‹ Fruits des pays chaudsChapitre 48 sur 152 · MORUS · texte numérisé non relu

MORUS

Famille des Moracées (Tribu des Morées)

PLANTES DE MÊME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Artocarpus non seminifer a (Tribu des Artocarpées) . Arbre à painr page 346.

Artocarpus integritolius (Tribu des Artocarpées). Jacquier,, page 515.

Ficus carica (Tribu des Artocarpées). Figuier, page 243.

Historique et généralités. — Ce sont les feuilles du mûrier blanc qui sont surtout utilisées pour la nourriture des

vers à soie : la culture de ce mûrier est donc fort étendue et de date très ancienne; malheureusement, comme nous le disons d’autre part, le Morns alba est fréquemment atteint par le froid dans le Nord et dans l'Est de la France, bien que les poètes l’aient surnommé le « prévoyant » (arbor sapiens ), parce qu’il ne bourgeonne qu’en mai.

Selon eux, le fruit fut d’abord blanc; il changea de couleur après la mort de Pyrame et de Thisbé, qui périrent victimes de leur amour, sous un mûrier où ils s’étaient donné rendez-vous.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Europe. — Le mûrier noir est rustique dans toute la France ; le mûrier blanc résiste moins aux gelées. Le mûrier blanc est désigné par les Anglais sous le nom de U hile mnlbernj.

Asie. — Au Beloutcbistan existent les variétés et races: shah tut, khartut, bedana , siah , pedwain .

Afrique. — Le mûrier est cultivé dans tous les jardins de Tunisie. Il a été introduit à Madagascar.

A. AgR0N03IIE

Botanique. — Genre Morus ; famille des Moracées, Tournef.

Arbres. — Ce sont des arbrisseaux, parfois des arbres à suc laiteux.

Feuilles. — Feuilles alternes dentées entières ou trilobées.

Fleurs. — Fleurs ordinairement monoïques; disposées en épis denses; solitaires à l'aisselle des feuilles. Les males sont allongés en forme de chatons, les femelles sont courtes ou presque globuleuses.

MURIER

Fruit. — Le fruit agrégé est formé par les Heurs femelles ; chaque fruit est entouré du calice (figAOl) devenu charnu; il simule une haie. C’est l’ensemble des fruits ainsi groupés qui constitue la mûre.

Variétés. — Les espèces les plus importantes sont :

Mûrier blanc. — Monts alba , Linné. Ses feuilles sont d'un vert clair; elles sont presque sans poils; leur forme est ovale ou en cœur. Fruits petits, portés par un long pédoncule.

Mûrier noir. — Morus nigra, Linné. Feuilles d’un vert foncé, poilues, rudes au toucher; grandes, ovales ou trilobées.

Les fruits sont plus gros que ceux du mûrier blanc ; le pédoncule est court.

Culture du mûrier. Sol. — Le mûrier n’est pas exigeant ; les terrains de consistance moyenne lui conviennent. Les sols humides lui donnent de la vigueur, mais les feuilles deviennent aqueuses et peuvent donner des maladies aux vers à soie.

Pou rétablissement de mur aies i l e st p ré fér abl e d e c h o i s i r un terrain ayant déjà été cultivé ; on le nettoie à nouveau. Si possible, ce terrain sera sec mais facilement irrigable. Cette observation a surtout son importance pour les pays chauds où l’on peut obtenir des feuilles, presque pendant toute l'année, si l’on a soin d’arroser durant les grandes sécheresses. On s’efforce, en outre, de soustraire les mûraies à Faction des vents desséchants.

Quand on opère en terre vierge, il est préférable de mettre enculture une année avant de planter les mûriers. Le sol ayant été « travaillé » à l’aide des outils indigènes, ou mieux, à la charrue, on l’ensemence avec une légumineuse que l'on enterrera par un labour au moment de la lloraison.

Trouaison. — On profite delà saison sèche pour faire ouvrir des trous de 1 mètre de profondeur sur 0m,80 de côté; ces trous restent ainsi jusqu’au moment de la plantation pour que le sol s’aère; on ne remplit qu’aux premières pluies, donc peu de temps avant de planter. Il est préférable d'utiliser alors de la terre de surface, plus riche et on ajoute à la masse un mélange de cendres, de fumier et de déhris de végétaux.

Espacements. — Si l’on cultive la forme naine, on laisse entre les arbres une distance de2m,50 à 3 mètres en tous sens. Au contraire, si l’on désire de hautes tiges, il faudra distancer de 5 à 6 mètres.

Enfin, s’il est urgent de récolter des feuilles dans les plus brefs délais, on ouvre sur le champ des tranchées de 0m,60 à 0m,70 de profondeur et de 0m,50 à 0m,55 de profondeur.

L’espacement entre les haies est de 1 mètre à lm,50 et sur la ligne, les plants sont distants les uns des autres de 0,u,50 environ. Ces tranchées sont remplies comme pour les trous.

