‹ Fruits des pays chaudsChapitre 60 sur 152 · C. — Industrie et Usages · texte numérisé non relu

C. — Industrie et Usages

Fruit. — Avec le fruit on prépare de nombreux mets :

1° Le courrou calé don. On coupe par tranches très minces le polios qu’on fait bouillir dans l’eau avec des racines de curcuma, jusqu’à ce qu’il devienne jaune; on y ajoute du poisson pulvérisé et du lait de coco. Ce mets est agréable et succulent ;

2° Le courriseco ne diffère du précédent qu’en ce qu’on y ajoute plusieurs épices, du jus de citron, du poivre et de l’eau salée;

3° Le polios tchoundido. On coupe 1 v polios par tranches avec des concombres, de la poudre de noix de coco, du poivre, du sel, le tout cuit à consistance de bouillie ;

4° Le castanie courrou. Ce sont les graines du polios avec des concombres, du poisson sec, de la joubarbe hachée, du lait de coco, le tout bouilli ;

5° Le nie m bel la ne diffère du précédent qu’en ce que les morceaux sont coupés plus gros;

6° On fait aussi griller ce fruit coupé par tranches avec du lard. Les pauvres le mangent bouilli et salé;

7" Pour les fricadelles de polios , on réduit en pâte le fruit avant sa parfaite maturité ; on le divise en boulettes bien épicées et roulées dans du blanc d’œuf que l’on fait Irire dans du beurre ou dans de l’huile de coco;

8° Le fios se fait avec les grains trempés dans du lait de coco et frits;

9° Le pe’i ou jornlol est une sauce qu'on mange avec du poisson ou du riz ; on y met de la moutarde, du poivre, etc.

10° Tranches. — A Tahiti, aux Marquises et dans les îles voisines, les fruits sont cueillis avant maturité, alors qu’ils sont encore fermes. L’amidon n’a pu encore se transformer en sucre. On les débarrasse de leur pellicule s uperficielle à l’aide d’une ooquille de Tonne, Do lium perdrix Li nné ou eriri des Mangaréviens. Puis on les coupe en morceaux qu’on fait rôtir sur des cailloux rougis au feu. Les tranches cuites de celle façon remplacent nos morceaux de pain ; on les associe aux autres aliments, tels que tubercules de taro, bananes , poissons , elc. ;

11° Popo'i. — On opère commeci-dessus ; mais, au lieu de diviser en tranches, on râpe à Laide d’une coquille de Tonne dont la pointe a été usée sur une pierre.

La pulpe râpée est mise en tas et recouverte de feuilles de bananier et on les abandonne durant une semaine. A ce moment on prépare des tranches de mei comme nous l’avons déjà vu et on les mélange à la préparation; à nouveau on recouvre de feuilles de bananier. On laisse ainsi pendant un mois, mais on s’assure, de temps à autre, que la pâte fermente normalement. Ce n'est

ARBRE A PAIN

qu’alors qu’il est permis de déguster. Cette préparation est le tioo des Tahitiens et le maa des Mangaréviens. Quand la pâte est fraîche, ces derniers l’appellent maahou (pâte nouvelle). Le tioo peut être conservé dix ans dans la terre ; aussi les habitants des îles en question sontils toujours à l’abri de la famine.

Fig. 129. — Cultivateurs préparant le sol. Cliché : A. Chevalier (Mission Chari-Lac Tchad).

Pour conserverie tioo , on creuse des trous dans le sol ; les dimensions moyennes sont de 2 mètres de profondeur sur 1 mètre de diamètre ; toutes les terres ne conviennent pas également ; les plus recherchées sont les terres noires, riches en humus. Le fond du trou et les parois sont garnis de feuilles de ti (cordyline terminalis) ; c’est alors que la pâte est versée et recouverte de feuilles de bananier et de terre. On opère ainsi pour les « conserves » de longue durée ; un examen semestriel suffit et on ne mange guère avant deux années de « mise en pots », pardon, de « mise

entrons ». Les indigènes désignent alors la pâte sous le nom de mateliito (pâte ancienne).

