A la Martinique, les trous destinés à la
° ^ i';! k> plantation directe ont 70 centimètres dans
toutes les dimensions et les distances entre sujets varient entre 2m,50 et 4 mètres; on commence par cultiver des légumes en interlignes, puis on plante des
bananiers à l'ombre desquels se développeront les cacaoyers. Les bananiers sont généralement supprimés dès que les cacaoyers atteignent 2m,50 de hauteur. En
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Afrique on se sert beaucoup de l’hilaire [fig. 140) pour ameublir le terrain. On utilise aussi le daba ou tougou
(fia- üi).
Ombrage. — Dans bien des pays le cacaoyer a besoin d’ombrage, surtout quand il est jeune; c’est pour ce motif qu'avant même de préparer les pépinières, il est indispensable d’aménager les champs de culture en plantant des arbres abris.
Parmi les plantes protectrices, il en est de provisoires et d’autres permarientes.
Les « provisoires » sont employées pour les premières années ; ce sont ordinairement des bananiers, des ma-
Fig. 141.
Tougou ou Daba.
Fig. 142. — Couteau-scie pour la taille des arbres.
langas dont les racines comestibles sont dites tailleaux ou tayos, les malangas sont les choux caraïbes des An-
Fig. 143. — Machète.
tilles ; il y a encore lieu de citer : le manguier, l’acajou, le caféier, l’arbre à pain, le bois noir, Albizia Lebbeck , les érytbrines ou immortelles, Erythrina umbrosa.
On supprime les bananiers quand les arbres protecteurs permanents sont suftisamment développés. Ceux-ci ont été
plantés sur lignes distantes de 8 à 10 mètres en tous sens.
Les rangées de bananiers alternent avec ces lignes et les bananiers sont espacés de 4m,50 les uns des autres ; d’autre part, ils alternent avec les arbres définitifs.
Plantation. — On commence par planter les cocaoyers sur les rangées d’arbres abris, entre arbre et bananiers,
puis sur les rangées de bananiers, chaque cacaoyer, entre deux bananiers.
Taille. — On ne taille pas le cacaoyer avant qu’il ait au moins deux ans. Il faut l’empêcher de s’élever afin de faciliter la cueillette.
Le sommet principal est coupé et on ne laisse que les quelques branches que l’arbre porte à ce moment. Dès que ces rameaux ont une longueur de Üm,80, on les écime à leur tour et l'on continue ainsi jusqu’à ce que l’arbuste ait sa forme définitive.
A partir de ce moment, on taille chaque année, un peu avant la saison des pluies.
Entretien. — Sarclage. — Il faut des sarclages fréquents et on procède avec soin à l’enlèvement detoute plante parasite qui pourrait se développer sur le tronc. Pour les sarclages, on utilise le coutelas [fïg * 143) ou le sabre d abatis dans les interlignes et on nettoie à la main la terre
environnant immédiatement les cacaoyers. De façon générale, on compte que trois nettoyages annuels sont suffisants. On profite des nettoyages pour supprimer les branches gourmandes et les drageons ; on se sert alors
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de la machète ou du croc à cacao (fig. 144). Quand le terrain est plat, on peut sarcler en employant la houe, outil très en usage maintenant.
Engrais. — Si le terrain est naturellement riche, on peut attendre quelques années avant de fumer.
Dans d’autres cas on ne met pas d’engrais avant la saison de récolte ; enfin si les plants sont étiolés parce qu’ils sont en terrain pauvre, il ne faut pas craindre de fumer copieusement. « The Impérial Department of Agriculture for the West-Indies » fit faire des essais dans ce sens et les meilleurs résultats furent obtenus avec l’emploi delà potasse : scories Thomas et sulfate de potasse.
Le Dr Strunck qui expérimenta à Victoria (Kameroun) arriva aux mêmes conclusions.
Une bonne formule est la suivante :
Par arbre :
Kaïnite 1 .000 kilogrammes
Superphosphate 480 —
Sulfate d’ammoniaque 240 —
On doit ces autres formules à M. Couturier, dans « La Fumure du Cacao ».
Par arbre de 1 à 3 ans :
Chlorure de potassium 100 à 150 grammes
Superphosphate 160 à 240
Sulfate d’ammoniaque ...... 80 à 120 —
Par arbre de 3 à 6 ans :
Chlorure de potassium 200 à 300 grammes
Superphosphate 320 à 480 —
Sulfate d’ammoniaque 160 à 240 —
Par arbre de 6 à 12 ans :
Chlorure de potassium 300 à 440 grammes
Superphosphate 480 à 720 —
Sulfate d’ammoniaque 240 à 360 —
Greffe. — On conseille principalement la greffe par rameaux détachés faite sur jeunes plants.