Mise en place. — On attend que la saison des pluies soit bien établie. Les plants viennent de pépinières garnies d'une motte assez volumineuse; on supprime, en outre, des feuilles et les extrémités peu lignifiées des rameaux.

L’arrachage se fait par un temps sombre et pluvieux; on plante de suite. Pour cela, il suffit de ménager une excavation moyenne dans la butte résultant du remplissage des fosses; le plant est enfoncé jusqu’au collet. La terre est ramenée; on l’appuie légèrement contre le collet de l’arbuste.

Si des sécheresses imprévues survenaient, on aurait recours à l’opération du paillage , telle que nous 1 indiquons pour la vanille.

MURIER

Après la mise en place, il est bon de désherber, d entretenir la propreté du sol et de 1 aérer par de légeis labours; puis, on fumera tous les trois ou quatre ans.

Multiplication. — On opère par semis et par bouturage.

Semis. — Les graines sont prises sur des sujets sains, vigoureux et riches en feuilles. Elles doivent provenir,

Fig. 110. — Ruisseau en forêt vierge.

de fruits bien mûrs et on reconnaît que la maturité est suffisante quand les fruits tombent d’eux-mêmes ou après que les branches ont été secouées doucement.

Un jour ou deux après la récolte, les fruitssont écrasés dans un récipient ; on ajoute de beau à la bouillie ainsi produite, on agite, et en abandonnant, les graines, plus lourdes que la pulpe, se déposent au fond du vase.

On décante une première fois pour expulser la plus grande quantité de la pulpe, on répète les additions d'eau et les décantations jusqu’à ce que les graines soient très propres.

Après séchage il reste à conserver en un endroit sec et à l’abri des rongeurs.

Sol pour pépinières. — Il doit être léger, bien ameubli et enrichi de bon terreau. Les mauvaises herbes, racines, pierres, sont retirées.

Le sol ayant été labouré est disposé en planches de lm,20 à lm,30 de largeur; des sentiers de 0m,30 à 0m,40 les séparent. Dans le cas de terrains en pente, les planches sont disposées perpendiculairement au sens de la pente; en outre, dans le cas d’irrigation, les sentiers doivent former rigoles.

On sème, soit en lignes, soit à la volée; dans bien des cas on préfère semer en lignes; on est plus sûr d’une bonne répartition des graines et on peut mieux soigner les jeunes plants.

Les lignes sont tracées dans le sens de la longueur des planches; les rayons sont profonds d’un centimètre environ et on les distance de 10 centimètres. Dès que les semences ont été réparties, on recouvre de terre en rabattant les bords des rigoles à l’aide d une planchette.

On compte que 2 à 3 grammes suftisent par mètre carré.

Si l'on craint l’action du soleil sur les planches, on peut pailler à l’aide d’herbes sèches ou bien encore on répand une mince couche de terreau léger.

Il est nécessaire d’arroser fréquemment, matin et soir, à l’aide d’un arrosoir à pomme line.

Au moment de la germination et pendant les 15 jours qui la suivent, on établit une ombre factice au moyen de grandes feuilles de palmiers ou autres, puis, on accoutume progressivement les plants au soleil. Quand les graines sont d’importation, il faut les utiliser le plus tôt possible.

Repiquage. — Les mûriers desemissont repiqués quand

MURIER

ils ont quatre ou cinq feuilles; on les espace de 15 a 20 centimètres. On peut supprimer le pivot, mais il est indispensable de ménager les racines. Le système radiculaire devient ainsi riche en chevelu et aide beaucoup à la reprise. Userait imprudent de repiquer au grand soleil. Un plantoir ordinaire peut servir; les jeunes plants sont enfoncés. On a soin dechoisir les arbustes les mieux racinés et les plus vigoureux; les sujets faibles sont laissés en pépinière.

Misa en place définitive. — Elle n’est faite que lorsque les arbustes ont atteint de 30 à 40 centimètres.

Bouturage. — On peut bouturer le mûrier à toutes les époques de l'année; mais on choisit, quand on le peut, le repos de la végétation.

Les rameaux-boutures doivent être bien lignifiés et âgés d’une année, environ. Si les extrémités sont incomplètement lignifiées, il convient de rejeter les rameaux, car ces boutures ne s’enracineraient que difficilement et ne donneraient que des plants chétifs.

Les rameaux sont tronçonnés en morceaux de 25 à 30 centimètres de longueur; les coupures doivent être nettes; la section inférieure est pratiquée immédiatement au-dessous et très près du dernier œil ; quant à la section supérieure elle est faite à 1 ou 2 centimètres au-dessus de l’œil terminal; elle est en biseau opposé à cet œil.

Mise en place des boutures. — Elle doit se faire aussitôt après la préparation des boutures. On les enfonce à l'aide d’un plantoir et seuls les deux yeux supérieurs de la bouture restent apparents.

La distance moyenne enlre les boutures est de 20 à 25 centimètres.

Les rameaux sont enterrés légèrement inclinés et la

terre est fortement appuyée sur eux. C’est ce qu’on appelle l’opération du bornage.