Toutefois, le lioo ne peut être servi tel qu'il est retiré du garde-manger : on commence par le pétrir dans une auge ou kumete , de 2 mètres de longueur sur 50 centimètres de largeur; cette auge est ordinairement taillée dans un tronc de tamarin ( Calophyllum inophyllitm) ou en core d’arbre à pain ; une fois bien pétrie, elle est enveloppée dans une feuille d’arbre à pain, puis on la fait cuire dans l’eau bouillante et on sert après nouveau pétrissage dans l’auge à popoï; pour écraser, on emploie un pilon en basalte tuki. Voilà, en résumé, quelles sont les diverses phases de la préparation de la popoï dont parlent volontiers les voyageurs, mais pas tous avec les mêmes jeux de physionomie. Quant à la popoïmei , c’est un mélange de la pâte maa avec des fruits cuits d’arbre à pain.

Lu popoï est très acide et a une odeur désagréable, peu d’Européens peuvent s'y habituer, au grand étonnement des Tahitiens.

Bière. — En faisant fermenter la farine du fruit à pain, on prépare une bière matiic très appréciée dans l’ile de Ceylan. Ce sont les vieilles femmes qui fabriquent celle boisson à laquelle chacune donne un bouquet spécial... ah dame! ça n’a pas toujours le parfum du houblon, ni de la rose!

Bois. — Le bois de l’arbre à pain est inutilisable en construction et en charronnerie.

AVOCATIER

Avocatier

Persea gratissima Famille des Lauracées

Historique et généralités. — Avocatier, nom de l’arbre;, avocat nom du fruit, sont des corruptions des mots américains cihuaca , au Mexique, ou Aouaca, en caraïbe, et de aguacate , au Brésil et au Pérou. En aztèque, on dit ahuacat. Plusieurs auteurs, considérant le Mexique comme pays d origine de l’avocatier, préfèrent ahuaca comme nom fondamental. On est généralement d’accord pour admettre que la plante a été importée d’Amérique aux Antilles. C’est dans une réunion de pomologistes, en 1903,. que l’attention fut surtout attirée sur l’avocatier. Avant, le fruit de cet arbre n’était connu que des voyageurs et toujours consommé en pays producteurs.

L’avocat est Y alligator pear des Anglais.

Nous dirons de suite que les meilleures variétés sont généralement celles à fruits en forme de gourde très allongée.

Quant à son aire géographique, elle est assez étendue puisqu’elle va de l’équateur au 35e de latitude environ.

Toutefois, certaines variétés ne réussissent qu’entre les tropiques.

Pendant longtemps on a encore appelé cet arbre : Poirier avocat et Laurier avocat .

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Europe : France. — Sur le littoral provençal, depuis Hyères, on récolte des avocats ; la maturité a lieu d’octobre à janvier.

Asie. — Les fruits des avocatiers des Indes Néerlandaises sont fréquemment moins volumineux que ceux de l’Amérique ; leur poids moyen ne dépasse pas200 grammes.

La culture de l’avocatier dans l’Inde remonte au commencement de ce siècle.

Afrique. — On rencontre l’avocatier dans plusieurs îles de l’océan Indien : Maurice, la Réunion, Nossi-Bé, Madagascar, les Comores, etc.

Les fruits de la Réunion sont particulièrement renommés. On distingue : vert et rond, rond et violet, oblong et vert, oblong et violet, mamelonné violet, mamelonné vert, etc.

En Afrique occidentale, l’avocatier existe également, mais en petite quantité. Au Sénégal, larécoltedes avocats se fait en septembre et octobre.

L’arbre résiste assez bien en Algérie; on y préconise une variété rouge, mais les grandes pluies du printemps lavent en quelque sorte les organes mâles et entraînent le pollen; il s'ensuit une assez forte coulure.

L’avocatier pousse vigoureusement au Congo.

Au Natal, la récolte se fait d’octobre à mai.

D’après Aublet, l’avocatier est connu aux îles Mascareignes depuis 1758.