A cet effet, on sème les cacaoyers en nœuds de bambous ; la levée se fait de suite et dès que les plantulesont leurs premières feuilles au-dessous des cotylédons, on peut greffer.
Les greffons proviennent de plantes remarquées par leur fertilité; on opère par temps frais et on n’utilise que les extrémités de branches non encore nettement lignifiées ; la couleur de la feuille sert, ici, d’indice ; le greffon est prélevé dès que les jeunes feuilles prennent une teinte verte et perdent, par conséquent, leur aspect soyeux. Les limbes sont presque entièrement coupés; les pétioles ne portent plus qu'un lambeau d’environ 2 centimètres.
On taille chaque greffon en double biseau sur une longueur d’entre-nœuds variant de 4 à 7 centimètres ; on ne laisse que un ou deux yeux en plus du bourgeon terminal. Le greffon ainsi préparé est placé dans la fente du sujet ; cette fente commence à l'aisselle d'un cotylédon et est dirigée de liant en bas. Après avoir ligaturé, le sujet est mis à l'étouffé, sous abri vitré, où l'on maintient un certain degré d’humidité.
On peut également opérer par approche sur jeunes plants, au-dessous des cotylédons.
Maladies et ennemis. — Il y a surtout à craindre des insectes et des cryptogames; pour décrire la florule des parasites du cacaoyer un ouvrage ordinaire ne suffirait pas.
Insectes : Helopeltis Antonii. — C’est l’ennemi le plus redouté à Java et à Ceylan ; il ronge les feuilles de cacaoyer. Cet bémiptère dépose ses œufs dans les replis des feuilles ou dans les jeunes pousses. On ne parvient à s’en débarrasser que par une chasse acharnée : après la ponte, on
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étend au-dessous des arbres, des toiles enduites de goudron ; on secoue les branches et les insectes qui tombent restent collés sur les toiles. On peut encore engluer les tiges des cacaoyers au moyen du latex visqueux de certains arbres, de jacquier par exemple : les insectes dépourvus d’ailes ne peuvent alors atteindre les rameaux de l’arbre.
Enfin, on a aussi conseillé de pulvériser sur les branches une émulsion diluée de pétrole.
Steirastoma depressa et autres coléoptères. — On les rencontre surtout aux Antilles et sur le continent américain.
Leurs larves perforent le tronc et les branches ; elles y creusent des canaux à travers le bois tendre. Quand il ne s’agit que d’une branche isolée, le plus simple est de la détruire, mais si le tronc est attaqué, il faut supprimer l’arbre en le brûlant. Néanmoins, si les perforations sont peu nombreuses, on peut essayer la bouillie bordelaise; une émulsion de pétrole et de lait; un mélange de savon et de pétrole.
Longicornes. — Leurs larves pénètrent entre l'écorce et le bois, détruisent le liber et une partie de l'écorce ; lorsqu'un anneau complet du libéra été dévoré, la branche meurt. Les longicornes les plus redoutables sont : Trachyderes succinct us, reconnaissable à la bande transversale jaune qui raie ses élytres; Callichroma elegans , / Acanthoderes rusticus , de couleur grise.
Aphis. — En Dominicanie et dans plusieurs pays de 1 Amérique du Sud, existe un insecte appelé Aphis , qui cause parfois des dommages considérables ; il épuise la sève des branches. Pour le combattre on badigeonne à I aide de kérosine.
Chancres. — On les attribue à divers Nectria , mais sur-
tout au Cala nectria flaoida et au Nectria theobromæ. Le chancre doit être entièrement excisé et les tissus seront badigeonnés, selon les indications de Skawinski, avec une solution saturée de sulfate de fer et d’acide sulfurique à 10 0/0. Cette solution est préparée en versant lentement l’acide sur les cristaux et en faisant arriver un filet d’eau tiède. On utilise un récipient en grès ou en bois, puis, on enduit les blessures de goudron. A la Trinidad on excise les chancres au moyen d’un outil imaginé par M. Jardine et qu’on désigne sous le nom de « cankeraxe ».
Champignon ( Phytophtora omnivora). — Ce champignon appartient à la famille des Péronosporées. Il est commun à la Trinidad et à Cevlan, où il noircit les cabosses : cacao
canker. Le meilleur moyen pour combattre ce cryptogame est de détruire immédiatement les cabosses atteintes.
Pourriture noire. — On la désigne encore sous les noms de mancha dans le centre Amérique, de root diseuse, diehack et brown rot dans les colonies anglaises; elle est due au Lasiodiplodia theobromæ, champignon qui s’attaque non seulement aux cabosses, mais encore aux racines et à la charpente. On peut combattre cette maladie en sulfatant à la bouillie bordelaise. Si les racines sont peu attaquées, on supprime les parties malades, puis on chaule à raison de 5 livres de chaux par trous; en outre, on taille la couronne. Enfin on termine par un labour à la fourche et chaulage superficiel : 10 livres de chaux par pied de cacaoyer.
