‹ Fruits des pays chaudsChapitre 44 sur 152 · kilogrammes · texte numérisé non relu

kilogrammes

Amérique. — Le figuier existe dans plusieurs pays de l’Amérique centrale et aux Antilles. 11 est assez commun en Haïti, Dominicanie, Guadeloupe, Martinique, etc.

Aux Antilles, le fruit est dit Figue de France. En Floride, de grandes plantations ont été aménagées et donnent entière satisfaction aux cultivateurs.

A. — Agronomie

Botanique. — Ficus carica , Linné; famille des Moracées , tribu des Artocarpées .

Arbre. — Aspect agréable; les branches s’étendent en voûtes verdoyantes. 11 est bon d’éloigner le figuier des autres arbres fruitiers, car il émet de longues et puissantes racines, avides de fumier, qui peuvent s’étendre au delà de 60 mètres. Le tronc est tortueux.

Feuilles. — Larges, lobées,- résistantes, caduques; d’un vert assez vif.

Fleurs et fruits. — Voir caprification, page 252.

Variétés. — D’après E. Sauvaigo ( les Cultures sur le littoral de la Méditerranée ), voici quelles sont les variétés de figuiers les plus recommandables :

1° Figues blanches ou verdâtres.

FIGUIER

Col des dames , Col de s'ignore. Recherchée pour la conliserie ; excellente, fraîche et sèche.

Aubique blanche , Bouche-barrique, Très bonne, fraîche

et sèche.

Fig. 101. — Figue commune (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Dr H. Lenoir.

Pittallusse , Pissalutta. Très estimée dans la rivière de Gênes et en Corse.

Barnissotte blanche, Bourjasotte , Brogiotto bictnco , en génois. Excellente qualité à manger. Originaire de Syrie, introduite par les Génois en Europe à l’époque des croi-

sades. A Nice, il n’est pas rare de rencontrer des arbres de barnissotle qui atteignent 8, 10 et même 12 mètres de hauteur: ainsi, aux environs de la ville, à Rimiez, dans la propriété Scuderi, on en remarque un magnifique spécimen de 12 mètres d’élévation; le tronc mesure à la base im,30 de diamètre, la largeur du feuillage total est de 14 mètres.

Marseillaise , Figue cl Athènes. Répandue à Marseille, Toulon et en Algérie.

La Gentille , Fico d'oro.

Figue cl Espagne, Espagnole.

2° Figues grises ou rougeâtres.

Rolandine , Blanche t te , Coasco , Cortese , dans la rivière de Gênes. La Rolandine est la meilleure des figues sèches et donne lieu, en Provence et en Ligurie, à un commerce très étendu.

Observantine , Cordelière , Servantine , Figue grise , Cotignane. C’est la plus estimée des figues-fleurs (juin-juillet).

Figue franciscain , Fico unico , F. Robculo , en Ligurie. Ronne à sécher.

Concourele. Aussi estimée que la Rolandine, quand elle est sèche.

Figue d'or.

3° Figues noires ou brunes.

Bellone. Figue oblongue, arrondie de 6 à 7 centimètres de longueur, aplatie au sommet; pulpe rouge, très sucrée, délicieuse. La Rellone est la reine des figues dans la région de Toulon et à San Remo. Elle est très recherchée, fraîche et surpasse en goût toutes les autres. A l’état sec, cette variété est délicate, belle, peu altérable. Dans le terroir de Nice, on en rencontre des exemplaires admirables.

Figue de Nice , Douqueira , Monginenco , à Grasse. La

FIGUIER

figue-fleur est une des plus volumineuses, elle atteint 8 à 10 centimètres de longueur : juin-juillet.

Aubique noire, A. Violette, Abicon, Arbicone, Barnisaotte noire, Brogiottonéro, en génois. Originaire d Afrique,

FIG. 102. — Figue des Pagodes 202 (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Dr II. Lenoir.

cette variété ne réussit que dans les pays chauds ou chauds tempérés. C’est une figue exquise, réputée à Nice comme une des meilleures qualitésfraiches, surtout quand elle est bien mûre.

Mouissonne. — Excellente, fraîche et sèche.

Habitat. — Le figuier n’exige pas un habitat bien spécial. C'est meme un arbuste qui résiste tellement à la

sécheresse qu’il peut donner des résultats satisfaisants dans des régions où la chute d’eau annuelle ne dépasse passe pas 20 centimètres ; il peut pousser pour ainsi dire sans culture; les gelées ne sont pas trop à craindre, du moment qu’elles ne dépassent pas de 8 à 10 degrés centigrades.

