une variété sans téton y est désignée sous le nom de huit tram par les Annamites.
VANGASAY
Ils appellent la variété Vangasay, kuit-num , et le Vangasay sans téton, huit-tram.
En Cochinchine, on cultive le kuit-num.
Fig. 61. — Petites mandarines (2/3 grandeur naturelle).
Dessin : Docteur H. Lenoir.
Fruits ocreux tachetés de rouge brun. Feuilles vertes tachetées de points noirâtres.
Afrique. — L' orange t te vangasay se voit à la Réunion. A Madagascar, il y existe la même variété cju’en Indo- Chiné, où elle est connue sous le nom de kuit-tram.
A. — Agronomie
Botanique. — Ses fruits sont plus déprimés que ceux de la mandarine ordinaire.
Il en existe une variété sans téton que Ton rencontre à Madagascar, en Indo-Chine et surtout en Annam.
Citrus madurensis ; variété: Citrus Vangasay. — L’arbre est pyramidal, à rameaux lâches et à épines rares. La variété Vangâsay se présente sous deux formes :
Vangasay à téton. — Peau (îne, mais plus vésiculeuse que pour la mandarine; se détache facilement des loges; les gousses ne se réunissent pas au centre : suc doux, moins aromatique que celui de la mandarine.
Vangasay sans téton. — Fruit plus aplati que le précédent; un peu déprimé au centre apical et dépourvu de protubérance.
Tout à côté du Citrus madurensis se place le Citrus japonica ou k uni quat Thunberg.
Les fruits très petits se mangent avec la peau; la pulpe est légèrement acide.
On ne peut cultiver ce Citrus que dans les pays où il ne gèle jamais.
Comme variétés principales, on distingue : la ronde , V ovale et le kinkan.
L’ovale atteint 1 pouce et demi de longueur.
B. — Industrie et usages
Liqueur. — A la Réunion, on en prépare une excellente liqueur et aussi des infusions théiformes.
CITRONNIER
GROUPE DU CITRONNIER Citronnier ou limonier
Citrus medica Linné. — Citrus limonum Risso. Famille des Rutacées.
Voir : Plantes à parfums, 4e vol.
«■ Bibliothèque pratique du Colon », p. 439.
Historique et Généralités. — Le fruit que nous désignons communément sous le nom de citron provient du citronnier ou limonier; c’est donc aussi le limon.
Fig. 62. — Petit citron vert commun (2/3 grandeur naturelle)
Dessin : Docteur H. Lenoir.
Fruit vert foncé tacheté de gris. Feuille vert foncé.
Il convient de ne pas confondre le limon avec le cédrat , fruit du cédratier, dont il est question plus loin, bien que ces deux fruits dérivent du môme type spécifique.
Mais il ne faut pas surtout confondre le limon et le cédrat avec les limes acides. Les citronniers semblent être originaires de la Chine méridionale, de la Cochinchine et des Indes.
D’après Gallesée, c’est le citronnier de Médie qui fit, le premier, son apparition en Europe.
Les Hébreux le naturalisèrent dans les belles vallées de la Palestine.
Aristophane appelait le citron Axioma per sicnm à cause de sa saveur aigre.
A Rome, l’usage du citron ne commença que du temps d’Apicius et de Galien.
Géographie. — Dispersion. — Synonymie
Europe. — En Sicile, dans les environs de Messine, des centaines d’hectares sont plantés de citronniers. En Europe, les deux variétés les plus appréciées du Citrus limonum , sont cellesde Naples et de Païenne. Les Italiens disent limon , les Anglais lemon.
Asie. — Indes. — Dans l’Etat de Kaschmir, qui compte plus de deux millions et demi d’habitants, le limon est dit nimbu ; en lïindoustan on distingue : bar à nimbu , palsari nimbu, duk jàmbira , pahâri-kaghzi.
Sur le territoire Goudjerate ou Guzzerat, au nord-ouest de l’Hindoustan, on dit môtu-nimbu et meta limbu. En tamoul, le limonier est désigné par periya-elumich-champazham. En tlinga, pedda nimma-pandu ; au Bengale, bara-nebu ou gora-nebu ou karna-nebu. En sanscrit, mahà-jambira-karumâ . A Singapour, lokka-dehi ; et en Perse, kalinbak ; en Birmanie, kigisamyasi ; au Cam-
CITRONNIER
bodge, chrôck inôn; en Annam, chan-tauh , et en Cocbinchine, cay-chanh.
Jndo-Chine. — On devrait y développer la culture du citronnier afin de concurrencer les produits industriels du citron, dont nous sommes encore tributaires de l’Italie et de la Sicile.
