‹ Fruits des pays chaudsChapitre 66 sur 152 · C. canephora var. Wildemanîi Pierre · texte numérisé non relu

C. canephora var. Wildemanîi Pierre

Congo français. — Chaque année on exporte de 30.000 à 40.000 kilos de café sur la France.

Cameroun. — Des essais de grande culture du caféier y ont été faits, mais les efforts se sont bientôt portés vers le cacaoyer. Quoiqu’il en soit, on y plante maintenant les Coffea arabica et liberica.

Togo. — C’est surtout le liberica qui a réussi dans l’intérieur du Togo et, dès 1900, la récolte s’élevait à 4.000 quintaux.

Côte d'Or. — Les plantations y sont encore à l’état rudimentaire.

CAFÉIER 429

Côte orientale : Abyssinie. — Les cafés de la région des Gallas sont vendus sur les marchés d’Addis-Abeba et de Ilarar.

Afrique orientale allemande. — L’exportation des cafés n’y est pas de grande importance, bien que certaines plantations y soient anciennes.

Afrique centrale anglaise. — Les semences y ont été importées par des missionnaires dans LUganda. Le café de Blantyre est particulièrement réputé.*

Mozambique. — Les Portugais y ont aménagé des cultures assez importantes.

Natal. — Les principales plantations se voient dans les environs de Durban. La production moyenne y est de 100.000 kilogrammes par an. Le caféier de Liberia n’y laisse pas de bénéfices.

Madagascar. — Le café à petits grains se rencontre dans presque tous les jardins du centre; les produits de l’Emyrne sont de très bonne qualité, mais les grandes plantations ne semblent pas réussir dans cette région.

On plante généralement à une distance de 2 mètres en tous sens. En Imerina, on récolte de juillet à septembre. Le rendement moyen par arbre est de 450 grammes de café préparé.

Une récolte abondante se manifeste tous les deux ans.

La Réunion. — Le caféier le plus cultivé est le Leroy ou Bourbon pointu ; il est plus rustique que le Moka. Dans ce pays existe aussi un caféier du pays qui donne le café rond du commerce. On récolte de mars à juillet.

Le caféier Leroy est un petit arbuste aux rameaux dressés; quand il a quelques années, il prend vaguement la forme d'une quenouille ; le vent n’a guère d’action sur lui; son écorce lisse et son feuillage dense le préservent

des attaques des insectes; ses racines sont très développées.

Maurice. — Les produits de Maurice, assez analogues à ceux de Bourbon, sont entièrement consommés sur place.

Amérique. — Amérique du Nord. Mexique. — La culture du caféier est très développée au Mexique; les produits que l’on cote à l'a valeur des meilleurs mokas sont presque

tous exportés sur les Etats-Unis. C’est l’Etat de Michoacan qui l’emporte avec sa qualité Uurapam .

Les cafés du Mexique qui parviennent au Havre sonl :

Ordinaire valant de 48-55 francs les 50 kilogrammes Classé — 52-57 — 50 —

Lavé — 58-80 — 50 —

Amérioue centrale : Guatemala. — Le caféier v donne les meilleurs résultats, mais la rareté de la maind’œuvre empêche d’en profiter. D'après M. Stephan, on compte 1.275 propriétaires ; 86.699 hectares plantés; 127.755.000 arbres; 47.027 personnes employées sur les caféières.

Salvador. — Plus de 50.000 hectares y sont plantés de caféiers. L’exportation moyenne est de 500.000 halles d’une valeur d’environ 10 millions de pesos.

Honduras. — Les rendements des caféiers sont extrêmement intéressants, mais toute la production est absorbée sur place.

Nicaragua. — Le caféier y fut introduit en 1848. Les produits exportés sous les noms de Café de Costa-Rica ou de Guatemala sont surtout h destination de l’Angleterre, des Etats-Unis et de l’Allemagne.

Costa-Ricci. — La culture du café est l'une des richesses du pays. L’exportation moyenne porte sur près de 40.000.000 de livres en fèves nues. C'est surtout dans la

CAFEIER

Fig. 151. — Caféiers au Costa-Rica.

Cliché : Le Tour du Monde (librairie Hachetle et Cie).

plaine de San-José, immense plateau situé à l’ouest de la Cordillère, que sont concentrées les grandes plantations de caféiers.

Amérique du Sud : Brésil. — Le caféier y a été introduit en 1741 ; il provenait de la Guyane française.

