‹ Fruits des pays chaudsChapitre 49 sur 152 · ÉTAT A · texte numérisé non relu

ÉTAT A

Ghetoui

limpide

Chemlali de Sfax . . .

solide

Chemlali du Sahel . .

limpide

Chemlali de Gafsa. .

légère solidifie.

M. Bertainchand a encore donné le tableau suivant pour les olives de Tunisie, pour les rendements eu huile en partant de 100 parties de marc.

Olives du Nord, Tunis, Zaghouan, Tebourba 24 à 39

Olives du Sahel, Monastir, Kalaa, Srira 28 à 41

Olives de Sfax 32

Olives de Gafsa 23 à 33

Olives du Sud, Gabès, Djerba, Zarzis 22 à 49

Fumure. — Voici, d’après M. Bertainchand, les quantités d éléments fertilisants enlevés au sol par une récolte de 150 oliviers à l’hectare :

Azote

Potasse

Acide phosphorique

Or, étant donné que les grignons alimentent les fours des moulins, que les feuilles et brindillessont utilisées à la terme et que les rameaux de la taille servent de combustible, il s’ensuit que rien n’est rendu au sol qui ne peut manquer de s’appauvrir rapidement. Il est donc essentiel de recourir aux engrais minéraux et organiques.

Les premiers fourniront la potasse et l’acide phosphorique ; les autres donneront l’azote.

Pour les engrais organiques, M. Bertainchaud conseille les engrais à décomposition lente, tels que tourteaux, chiffons de laine, grignons d’olives, etc.

Les grignons sont près de trois fois plus riches en azote que le fumier de ferme.

Si l'on en met 2.500 kilogrammes à l’hectare chaque année, on donnera à la terre : 28ks,7 d’azote, 20kff,75 de potasse et 4kgr,25 d’acide phosphorique.

A défaut de grignons, on emploieraavec succès le fumier de mouton additionné de phosphates pulvérisés.

Les engrais organiques à décomposition lente seront enterrés à 30 ou 40 centimètres en automne; les engrais très solubles seront mis en couverture au début du printemps.

On applique la fumure l’année qui précède celle de production et immédiatement après la taille.

Les engrais calcaires, eux aussi, exercent une heureuse action sur l’olivier; après chaulage , les oliviers chétifs reprennent toute leur vigueur; pourtant le chaulage n’est rien à côté du plâtrage ; dans ce dernier cas, 5 kilogrammes suffisent pour des plantes adultes de faibles dimensions; 10 kilogrammes sont nécessaires pour des oliviers en plein rapport et à grand développement ligneux. Le plâtrage ne se fait que tous les cinq ans, et la dépense s’élève à environ 25 centimes par pied.

OLIVIER

En Californie on se sert des proportions suivantes pendant les premières années d’établissement des olivaies :

Azote 40/0

Potasse 6 0/0

Acide phosphorique 4 0/0

On met 0kër, 680 grammes par arbre.

En Espagne, M. Barcia, de Madrid, préconise la formule ci-dessous pour les oliviers en pleine végétation :

Sulfate de potasse ou chlorure de potassium. . . 0k°,5 à 0k«',8

Sulfate d’ammoniaque 0 ,5 à 1

Scories Thomas ou superphosphate 1 à 2 ,5

Tourteaux oléagineux (5 à 6 0/0 d’azote) 1 ,5 à 3

Dorée. — L'olivier croit lentement, mais quand il arrive à un certain Age il pousse avec vigueur. Quand l’arbre est dans son habitat, il peut devenir plusieurs fois séculaire.

Ennemis et maladies. — Il existe deux maladies principales : la tuberculose et la fumagine ou noir. La tuberculose est contagieuse mais peu répandue.

Champignons. — La fumagine ou noir ou morfée est une maladie de peau qui s'annonce par des taches noirâtres sur l'écorce et sur les feuilles; les fonctions vitales de l'arbre sont gênées et l'arbre dépérit : les feuilles se sèchent, brunissent et tombent; cetle maladie encore appelée morfea en Ligurie, cl menu et el Djaiah en Algérie, est le produit d'un champignon de la famille des Mucédinées : Fumagos vagans , forme conidiale d’une Pé riosporiacée , le Capmodium salicimnn.

Insectes. — Parmi les insectes qui attaquent l’olivier, il en est une demi-douzaine qu’on a parfaitement définis. Les uns, sorte de mouches, s’en prennent aux fruits;

d’autres, comme la cochenille, attaquent directement l’arbre.

Mouche de /’ olivier. — Dacus oleæ , connue dans le sud de la France sous le nom de keiroun et en Italie sous celui de Mosca olearia. Les Arabes du nord l’appellent fertatcitou et ceux du sud debana. On la dit encore ver de ï olive.