Amérique. — L’avocatier est originaire de l’Amérique centrale et de l’Amérique méridionale où on le trouve dans les forêts à proximité de la mer. On le rencontre en quantité dans les Antilles : île de Cuba, Saint-Domingue, Haïti, etc. En Floride on a commencé la culture de ce fruit. Les races les plus recommandées sont le Pollock dont les fruits pèsent parfois 3 livres et le Trapp à fruit rond, tenant sur l’arbre jusqu’à Noël.

Il existe en Amérique un avocatier dont les fruits sont

privés de noyaux.

AVOCATIER

Dans l’Amérique du Sud, les avocatiers sont vigoureux.

En Californie, on réussit sa culture quand on prend

Fig. 130. #— Avocatier : Feuilles et Fleurs.

des précautions contre le froid durant la période de tloraison.

Dans la Guyane française, la récolte de l’avocat se fait d'octobre à décembre.

En Colombie, la lloraison de l’avocatier s’accuse en décembre-janvier.

Il existe de nombreux avocatiers au Brésil.

Dans l’archipel anglais de Bahama ou îles Lucayes, l’avocatier fleurit en mars-avril.

Dans les Indes occidentales, grandes Antilles, la récolte

se fait en avril et novembre. Les fruits des Antilles sont de tout premier choix.

A l^orto-Rico, la culture commerciale de l’avocatier a été préconisée par M. G. -B. Brackett.

En général, dans les Indes occidentales, les avocatiers sont très vigoureux; ils peuvent atteindre une hauteur de 8 à 9 mètres, le poids des fruits varie de 120 grammes à lk*,500.

Dans ces iles la culture de l’avocatier ne remonte pas au delà du commencement du siècle dernier.

Au Mexique il en existe de nombreuses variétés parmi lesquelles nous citerons :

Ahiiaca dulce , gros fruit plutôt ovoïde que piriforme. la pulpe est épaisse et de bonne qualité; le noyau est presque ovoïde.

Ahiiaca dulce largo , fruit en forme de gourde allongée, à pulpe exquise et fondante ; peau verte, semence cylindroconique.

Ahuaca morado de San Angel , fruits de petites dimensions à pulpe relativement épaisse, peau d’un violet clair, graine cylindro-conique à base ovoïde.

Ahuaca myora dode chalco , fruit piriforme, de bonne qualité et à peau violette.

Ahuaca Tecosanlta , fruits en forme de gourde allongée, avec incurvation très accusée; peau d’un beau violet sombre; semence ayant la forme de la graine de Incarna.

Ah aaca verdechico , fruit très petit ; peau verte, graine ovoïde.

Ahuaca paqua, pulpe peu épaisse; peau violet sombre, semence sphérique.

Ahuaca paqua redondo , fruit sphérique à pulpe peu épaisse ; peau verte, graine rougeâtre.

AVOCATIER

Ahuaca verde de San Angel, fruit piriforme à peau d’un beau violet sombre.

Dans ce pays il est une variété à petits fruits qui supporte assez bien le froid; on l’avait introduite en Floride, mais les fruits sont trop petits pour les marchés des Etats- Unis; les avocats en question sont bleuâtres ou noirâtres, leur épiderme est mince et coriace, la graine a 2 centimètres de diamètre.

Martinique et Guadeloupe. — Les avocats s’y présentent sous deux formes principales, pomme et poire. A la Guadeloupe les six principales variétés sont : avocat rond et vert, rond et violet, long et vert mamelonné; mamelonné vert.

Océanie. — Dans les principales îles de l’archipel des Hawaï ou Sandwich, on a étudié la possibilité d’établirde grandes plantations d’avocatiers; les essais ont été couronnés de succès.

D'autre part, des arbres isolés existent dans quelques îles de la Polynésie française.

Les avocatiers de Tahiti sont assez médiocres.

Botanique. — C’est le Persea gratissirna , Gærtner ou Laurus persea, Linné; famille des Lauracées.

Arbre. — Assez grande taille; il peut atteindre de 8 à 15 mètres; hel aspect, tronc lisse d’un gris cendré.

La forme varie de celle du peuplier d'Italie à celle d’arbre à couronne étalée.