La culture en a été limitée aux quatre Etats : Esperito- Santo, Minas Geraes, Rio-de-Janeiro et Sao-Paulo. Les

productions des autres Etats sont insignifiantes. Comme importance des variétés, on compte :

Café nacional 75 0/0 des plantations

Café bourbon 20 0/0 » »

Café botocatu 3 0/0 » »

Café maragogype 1.5 0/0 » »

Café de Libéria peu cultivé.

Le Brésil fournit plus de 60 0/0 de la consommation générale; pourlant le caféier a, dans ce pays, un terrible ennemi, c’est la (jelée.

On y cultive Y Amarello, dont les fruits jaunes sonttrès riches en caféine ; le Maragogipe est réservé pour les terres hautes.

Dans la province de Santos, les grandes plantations commencent à une altitude de 600 mètres. Au Brésil, les terres à café sont désignées d’après leur couleur : terra roxa , terra massape , terra vermelha et terra area.

Guy ânes. — Seule, la Guyane hollandaise exporte du café. L’arbre y fut introduit en 1718.

En Guyane anglaise, on compte environ 1.400 acres couverts de caféiers.

Venezuela. — Ce pays figure parmi les grands producteurs de café du monde; il vient après le Brésil et Java. La production dépasse 50.000.000 de kilogrammes. Les plantationsy sont surtout étendues au-dessus de 250 mètres

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d'altitude. Le rendement annuel, par pied, y est de 850 grammes à 1 kilogramme.

Colombie. — C’est dans la province de Santander que furent faites les premières plantations; malheureusement la main-d’œuvre manque. Cela n’empêche pas les plantations d’v être tellement serrées qu’elles ne forment, en réalité, qu’une immense caféière.

Equateur. — Le caféier y est de bon rapport, mais l'exportation est faible; elle se chiffre par une moyenne de 2.000.000 de kilogrammes.

Paraguay. — Plus de 200.000 hectares y sont plantés en caféiers et la production annuelle dépasse 5.500.000 kilogrammes de graines.

Pérou. — Le café de ce pays a un arôme très fin. Il est exporté sur le Chili, l’Angleterre et l'Allemagne.

L’exportation moyenne dépasse 1.500. 000 kilogrammes, d’une valeur d’environ 1.700.000 francs.

Bolivie. — Sur les marchés, les cafés de ce pays sont désignés sous le nom de Yungas ; dans plusieurs pays on les considère comme supérieurs aux mokas.

La production annuelle dépasse 15.000 quintaux.

Antilles : Barbades. — On y développe la culture du caféier et les résultats acquis sont des plus satisfaisants.

Cuba. — La culture du caféier y fut introduite par des Français émigrés de Saint-Domingue, dans la première moitié du xixe siècle. On estime que le rendement à l’hectare est de 650 kilogrammes.

Dominicanie. — Le caféier y est assez cultivé; l’exportation moyenne atteint 4.500.000 livres.

llaiti. — Les premiers caféiers y furent plantés par les Jésuites qui les reçurent de leurs confrères de la Martinique; dans la partie ouest, c’est M. de Noüvos, officier du roi, qui en importa de la Martinique ; cela se passait en

1726. On disait alors des ca/iers. Depuis l’Indépendance, le café est resté la principale richesse du sol haïtien, et de nos jours Haïti livre à l’exportation une moyenne de 65 millions de livres de café. On abrite souvent sous bananiers ; la récolte s'amorce dès la troisième année, mais il faut attendre la cinquième année pour la pleine production. La cueillette dure de juillet à la fin de l’année.

Plus de 50.000 hectares sont plantés.

Jamaïque. — On y commença la culture du caféier dès le xviue siècle. La montagne bleue est couverte de plantations; l’exportation moyenne est de 5.000.000 de kilogram mes.

Porto-Iiico. — Le café de ce pays est très en vogue sur le marché de New-York. 11 y existe de magnifiques plantations.

Guadeloupe . — La culture du caféier est surtout prospère le long des pentes de la Grande-Terre. L'exportation moyenne et annuelle est de 500.000 kilogrammes.

Les vents soufflant de l’est, les plantations sont exposées à l’ouest.

Quand on échue les caféiers, ils sont dits arrêtés; dans le cas contraire, on dit caféiers (jaulettes. On récolte d'octobre à janvier. Le rendement varie de 500 à 900 kilogrammes par hectare.

La Martinique . — C’est en 1720 que l'enseigne de vaisseaux Declieux y apporta le premier caféier; cet arbuste avait été pris au Jardin du roi. De la Martinique les caféiers furent introduits dans toutes les Antilles. Les exportations annuelles ne dépassent pas 2.500.000 kilogrammes.

