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BAR BADINE

chauds. Cette passifiorée peut fructifier en Europe, à condition d être mise en serres; en outre, il faut recourir à la fécondation artificielle.

Avec la barbadine nous commençons l’étude des principales Passillorées; nous les avons indiquées ci-dessus et au paragraphe botanique nous en complétons la liste.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Asie. — Dans la plupart des pays de l'Indo-Chine on rencontre cette passiflorée dont les fruits sont recherchés.

Afrique. — Au Sénégal, la barbadine s’est parfaitement acclimatée.

Elle est également commune à Madagascar, la Réunion, ile Maurice, iles Seychelles, îles Comores.

Amérique. — L’Amérique intertropicale est le pays d'origine des passillorées. La. barbadine y est très répandue, notamment aux Antilles.

Océanie. — A Tahiti, la barbadine donne un bel exemple de multiplication spontanée. Cette liane y a été introduite, il n’y a pas encore cinquante ans, et elle a tellement envahi le territoire qu’elle étouffe, en bien des endroits, les arbres précieux. Comme Tahiti est pauvre en oiseaux, on a remarqué que la dissémination est due aux rats et aux porcs. La barbadine est commune aux iles Gambier. En Nouvelle-Calédonie on fécondait jadis les barbadines comme les citrouilles; aujourd’hui, les abeilles se chargent de l’opération.

A . — Agronomie

Botanique. — Passiflora quadrangularis , Linné, famille des Passiflores.

Plante. — Les tiges grimpantes portent des vrilles oppositifoliées qui leur permettent de s’accrocher.

Feuilles. — Elles sont entières, larges, ovales, aiguës, cordiformes, c'est-à-dire en forme de cœur.

Fleurs. — La fleur est pourpre et les filaments de la couronne sont placés sur cinq rangs.

Fruit. — Il est ovoïde et atteint la grosseur d’un melon; l'écorce est épaisse et d’un vert pâle. Pulpe abondante, aqueuse, douce et acidulée; est douée d’un parfum délicat.

Variétés. — En outre des passiflores vues plus haut, il convient de citer :

Passiflora alata Aiton, ou Passiflora malif ormis Linné, ou Liane à agouti. Elle est originaire des Antilles et se trouve répandue dans de nombreux pays tropicaux. Les fruits sont ronds et petits.

11 existe une race connue sous le nom de Barbadine du Hio Negro , dans laquelle le péricarpe charnu est comestible ; toutefois, la pulpe enveloppant les grains est de qualité médiocre. Le fruit pèse jusqu’à 2kg,500 et meme plus.

Passiflora fœtida Linné, ou Marie Gougeat , originaire de l’Amérique centrale. Au Sénégal, les Ouolofs la désignent sous le nom de maribisab. La tige velue, annuelle, estdandulifère; les feuilles involucrales sont très divisées.

Fruit ovoïde et assez recherché par les indigènes.

Passiflora serrata, Linné ou Pomme à agouti , originaire de l’Amérique centrale. Le fruit a la grosseur et la forme d'une pomme-rainette, il est comestible.

Culture ; entretien ; multiplication. — On multiplie de rejets du pied, de marcottes ou de boutures.

La fructification est rapide.

CACAOYER

/y. — Industrie et usages

On mange la pulpe dans le fruit même; le sommet du fruit étant coupé, on verse dans l’intérieur du vin blanc sucré ou du madère. La partie comestible est, comme nous l’avons déjà dit, une arille très aqueuse qui enveloppe les petites graines; on avale les graines qui sont sucrées et juteuses; leur parfum est très délicat. Avec l’écorce épaisse du fruit on peut préparer des gelées par une ébullition prolongée. On a soin d’ajouter suffisamment du sucre.

Cacaoyer

Theobroma cacao Famille des Sterculiacées

PLANTE DE MÊME FAMILLE DÉCRITE DANS CE VOLUME

Kolatier, Sterculia acuminata , p. 544.

Voir : Famille des Sterculiacées , p. 668.

Historique et généralités. — On connaît plusieurs espèces de cacaoyers, mais c’est le Theobroma cacao , Linné, qui est considéré comme type du cacaoyer ( Theos , Dieu ; Broma , nourriture). On le croit originaire des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque. Du Brésil, il dut être introduit au Mexique où les soldats de Fernand Cortez le découvrirent en 1519.

Les Mexicains employaient la graine en mélange avec de la bouillie de farine de maïs et en confectionnaient des sortes de tartes nommées atolle.

Montezuma, alors souverain du Mexique, possédait des

réserves considérables de cacao dans ses palais ; dans un seul magasin s'en trouvait plus de 500.000 kilogrammes.

Pourtant, les conquérants ne songèrent point à exploiter immédiatement le chocolat , il est vrai qu’on désignait ainsi un mélange de maïs et de cacao bouillis, additionné de... poivre de Cayenne. On conçoit que les premiers échantillons envoyés en Europe n’obtinrent qu’un médiocre succès !