En Italie et en France, elle a souvent anéanti toute la récolte. En Tunisie, elle a fait plusieurs apparitions; mais c'est surtout en 1907 que ses ravages ont été les plus considérables. Dans le sud, à Sfax, dans le Sahel, les deux tiers de la récolte ont élé détruits.

La mouche éclot généralement au mois de juin; pendant une dizaine de jours, elle se nourrit du nectar des Heurs et des matières sucrées, produites sur les feuilles de l’olivier par les piqûres des insectes et en particulier par les cochenilles. Au bout de ce temps, elle s'accouple et pond ses œufs. Elle recherche pour cela les olives les plus tendres, à peau mince; elle les trouve dans les endroits frais, bien exposés, sur le bord ou dans le voisinage de la mer; elle préfère dans ce but les olives de table, qui sont toujours avancées. Si l'année est sèche, les olives restent dures, se rident; elle ne peut y enfoncer sa taricie ou, si elle l’enfonce, elle ne peut faire pénétrer son œuf, et une nouvelle génération est ainsi évitée.

La taricie laisse dans l’olive une empreinte bien marquée ; c’est un petit trou allongé prenant au bout de quelques heures une couleur brunâtre. Sous ce trou s’ouvre une galerie à l’extrémité de laquelle est une alvéole qui contient l’œuf. Celui-ci est blanchâtre, très petit, trois quarts de millimètre à peine.

Au bout de deux ou trois jours l’œuf éclôt et donne naissance à une larve de même couleur qui a 7 à 8 milli-

OLIVIER

mètres de longueur et dont le corps présente 14 anneaux. C’est cette larve qui cause tous les ravages; elle mange la pulpe, mais surtout la détériore ; l'olive se ride, moisit et finit par tomber, surtout lorsque approche la maturité.

Fig. 118. — Ilall d'expéditions.

Pendant les fortes invasions, la chute des fruits peut s'élèvera 75 0/0; ces fruits donnent peu d’huile et encore est-elle de mauvaise qualité.

Au commencement delà saison, pendant que les fruits sont encore verts, les larves se transforment en chrysalides dans les fruits mêmes; à cet effet elles se rapprochent de l'épiderme du fruit et enlèvent toute la pulpe^qui y

est adhérente ; l’épiderme sèche, éclate et laisse sortir la mouche lorsque le moment est venu. Quand les fruits sont plus avancés, que la pulpe devient plus liquide, la larve ne reste pas dans le fruit, elle perce la pellicule et se laisse tomber soit à terre où elle s'enfonce à une profondeur variable de 1 à 5 centimètres, suivant la nature du sol, soit sur les branches ou le tronc.

La larve ne se transforme en nymphe qu’au bout de douze à quinze jours, suivant la température.

La nymphe ressemble à un petit tonnelet; elle est ovale, jaunâtre, a 5 à 6 millimètres de longueur; elle dure dix à douze jours pendant l’été, mais, à l’arrivée des froids, elle existe six mois au moins, c’est-à-dire que l'éclosion n'a plus lieu qu’au printemps suivant.

Le temps nécessaire aux diverses transformations du dacus peut donc s’énoncer ainsi :

De l’éclosion à la ponte 8 à 10 jours

De la ponte à la formation de la larve 2 à 3

État de la larve 12 à 15

Nympliore 10 à 12

32 à 40 jours

Pendant toute la durée de la végétation de l’olivier, il peut y avoir une génération tous les quarante jours, donc quatre, cinq et même six par an si l’hiver reste doux.

Une mouche ne dépose qu’un œuf dans chaque olive, mais comme elle en a une centaine en réserve, c’est cent olives qui peuvent être contaminées. En admettant que cinquante œufs seulement donnent des femelles, au bout de quatre générations on arrive à la production énorme de six millions de femelles par une seule mouche.

OLIVIER

Teiqnc de l'olivier. — Ou chenille mineuse, Tinea o/eæl/a ou Prays oleæ. Ce lépidoptère a élé étudié par les auteurs anciens, notamment par I héophraste.

D’après l’entomologiste italien F. Silvestri, c’est le naturaliste napolitain, Achille Costa qui, en 1857, observa, le premier, le cycle complet de la vie de la chenille mineuse, et révéla l’existence d’une génération de printemps, particulièrement préjudiciable à la tloraison, alors que, jusqu’à lui, deux générations seulement avaient été décrites. Les études de Costa paraissent avoir été ignorées par la plupart des auteurs qui se sont occupés des parasites de l’olivier.

