‹ Fruits des pays chaudsChapitre 61 sur 152 · C. — Industrie et Usages · texte numérisé non relu

C. — Industrie et Usages

1. Pays producteurs. — Fruit au naturel. — 11 est à chair butyreuse ; très recherché par certains et peu apprécié par d’autres. Néanmoins l’avocat figure sur la plupart des tables' dans les pays chauds. C’est un fruit très nourrissant. On peut étendre la pulpe sur du pain en guise de beurre; on ajoute alors du sel et du poivre; mais on préfère prendre !■ avocat comme desseit, on

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AVOCATIER

le parfume au rhum, au madère, au citron, etc.

11 y a quelques années, alors que nous faisions partie d'une « popote » renommée de Nossi-Bé, nous avons entendu un commandant de cercle comparer la saveur du fruit à celle d’une « tourte à la moelle de bœuf », ce qui lui valut cette réplique un peu vive d’un administré grincheux, sans doute :

« Gomme comparaison c’est risqué.... mais après tout il peut y avoir du vrai.... si la moelle nous manque, la tourte n’est pas loin... »

Et pour concilier les parties, chacun s’empressa de choisir un avocat...

Emballage. — On ne peut guère transporter ce fruit à pulpe molle, car il s'altère rapidement. Néanmoins on expédie dans des paniers à tomates ou à aubergines et les expéditeurs apportent tous les soins nécessaires.

Huile. — On peut extraire des avocats une huile utilisée pour la préparation des savons.

II. Pays importateurs. — Dans les pays importateurs on préfère des fruits de 500 à 750 grammes; ils doivent être autant que possible piriformes, ce qui facilite l’emballage; on demande souvent des fruits rougeâtres, car les avocats jaunes ou verts sont supposés, par l’acheteur, avoir été cueillis trop tôt. On mange l’avocat au naturel ou au sel.

On peut également préparer une sorte de salade en ajoutant du poivre et du vinaigre, ou, en place de vinaigre, du jus de citron. Des gourmets préparent l’avocat au sucre, au sherry et vin de Madère, à l’extrait de café et sucre, etc. On peut aussi l’émulsionner en le fouettant.

D. — Commerce

Le fruit de l’avocatier commence à être suffisamment introduit sur les marchés de Paris et de Londres. On

arrive à s’y procurer des fruits frais, grâce aux communications de plus en plus rapides et aux soins apportés en culture, à remballage et durant le transport.

La grande culture n’est qu’ébauchée, pourtant on obtient déjà des produits remarquables.

A Londres, les avocats reçus des Canaries se vendent facilement à des prix variant de 5 francs à 7 fr. 50 et 3 francs la pièce.

Sur les marchés américains, les prix varient selon les saisons; chaque année, vers janvier, il y a pénurie d’avocats, on en a vu atteindre le prix de 8 dollars la douzaine, soit, au cours moyen de 5 fr. 15 le dollar, la somme de 41 fr. 20. La demande du fruit est toujours croissante. Le prix courant, en lin de saison, est de 15 francs la douzaine d'avocats de belle venue.

On exige ordinairement des fruits assortis par paniers ; ils doivent avoir môme forme, même volume et même couleur.

A Port-au-Prince et dans les principales villes d’Haïti, pays producteur de bons et beaux avocats, on paie en toute saison de 2 à 5 centimes l'unité.

Barbadine

Passiflora quadrangularis Famille des Passiflorées

PLANTES I)E MEME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME

Grenadilles, Passiflora ecliilis , p. 512.

Pomme liane, Passiflora lauri folia, p. 615.

Historique et généralités. — Liane originaire de l’Amérique intertropicale ; elle est très cultivée dans les pays

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