On maintient l’humidité sur les planches (qui sont analogues à celles décrites plus haut pour les semis), au moyen d herbes sèches. Les arrosages sont fréquents et abondants.

Si les mauvaises herbes envahissent les planches, on procède à des sarclages.

Mise en place définitive. — Si les boutures sont mises de suite en place, on en dispose 4 ou 5 par pied et après la reprise, on ne laisse que les plus vigoureuses. Les soins culturaux sont les mêmes que dans le cas de l'usage de pépinières. Pour la forme naine on a des feuilles au bout de deux ans; il faut attendre six et meme sept ans pour les hautes tiges.

Cultures intercalaires. — Dans le cas de bonnes terres, on peut procéder à certaines cultures intercalaires durant les premières années.

Disposition en iiaies. — Nous en avons déjà dit quelques mots. Les haies sont rabattues chaque année. On obtient des feuilles dès la deuxième année.

/>. — Industrie et Usages

Feuilles. — Celles du mûrier blanc sont très recherchées pour la nourriture des vers à soie. On sait que l’industrie de la soie naturelle porte le nom de sériculture ou sériciculture. Devant lui consacrer sous peu une monographie complète, nous n'en parlerons pas autrement ici.

Fruits. — Ils se consomment au naturel, mais on en fait aussi de nombreuses et précieuses préparations.

La mure en médecine. — La mûre est un lruit rafraîchissant, de saveur fraîche et agréable, à suc acidulé et

MURIER

légèrement astringent. On l’emploie dans la toux et les

Fig. 111. — Mûrier, rameau et fruits.

Dessin : Dr H. Lenoir.

maux de gorge, en gargarisme. Avec du miel et du gingembre on en fait une pâte pectorale.

Le suc du fruit et des feuilles entre dans la composition d'une pommade pour l'ophtalmie survenant chez les enfants pendant le cours ou à la suite de la variole.

Le liquide de la tige et le suc frais sont également employés en instillations dans la conjonctivite. L'eau de feuilles de mûrier sert au meme usage pour laver les yeux.

Bois. — Les rayons médullaires du bois de mûrier sont fins, mais peu serrés; les vaisseaux sont inégaux. C'est pour ce motif que la première zone interne est poreuse. Tous les vaisseaux sont conjoints par un tissu fibreux à parois épaisses. On aperçoit le parenchyme ligneux autour des vaisseaux. Le bois du mûrier blanc est jaune quand il est frais, mais il brunit en se desséchant. L'aubier se distingue bien du cœur; il est peu épais.

Ce bois convient au charronnage ; il donne de bons échalas et, en outre, des gournables ou chevilles pour les navires. C'est un bois de fente estimé. Si l'on en confectionne des tonneaux, on s'aperçoit quele vin prend bientôt un petit goût rappelant la violette; enfin le bois de mûrier blanc trouve encore des applications en menuiserie, en boissellerie, en ébénisterie et en marqueterie.

Sa densité varie de 0,614 à 0,772.

A noter que la récolte des feuilles pour l'alimentation des vers à soie est cause de perturbation dans la formation du bois : le bois du printemps domine, d'oû augmentation de porosité et diminution de densité.

Le bois du mûrier noir a les mêmes propriétés que celui du mûrier blanc; pourtant il brunit plus vite à l'air, et sa densité, à l'état sec, varie de 0,672 à 0,820.

Enfin le bois du mûrier rouged’Amérique est identique à celui du mûrier noir.

OLIVIER

Olivier

O/ea europæa Famille des Oléacées

Historique et généralités. — Nous ne donnons pas ici une monographie complète de Y Arbre de Minerve; elle paraîtra dans les Plantes oléagineuses. Si nous en traçons dès maintenant un résumé, c'est à cause de l'usage, de plus en plus répandu, que l'on fait en Europe et en Amérique, de l'olive comme fruit de table et aussi par suite de l'emploi si répandu de Yhiiile d'olive.

L'olivier, qui est originaire de la Syrie, a dû être importé d'Asie en Afrique par les Phéniciens; pourtant l’extension de sa culture ne date que des Romains. Columelle La nommé le premier de tous les arbres : Ole a prima omnium arborum.

Chabat écrivait qu'à cette époque tout le centre de la Tunisie, el Khadra , « la verte », n’était qu'une forêt d'arbres fruitiers avec cent mille villes.

Er Reschati ajoutait que la région comprise entre El Djem et Stax avait été appelée Sahel, non pas dans le sens réel du mot, qui signifie côte , mais à cause de la teinte sombre résultant de la prodigieuse quantité d’arbres fruitiers et de vignes.

En Tunisie, la destruction des arbres fruitiers commença vers 693, lors de la sixième invasion arabe.

Néanmoins le Sahel et la région de Gafsa à Kairouan restèrent prospères jusqu’au xxe siècle, époque de l’invasion des Bédouins.