Reproduction. — D’après M. Ch. Vernaelde, on emploie, en Algérie, quatre modes de reproduction :

1° Le bouturage immédiat, qui consiste à planter une petite branche ; celle-ci émet bientôt des racines ;

2° Le bouturage en pépinières d'où les arbustes sont transplantés quand ils ont trois ans;

3° Le prélèvement de rejetons sur racines; la reprise a lieu ordinairement dans de bonnes conditions (Kabylie) ;

4° Le marcottage, tel que nous l’avons décrit page 8; afin de faciliter l'émission des racines, on entaille l’écorce. On peut aussi multiplier par graines, et les sujets sont ensuite greffés avec de bonnes variétés : en fente, sur plant étèté, en écusson à œil, à œil dormant, etc.

Culture. — On plante du mois d'octobre au commencement de mars; les arbres sont disposés en quinconce; dès janvier on déchausse à la pioche et on remplit la cuvette de fumier. Les soins culturaux consistent ensuite en deux ou quatre labours de janvier à lin mai.

Pour les cultures soignées, il est préférable de choisir un terrain riche en potasse et en chaux, de façon à favoriser la production du sucre dans les Iruits.

Taille. — On taille à l’automne ou en hiver. On fait tomber le bois mort et les rameaux inutiles ; on conserve à l’extrémité des rameaux trois ou quatre bourgeons fructifères.

Fumure. — Les engrais à décomposition lente suffisent : papiers, os calcinés, râpures de cornes, balayures, dé-

FIGUIER

bris de cuir, chiffons de laine, etc., etc. Les engrais sont

Fig. 103. — Figue des Pagodes (coupe longitudinale)(2/3 grandeur naturelle).

Dessin : D1' H. Lenoir.

renouvelés tous les quatre à cinq ans. 11 va de soi que-

Fig. 104. — Figue des Pagodes (coupe transversale) (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Dr II. Lenoir.

si Ion dispose d’engrais humains, de fumier de cheval,

de mouton, il y aura lieu d’en profiter surtout pour des terrains frais; le fumier de vache sera réservé aux terrains secs.

Dans les Etats-Unis d’Amérique du Nord, on prend volontiers comme type d’engrais la composition sui-

vante :

Azote 2 0/0

Acide phosphorique . 8 0/0

Potasse 10 0/0

On répand à raison de 448 kilogrammes à l’hectare.

Fructification. — Certaines ligues ne mûrissent pas de suite; elles se conservent pendant l’hiver et ne peuvent être cueillies qu'à l'été suivant ; elles prennent le nom de figues précoces, figues-fleurs ou figues d été et forment la première récolte ; puis, viennent en août, les figues ordinaires ou tardives ou d’ automne , sur le hois de l’année. Les Kabyles pratiquent l’opération de la caprification ; c’est-à-dire que, pour hâter lamaturation d’une quinzaine de jours, ils cueillent des petites figues précoces provenant d'un figuier sauvage, ficus c apri fie us, e t qui sont infectées par un puceron, cyneps psenes; l’action de ce puceron étant de hâter la maturation et d’améliorer la qualité des fruits, les planteurs suspendent aux branches de leurs figuiers les petites figues en question.

En réalité l’opération de la caprification n’est pas aussi simple que nous venons de dire, et nous devons lui consacrer quelques lignes.

Caprification. — De tous temps on a remarqué que la plupart des variétés de figuiers cessent, par la culture, de former des Heurs mâles. Or, dans le Ficus Carica, le réceptacle à parois charnues qui forme la figue doit renfermer des fleurs mâles près de la petite ouverture de la coupe et de nombreuses fleurs femelles dans le fond.

FIGUIER

Un fait très curieux, c’est que, malgré la disparition plus ou moins complète des Heurs mâles, bien des variétés de figuiers donnent quand même des fruits, malgré la non fécondation des ovules : c’est ce qui arrive le plus souvent pour les figuiers de France.

Toutefois, ce qui se produit en France n’est que local, et pour les figuiers de Tunisie et d’Algérie, par exemple, une fécondation est indispensable pour l’obtention de beaux fruits charnus. .. Dans ces pays, il faut donc suppléer aux fleurs mâles et recourir à une fécondation artificielle. On y parvient en utilisant le pollen d’un figuier sauvage et mâle ou capri figuier , que les Arabes nomment dokkar.