Afrique. — Algérie. — On peut dire que l'arboriculture est la grande richesse des montagnes kabyles ; tour à tour on y voit : les vignes, les oliviers, les noyers, les figuiers, les abricotiers, les pruniers, les cognassiers, les chênes à glands doux, les pêchers, les poiriers, les jujubiers, les pommiers, les cerisiers et enfin les citronniers et les orangers.
Les citrons y sont de bonne qualité et les arbres ne sont taillés que dans le but de les aérer; quand cela est possible, on arrose également.
Tunisie. — Les variétés de citrons sont excessivement nombreuses, cette espèce ayant été souvent reproduite de graine. En recherchant dans les jardins de Tunisie, il serait possible de trouver de très bonnes races locales.
Le citronnier présente, en toutes saisons, des fleurs et des fruits. Les indigènes ont des dénominations spéciales pour désigner les fruits qui apparaissent aux diverses époques de l’année ; à ces noms correspondent des qualités et des valeurs différentes sur le marché. Ils appellent rebey le citron provenant de la fleur qui apparaît au printemps et donne un fruit au mois d'octobre. C’est cette forme qui met le moins de temps pour arriver à maturité ; elle donne environ trois fois plus de fruits que chacune des deux autres. Le citron rebey est tout à fait ovale. Le citron nansly provient de la fleur qui apparaît au mois de janvier; le fruit est mûr au mois de décembre suivant. Quant à la forme chenti ,
elle fleurit pendant les mois de juillet et d’août, et les fruits sont récoltés pendant les mois de mai et juin de l’année suivante. C'est la forme la plus rare, mais aussi la plus recherchée, à cause de l’époque de sa maturité. Le citron chenti est tout à fait rond. Il y aurait peut-être intérêt à augmenter sa production, au détriment des deux autres formes, de valeur moindre; on pourrait y arriver en exagérant les arrosages et en taillant d’une façon convenable.
Les variétés les plus courantes qui sont cultivées en Tunisie sont : le citron de Sicile , fruit oblong, moyen, peau line, parfumée, pulpe juteuse ; le citron de Gênes , peau lisse, acidité franche; Yolivia, fruit moyen, bonne qualité; le Milan , le bijou, le royal-Messine , le Lisbonne, le gros citron de Chine , etc.
Les Arabes nomment le limon limûn.
Sénégal. — Les Ouoloffs désignent le limonier sous le nom de nié mou na.
Madagascar. — A Madagascar et dépendances, on rencontre à peu près tous les citrons existant à la Réunion.
Réunion. — On y distingue : le citronnier d'Europe, le citronnier de Madagascar , le citronnier gallet, la lime de Madagascar , la lime ordinaire, etc.
Amérique. — Guadeloupe . — Le citronnier y croît avec vigueur, on devrait l'y propager afin de donner lieu à des industries.
Antilles. — Dans la plupart des îles des Antilles se voient un peu partout différentes variétés de citronniers ; mais il est assez rare que des exploitations industrielles y soient organisées.
Porto-Rico. — En 1906, 7.000 acres étaient consacrés, dans cette île, à la culture des citronniers. L’acre équivaut à 40 ares et demi.
CITRONNIER
Océanie. — Le limonier a été introduit en Polynésie; il commence à devenir commun aux îles Wallis, notamment.
Fig. 63. — Citron vert mur (Grosse espèce 2/3 grandeur naturelle).
Dessin : Docteur H. Lenoir.
Fruit d’un beau vert. Feuilles vertes. Tige vert foncé.
A. — AgronOx^iie
Botanique. — Le limon ou citron, ordinaire est le Citrus limonum Risso, ou citronnier acide ou limonier , Citrus limonellus Buch-Ham : pétioles ailés, ailes très réduites. Le fruit est oblong, ovoïde et terminé par un mamelon très dessiné. La pulpe intérieure blanche est très épaisse : elle est recouverte d’une écorce ou zeste intérieur mince, légèrement mamelonnée et présentant de nombreuses glandes remplies d’une essence à odeur pénétrante.
Ce fruit est à loges dont le nombre varie de 9 à 11 ;
elles sont pleines d'un suc très acide; les semences, jaunâtres, sont amères. L’arbre est de taille moyenne, à tige droite; son écorce est gris verdâtre ; il est très ramifié et à branches anguleuses souvent armées d’épines aiguës; les feuilles sont persistantes, alternes, ovales-oblongues, aiguës, entières ou légèrement denticulées; les bourgeons sont d’un pourpre rougeâtre. Fleurs odorantes, blanches, un peu violacées â l'extérieur.
