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FRUITS DES ZONES SUBTROPICALES

Sous ce titre, nous n’avons nullement l’intention de decrire les« Essences fruitières » dessozies tempérées ni, à plus forte raison, celles des zones froides acclimatées en « zones chaudes ».

Il nous faudrait, pour cela, parler de la plupart de nos « fruits d'Europe » que, par des soins culturaux et grâce à des habitats privilégiés, on arrive à implanter en des régions avoisinant même parfois l’équateur.

Dans cette deuxième partie, il n'est donc question que d’arbres à fruits réellement indigènes en zones subtropicales et en zone méditerranéenne : Midi de la France, Ligurie, etc.

Amandier : Amygdalus commuais Rosacées.

Bibacier : Eriobot rya juponica Rosacées.

Caroubier : Ceratonia siliqua Légumineuses.

Dattier : Phænix dactylifera Palmiers.

Figuier : Ficus carica Moracées.

Mûriers : Mo eus alba et M. nigra Moracées.

Olivier : Olca europæa Oléacacées.

Pistachier : Pistuciu terebinthus Térébinthacées.

Amandier

Amygdalus commuais Famille des Rosacées

PLANTE DE MEME FAMILLE DÉCRITE DANS CE VOLUME

Bibacier, Eriobotrya japon ica, page 195.

Historique et généralités. — La culture de l’amandier dans les zones tempérées chaudes est très ancienne ; elle a toujours donné lieu à un important trafic. Pourtant ce n’est que depuis la création de moyens de locomotion rapides que s est développé le commerce des « amandes vertes ».

L’amandier, qui est l’arbre fruitier par excellence pour les terrains secs, arides et rocailleux, donne une réelle valeur à des régions entières qui, sans lui, seraient à peu près stériles.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie. — Europe. — France. — Principaux centres de production : Aix, où le commerce annuel des amandes accuse un chiffre supérieur à 3 millions de francs; Arles, centre qui reçoit les produits de la plaine aride et pierreuse de la Grau; Marignane, Pailherols, llyèrcs, etc., etc., sans oublier la Corse.

Italie. — Bien que la culture de l’amandier n’y soit pas comparable, comme importance, à celle des Citrvs\ il n’en est pas moins exact que le commerce des amandes vertes ou sèches y constitue le principal revenu de bien des propriétaires ruraux, notamment dans toute la Ligurie; à Ranzi Pietra, dans la rivière de Gènes, etc.

Espagne. — Certaines vallées y sont couvertes d’aman-

AMANDIER

diers et des cités profitent grandement du commerce des amandes.

Angleterre. — Les Anglais désignent l’arbre sous le nom de Common almond tree.

Allemagne. — Les Allemands disent Gemeiner mande lbaam.

Afrique. — Tunisie. — On se livre à l’industrie des huiles d'amandes douces et à celles des huiles d'amandes amères.

L’amandier existe à l’état spontané dans les Ouled Ayar, où les indigènes l'utilisent comme bois de chauffage dès qu’il ne donne plus de fruits.

La Tunisie exporte annuellement pour environ 30.000 francs d’amandes.

Algérie. — La variété amère et sauvage de l’amandier, des principaux massifs montagneux de l’Algérie, donne, dans la région du littoral, une bonne fructilication, même pour des sols peu arrosés.

Les variétés les plus appréciées dans tout le nord de l’Afrique, depuis le Maroc jusqu’en Tunisie, sont : la matheronne , à coque demi-dure, et la princesse à gros fruit avec coque tendre.

La production moyenne et annuelle de l’Algérie en amandes est de :

Vingt mille kilogrammes d’amandes sèches en coques d’un prix global de lf.500 francs;

Vingt-six mille kilogrammes d’amandes sans coques, d’une valeur de 37.000 francs.

Comme zone de production, nous citerons les environs de Missergbin, près Constantine, et les forêts entourant Sétif.

Maroc. — Ce que nous venons de dire pour l’Algérie s applique également au Maroc.