Voir ce que nous disons, page 278.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Europe. — France. — Plusieurs variétés d’olives sont cultivées dans le midi de la France et en Corse. Qui ne connaît 1 huile d' olive , et 1 olive à la picholine de Provence ? Dans les Bouches-du-Rhône : environs d’Arles, sur les

côtes de l’étang de Berre et dans toute la Provence, existent des variétés d'oliviers fameuses, appelées islres ou martigaou ; ce sont elles qui produisent la saurine ou picholine. Dans le Languedoc, on cultive la verdale ; dans les Basses- Alpes, la lucques ; dans l’Aude, Yolivière; dans la région de Marseille, la royale ; à Aix, X amelaou ; dans l’Hérault, le houteillan ;à citer encore : le Manque lier , Y amelaou rose, Y olivier d' Entrecasteaux, etc., etc.

L’olivier délimite une des régions climatériques d’Europe dont la caractéristique est que la température hivernale ne descend pas au-dessous de — 8°; il n'y a pas non plus de printemps secs ni d'étés de grande sécheresse.

L’olivier des Alpes maritimes est différent de celui du Languedoc et de la Provence ; cet arbre est dans toute sa splendeur dans ce merveilleux coin de terre formé par l'arrondissement de Grasse et l’ancien comté de Nice.

Dans 1 es Alpes Maritimes, l'olivier s’étend sur plus de 20.000 hectares, et il y donne un revenu net et annuel évalué à plus de 8 millions de francs.

Pour l’énumération des variétés françaises, voir encore page 280.

Italie. — On voit de grandes plantations d’oliviers en Italie; parmi les principales variétés d’olives, il convient de citer : la Grosse Espagne , de Naples , etc. L’olivier est développé principalement sur le littoral ligurien.

Espagne. — On y prépare en grand Y olive verte ou de

OLIVIER

Dressée par Paul Hubert.

table, les variétés les plus appréciées à cet effet sont : la Gordale de Séville et la Monzanilla. Les exportations se

font vers les Etats-Unis.

Grèce. — Les cultivateurs s’occupent surtout de variétés donnant le fruit de table.

Asie. — Syrie. — C’est le pays d’origine de l’olivier ; les olives de conserve de la Turquie d’Asie sont très renommées.

Afrique. — Tunisie. — D’après Salluste, qui vivait dans le siècle ayant précédé notre ère, on pouvait se rendre de Kairouan à Gafsa sans quitter l’ombre des oliviers. La Tunisie a donc toujours été la terre classique de cet arbre; c’est le pays oléicole par excellence.

De nos jours, la culture de l’olivier occupe de vastes surfaces s’étendant le long de la côte est; l’ensemble représente une superficie de J .500.000 hectares. Au point de vue de la culture de l’olivier, la Tunisie peut être divisée en quatre régions distinctes par : la densité des plantations, la taille des arbres, les soins culturaux et les variétés de fruits.

Ces régions sont : celle du Nord (fig. 108); celle du centre au Sahel; celle de Sfax et celle de l’Extrême-Sud.

Région du Nord. — Dans le Nord tunisien, les olivettes forment des groupements distincts ayant parfois l’aspect de foret. Il y a là près de quatre millions de sujets, donc le tiers des plantations de Tunisie. Les olivaies y sont soignées.

Région du centre ou Sahel. — Dans cette région l’olivier forme une sorte de forêt d'une longueur d’une dizaine de lieues sur trois à quatre de largeur : olivettes de Sousse, Monastir, Djemmal, Malidia. Le nombre de pieds est de quatre millions et demi. Les plantations sont l’objet des soins culturaux les plus minutieux.

OLIVIER

Région de S fax. — C’est dans cette région qu'on a le plus mis d’olivettes, ces temps derniers. Dès 1901, il y avait 200.000 hectares complantés. Les cultures y sont très soignées.

Région de F Extrême-Sud. — L'olivier se trouve par groupes détachés. On y compte environ un million de pieds. C'est à Djerba que se voient les arbres les plus vieux; certains ont leur histoire.

En résumé, la Tunisie possède plus de douze millions d'oliviers, dont huit millions sont imposés.

Les Français peuvent être fiers de ces résultats, car ce n'est que depuis l'occupation française que l’olivier a été remis en honneur, tout comme au temps des Romains. C’est ce qui fit dire à E. Violard : « Qu’en Tunisie, la principale politique doit être une politique hydraulique »... la question de l’olivier devant être la première des préoccupations des politiciens.. . Oui, mais...!?

En outre des grands « travaux d’irrigation », est intervenu l’art de la « taille », dont les Arabes n’avaient aucune idée; on a pu de cette façon rajeunir les anciennes plantations.