En Indo-Chine, il en existe une forme monstrueuse, le Citrus dicjitatci ou main de Bouddha , dont le nom cochinctiinois est pliât tu. C’est le cédrat dicjité (fnj. 64).
Il y a longtemps qu’il fut fait mention de ce citrus, dans les Éphémérides d Allemagne . On lit aussi dans les Lettres édifiantes , t. XX, que le père d’Antrecolle envoya de la Chine, la description d’un citron que les Chinois nomment main de Dieu et dont ils font grand cas, à cause de sa beauté et de son odeur. On croit voir les doigts d'une main qui se ferme.
Principales variétés du citron. — Citron sans pépin , Citron de Gênes , Citron de Sicile , Citronnier sanguin , Bonnie , August , Benzeher ou Bachidi, Limonier Bignette , Limon doux , Petit limon de Valence , Lisbonne , Villa franca , Napoléon, Bogal messine , Milan , Olivia.
D’autre part, parmi les hybrides du Citrus limonum : Pomme d Adam, Zenboua, Khatta.
Habitat; culture; rendement. — Un climat chaud et humide convient au citronnier. Comme habitat type, on peut indiquer les vallées ombragées des Antilles.
Sol. — Les terrains où se plaît l’oranger conviennent également au citronnier, mais on peut être certain que plus la teneur du sol en azote et en potasse sera forte, plus abondante sera la récolte.
Malgré sa racine pivotante, le citronnier absorbe une
CITRONNIER
grande quantité de principes nutritifs par ses racines latérales qui s’étendent au loin.
Fig. 64. - Main de Bouddha (1/3 grandeur naturelle).
Dessin : Docteur H. Lenoir.
I mit jaune tacheté de points grisâtres. Feuilles et queue vertes.
Au premier abord on pourrait en conclure qu'un sol moins profond que pour l’oranger peut convenir au
citronnier ; mais l’expérience a prouvé que la fructification ne se fait, dans ce cas, que péniblement et que la qualité des fruits s’en ressent.
Abri; ombre; irrigation ; brise-vents. — Il est bon de protéger les citronniers contre les grands vents, car les Heurs et les jeunes fruits se détachent facilement. Pour ne pas avoir tenu compte de cette observation, des propriétaires ont vu leurs revenus diminuer sensiblement.
Il est donc indispensable d’établir des ceintures d’arbresabris quand les plantations sont faites en plein vent.
Reproduction. — On reproduit par les graines ; on opère comme pour les orangers; mais, comme les graines du citronnier sont nombreuses, on peut semer à la volée sur planches; dès que la germination s’est effectuée, il reste à arracher les sujets faibles, ce qui éclaircit suffisamment le semis.
Parfois, aussi, les planteurs sèment la graine directement sur le terrain ; c’est ce qu’on appelle planter au piquet. Nous en parlons plus loin.
Quand on ne peut reproduire par semis à cause des ravages de la gommose ou maladie du collet, on a parfois recours au bouturage et au marcottage.
A Sfax, par exemple, on marcotte, puis on greffe sur le nouveau sujet. On opère de même dans les terres sableuses en Orient; mais la méthode n’est pas à recommander.
Greffe. — La. greffe par approche réussit presque toujours dans tous les pays et en toutes saisons, surtout en zone tropicale.
L’essentiel est de bien choisir le porte-greffe.
Préparation du terrain; alignement; plantation. — Le terrain ayant été convenablement préparé, les alignements
CITRONNIER
déterminés et les losses préparées, on procède à la transplantation.
On attend pour cela que les plants aient de 0m,45 a 0ra,50 de hauteur. On plante généralement à une distance de 3ra,50 à 4m,50 en tous sens; sur les fortes pentes on
Fig. 6d. — Citron jaune (2/3 grandeur naturelle). Dessin : Docteur H. Lenoir.
Fruit jaune ocreux. Feuilles vertes parsemées de taches claires.
pourra ne laisser que 3ul,20, tandis qu’en terre riche et de bas-fonds, on écartera au moins de 6 mètres. En effet, dans ce cas spécial, il faudra s’attendre à une grande puissance de végétation et, au boutd’ une dizaine d’années, le sol serait complètement ombragé.
Si l’on plante au piquet, on fiche en terre une remarque quelconque déterminant bien l’endroit où devra s’élever
l’arbre, puis, après avoir ameubli le terrain, on y jette quelques graines. Presque toutes germent, et quand les plants atteindront une hauteur moyenne de 0m,50, on ne laissera sur place que le sujet le plus vigoureux. Les autres seront sacrifiés ou repiqués comme s’ils provenaient de pépinières.