Océanie. — lies françaises. — Le caféier d’Arabie s’y développe admirablement. Les îles australes : Toubouaï, Ravaïvae et les Gambier, sont celles qui exportent le plus de café de bonne qualité.

CAFÉIER

Aux îles Gambier, la récolte des cmses a lieu en avril. Des plantations d’une certaine importance ont encore été amorcées aux Iles-sous-le-Vent, aux Marquises, a Moorea-, etc. Seules les Touamotou sont impropres a la culture du caféier.

Fig. 152. — Travailleurs rentrant des plantations

Nouvelle-Calédonie. — Ce furent des Bourbonnais, ou colons de la Réunion, qui introduisirent la fève de moka en Nouvelle-Calédonie, et pendant longtemps, on vendit le moka, sur le marché de Nouméa, à raison de 2 fr. 501e kilogramme. Malgré les efforts des planteurs, le café delà Nouvelle-Calédonie est plus connu sur les marchés, sous les étiquettes de Martinique et de Bourbon, que sous celle de Calédonie; il figure parmi les produits les plus appréciés.

Dans ce pays, le café d’avenir est le Leroy ou Bourbon

pointu; son grain est plus petit que celui du moka ordinaire; il est plus parfumé. L’arbre qui donne ce café fut découvert à la Réunion dans une ravine sauvage qu’on appelait la gorge aux chèvres.

L’exportation moyenne est d’environ 150.000 kilogrammes.

Nouvelles-Hébrides. — Il convient de ne pas confondre le café de ces îles avec le Calédonien. Leurs produits ne font que passer par la Nouvelle-Calédonie. La production annuelle est d’environ 250 tonnes.

Iles de la So/ule. — La plupart de ces terres que l’on sait faire partie de la Malaisie sont d’un rapport sérieux en café. Par exemple, l’île de Java dont la capitale est Batavia et qui est peuplée d’environ 29.000.000 d’habitants, possède un caféier qui lui est propre. Il porte au reste le nom de caféier Java; il se reconnaît à ses branches moins horizontales que celles du caféier brésilien; il présente deux petites feuilles d’un vert jaunâtre à l’extrémité des ti^es.

Tahiti. — On y a planté environ 100.000 pieds de caféiers; l'altitude maximum ne dépasse pas 500 mètres; le rendement moyen par pied est de 3 à 4 kilogrammes de café en fèves. Il y existe comme ennemi un puceron lanigère, le white bug.

Philippines. — La production du café augmente à Manille. Les plus forts chargements sont expédiés sur Hong- Kong.

Indes néerlandaises. — Le caféier a été introduit à Malabar en 1696 par Hendrilk Zvvaardekroon. A Java, plus de 120.000 hectares sont plantés en caféiers; on en compte 30.000 hectares à Sumatra et 5.000 hectares aux Célèbes. C’est en ce dernier pays qu'est produit le cale Menado , qui est à très gros grains, mais en partie vidés

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par un insecte Aræocerns fasciculatus ; dans ces conditions, le café perd parfois les neuf dixièmes de son poids, mais il paraît qu'il gagne grandement en qualité.

Australie. — Au Queensland, plus de 700 acres sont réservés à la culture du caféier ; la valeur de la production annuelle peut être évaluée à 30.000 livres sterling.

A. — Agronomie

Botanique. — Arbre. — Le Coffeci arabica est un petit arbre dont la hauteur maximum est à peine de 8 mètres ; l’écorce du tronc est grisâtre.

Feuilles. — Les feuilles sont opposées, glabres, ovales, persistantes.

Fleurs. — Les fleurs odorantes sont blanches ; elles se présentent en petits groupes axillaires.

Fruits. — Le fruit rouge cerise est une drupe ovoïde, de couleur variant selon les cas : la cerise peut être blanche, jaune ou rouge; ordinairement chaque fruit contient deux noyaux minces et parcheminés; dans chaque noyau est une graine à albumen corné qui est le café enparche.

Variétés. — Les principales variétés du Coffea arabica sont: le Caféier de Moka , le V ermelho , Y Amarello , le Maragogipe , le Leucocarpa , le Soufrière, le Leroy ou Bourbon pointu , le café rond de la Réunion; le Chick coffee ree de l’Inde, le Coorg toujours de l’Inde, le Caféier de Java.

Nous décrivons très en détail les nombreuses variétés de caféier dans notre ouvrage spécial.

Climat; altitude. — Il ne recherche pas les hautes températures et, dans les pays franchement chauds, il préfère une certaine altitude aux basses régions. En Arabie, on le

trouve sur le liane des collines ; à Java, il faut atteindre 300 mètres pourobtenirde bons résultats, et à 1.500 mètres la fructification est encore parfaite.