Feuilles. — Persistantes, alternes, entières, ovales, acuminées, coriaces, d’un beau vert foncé brillant audessus et de couleur cendrée en-dessous; elles sont

d'odeur et de saveur agréables, piquant la langue avec astriction.

Fleurs. — Les inflorescences sont des panicules axillaires ou terminales, à fleurs petites; ces fleurs sont de teinte pâle.

Fruit. — Drupe, rappelant la poire en bien des points, mais une poire sans ombilic. La couleur varie du vert au jaune et au

est de couleur verdâtre sous l’épicarpe et jaune blanchâtre autour du noyau. Elle est épaisse, grasse au toucher, line et fondante. Son goût rappelle la noisette et la pistache.

Graine. — Logée dans une alvéole centrale, il arrive qu’elle n’occupe pas toute la cavité. Son volume varie de la moitié au dixième de celui du fruit.

On a signalé en Floride un fruit sans graine.

Le noyau est rempli d’un suc laiteux qui rougit un peu à l’air et qui tache fortement le linge.

Races et variétés. — On en connaît plusieurs races : le Polloek , le Trapp , etc. En se basant sur la forme des feuilles, les botanistes ont distingué les variétés : oblonga , macrophi/ lia et vulgaris.

Voici, d’après MAL Dois et Maury, les principales variétés d’avocatiers au Mexique :

Aguacate cle Tecosantla , violet foncé, à graine ovale; Aguacate dulce largo , vert, en forme de gourde ;

pourpre ou à l’écarlate. La pulpe

Fig. 131.

Avocat piriforme.

AVOCATIER

Aguacate pagna , violet, à graine sphérique ;

Aguacate verde chico , petit et vert;

Aguacate morado de San Angel , violet clair ;

Aguacate dulce , vert oblong, à graine blanche; Aguacate pagna redondo , rond, vert, à graine rougeâtre. Se reporter, en outre, à ce que nous avons dit page 21. En Algérie on distingue :

Persea yatotonensis , à fruits volumineux et d’un goût exquis ;

Persea rubra dont les fruits pèsent jusqu’à 450 grammes et qui se colorent en rouge en maturité.

Habitat; exposition; altitude. — L’avocatier préfère les régions basses et bien exposées. Dans un même pays, l'habitat diffère avec les variétés. Au Mexique, par exemple, Y Aguacate dulce ne réussit que dans les régions chaudes du littoral.

Sol. — Il doit être assez riche en principes fertilisants et demande de l’entretien.

Reproduction, pépinières. — La reproduction se fait ordinairement par graines; celles-ci doivent être utilisées aussi fraîches que possible, car elles ne se conservent pas longtemps. Aux Etats-Unis, leur cours moyen est de 1 cent et demi à 2 cents (américains) la pièce.

Les semis peuvent se faire en pots; on transplante quand les sujets atteignent 80 centimètres de hauteur.

On peut également faire les semis en place, car la graine est volumineuse [fig. 132) ; elle contient en outre une dose suffisante de réserves nutritives.

Pour les semis il est préférable de n’utiliser que les graines qui occupaient toute la cavité du fruit.

Au lieu de planter en pots, on peut semer en platesbandes sur lignes distantes d’environ lm,50 et à intervalles de 15 centimètres sur ligne ; la graine est enfoncée

de 8 à 10 centimètres, puis on recouvre de 5 à 8 centimètres de terre et d’un bon paillis.

Le sol de la pépinière doit être frais et riche en humus.

Au moment de la transplantation, on peut tailler légèrement la racine pivotante, de façon à provoquer la naissance des racines latérales.

On peutencore reproduire par boutures et par marcottes.

Abri-Ombre. — Si l'avocatier a besoin d’être protégé du vent quand il est en pépinière, il n’en est pas de même dans la suite. Une fois transplanté, il sert même bien souvent de brise-vent le long des vergers, en Floride, par exemple.

Greffage. — Le greffage s’impose pour une sorte d’avocatier de Floride qui n’a pas de noyau ; en outre, on le préconise souvent pour l’amélioration des races.