Nombre de pieds à l'hectare. — On plante de 270 à 1.300 arbres à l’hectare.
Culture; entretien; récolte. — Il faut sarcler soigneusement et ameublir le sol de temps à autre. Nous avons vu des plantations recouvertes, en interligne, de magnifiques gazons où le bétail paissait; à vrai dire les arbres ne paraissaient pas en soutfrir autrement, mais nous devons ajouter que chaque citronnier était protégé au pied, et que fréquemment la terre y était retournée, pour mieux recevoir les engrais qu’on y déposait. Le citronnier commence à rapporter trois ans après la plantation.
Cultures intercalaires. — Nous avons déjà dit qu’une partie des racines sont latérales et s’étalent à peu de profondeur dans lesol. On peut en conclure immédiatement qu'il faut de grandes précautions si l'on pratique des cultures intercalaires et qu’il est toujours prudent de s’abstenir de planter auprès des arbres.
Taille. — A part l’élagage des gourmands, des branches trop basses et l’enlèvement des branches mortes, on peut se dispenser de fortes tailles. Plus un citronnier est laissé à lui-même, plus il produit.
Floraison. — Elle commence ordinairement fin avril et dure plusieurs mois.
Fructification. — On peut espérer récolter dès la mijuin jusqu’à décembre; dans certaines régions, la récolte ne cesse réellement qu'à la fin des saisons sèches; alors que toute végétation s’arrête.
CITRONNIER
Rendement . — Un citronnier en plein rapport fournit annuellement une moyenne de dix caisses de fruits. Mais la production est sujette à de grandes variations; bien des facteurs influent: lesol, l'ameublissement, la pluie, le climat, etc. Néanmoins, on a calculé qu’en conditions normales, avec une chute de pluie annuelle de lm,50, on peut
Fig. G6. — Citron jaune, coupe verlicale (2/3 grandr natur.).
Dessin : Docteur H. Lenoir.
Fig. G1. — Citron jaune, coupe transvers. (2/3 grand1, natur.'. Dessin : Docteur H. Lenoir.
tabler sur un rendement, en citrons, de trois quarts de baril à un baril, soit de 122 à 163 litres par arbre.
On peut récolter de 10 à 30 kilogrammes de fleurs et de 1.000 à 2.000 fruits par arbre.
Cueillette. — Les arbres ne doivent jamais être battus ni même secoués, car forcément on provoque une chute de fleurs et de jeunes fruits.
Si Ton ne peut pas exporter les citrons, il est préférable de les laisser tomber; le rendement en jus n’en est que plus considérable.
Epuisement du sol; fumure. — Le professeur l)r Hilgard, que nous citons d'autre part pour ses études
sur les orangers, a également reconnu que les citronniers enlèvent au sol, par hectare et par an :
Acide
Potasse phosphorique Azote
Pour 20.000 kilogs. 53k&,8 12k&,2 30ks,2
Nous conseillerons d’employer pour les citronniers les memes engrais que pour les orangers (page 84).
Les engrais seront placés dans des rigoles de 30 centimètres de profondeur formant circonférence autour de l’arbre, avec rayon variant de 0m,50 à 2 mètres selon nature et richesse du sol.
A Dumville Grove, en Floride, une formule très employée est la suivante :
Par 100 kilogs :
Sulfate de potasse et de magnésie 48 kilog.
Sulfate d’ammoniaque 25 —
Superphosphate à 18 0/0 d’acide phosphorique.. 27 —
On débute à 2 kilogrammes de cet engrais, par arbre, pour arriver, quand 1 arbre a huit ans, à 18 kilogrammes.
A la Dominique on a l’habitude de répandre sur les racines la pulpe des fruits après expression du jus, on y ajoute môme les écorces. C’est une façon comme une autre de rendre au sol la plus grande partie possible de ce qu’on lui a pris.
Se basant sur ce fait que les cendres de bois renferment une forte proportion de potasse, on utilisera également les cendres provenant du chauffage et de la concentration du jus de citron.
Rappelons que la teneur des cendres de bois en potasse varie entre 10 et 25 0/0 de cendres pures.
Maladies. — Aspidiote du limon, Aspidiotus limonii et tous les ennemis de l’oranger.
Fig. 68. — Citrons en plein rapport.
Cliché : Syndicat de vente des Mines de Potasse Leopoldshall-Stassfurt
B. — Technique
On signale dans 1 essence de citron les composés suivants : pinène, phellandrène, limonène, citral, aldéhyde octylique, aldéhyde nonylique, géraniol, acétate de géranyle, anthranilate de méthyle, citronnellal, citroptène.
L’élément principal au point de vue parfum est le citral.