En résumé, les caïdats les plus intéressants au point de vue des olivettes sont les suivants, par ordre d’importance :

S fax

Cap Bon

Sousse

Mahedia

Mo n as tir

Djemmal

Banlieue

Bizerte

Tebourba

Ouerghemma

K ai rouan

Cafsa •

Les principales variétés d’oliviers que l'on rencontre en Tunisie peuvent se résumer de la façon suivante :

Le Chetoni , qui forme les deux tiers des olivettes du nord, c’est-à-dire des régions de Tunis, Soliman, Tebourba, Grombalia, Bizerte, etc. D’après M. Degrully, cette variété serait peut-être le roumis de Teboursvick et le sailleris de France .

Le Chcmlali dé S fax; il est très commun dans tout le Sahel et dans la région de Sfax où il forme les quatre cinquièmes des olivettes. On croit pouvoir rapporter cette variété au Zehnati de Djerba et au blanqaetier de Provence.

Le Chaibi , commun à Bizerte et à Soliman.

Le Chemlali de Tunis , qui n'a rien de commun avec le Chemlali de Sfax. Il est assez abondant dans les forêts de Tunis.

Toutes ces variétés sont à novaux lisses; or, certains spécialistes prétendent que les fruits à noyaux lisses sont toujours supérieurs à ceux à noyaux rugueux, qui présentent, en outre, des sillons profonds, une peau épaisse et une chair coriace.

La Tunisie exporte annuellement plus de 10 millions de kilogrammes d’huile d’olive.

D'après M. Marzac, voici quelles sont les meilleures variétés d'olives de Tunis pour l’industrie des olives vertes :

1° Le Bidh-el-Hamam ou œuf de pigeon , à gros fruits ovoïdes, qu’on récolte vers le 15 septembre. Cette variété est abondante dans l’Aricina et le Mornag. C’est peutêtre la Gordale de Séville.

2° Le Barouni de Sousse, des olivettes du Sahel est commun à Kalaa-Srira ; récolte lin septembre , grosse olive ovoïde, surtout recherchée pour son volume.

OLÏYIEH

Fig, U3. — Port avec jetées et materiel de ciiargemeiu.

3° Le fjacouti , des environs de Tunis : fruits ovoïdes avec une pointe légèrement recourbée.

Le me ski , qui se présente sous diverses formes, à Tunis, Soliman, Zagouan, etc.; les fruits sont gros, globuleux et fréquemment géminés. Cetle variété remplace avantageusement la Manzanilla d’Espagne.

L’industrie des conserves d'olives est à développer en Tunisie.

Algérie. — Diodore de Sicile signalait déjà l’olivier en Algérie, 300 ans avant l’ère chrétienne, lors de l’expédition d’Agathocle, tyran de Syracuse (36i-289 av. J. -G.).

De nos jours, l'olivier pousse à l'état spontané dans bien des forets d’Algérie, et, rien que dans les zones soumises au régime forestier, on compte plus d'un demimillion de pieds sauvages, nommés Zebondj par les Arabes. Ces Zebondj peuvent être des oléastres , c'est-à-dire des oliviers n’ayant jamais été cultivés ou des arbres cultivés revenus à l’état sauvage.

L’habitat de l'olivier s’étend du littoral à une ligne imaginaire et à peu près parallèle à la côte, qui passerait à environ 100 kilomètres dans l'intérieur; toutefois l'altitude ne doit pas dépasser de 703 à 800 mètres.

Département d'Oran. — L'olivier donne de beaux résultats dans les vallées, depuis la mer jusqu’aux steppes.

Les principales olivettes sont à Tlemcen, Saf-Saf, Bria, Mostaganem, Saint-Denis-du-Sig, etc. L’arbre de Saint- Denis-du-Sig est très commun et donne abondamment une huile de qualité.

Département de Constantine. — Dans ce département, ce sont les vallées alluviales qui conviennent le mieux aux oliviers : arrondissement de Bougie, vallée de la Sey- J bouse, Guelma, de Philippe ville à El Kantour, ,îemmapes, etc.

OLIVIER

Département d Alger . — La Kabylie est la vraie zone de culture de l’olivier. Plus de cinq millions de ces arbresy présentent une magnifique végétation.

il faut citer :

Le Chemlal , rappelant le Chemlali de S fax, le B/anguetier de France, le C aille t blanc, le Scmni de Sousse et le chemlali de Tebourba. Les fruits changent de couleur; ils sont d’abord blancs, puis rouges et enfin violets. L’huile est fine, pâle et pauvre en corps gras concrets.

h'Azeradj, variété plus petite que le chemlal, fruit noir à riiaturité, huile de bonne qualité, bien que grasse, étant donné sa richesse en corps concrets.

Le Limli encore nommé limi, rappelle le Bouteillan de l'Hérault; l’huile est grasse.

La Petite Abcrkan , rappelle le meski de Tunisie et X Amellaou rose, de France.

L’ Olivier de F Oued Amizour ; il est voisin du Cagou ou Caïanne ou olivier cF Entrecaste aux de Marseille et du regragki ou Djerbouaï de Tunisie.

La culture de l’olivier laisse assez souventà désirer en Algérie ; les colons pratiquent bien la taille, mais les indigènes la négligent trop souvent: quant aux Kabyles, ils se contentent de rabattre les arbres avec leurs hachettes; ils se donnent cette peine tous les cinq ou six ans !