Si la pourriture noire atteint les cabosses, on aura recours aux pulvérisations à la bouillie bordelaise, selon la méthode de M. J. -B. Rorer, mycologiste. A ce sujet, MM. J. de Almeida et A.-C. Mendes disent : « La plus grande difficulté tient à la disposition des plantations, qui
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ont un caractère plutôt sylvicole qu’arboricole. Inapplication y sera lente, imparfaite et coûteuse; mais, malgré tout, on devra en passer par là. »
Balais de sorcière. — Ils sont dus à un champignon que M. Drost et le Dr von Hall ont désigné sous le nom de Colleto trichum luxificum. Le balai de sorcière attaque surtout les riches cacaoyères de Surinam.
Recettes et remèdes. — La question d’ombrage étudiée déjà s'impose à nouveau. Le Dr von Hall et M. Drost ne lui accordent pas grande attention ; il en est autrement de M. Carruthers, qui écrivait en 1907 : « Le soleil est un exellent fungicide ; s'il frappe directement la blessure laissée par l'excision d’un chancre, la guérison est à peu près certaine. » Pratiquement il faudrait donc en conclure que les sujets en plantations serrées; ceux insuffisamment taillés ou les cacaoyères en régions humides sont plus exposés que d’autres aux infections cryptogamiques. Mais, si nous généralisons les observations des spécialistes, nous ajouterons que les planteurs doivent détruire avec soin les bois malades, morts et les cabosses tombées; toutes les blessures des arbres: excisions des balais de sorcière, de chancres, taille, etc., doivent être badigeonnées à l’huile de résine ou au goudron. A la Grenade, M. Anstead indique à cet effet : 1 partie de goudron pour 4 parties d’huile de résine.
Il faut éviter la formation et la propagation de toute végétation adventive. A la récolte, on doit sectionner le pédoncule des cabosses, et pour cela il faut utiliser des couteaux spéciaux, mais il faut éviter d’arracher les fruits à la main ou à la gaule; en opérant brutalement, on peut enlever un lambeau d’écorce et provoquer ainsi une blessure.
Enfin, il convient d'accorder aux cacaoyères une fu-
mure raisonnée, selon les conseils de M. Couturier.
Récolte; cueillette. — Le cacaoyer fleurit vers la troisième année : la première récolte a lieu entre la cinquième et la sixième année.
De dix à douze ans, l’arbre entre en plein rapport ; son rendement ne diminue que vers la vingt-cinquième année.
Le cacaoyer, qui est presque constamment en fleurs, donne lieu à deux principales récoltes par an ; l’une très riche, vers le commencement de la saison sèche ; l’autre aux premières pluies.
Les procédés de cueillette varientselon les pays et l’origine de la main-d’œuvre recrutée; pourtant on a ordinairement recours au couteau pour les cabosses des basses branches et à la serpe à crochet emmanchée à l’extrémité d’un z perche, les cabosses des hautes branches. Avec la serpe on peut couper soit par traction, soit par poussée. Aumoment de la cueillette, ilfautfaire très attention de ne pas endommager un « bourgeon à fruit » qui se trouve souvent au point d’attache de la cabosse ; c’est pour ce motif qu’on ne peut pas arracher simplement la cabosse avec son pédoncule.
Dès que les fruits sont détachés, des femmes les ramassent, en font des tas et les cabosses sont immédiatement ouvertes; c'est ce que nous expliquons plus loin au paragraphe « Industrie ».
Rendement. — Durée. — De façon générale on admet qu’une cacaoyère est épuisée au bout de trente ans; pourtant, on a vu, en plusieurs pays, des cacaoyères d’une cinquantaine d’années être encore de bon rapport.
A la Martinique, on estime que le rapport par arbre ne dépasse pas en moyenne 250 grammes de « cacao marchand », alors qu’une culture judicieuse pourrait dou-
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hier ce rapport. Dans certains pays on évalue le rendement à plus de 600 grammes.
Fig. 145. — Cacaoyère. On brise les cosses. Cliché : Le Tour du Monde.
B. — Techmque
Les substances actives du cacao sont : de la thèobromine , de la caféine , des tanins, du rouge de cacao et différents corps simples communs à tous les végétaux.
Hervett a donné la composition suivante du cacao:
Eau 5
Cellulose 4
Thèobromine 2
Substances azotées 20
Beurre de cacao 50
Gommes 6
Amidon 7
Substances minérales et colorantes 6
Nous parlons plus loin du beurre de cacao, qui renferme de Y oléine, de la stéarine , de la palmitine , de la laurine et des acides gras libres.
Se reporter, pour plus de détails sur « la technique du cacao » à notre étude le Cacaoyer.