Il est préférable d’opérer au printemps, car la sève est abondante et lesécorces se soulèvent facilement. Cette voie asexuée du greffage est recommandable dans tous les cas. On attend que l’arbre ait trois ans ; l’opération ne réussit pas toujours, car le développement des greffes peut être contrarié par la pousse vigoureuse du sujet.

C'est la greffe en écusson qui est la plus employée ; la soudure de l'écusson s’opère rapidement, mais le développement est relativement lent. On écussonne en pied, sur le collet ou dans son voisinage ; rarement on écussonne en tête.

En prenant des précautions, la réussite moyenne est de 75 0/0.

Quand les plants sont établis en pots ou en boîtes, on écussonne des sujets de semis d’un an élevés individuellement en pots ou en pleine terre; dans ce dernier cas, la mise en vases se fait après la reprise de la greffe. La transplantation a lieu six semaines avant la vente, dans

AVOCATIER

Fig. 132. — Avocat (coupe longitudinale) 2/3 grandeur naturelle.

Dessin : Paul Hubert.

, épicarpe vert. — b , pulpe verdâtre. — c, pulpe jaunâtre. — c/, noyau.

e et /', amande.

% Gr

Fig. 133. — Avocat (coupe transversale (2/3 grandeur naturelle).

Dessin : Paul Hubert.

f , amande. radicule. z, tigelle. — c, pulpe. — h , gemmule.

des caissettes de 0m,12 de côté sur 0m,25 de profondeur.

Pour écussonner on ne doit utiliser que des yeux bien développés, pris sur des pousses peu aoûtées, et meme herbacées. C’est du moins ce que conseille M.-J. Wester, du Laboratoire subtropical de Miami. Les écussons doivent mesurer environ 25 millimètres de longueur et être un peu plus larges que ceux des Citrus. Quinze jours après l’opération on peut se rendre compte de la soudure de la greffe ; la ligature ne doit produire aucun étranglement; on supprime les gourmands et il est prudent de modérer la croissance par des pincements judicieux; enfin, on étète le scion au-dessus de l’écusson lorsque celui-ci a donné un bourgeon de 0m,20 à 0m,25 de longueur. Mais, après ce rabattage il arrive souvent que des champignons Colleta trie hum attaquent la plaie; il est indispensable, alors, de couvrir d’une couche de mastic à greffer.

M. Wester conseille d’employer, comme ligature, une bande de coton de 15 à 18 centimètres, trempée dans un bain de deux parties de cire d’abeille, deux parties de résine et une demi-partie de saindoux.

Transplantation. — La taille de la racine pivotante facilite cette opération. On transplante par temps pluvieux. Dans les premiers mois, il est indispensable d’ameublirle sol autour des pieds et de fumer si l’on veut obtenir un fort chevelu aux racines. Certains planteurs étêtent légèrement au moment de transplanter.

Préparation du terrain ; déboisement. — Le terrain n’a pas besoin d’être entièrement dessouché; l’essentiel est qu’il soit suffisamment débroussé pour que les plants ne soient pas étouffés par la végétation ambiante.

En Floride on se sert fréquemment de l’avocatier comme plante d’abri le long des vergers.

AVOCATIER

Plantation. — Dans les plantations de rapport, il est bon de tenir compte des variétés réussissant le mieux dans le pays et aussi delà saison de fructification ; celle-ci, autant que possible, doit coïncider avec une saison morte des pays importateurs. C'est là, au reste, une remarque d’ordre général.

On plante à une distance de 4 à 5 mètres dans toutes les directions. Nous avons déjà dit que les sujets doivent avoir atteintune hauteur de 0ra,8Ü pour être mis en place définitive.

On choisira de préférence des arbres ne s’élevant pas trop, afin de faciliter la cueillette.

En Floride on conseille de ne pas mettre plus de cent arbres greffés par acre ou 40 ares 467 ; néanmoins si l'on préfère cultiver des arbres francs de pied, on peut diminuer les intervalles et aller jusqu’à 160 et 200 pieds.