La Réunion. — L’amandier existe dans File de la Réunion, mais il n’y est pas l’objet d’une exploitation suivie.

A. — Agronomie

Botanique. — Amygdalus commuais , Linné; famille des Rosacées; tribu des Amygdalées. On en distingue deux espèces : l’ amande douce et X amande amère.

Arbre. — Bel arbre, d’un aspect toujours agréable. Feuilles. — Jeunes, elles sont pliées en long.

Fleurs. — De couleur blanche ou rose.

Fruit. — C'est une drupe à noyau creusé de sillons

étroits.

Variétés. — On distingue les amandiers à fruits doux et les amandiers à fruits amers. Les premiers comprennent les variétés à coque dure et les variétés à coque tendre. Amandiers h coque tendre : Amandier à la dame ; A. princesse ; A. à la reine ; A. sultane; A. à fruits ronds, fins; A. blanquette; A. aberaune. Amandiers à coque dure : A. grosse ordinaire ; A. grosse verte ; A. petite verte ; amandier à flots; etc. Voir : Culture de l'amandier, page 188.

Autres Rosacées. — Nous étudions séparément le Ribacier ou Eriobotrga japonica, également de la famille des Rosacées ; mais ne pouvant consacrer des monographies spéciales à des essences d’importance relative, nous grouperons ici quelques études sur des « Rosacées » à fruits que nous ne pouvons passer sous silence. Voir p. 662.

Rubits rosæfolius Smith. — Originaire des montagnes de l’Asie méridionale ; se trouve maintenant dans les montagnes des Antilles; son fruit rouge n’est que légèrement parfumé; au reste, il est à remarquer que ce sont

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là des caractéristiques de la plupart des Rubus ou Ronces : fruits comestibles, sapides et peu pari innés.

Rubus elongatus Smith. — Commun en Nouvelle- Calédonie.

Fig. 84. — Européens à l'heure de la sieste.

Rubus moluccanus. Linné. — C’est le framboisier de Java; l’arbuste est armé de puissantes épines; il est très rustique et son fruit peu apprécié des Européens.

Cratægus oxyacantha , Linné. — Encore connu sous le nom de Hawthorn. On le trouve dans les parties nord et orientales de l’Afghanistan et de l'Himalaya. Les lîeurs et les fruits sont comestibles.

Fragaria chilensis , Molin. — Assez répandu dans les pays chauds. Le fruit n’est que de qualité passable.

Chrysobalanus Icaco , Linné. — C'est la prune coton ou prune icague ou Icaguier.

L arbre, petit, est originaire du littoral de l’Amérique intertropicale et de la côte d’Afrique; il est très florifère, mais peu de fruits arrivent à maturité ; le fruit est ovoïde, de la grosseur d’une prune moyenne; il contient un gros noyau ligneux et n’a presque pas de pulpe ; la chair est acide, et dans beaucoup de pays on fait cuire le fruit pour le consommer.

Couepia gitianensis Aubl. Variété dulcis ou Coupi. Ses graines sont agréables à manger; on en extrait, par expression, une huile comestible, limpide et analogue à celle des noisettes ou des amandes.

Le Coupi est commun en Guyane.

Parinarium. — Il ne nous reste que quelques mots à dire de plusieurs parinarium dont les fruits sont consommés par les indigènes et peu appréciés des Européens, tels que : Parinarium Mobola Oliver; P. excelsum G. Don ou Non au Sénégal ; P. macrophyllum , G. Don.

La pulpe de ces fruits est sèche et farineuse presque sans saveur.

Enfin nous terminerons celle étude des Rosacées en parlant de V Azerolier ou Cratægus azaroliis , Linné.

Il ressemble assez à l’aubépine et on le trouve sur le littoral méditerranéen; il s'accommode bien de tous les sols, à condition qu’ils nesoientni argileux, ni humides, ni froids. Dans les pays chauds, on l'appelle parfois pommette.