Pour étendre les plantations, on greffe des oliviers sauvages qui sont coupés au ras du sol, on greffe en couronne sur le tronc. La multiplication par éclats, si pratiquée en Tunisie, est presque inconnue en Algérie. En outre du greffage des vieux arbres, on a aussi recours au bouturage de branches vigoureuses et à la plantation des drageons.

Les olives de table sont récoltées en octobre, les fruits à huile le sont un peu plus tard. Comme en Tunisie, l’industrie des olives vertes est à développer. Actuellement les olivaies occupent environ 70.000 hectares, et on peut évaluer le nombre des arbres greffés à environ 4.500.000. Les exportations d’huile algérienne sont annuellement d’environ 4.500.000 francs. Nous parlons plus loin de l’industrie del’olive en général. Disons seulement ici que les Kabyles ne travaillent pas toujours l’olive fraîche, ils la conservent parfois pendant plusieurs mois avant d’en extraire l'huile ; aussi le produit rance obtenu ne peut-il être exporté, il n'est apprécié qu'au pays de production.

La Réunion. — Dans cette île existent des bois d’oliviers, O/eu lunceci et Olea chrt/sophylla.

Amérique. — La Californie est le seul Etat de l’Union qui produise commercialement des olives et de l’huile d’olives.

La production normale et annuelle est de 350.000 gallons, soit 1.591.100 litres d’huile ; 150.000 gallons d’olives au vinaigre : olives noires ou vertes.

A. — Agronomie

Botanique. — Olea européen , Linné : famille des oléu-

cées.

Arbre. — Il atteint parfois de grandes dimensions. Qui n’a entendu parler des oliviers géants de Beaulieu, de Nice, du cap Martin, dont la hauteur est de 12àl5 mètres et dont la circonférence, au tronc, est de 4 à 5 mètres ? Le tronc est noueux, l’écorce de couleur cendrée

Feuilles. — Elles sont fermes, vert grisâtre en dessus,

OLIVIER

blanches en dessous; elles persistent un peu plus de

Fig. 114. — Fruits de l'olivier.

deux ans sur les rameaux. Elles rappellent celles du saule

Fleurs. — Blanches, petites, en grappes. Evasées dans le haut, se rétrécissent par le has en manière de tuhe.

Fruits. — Ils sont noirs, lisses, à noyau aigu, osseux: ils apparaissent sur le hois de l’année précédente et ne viennent jamais deux fois sur le même rameau.

L’olive est une drupe contenant de l’huile dans toutes ses parties : épiderme, pulpe, noyau, amande: l’huile s'y trouve en proportions variables. Certaines olives en contiennent jusqu'à 70 0/0, mais il faut ramener lamoyenne à 50 et même à 40 0/0..

Variétés. — On compte environ quatre-vingts variétés d'oliviers, dont une douzaine très intéressante.

En Tunisie, la direction de l’agriculture a classé quarante variétés, tant d'olives de conserve que d’olives à huile.

Nous avons précédemment donné les principales variétés d’oliviers pour l’Algérie et la Tunisie; en voici quelques autres pour la France : Cailletier, Noustral et Pendoulier , que les Italiens dénomment Auriola , Gentille et Tagliasco; ces arbres à rameaux pendants préfèrent les terrains secs. L’huile est de tout premier choix et sans goût de fruit; la parfumerie en emploie de grandes quantités. Principaux centres de culture : Menton, Nice, Ligurie.

Blanquetier : cet arbre craint le froid; il s’accommode du bord de la mer; son centre d’exploitation est Antibes; la récolte se fait en décembre-janvier; l’huile blanche est estimée.

Fignole: les fruits sont petits, abondants et à maturité tardive.

Arabanier ou araban : les fruits arrondis sont à pulpe grossière ; pour que l’huile soit bonne, il laut qu elle soit faite avant complète maturité des olives.

OLIVIER

Blavier : la pulpe est grossière, et peu line.

huile colorée, grasse

Espagnole : fruits volumineux, bons pour les conserves ; huile de qualité médiocre.

Militaires laboureurs

Cagou d' Aix : l’arbre peu élevé est cultivé dans le Var et dans les Bouches-du-Rhône, l’huile est fine, mais fruitée .

Variétés de Marseille. — Amelan ou Avélanette , Ribier , Verdale , Lacques , Rapugnier ou Bouqaetier , etc.

Mourette ou Négrette, commune à Aix, etc.

Habitat. — Sol. — Altitude. — L’olivier préfère les terres sablonneuses avec sous-sol pierreux ; les terres argileuses lui conviennent peu. Pour un rendement abondant, il est nécessaire que le sol soit riche en carbonates de potasse, de chaux et de magnésie.

La végétation est lente, mais l'arbre est robuste et repousse vigoureusement de souche.

Les sols secs et légers lui sont favorables; une exposition chaude est indispensable.