Dans le nord de l’Inde, sur les Nilghcrries, les plantations de Coonoor sont à 2.000 mètres d’altitude.

Si nous passons à l’Amérique, nous voyons que de ce côté également, les altitudes sont variables. A la Jamaïque, les plantations sur la Montagne Bleue sont à 2.000 mètres ; à Costa-Rica, l’altitude moyenne est de 1.400 mètres. Au Venezuela, les cultures s’étagent de 200 mètres environ à plus de 2.000 mètres. En Colombie, ou compte de 800 à 1.700 mètres.

Au Brésil, les différences sont moins grandes; l’altitude varie de 600 à 1.000 mètres et vers 200 mètres, les produits capitania sont de qualité inférieure; quant à la température moyenne, elle doit osciller entre 15 et 25°.

Dans le sud de l’Europe et en Algérie, le caféier ne peut résister aux basses températures de l’hiver. Enfin le caféier recherche une atmosphère modérément humide, mais une fraîcheur constante du sol, sans excès néanmoins.

Sol; culture. — La racine pivotante du caféier exige une couche de terre végétale d’une profondeur moyenne de lm,50. Une terre argilo-sableuse avec un peu d’argile convient parfaitement; il faut éviter les terrains franchement calcaires ; les sols volcaniques sont favorables.

Pour l’établissement d’une caféière, la culture proprement dite, la récolteet le rendement, nous prions nos lecteurs de se reporter à notre étude.

Maladies. — Les maladies de cet arbre sont tellement nombreuses que nousne pouvons reproduire ici ce que nous disons d’autre part; citons simplement: le dorer , le xylotrechus qiiadrupes , la rouille, les maladies dites bug par les

CAFEIER

Anglais. Le champignon de Ceylan, ÏHemileia vastatrix, la mouche blanche, la cochenille des serres qui ressemble à un flocon de neige, des coccus, des fourmis, les rats, les souris, etc., etc.

Fig. 153. — Femmes préparant le repas des travailleurs (Congo).

Ombrages. — De façon générale on peut dire que plus on s’éloigne de l’équateur, moins il est nécessaire d’ombrager. Mais, vers l’équateur, c’est une nécessité absolue.

B. — Technique

Le principe actif du café est la caféine , dont le pourcentage varie de 0,80 à 2,5 0/0. Sa formule est C1c,H10Az4O2.

La caféine fut découverte en 1820 par Runge, qui lui avait donné le nom de « koffein » ; c’est un alcaloïde qui fut

étudié en 1823 par Dumas et Pelletier, puis par PfafF et Liebig. Cusling et Van Noten ont montré, qu’à faible close, la caféine accélère le rythme des contractions cardiaques; à dose plus forte, le rythme est accéléré et l'étendue réduite; sur des chiens, la caféine, à la dose d’un gramme, provoque une accélération énorme et, si l’action est continuée, il s’ensuit un empoisonnement définitif.

La caféine a une action sur les éléments musculaires, mais elle est sans influence sur les terminaisons nerveuses.Elle se présente sous formede fines aiguilles cristallines, blanches, soyeuses, à saveur amère. Elle se dissout dans le chloroforme à la température ordinaire, dans l’alcool à 85 0/0, dans l’eau, le sulfure de carbone et dans l’éther.

Voici deux analyses de café. La première est due à Payen, qui la lit en 1846 et l’autre est de M. A. Commailles.

Analyse de Payen.

Cellulose 34.000

Eau hygroscopique 12.000

Matières grasses 10.130

Glucose, dextrine, acide végétal? . .. 13.500

Légumine, caséine (glutine?) 10.000

Chloroginate de potasse et de caféine. 3.3 à 7 . 000

Matière azotée 3.000

Caféine libre 0.030

Huile volatile concrète, insoluble... 0.001

Huile volatile aromatique, suave j

Huile volatile aromatique, âcre )

Phosphates, sulfates et silicates de

potasse et de magnésie : . . . . 6.697

Perte 1 .640

CAFÉIER

Analyse de M.A. Commailles.

(Café du Mysore).

Eau hygroscopique 6.3 à 15 . 700

Matières grasses 12.680

Glucose 2.600

Légumine, caséine 1.520

Albumine 1.040

Chloroginate de potasse et de caféine. 9.000

Caféine totale 0.42 à 1.310

Cendres 3.882

Extrait par l'eau froide 24.970

Extrait par l'eau bouillante 37.200

Extrait par l'alcool à 60° 22.150

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