Pour que les fruits mûrissent dans de bonnes conditions, il faut une exposition chaude.

Les feuilles se montrent vers fin février, puis les fleurs en mars; la récolte des fruits ou azerolles a lieu en septembre. Les feuilles ressemblent à celles de l’aubépine, quoique plus grandes. Les fleurs sont en grappes, de couleur d’herbe.

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La multiplication se fait de graines ou par la greffe; dans ce dernier cas, on opère en écusson à œil dormant sur .aubépine ; le mois d’août est préférable.

L’azerolier ne fructifie pas avant une dizaine d’années. L'azerole est appelée zazor par les Arabes; elle est ronde et charnue. Saveur aigrelette.

Fig. 8.j. — Atelier sur une concession.

Les principales variétés sont : Yazerolier à fruits rouges et Yazerolier à fruits jaunes. Lin Italie, on trouve Yazerolier à fruits blancs ou de Florence. L’azerolier de Virginie donne de belles Deurs et de bons fruits.

Avec les azeroles on fait des confitures qui arrêtent les vomissements et la diarrhée.

Nota. — Il ne faut pas confondre Lamandier Armggf talus commuais avec Y amandier des Antilles, Terminalia (atappa, Linné, ou Badamier, qui appartient à la famille des C ombré lacées.

ISS

C’est un arbre dont le fruit a assez la forme de celui de l'amandier, mais son fruit est indéhiscent; il est à noyau, dur et renferme un embryon allongé dont le goût rappelle celui de la noisette ou des cerneaux. On l’utilise en confiserie et en pâtisserie. Quand il est encore vert, on peut le confire, comme cela se fait pour les cornichons.

L’amandier des Antilles est commun aux Antilles françaises, en Guyane, à Madagascar, à la Réunion, en Indochine et aux Indes.

De ses fruits on peut extraire 50 0/0 d'une huile douce, alimentaire, irrancessible, très recherchée pour le graissage des pièces d’horlogerie. Voir encore page 467.

Culture de l’amandier. — Habitat. — Nous avons déjà dit que l'amandier se plaît dans les terrains secs de la Provence, de l'Algérie et de la Ligurie.

Multiplication. — Semis. — Greffe. — On multiplie par noyaux et par greffe.

Les semis se font en automne, sur place; on peut encore stralifier les amandes en hiver et les mettre en place ou en pépinière au printemps; l’amande est toujours placée la pointe en bas. La greffe est pratiquée sur un pied franc ou sur premier venu de semis; la greffe en fente est préférable en février, la greffe en écusson est faite en juin et la greffe en sifflet, en tous lemps.

Plantation. — Soins culturaux. — On plante en octobrenovembre; ordinairement les intervalles sontde 6 mètres dans toutes les directions; deux labours sont indispensables, l’un en mars, l’autre en mai.

Une taille permet de se débarrasser des rameaux inutiles et du bois mort.

Floraison. — Elle se produit en février-mars. Dans les régions peu abritées, on peut toujours redouter les gelées printanières.

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Récolte. — Dans le cas général, elle a lieu en aoûtseptembre.

Amandier à la dame , à coque demi-tendre et petite; donne un fruit mûr en juillet.

V Amandier princesse, l'A. à la reine et FA. sultane sont des variétés précoces.

Lé Amande grosse ordinaire, l'A. grosse verte, qui sont à coque dure, ne mûrissent pas avant septembre.

Fumure. — L'amandier, comme tous les fruits à noyaux, est exigeant en potasse, azote et chaux. Des expériences de fumure furent faites, pour Lamandier, dans divers pays, notamment en Espagne; nous ne parlerons que de ces dernières.

M. E. Albiach, d’Alicante, expérimenta sur des arbres de 15 à 16 ans; le sol était argileux, sec et peu fécond ; il avait porté, l'année précédente, de Lorge comme culture intercalaire .

Les parcelles de terrain étaient de 9 ares 83 et contenaient chacune 20 arbres.