De façon générale on peut dire que l'olivier végète normalement jusqu’à 50 kilomètres du littoral, si le relief du sol le permet, et que l’altitude ne doit pas aller au delà de 400 à 500 mètres ; pourtant, en quelques points privilégiés d'Algérie, l’altitude peut atteindre 800 mètres.

L'olivier endure des froids de — 8° centigrades; il ne faut pas que la saison se prolonge.

Reproduction. — On multiplie par graines, par boutures, par marcottage, par rejetons et par la greffe.

Semis. — 11 ne faut employer que des olives bien mures; les noyaux sont séparés de la pulpe et on les strati lie en automne ou en hiver pour les utiliser au printemps.

On compte sur une année presque entière pour une germination complète et générale; il est vrai que certains planteurs n’hésitent pas à briser adroitement les noyaux afin de faciliter la sortie du germe; mais il est indispen sable de prendre de grandes précautions.

OLIVIER

On a remarqué que les olives mangées par les oiseaux et rejetéesavec les excréments sont de germination moins longue.

Par les semis, on obtient des arbres à racines pivotantes, abondantes et rustiques ; ils ne commencent à fructifier que vers l’âge de dix ans.

Les sauvageons provenant de semis sont élevés en pépinières et sont greffés après un séjour de trois à quatre ans.

Boutures. — On utilise des branches moyennes ; on les plante en pépinière ou sur place; dans ce dernier cas, le terrain doit être frais.

Marcottage. — Parfois on reproduit par marcottage, par cépée ou en butte, mais ces opérations sont d’une pratique moins commune que les autres.

Rejetons. — Ils sont pris autour de l’arbre et plantés en pépinière, puis greffés; il en est de même des plants d'oliviers sauvages appelés olivastres. On préfère bien souvent les olivastres aux sauvageons issus du semis en

pépinière; plus les rejetons sont éloignés du tronc, plus

on leur accorde de valeur.

Gkeffage. — L’olivier, grâce à la greffe, peut se perpétuer sur le même tronc, par le greffage de ses rejetons ; d’autre part nous avons dit que la greffe est utilisée pour les sauvageons provenant de semis; pour les olivastres, les rejetons, etc. L’opération de la greffe est donc de grande importance dans les olivaies.

Les greffes préconisées sont celles en écusson , quand les plants ont environ 2 centimètres de diamètre, et la greffe en flûte pour des sujets plus forts. On exécute à œil poussant en avril-mai. Enfin, on a recours à la greffe en cou-

ronne, pendant l’automne, pour de gros arbres; ce dernier mode est coûteux; il est surtout employé en Algérie.

Espacement des pieds. — En Tunisie, dans la région du Nord, les arbres sont plantés à quelques mètres de distance les uns des autres ; on en compte de 150 à 200 à l’hectare. Ils sont trop rapprochés.

Dans la région du centre, on met 70 oliviers à l’hectare.

Quant aux plantations plus récentes, on préfère espacer à 21 mètres, ce qui donne 17 arbres à l’hectare ; toutefois, dans le Sahel, les écartements sont de 15 mètres, et dans le nord de la Tunisie, on préconise maintenant des intervalles de 10 à 12 mètres.

Taille. — C’est la pratique culturale la plus indispensable à l'olivier.

L'arbre abandonné à lui-même se dégarnit par la base tandis qu’il s’élève; son sommet devient touffu, l’air et la lumière n'y pénètrent plus : les maladies cryptogamiques y prennent naissance, tandis que les insectes s’y multiplient, les fruits deviennent petits et de médiocre qualité.

Un olivier taillé régulièrement tous les deux ans donne une récolte abondante, par meme période. Quand on procède à la taille, il ne faut pas oublier que l’olivier ne fleurit que sur le bois de l’année précédente. On pratique la taille en hiver ou au début du printemps; il faut d’habiles spécialistes qui opèrent à la scie.

Des oléiculteurs ne taillent que tous les quatre ans, ce qui leur donne trois récoltes sur quatre ; toutefois la taille bisannuelle a l’immense avantage de supprimer, une année sur deux, le développement du Dacus oleæ. Si l’on taille tous les quatre ans, on ne fume également que tous les quatre ans et toujours aussitôt la taille finie.

La forme généralement adoptée est celle du gobelet , qui permet à l’air, à la lumière, à la chaleur de circuler tout en facilitant la cueillette à la main.

OLIVIER

Entretien. — On ne saurait trop recommander les labourages eï les binages . Les oléiculteurs de Sfax labourent leur terrain cinq fois par an, du mois d octobre au mois de mai, deux fois avecla charrue ettroisfois avecla/w^Vz-

Fig. 116. — Type de vieux moulins à olives.

cha , instrument se composant d’une grande lame emmanchée horizontalement comme une rosette, à la place du soc de la charrue et qui coupe les mauvaises herbes à 2 centimètres en terre. La mâacha est surtout utilisée quelques jours après la pluie. On peut encore employer les houes à cheval. En hiver il est procédé au buttage des

pieds, de façon à protéger les racines an ras du sol : les buttes sont enlevées au printemps.