Toutefois, à la cour de Montezuma, on n’ignorait pas la confection des plats fins et des douceurs à l’intention des courtisanes; on y préparait le cacao au miel, au suc d’agave, à la vanille et à la cannelle. Bientôt, les médecins prescrivirent des formules savantes! En voici une de l’Espagnol Bartholomé Manadon : 700 graines de cacao, une livre et demie de sucre, deux onces de cannelle, 14 graines de piment, une demi-once de clou de girolle, 3 bâtons de vanille ou deux onces de graines d’anis, sans oublier de la fleur d’oranger, du musc et de l’ambre... et les patients faisaient parfois la grimace, surtout quand ils avaient les dents creuses. N’empêche que c’est à cette époque, comme le fait remarquer M. A. Chevalier, que les caravelles espagnoles et portugaises, sillonnant les mers des tropiques, transportaient du Nouveau dans l’Ancien Monde, et réciproquement, les végétaux utiles, leurs produits ainsi que tous objets d’échange et de traite... N’oublions pas la camelote vivante, les esclaves, que l’on cataloguait : Bois d’ébène!

Néanmoins, malgré bien des efforts de divers côtés, l’Amérique garda, jusqu'au milieu du siècle dernier, le monopole à peu près exclusif de la fourniture mondiale du cacao.

En 1630, on considérait déjà l’emploi du cacao comme

CACAOYER

fréquent en Espagne, en Italie et en Flandre, puis en Hollande.

En Europe, les Espagnols eurent de leur côté, pendant de longues années, le monopole du chocolat importé du Mexique en petits morceaux.

Ce fut par une ordonnance de Louis XIV que le chocolat fut introduit en France. Le roi permettait à... « Daviot Chaliou de faire faire, vendre et débiter, dans toutes les villes et autres lieux de ce royaume que bon luy semblera, une certaine composition qui se nomme chocolat , soit en liqueurs ou pastilles, en boite ou telle autre manière qui lui plaira, etc., et ce pendant l’espace de vingt-neuf ans... »

C’est ainsi qu’il fut possible aux Français d’ apprécier la denrée nouvelle.

Ajoutons qu’après l’expiration de cette première période, le commerce du chocolat fut libre pendant quelque temps; bientôt fut accordé un nouveau privilège à François Humaine qui, pour vouloir trop gagner, en fut réduit, en 1693, à demander d’elre déchargé de l’exécution de son traité, les frais d’exploitation étant trop considérables.

Les premières fabriques de chocolat françaises datent . * de cette époque.

Nous ne donnerons ici qu'une étude assez résumée, ayant en préparation une monographie très complète sur le Cacaoyer, le Cacao et le Chocolat.

Actuellement les plus grandes étendues de terre plantées de cacaoyers sont au Guatémala, à Equador et dans les deux îles des Indes occidentales : la Trinidad et la Grenade.

Géographie. — Dispersion. — Synonymie

Europe. — La consommation moyenne de cacao peut se chiffrer comme suit par pays d’Europe et par habitant :

Allemagne . . . .

60 grammes

Espagne

Autriche

France. . . .

Angleterre

Norvège

Danemark

Suède

Asie. — lie de Ceylan. — 11 n’y a pas très longtemps que le cacaoyer fut introduit dans cette île. La première culture date de 1874.

Malheureusement le cacoyer a, dans ce pays, un terrible ennemi, l’ Hemileici, ce qui nuit beaucoup au développement des plantations. On ne peut que le regretter, car le cacao de Ceylan est de bonne qualité.

Java. — On peut faire pour Java les mêmes observations que pour Ceylan; le cacao de Java figure parmi les meilleurs d’Asie. L'exportation annuelle est d’une moyenne de i. 000. 000 à 1.500.000 kilogrammes. •

Tonkin. — On y a installé quelques grandes cultures et les résultats obtenus sont très favorables.

Indes néerlandaises. — Les premiers plants decacaoyers y furent importés, vers le commencement du xvii0 siècle, par des Espagnols. Les cultures commencèrent à Célèbes, puis à Amboine et à Ternate. On y cultive surtout un hybride du cacaoyer de Java et du Forastero de Caracas. Son rendement annuel, par pied, est d’environ 3 kilogrammes pour des arbres de six à sept ans.

Afrique. — Côte occidentale : Côte-d'Ivoire. — Grâce aux efforts de M. Angoulvant, gouverneur des colonies,

CACAOYER

es cacaoyères prennent une grande extension et constitue

ront bientôt une nouvelle source de richesses pour ce mer vei lieux pays.

Les exportations s’accusent déjà par des chiffres intéressants.

Côte-d'Or. — Les premières plantations y furent faites nn 1879; les cacaoyers provenaient de Fernando Po.

Actuellement, les exportations dépassent 5.000.000 de kilogrammes.

Lagos. — Les exportations moyennes sont de 1.000.000 de kilogrammes.

Nigérie du sud. — On peut compter sur une exportaion variant de 160 à 200 tonnes.

Cameroun. — L’introduction de la culture du cacaoyer date de 1886. La production annuelle dépasse 1.000 tonnes.

San Thomé. — Les cacaoyères y sont connues sous le nom de rocas. Le cacao y fut introduit en 1822. Actuellement plus de 30.000 hectares de cacaoyers y sont en plein rapport. Parmi les plantations les plus importantes, il convient de citer : Rio de Ouro, Aqua Tzi, Uba-Buda, Monte Café.

Ile Principe. — Sa production annuelle est de plus de

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