Une année on mit 40 kilogrammes de fumier par arbre, puis des engrais artificiels; on laboura, puis on procéda à un hersage énergique.

Les résultats furent les suivants :

Une parcelle sans fumure donna 1 hectolitre 42 de fruits.

Une autre, ayant reçu : 25 kilogrammes de superphosphate, 7 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque et 6 kilogrammes de nitrate de soude, rapporta 2 hectolitres 18 de fruits.

Enfin, une troisième parcelle qui, en outre des engrais dont il vient d’être question ci-dessus, avait reçu 10 kilogrammes de sulfate de potasse, rapporta plus de 4 hectolitres de fruits.

D'antre part, il y avait dans le 1er cas 2.118 amandes

Fig. 86. — Amandier ayant reçu :

233 kg superphosphate à l'hectare, 66 kg nitrate de soude,

66 kg sulfate d’ammoniaque, 66 kg sulfate de potasse.

Expérience de M. José Pico Macia, Elche, Alicante.

Cliché : Kahsyndikat. — Berlin.

par barchilla, soit 20 litres 77, 1.593 amandes dans le 2e cas et 1.214 amandes dans le 3e cas.

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Ces résultats sont suffisamment éloquents pour mon-

Fig. 87. — Amandier sans fumure.

Expérience de M. José Pico Macia, Elche, Alicante. Cliché : Kalisyndikat. — Berlin.

trer l'efficacité de la fumure quand il s’agit de plantations d’amandiers.

Nous avons trouvé les renseignements ci-dessus dans la brochure éditée par le Kalisyndikat de Stassfurt.

Ennemis. — Maladies. — Remèdes. — L amandier est attaqué par des insectes et par des champignons.

Insectes. — Pyrale de Wœber, Tortrix Wœberiana; chenille à seize pattes qui creuse des galeries sous l’écorce et provoque des écoulements gommeux. Scolyte rugueux, Eccoptogaster rugulosus ; ses larves sans pied creusent des galeries rayonnantes. Dans l’intérieur du bois peuvent exister des galeries faites par les larves de Cossus ligniperda, Saperda scalaris, Cerambyx cerdo , Sinodendron cylindricum , etc. A citer encore : kermès du pêcher; kermès de Lamandier, C hernies amy g dali ; le puceron de Lamandier, Aphis amy g dali.

Champignons. — Ils altèrent le fruit et les branches : chancres.

L’amandier est en outre sujet aux atteintes dupourridié des racines, Dematophora necatrix et Armillaria mellea , quand il est planté en sol trop humide.

Le gui épuise rapidement Lamandier.

Pour combattre la plupart de ces maladies, on utilise le lait de chaux, qu'on lance sur les feuilles à Laide d’un pulvérisateur.

/>. — Industrie et usages

Fruits. — Le commerce livre des amandes avec coques et d’autres sans coques.

Amandes en coques. — On distingue quatre variétés principales :

Amandes [mes ou princesse : coques jaunâtres, plates,

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minces et de grosseur moyenne; pellicule jaune foncé; amande d’un blanc de cire. L’amande ne rancit que très vieille; elle est employée pour la fabrication des dragées fines.

Amandes demi- fines ou à la dame: coques grosses, dures, pointues à une extrémité, nombreux trous et sillons verticaux dans le sens de la longueur.

Amandes dures : coques jaune pâle, plus petites et plus bombées que les précédentes, épaisses, trous peu profonds; pellicule jaune brun.

Amandes Molière : pellicule fine, amande régulière, riche en huile.

Amandes sans coques ou cassées. — Elles proviennent

ordinairement de variétés à coques dures; on les classe

comme suit :

Amandes de Chinon: amande allongée et aplatie; pellicule mince, ridée, jaune brun et recouverte d’une poudre adhérente.

Amandes d'Espagne ou de Malaga : pellicule jaune pâle ; les grosses sont plates et recouvertes d’une poussière rougeâtre; les petites sont arrondies et ridées.