Enfin, quand cela est possible, on multiplie les arrosages de manière à éviter la coulure et à forcer, en quelque sorte, la production.

Il faut rechercher l’olive grosse pour les greffages, mais éliminer rigoureusement la Besbassi. Cette olive est commune, à chair rugueuse, au noyau à sillons profonds. De plus, à la préparation, la chair roussit autour du noyau, sans doute par la composition chimique de ce dernier, qui ne s’assimile pas à l’action de la lessive de cuisson.

Les qualités à recommander aux oléiculteurs sont : la Bidh-El-H amham Barouni , la plus grosse espèce intéressante pour l'industrie par son volume. Entin, la Zarazi, grosse olive de l’espèce Meski. Excellente, d’une finesse et d’un goût remarquables, mais inconnue des Américains. Elle trouvera toujours, par sa supériorité, un bon débouché en Europe et môme en Amérique, quand elle y sera connue.

Floraison. — Pour la Tunisie, elle se produit en avril et mai ; la maturation commence en octobre et la cueillette se prolonge jusqu’en janvier. Une bonne durée moyenne de floraison est de soixante jours.

Fructification. — En Tunisie, les arbres commencent à rapporter vers la dixième année et, à vingt ans, ils sont en pleine vigueur. On a calculé que des pieds donnant 20 litres d’olives à huit ans peuvent être d’un rendement de 40 litres à dix ans, de 60 litres à 15 ans et de 80 litres à vingt ans, ce qui correspond à environ 20 litres d huile.

On sait qu’il y a en moyenne une récolte forte sur trois, la deuxième étant médiocre et la troisième mau-

vaise.

OLIVIER

Les fruits demandent de cinq à six mois pour parvenir à leur entière maturité. En France, la récolte se fait de novembre à avril.

Cueillette. — Il convient de ne pas dépasser la maturité des olives : car la quantité d'huile diminue vite et

les fruits trop murs donnent une huile de qualité inférieure. Pour faire tomber les olives, on se sert de gaules, ou encore on opère d’après le procédé kabyle qui consiste à les traire : on tient une branche dans la main gauche tandis que la main droite glisse de haut en bas le long de la dite branche, détachant un à un tous les fruits. Il est préférable de traire que de gauler.

A Sfax, les cueilleurs/jczV/y/c/// les olives en armant leurs doigts de cornes de moutons.

line fois récoltées les olives sont conservées en tas dans des pièces grandes et aérées ou portées de suite au moulin. Voir page 313.

Rendement. — Le rendement varie selon les pays, les soins culturaux, les conditions climatériques, etc.

Dans la région de Sfax, on obtient dans l’année de fructification, donc tous les deux ans :

A 10 ans, 4 décalilres d’olives, à 15 0/0 de rendement

ou 6 litres d'huile.

A 15 ans, 6 décalitres d’olives, à 20 0/0 de rendement

ou 12 litres d’huile.

A 20 ans, 8 décalitres d’olives, à 25 0/0 de rendement

ou 20 litres d’huile.

11 y a mieux, et bien des oliviers de vingt ans donnent jusqu'à 32 décalitres d’olives.

En 1898, année de grand rapport en Tunisie, des oliviers ont rapporté jusqu'à 20 francs par arbre. Pour d'autres pays, le rendement moyen d’un olivier oscille entre 3 et 6 Irancs.

On a calculé que dans certaines communes de l'Hérault, le produit brut annuel d’un hectare d’oliviers s’élève à 000 parfois môme à 700 francs. Tandis que les frais de culture : trois à quatre labours, deux à trois piochages des pieds, taille, fumure bisannuelle, cueillette, etc., ne dépassent pas 300 francs.

On peut donc compter sur un revenu annuel et moyen à l’hectare de 300 à 350 francs.

En grande Kabylie, on estime qu’en récolte moyenne chaque pied, dans les bonnes années, donne de 16 à 20 décalitres ; mais on a vu des pieds rapporter exceptionnellement jusqu’à 180 doubles décalitres.

Dans la région de Bougie, on estime qu’une plantation de 100 arbres à l’hectare peut produire, par arbre, environs 30 litres d’huile.

Toutefois le rendement en huile est également très variable : à Saint-Denis-du-Sig (Algérie), on compte que

OLIVIER

100 kilogrammes d’olives donnent assez uniformément 18 litres d’huile, tandis que dans le Sahel et dans le Mitidja on n obtient que 14 litres d’huile.

M. Minangoin dit que dans les environs de Tunis, la moyenne du rendement par arbre varie de 0 fr. 50 à 1 franc. Dans le Sahel, on compte de 5 à 6 francs; à Sfax, on annonce pour un sujet de vingt-cinq ans un rendement annuel de 15 à 16 francs.

De son côté, M. Bertainchand a donné les analyses suivantes d'olives tunisiennes, quant à leur rendement en huile.

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