Parfois, afin de préserver les racines d’une tropgrande chaleur et de la sécheresse, on sème des légumineuses, telles que : cowpea (Vignà), vèlvet beau ( Mucuma ) ou du beggar weed (Desniodium) ; certains planteurs remplacent ces légumineuses par des ananas.

L’arbre est en rapport vers la cinquième année.

En Floride on plante de juin à avril.

Floraison. — Dans les pays tropicaux elle est abondante un peu avant la saison des pluies. En Floride, l’avocatier fleurit en mars et avril; le fruit est mûr de juillet à décembre.

Fructification. — Nous parlons d’autre part de la grosseur variable du fruit et de la coloration, cette dernière pouvant varier pour un même fruit.

En dehors de ces particularités, on classe généralement les avocatiers en quatre groupes, d’après la forme des fruits : fruits allongés toujours plus longs que larges et

ovoïdes; fruits globuleux plus ou moins aplatis au-dessus et au-dessous; fruits lagéniformes ; fruits piriformes.

La fructification se fait en pleine saison pluvieuse; les fruits sont généralement bons à être cueillis quatre ou cinq mois après la floraison. L’arbre peut fructifier vers la cinquième année.

Cueillette; récolte; rendement. — Les fruits sont de grosseur variable; ceux de la race Pollock peuvent atteindre le poids de 3 livres; d’autres ne dépassent pas la grosseur d'un œuf.

Quand on veut se livrer à l’exportation, il faut faire la cueillette des avocats quand ils sont encore relativement durs. On ne cueille à maturité que pour les usages locaux. On doit cueillir l'avocat muni d'une partie du pédicule; sans cette précaution il pourrirait rapidement.

Epuisement du sol; fumure. — En Floride, on emploie l’engrais vert; mais en temps sec on a soin de retourner la coucbe superficielle du terrain, jusqu’à une profondeur de 0 à 7 centimètres, de façon à détruire la capillarité du sol. Sans celte précaution, les légumineuses avoisinant les avocatiers prendraient pour elles une grande partie de l’eau contenue dans le sol.-

Nous préconiserons les engrais azotés, d’origine organique, tels que le sang desséché. Les tourteaux, particulièrement celui de coton, le sulfate de potasse, favorisent la production du ligneux et empêchent la chute des fruits. A employer aussi le phosphate de chaux. On n’utilisera que très peu le sulfate d’ammoniaque et le sal-

pêtre.

En Floride, on compte pour les arbres de quatre à cinq ans, de 2 à 5 kilogrammes d’engrais par sujet et par an. L’engrais est composé, il contient 5 0/0 d’azote, 6 0/0 de potasse et 6 0/0 d’acide phosphorique. Quand l’arbre

AVOCATIER

donne des fruits, on augmente les doses de potasse et d'acide phosphorique; c’est pendant la période végétative et en deux ou trois fois que l’engrais est appliqué. Ennemis et remèdes. — On a remarqué que les avocatiers

P ig. 134. \ illage de M Boro : \ allée du San Pedro (Côte-d'Ivoire).

avant reçu des applications d’engrais potassiques paraissent moins souffrir de l’attaque des insectes.

Parmi les ennemis de l’avocatier, il convient de citer un champignon du genre Glæosporium ; il attaque les feuilles et les Iruits. On combat cette maladie au moyen de la bouillie bordelaise, mais il faut opérer dès la première manifestation du mal.

B. — Technique

La pulpe comestible du fruit est assez huileuse; elle a le goût de la noix, mais le parfum est plus fin. MM. D. Woods et L.-D.D. Mewill en ont donné les analyses suivantes :

Pulpe comestible

Graine

Épiderme

La pulpe comestible contient :

Eau 0,811 livre

Protéine 0,010 —

Matière grasse 0,102 —

Hydrate de carbone 0,068 —

Cendres 0,009 —

Le Dr W. Borsma a analysé la pulpe d’avocats des Indes néerlandaises.

On attribue aux avocals des propriétés aphrodisiaques emménagogues et abortives. Oh ! ces avocats! les mêmes, dans tous les pays.

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