Amandes de Milhau : pellicule mince, d’un jaune ocreux , amandes allongées et aplaties.

Amandes triées à la main : pellicule mince, pâle ; variété aplatie et régulière.

Amandes flots de Provence : pellicule épaisse et rougeâtre ; larges, longues, bombées. Ces amandes sont recherchées pour les dragées.

Amandes de Provence douces : arrondies, grosseur variable.

Bois. — Il est très lourd et plein ; sa densité varie de 0,953 à 1,141. C’est un bois raide, travaillant et se gerçant, mais susceptible d’un beau poli.

L’aubier est blanchâtre, réduit, très distinct; la couleur du bois est brun foncé, présentant des veines.

Les rayons peu épais donnent des maillures blanchâtres très nettes.

Le bois d’amandier est employé pour le tour et en marqueterie.

Gomme. — Quand les amandiers végètent dans de mauvaises conditions, la production de gomme est plus active ; elle annonce un état précaire du sujet, une maladie, et on ne tarde pas à voir la plante dépérir.

Cette gomme provient de l’altération des parois celluloïques des tissus du bois et de l’écorce, mais surtout des parenchymes; delà dégénérescence cellulaire résulte une sorte de fonte, un amas gommeux qui exsude au dehors.

La gomme de l’amandier est un produit utilisable.

Huiles. — Elles sont très cotées dans le commerce. Ces huiles sont tluides, ambrées, inodores et insipides ; elles rancissent facilement.

Leur emploi principal est dans les préparations pharmaceutiques destinées à l’usage externe et aussi en parfumerie. La confiserie et la pâtisserie les utilisent également.

Leur densité est d’environ 0,918. Le rendement peut atteindre de 40 à 45 0/0.

Le tourteau est employé par les parfumeurs pour faire la pâte d’amandes pour les mains.

L’huile d’amandes douces s’obtient par expression, à froid, du fruit. Elle est de couleur blanc verdâtre ; saveur douce et agréable ; ne se congèle qu’à — 10°.

Pour l’étude détaillée de ces huiles, nous renverrons nos lecteurs à l’ouvrage Plantes oléagineuses.

Lait. — Le lait d’amandes est une émulsion d’huile

BIBACIER

d amandes douces. En lui ajoutant du sucre et de 1 eau de fleur d’oranger, avec un peu d'alcool chargé d’essence de citron, on obtient le sirop d'orgeat.

Plus couramment, ce sirop se prépare en partant d’une décoction d’orge, de lait d’amandes douces et de sucre.

Confiserie. — On prépare surtout les amandes pralinèes et les amandes lissées. Les premières s’obtiennent en projetant des amandes concassées dans du sucre brillant et aromatisé. Les autres sont entières et simplement recouvertes d’une couche de sucre.

Bibacier ou Néflier du Japon

Eriobotrya Japonica Famille des Rosacées

PLANTE DE MÊME FAMILLE DÉCRITE DANS CE VOLUME

Amandier, Amygdalus commuais, page 182.

Historique et généralités. — Le bibacier ou loquat est surtout cultivé dans le voisinage des tropiques, dans les montagnes des pays chauds et dans le midi de l'Europe; il est naturalisé dans nos vergers depuis le commencement du siècle. On le croit originaire du Japon.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie. — Europe. — France. — Très commun dans les jardins de la Provence où il pousse presque sans cultures ; il végète également dans la plaine et sur les coteaux; à Marseille meme où il ne redoute pas trop le mistral, on fait la cueillette des bibaces de mai à juin.

Italie. — Le bibacier est répandu en Ligurie où ses fruits sont très appréciés.

Iles Canaries , îles Madère, etc. — Il y est assez commun.

Asie. — Au Japon, où sa culture est fort en vogue, il fructifie en hiver. 11 s’est parfaitement acclimaté en Indo- Chiné.