11 convient de rappeler que M. Dollonne, de Puget- Yille, attira, en 1897, l'attention de la Société d’ Agriculture de Draguignan sur les dégâts importants provoqués, dans ses oliviers, au moment de la iloraison, par une chenille que M. Giard, professeur à la Sorbonne, reconnut être le Prays oleæ.

La chenille mineuse, comme tous les papillons, subit des métamorphoses complètes.

De l'œuf naît une larve; la larve adulte file un léger cocon dans lequel elle se transforme en chrysalide. L'insecte parfait qui sort de celle-ci est un petit papillon comparable à celui des mites, terreur des ménagères.

L'œuf est petit (un demi-millimètre dans sa plus grande dimension) , lenticulaire , blanc à la ponte, jaunâtre vers sa maturité.

La larve, de forme cylindrique, porte des poils fins disséminés sur tout le corps. La couleur est variable, passant des différentes nuances du vert à l’isabelle plus ou moins clair. Deux bandes longitudinales, légèrement rougeâtres, courent sur le dos. Les dimensions sont

réduites (7 à 8 millimètres de long, lmm,5 de large, au maximum).

La chrysalide, jaunâtre au début, de teinte sombre ensuite, est enfermée dans un cocon tissé de soies fines et peu serrées.

Le papillon est long de 6 millimètreset large d’un centimètre, à ailes déployées; ses ailes supérieures, de couleur gris de 1er ou argentée, sont pointillées de noir et frangées dans le bas. Les ailes inférieures sont uniformément grises. Le jour, il reste immobile, abrité sous les feuilles ou dans les anfractuosités de l’écorce. La nuit, on le voit voltiger autour des oliviers. Comme tous les papillons nocturnes, il est attiré par la lumière.

A citer encore :

Le Ver /ioir ou Bar ban et le Neiroan , de nombreux Kermès ou cochenilles, Lecanium olcæ , qui sécrètent un liquide sucré et visqueux, le miellat ; des oiseaux tels que : gros bec, bec croisé, merle, grive, etc. Les fourmis, des tinéides, etc.

Remèdes. — Pour combattre la cochenille ou Kermès, on enlève les galles; puis, après les avoir brossées, -on les nettoie à l’aide d’un pinceau imprégné de vinaigre.

S’il s'agit du noir , on taille énergiquement les arbres malades et on aère l'intérieur; des aspersions d'eau de chaux et d'eau de soude sont alors pratiquées.

Les branches élaguées sont brûlées sur place.

Le ver noir, Thrips oleæ Costa, est avantageusement combattu par des tailles sévères des arbres atteints et des aspersions au lait de chaux.

Le Neiroan ou Pklœotrihus oleæ, encore connu sous les noms de Babarotte, Courcoussoan chez nous, et de Pimteruolo del l'oliva, en Ligurie; on émonde les oliviers et on brûle de suite les ramilles.

OLIVIER

Cultures intercalaires. — Elles ne doivent être pratiquées que jusque vers la sixième année de la plantation. A ce moment, le terrain doit être cédé exclusivement aux oliviers.

Comme cultures intercalaires, on a ordinairement recours à celles des fèves, de Forge, etc.

Devis d’exploitation. — Nous partirons d’un contrat de mrharça , tel que cela se pratique en Tunisie. Un pareil contrat lie patrons et ouvriers, européens et indigènes.

Il y a en présence le propriétaire du terrain et un rrirharci ou métayer indigène.

La première préoccupation du propriétaire est de faire creuser des puits, car il faudra arroser les oliviers. Quant au m’rharci, il vit, grâce à quelques avances qui lui sont consenties ; de 2 à 3 francs par arbre, et au rendement de cultures intercalaires.

Une entente est faite pour dix ou douze ans ; à ce moment, le terrain est partagé entre le propriétaire et le m’rharci, mais à condition que les avances soient remboursées au propriétaire.

Premier devis. — D'après M. D. Zolla (la Colonisation agricole en Tunisie ), voici le prix d’établissement d’une plantation d’oliviers dans la région de Sfax :

Achat du terrain (5 fr. à la prise de possession,

5 fr. au moment de la délivrance du titre de

propriété) 10 fr.

Établissement des puits 3 40

Avances au m’rharci (2 fr. par arbre, 25 oliviers à l'hectare) 50

Un régisseur français reçoit : l°une indemnité de Ofr.66 par hectare et par an; 2° en toute propriété, 1/3 de la part qui revient au propriétaire au moment du partage,

mais il rembourse sur cette partie les frais d’établissement des puits et les frais d achat du terrain.

