‹ Fruits des pays chaudsChapitre 39 sur 152 · C. COM31ERCE · texte numérisé non relu

C. COM31ERCE

Sur les marchés, le prix varie de 20 à 60 centimes le kilogramme.

Caroubier

Ceratonia siliqua Famille des Légumineuses

PLANTE DE MEME FAMILLE DÉCRITE DANS CE VOLUME

Tamarinier , Tamarindus indica , page 631.

Historique et généralités. — Ce bel arbre, indigène du littoral méditerranéen, donne des fruits très appréciés

dans certaines régions, qui en faisaient déjà un commerce important, au moyen âge; par exemple l’Italie et l’Algérie. On l’appelle encore carrouge . Théophraste le désignait sous le nom de syke.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie. — Europe. — France. — Principaux centres de production : Nice, Cannes.

Italie. — Région basse de la Ligurie.

Afrique. — Algérie. — La circonscription de Bougie est riche en caroubiers; elle fournit annuellement plus de 20.000 quintaux de fruits, soit pour environ 200.000 francs.

A. — Agronomie

Botanique. — Ceratonia siliqna , Linné, famille des Légumineuses.

Arbre. — C’est l’un des plus beaux arbres du littoral méditerranéen.

Feuilles. — Toujours vertes.

Fleurs. — Les fleurs femelles n’existent pas; le caroubier ne donne que des fleurs mâles et des fleurs hermaphrodites à longues et à courtes étamines.

C’est un végétal mâle et hermaphrodite à deux formes; non un polygame dioïque.

Fruit. — Long, plat et pointu à chaque extrémité; il contient une pulpe mielleuse et de petites graines lisses et rougeâtres.

Culture. — Une bonne exposition au soleil et à l’abri des vents est indispensable.

Les sols calcaires et pierreux lui conviennent, surtout dans le voisinage de la mer.

Multiplication. — On propage par graines, par rejetons et par la greffe.

CAROUBIER

Fig. 89. — Caroubier.

rempli d’eau; on attend meme parfois, pour les retirer que le germe se montre.

Les plants provenant de pépinières sont repiqués dès la deuxième année; la tige est rabattue h 35 centimètres audessus du collet et la racine pivotante est laissée sur 25 centimètres au-dessous du collet. On arrive, de cette façon, à créer au sujet un système radiculaire ramifié, permettant une reprise plus facile.

Si le semis se fait sur place, on dépose les graines dans

Les semis se font en pépinière ou sur place, en lévrier-mars ; avant d’ctre mises en terre, les graines ont été placées pendant quatre ou cinq jours dans un baquet

des petits trous et, après germination, on ne garde que ie plant le plus vigoureux ; il reste à greffer.

Dans le cas de semis en pépinière, la transplantation en motte est usitée.

Espacement. — Les arbres sont placés à intervalles de 8 à 10 mètres; pour les grandes plantations on écarte même de 12 à 15 mètres en tous sens.

Greffage. — On opère sur pied pour des sujets de deux à trois ans et en tête sur des arbres de trois à quatre ans: dans les deux cas, on greffe en écusson à œil poussant ou à œil dormant ; la première se pratique de mars à mai et l'autre en septembre.

On n’a que rarement recours à la greffe en fente de côté et à celle en couronne, à moins qu’il ne s’agisse de sujets adultes.

Fructification et rendement. — Le caroubier est en plein rapport vers l’âge de dix ans. Il fleurit en juillet.

Chaque arbre peut rapporter de 300 à 1.000 kilogrammes de fruits ; pourtant, à Nice, on ne compte que sur 100 à 150 kilogrammes.

On obtient une bonne récolte tous les deux ans.

Taille. — Elle permet de renforcer le pied ; on taille au début de la végétation en laissant une tête formée de quatre branches principales ; il reste à émonder et à entretenir.

Cueillette. — Aussitôt cueillies, les caroubes sont étendues dans des endroits secs et aérés ; on ne peut les entasser qu’après complète dessiccation. Pour cueillir, il est préférable d’opérer à la main.

Maladies. — 11 faut craindre la larve d’une Phycide,

le my elois ceratoniæ , qui dévore la pulpe des fruits placés en magasin; pour la combattre, on retourne les caroubes au moyen de pelles et on brûle les détritus.

CAROUBIER

Lo Cossus ligniperda est une grosse chenille qui vit dans le tronc et les rameaux du caroubier; on la tue en introduisant un fil de fer pointu dans les galeries qu’elle creuse.

Sur les feuilles est un champignon, le Septoria carrubi ; il les tache en vert foncé et en brun; on protège les parties saines au moyen de pulvérisations avec de la bouillie bordelaise.

A citer encore les fourmis, les rats, etc.

/>. — Industrie et usages

Fruit. — Les caroubes servent aux Kabyles pour préparer le tomina , plat national. C’est un mélange de fruits pulvérisés, débarrassés de leur graine et de semoule ou de farine de petits pois; le tout est humecté d’huile d’olive.

En Grèce, les pauvres se nourrissent du fruit. En

Syrie, en Egypte et dans la Palestine, on en extrait un miel qui remplace le sucre. Autrefois on en retirait une liqueur vineuse; aujourd’hui, ces fruits donnent une excellente eau-de-vie par la fermentation. Avec les caroubes les Turcs font des sorbets fort agréables ; ils y mêlent une décoction de racine de réglisse.

Nourriture pour le bétail. — Le bétail en général est très friand des caroubes; c’est pour lui une nourriture saine et substantielle. En Espagne et en Italie les chèvres et les mules en mangent. Il est préférable de casser les deux pointes du fruit.

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