Les caprifiguiers offrent des fleurs mâles et des fleurs galles , ces dernières étant des fleurs femelles stériles; elles se distinguent des fleurs femelles fertiles par le peu de développement du style et par l’absence absolue de papilles stigmatiques ; dans l’ovaire de ces fleurs ou galles, vit un insecte hyménoptère du genre Blastophaga ; le Cyneps psenes , Linné ou Blastophaga grossorum ; c’est cet insecte qui est l’agent de pollinisation. Voici dans quelles conditions.

Les figuiers mâles ou caprifiguiers portent en une année trois générations de fruits; en été, les figues qui sont assez grosses renferment les fleurs mâles et les fleurs galles, dont nous avons parlé plus haut, et que nous savons contenir les larves, puis les mouches, sorties des œufs déposés au printemps par des insectes provenant de fruits d’hiver.

Les mouches, une fois formées, cherchent à sortir des figues ; c est alors qu’elles rencontrent, près de l’ouverture, les fleurs mâles saupoudrées de pollen, dont elles se chargent. Les mouches, ainsi enduites delà poudre ferti-

lisante prennent leur vol et vont sur d’autres fruits, cherchent à y pénétrer dans le but de retrouver les fleurs femelles qui leur plaisent, c’est-à-direcellesdu caprifiguier. Si donc une mouche fertilisante pénètre dans un réceptacle de caprifiguier, rien ne se passe au point de vue fertilisation, mais si, au contraire, les Blastophaga commettent Y erreur d’entrer dans un réceptacle de figuier cultivé, il en résulte immédiatement une fécondation et par suite production de fruits.

Dans ce cas, la fécondation des figues est donc due à l’erreur d’un insecte, et c’est pour augmenter les chances de fécondation que les planteurs mettent les fruits du caprifiguier ou nids de Blastophaga à proximité des figuiers cultivés.

Ils y arrivent en suspendant simplement des fruits de cap ri figuiers dans les figuiers cultivés ou en greffant une branche de caprifiguier sur un vrai figuier.

Cueillette. — Les figues sont récoltées avec soin et à parfaite maturité. La maturation est indiquée par l’apparition de petites crevasses longitudinales sur la peau du fruit et par la formation de gouttelettes d’une liqueur sucrée, au sommet du récep lacle.

Ennemis et maladies. — A citer un champignon parasite : Blanc , pourridié , mousse , commun également à la vigne; ce champignon se développe principalement dans les endroits humides ; il s’attache aux racines et les désorganise rapidement.

Une maladie assez grave est celle causée par une cochenille, le Mytilaspis ficus ; cette cochenille est longue, noirâtre et peu visible quand les sujets sont peu nombreux, mais elle ne tarde pas à couvrir les rameaux et à faire périr les arbres. Les dégâts les plus importants ont été signalés à Tigzirt (Algérie).

FIGUIER

D’autres maladies sont déterminées par le gros arrherlèle et par le petit arrherlèle.

Mais l’un des insectes les plus redoutables est le kermès ou cochenille du figuier , pou du figuier : chenues caricæ ou Ceroplastes rus ci , Linné. Il ressemble à une petite patelle de couleur grisâtre. Cet insecte s’accroche aux rameaux, aux feuilles, aux fruits; les épuise en absorbant la sève.

N’oublions pas non plus le dactylo pus ficus , etc.

La fumagine , noire ou morfée est encore un champignon parasite; enfin un longicorne nocturne, le Morimus funestus s'attaque au bois du tiguier.

Pour combattre ces maladies, on recommande :

1° De ne jamais prendre de boutures sur les sujets atteints de Y arrherlèle noir qui sévit, surtout en ce moment, au voisinage de la mer, mais de prendre des boutures sur des arbres entièrement sains et exempts de parasites;

2° De traiter les arbres, même peu malades, de manière à supprimer beaucoup de petites branches couvertes du parasite. Passer sur tout l’arbre, surtout sur les petits rameaux, avec un pinceau fait avec un roseau et des fibres tirées de feuilles d’agave ou avec un chiffon attaché à un bâton, le mélange suivant :

Dans une marmite faire bouillir pendant une heure au moins :

Trois kilogrammes de chaux vive et 2 kilogrammes de soufre, dans 10 litres d’eau. Quand le soufre sera fondu, ajouter 40 litres d’eau.

Ce liquide sulfureux devra servir, en hiver, à badigeonner tous les arbres, même peu malades. On devra faire cette opération par un temps sec, pour que la pluie n’entraîne pas le liquide qui doit tuer les parasites.

B. — Technique

La puissance nutritive de la figue est comparable à celle du pain comme 3 est à 1.

Voici une analyse du fruit frais :

Eau 65

Azote 35

Fruit sec:

Eau 21

Azote 79

ïôo'

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