Afrique. — En Algérie, la récolte commence fin mars. A la Réunion, le bibacier est cultivé depuis longtemps ; on la propagé à Madagascar et aux Comores où il pousse vigoureusement.

Amérique. — Le bibacier est très répandu aux Antilles.

Océanie. — Arbre commun en Nouvelle-Calédonie et dans bien des îles de l’Océanie où les habitants apprécient ses fruits.

A. — Agronomie

Botanique. — Le bibacier est Y Eriobotrya japonica Linden : famille des Rosacées- Pomacées.

Arbre. — Petit, toujours vert et plus rustique que l’oranger.

Feuilles. — Grandes, aiguës, coriaces, d’un beau vert.

Fleurs. — Blanches, odorantes.

Fruits. — De la grosseur d’une prune moyenne; ils sont jaunes et se présentent bien; la pulpe est à saveur douce, acidulée, agréable et rafraîchissante.

Graines. — Les pépins sont bruns, luisants et renferment un embryon à deux cotylédons gros et verts.

Variétés. — Au Japon, on admet deux variétés principales : l’une à fruits ronds et petits, à saveur très douce, siro biwa; l’autre à fruits longs et grands, biwa. Mais, en d’autres pays, il existe des variétés diverses dont le fruit est généralement apprécié.

Culture. — Habitat. — Bien que rustique, le néflier du Japon ne peut s’accommoder des terrains secs etrocailleux

BIBACIER

Fig. 88. — Parmi les fleurs, sous le ciel bleu.

qui plaisent à 1 amandier. Il ne prospère et ne fructifie que dans des sols meubles, substantiels et frais, mais sans grande humidité en hiver.

Multiplication. — On opère par graines et par greffes.

Les pépins germent naturellement sous nos climats ; on les sème en place ou en pots dès qu'ils sont mûrs, en mai-juin; quelques jours suffisent pour voir percer les plants; on repique et on met en pépinière à l’automne. Il faut compter de deux à trois ans avant de placer à demeure ; on a remarqué que les sujets résultant de semis sont plus vigoureux et plus productifs. Quant à la greffe, on la pratique sur franc, sur cognassier ou sur aubépine ; on attend pour cela les mois d’août et de septembre.

Quand on grelfe sur cognassier, l’arbre forme une tète arrondie en parasol et prend l’allure d'un buisson; la fructification est plus hâtive; si, au contraire, la greffe est faite sur aubépine, les fruits ont plus de parfum.

Soins culturaux. — Il faut peu d’entretien; en dehors des régions chaudes, on peut cultiver en espalier; le feuillage résiste au vent et les racines ne souffrent pas de longues sécheresses; on élague après floraison quand les rameaux deviennent touffus; on en profite pour retirer quelques fruits sur les grappes afin de permettre aux autres de mieux se développer.

Floraison. — Les fleurs se montrent de novembre à janvier.

Fructification. — Rendement. — Elle ne s'opère normalement que vers la cinquième année; à l’âge de huit à douze ans, un pied peut rapporter annuellement de 30 à 50 kilogrammes de fruits. En Algérie, la récolte a lieu vers fin mars ; pour la Provence et la Ligurie, il faut attendre avril et juin.

CAROUBIER

B . — Industrie et usages

Fruit. — Il se mange au naturel, mais il ne faut le cueillir qu'à parfaite maturité ; la chair est sucrée-acidulée, très juteuse et rafraîchissante; malheureusement elle renferme de nombreux pépins assez volumineux et dont i’enSemble représente à peu près la moitié du fruit.

Pour les expéditions, on place les nèlles ou bibaces dans des corbeilles en osier remplies de rognures de papier formant emballage.

Confiserie. — A la Réunion, on prépare la bibace au sucre cristallisé; on en exporte, sous cette forme, de grandes quantités.

Dans le midi de la France, en Italie et en Algérie, on confectionne d’excellentes confitures.

Liqueur. — Avec les noyaux on fabrique une liqueur à goût d’amandes amères.

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