‹ Fruits des pays chaudsChapitre 40 sur 152 · C. — Commerce · texte numérisé non relu

C. — Commerce

Les fruits sont l’objet d’un commerce suivi en certains points du Midi, en Italie et en Algérie.

Les belles caroubes d’Algérie se vendent, sur place, de 14 à 20 francs les 100 kilogrammes.

A Nice on cote les produits indigènes de 10 à 14 francs les 100 kilogrammes.

Dattier

Phœnix dactylifera Famille des Palmiers

PLANTES DE MÊME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Cocotier , Cocos nucifera, p. 45. Palmier à huile , Elœis guineensis, p. 54

Historique et généralités. — Si les palmes du cocotier bruissenl au sou file des tempêtes et ruissellent d’embrun, celles du dattier dominent les sables désertiques, sous un soleil de feu. En propageant le dattier, plante des zones tempérées chaudes, par rejetons, on peut en couvrir la plupart des savanes arides des régions intertropicales.

Plusieurs auteurs pensent que le dattier est originaire des Canaries; en tout cas il est devenu, en Afrique, l’arbre des oasis du sud et il relève de l'agriculture saharienne. On peut dire que le dattier est pour les Algériens du sud ce que sont les céréales pour les habitants des zones tempérées; sans lui, lesoasisdu Sahara sedépeupleraient forcément.

Rappelions que dans les hiéroglyphes, le palmier est l’emblème de la victoire.

Géographie . — Dispersion. — Synonymie. — Europe. — France. — Le dattier est cultivé sur le littoral méditerranéen, de Toulon à Nice, de Nice à Gênes, etc. 11 est abondant dans les jardins, les parcs et sur les promenades de la Provence côtière.

DATTIER 205

Italie. — La Ligurie maritime offre de beaux et nombreux spécimens de dattiers; mais, comme en France, la fructification est parfois incomplète. On distingue deux variétés principales : Lune à feuilles longues et étroites; l’autre à frondes moins longues, plus larges et d’un vert plus accusé. Le commerce des palmes y est important. (Voir p. 240.)

Fig. 90. — Tour de guetteur et dattiers aux environs d'un ksour au Figuig.

Afrique. — Maroc. — Les dattes du Maroc sont assez réputées. Dans l’oasis de Siwah on rencontre les variétés

suivantes : Soultany , Freyeh , Sayd , Ouaedy , Gazaly , Kaiby.

La Soultany est d’excellente qualité; on lui attribue des propriétés aphrodisiaques.

La Sayd est surtout exportée sur l’Égypte.

La Ouaedy ne sert guère qu’à la nourriture des animaux.

La Gazalg ne fournit que des sich.

Algérie . — Partout en Algérie on rencontre le dattier; les meilleurs fruits proviennent de l’extrême sud. Dans le nord, cet arbre est surtout planté pour orner les jardins, les avenues, etc. Il existe un si grand nombre de variétés de dattiers en Algérie, que nous renonçons à en donner l’énumération. Nous prierons donc nos lecteurs que cette question intéresserait de se reporter à l’ouvrage de MM. P. Sagot et E. Raoul : Les cultures tropicales.

Parmi les variétés les plus cultivées en Algérie, nous citerons :

Le degla-en-nour dont les fruits sont transparents et très recherchés. Ils ne mûrissent bien qu’à partir de Chott Melrirh, à Touggourt et à Souf. Les degla-en-nour de Oiskra sont de qualité inférieure. Le rhars , dont les fruits sont mous et recherchés pour la consommation courante.

Le mettenetichi-degla à fruits peu sucrés, durs et non translucides.

L'haloua , qui donne des fruits légèrement transparents et sucrés.

L diaimra, aux fruits rouges et sucrés.

Le degla-beida , dont les fruits sont secs et de couleur brunâtre.

Tunisie. — On rencontre le dattier un peu partout en Tunisie. C’est surtout dans les oasis du sud que se récoltent les meilleurs produits. Alors que les dattes de Gabès sont vendues tout au plus 20 francs les 100 kilogrammes, on voitcelles du Djerid atteindre parfois le prix

de 300 francs.

Les Arabes disent que ces dattes de choix sont les « Filles de la Nature ». On les désigne sous les noms de

DATTIER

bla halef et neh ; les arbres qui les produisent sont : amméri ou saroti .

La zone tunisienne où les dattiers se rencontrent par groupements peut se diviser en quatre régions : Djerid, Nefzaoua, Gabès et Gafsa; des parties désertiques isolent ces oasis les unes des autres.

Le Djerid, qui comprend les oasis d’El-Hamma, El- Oudiane, Tozem et Nefta, convient au dattier, qui demande à avoir « la tête au soleil et les pieds dans l’eau ». Le climat du Djerid y répond ; aussi cette zone possèdet-elle les plus beaux dattiers du monde. C’est le Djerid qui fournit la datte Degla-en-nour , dont l’exportation annuelle atteint un million de kilogrammes; on compte qu'il y a un million et demi de palmiers en rapport dans cet oasis. Sur place, les dattes de choix sont payées environ cinquante centimes le kilogramme.

Rappelons que l’oasis de Tozeur couvre environ

3.000 hectares; que celle de Nefta ne comporte pas moins de 2.400 hectares ; celle d’El-Oudiane s’étend sur une longueur de deux lieues, c’est d’elle que dépend le fameux jardin El Degaclie, qui produit les dattes extra parmi les meilleures; enfin se présente l’oasis d’Ei- Iïamma, moins importante.

Le Nefzaoua présente plusieurs centaines de petites oasis ; mais on y compte quand même plus de 500.000 palmiers.

Le groupement de Gabès comprend en outre des oasis qu'environne celle de Gabès, file de Djerba, la presqu’île de Zarzis et le littoral jusqu’à la Tripolitaine. Environ

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