En définitive, au bout de dix ans, le propriétaire d un hectare qui lui a coûté 13 fr. 40, soit, avec les frais de régie (Ofr. 66 par hectare et par an), 20 francs, abandonne

Au métayer 50 ares

Au régisseur 16 — 66

Total 66 ares 66

Il lui reste donc 33 ares 33 qui lui ont coûté 20 francs, ce qui porte le prix de revient de l’hectare à 60 francs.

D’ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas la mise de fonds nécessaire, car il faut tenir compte des avances au m'rharci. De plus, on n’a pas envisagé dans ce devis l’intérêt du capital engagé.

Deuxième devis. — Il est de M. Bourde sur la Culture de i olivier dans le centre de la Tunisie, en 1899. 11 s’agit d’une plantation de 10 hectares dans les environs de S fax .

Achat du terrain, 10 francs l’hectare 100 francs

Intérêt à 6 0/0 pendant 8 ans 48 —

Avance au m’rharci pour l'achat d’un chameau 200 —

Intérêt pendant la même période 96 —

Avance pour l'achat des instruments et des

éclats à planter 50 —

Intérêt de cette somme 24 —

Total 518 francs

Il faut remarquer que ce devis ne tient pas compte du forage des puits, et qu’il suppose que le contrat a été fait pour huit ans.

Les dépenses à la charge du propriétaire seraient donc de 268 francs. Dix hectares plantés en carré à 24 mètres donnent 174 arbres, soit 87 pour chacun des co-parta-

OLIVIER

géants. Un pied d’olivier reviendrait donc au propriétaire à un peu plus de 3 francs.

Evaluons les frais d’entretien et de cueillette d’une telle plantation :

2 labours à la charrue, soit 20 journées de tra-

vail à 2 fr. 25 45 fr. »

3 façons à la maâcha, soit 15 journées de travail 33 75

(la taille est payée sur la vente du boi< coupé).

Frais de cueillette 70 »

Transport de la récolte à 20 kilomètres et pressage 50 »

Total 198 fr. 7 5

soit, en chiffres ronds, 2 fr. 30 par arbre. A partir de la quinzième année, il faut y ajouterle paiement du kanoiui 0 fr. 45 par pied, ce qui fait, 2 fr. 75. Ces chiffres sont des maxima.

M. J. Franceschini, ingénieur-agronome, ajoute les commentaires suivants :

A Sfax, on compte généralement, après une bonne récolte, sur une autre médiocre et une mauvaise; on obtient ainsi, en moyenne, une récolte et demie entrois ans. Un olivier donne à dix ans : 15 litres d’olives; à quinze ans, 30 litres; à vingt ans, 45 litres. Ces 45 litres d’olives fournissent 10l,5 d’huile, valant 6fr.75.

Le revenu net, calculé sur ces bases, serait donc, vers la vingtième année, de 6fr.75 — 2fr.75 = 4 francs par arbre. Quant au prix courant d’un olivier, il est de quinze à 18 francs à dix ans, de 35 à 40 francs à quinze ans, de 45 à 50 francs à vingt ans.

Appliquons à un hectare les différents devis que nous venons de citer; nous avons, d’après le rapport de M. Bourde :

Frais d’établissement (518 francs pour 10 hectares dont 5 seulement reviennent au propriétaire) : 103 fr. 60.

La dépense réelle, après que le m’rharci aura remboursé

les avances à lui faites (250 francs), sera seulement de 53 fr. 60.

A vingt ans, l'hectare rapporlera net (17 oliviers à 4 francs par arbre) : 68 francs, et sa valeur marchande sera (17 arbres à 50 francs) : 850 francs.

Nous avons dit, plus haut, que dans ces calculs l’auteur n’avait pas tenu compte des frais d’établissement des puits. Donnons-les ici à litre de renseignemenls. Le forage d’un puits dans les olivettes des environs de Sfax coûte 7 francs la taille pour un puits de 1 mètre de diamètre, non maçonné, et 80 à 85 francs la taille pour un puits de lra,50 de diamètre intérieur maçonné; les deux dernières tailles se paient 100 francs à cause de la difficulté du travail dans l’eau. La taille est de lm,75.) En général, on creuse à 20 ou 25 mètres.

Enfin, pour terminer, exposons, d’après M. Minaugoin, un devis complet et portant sur une plantation très importante. 11 s’agit d’une exploitation de 1.000 hectares confiée à un m'rharci ; 500 hectares resteraient au pro-

priétaire.

Première année :

Versement de la moitié du prix du terrain 5.000 francs

Creusement de 4 puits (1 pour 250 hectares) 8.0(0 »

Construction d’une maison pour le gérant 2.000 »

Avances au m'rharci (2 francs par olivier) 40.000 »

Achat et transport de 20.000 éclats pour la plantation

(20 francs le cent) 4.000 »

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