PRINCIPAUX MODES DE GREFFAGE
Définition. — Greffer, c’est prendre une portion vivante d’un végétal : greffe , greffon , scion et l’implanter dans un autre végétal sujet , aiin qu'elle se soude intimement avec celui-ci.
Si l’opération réussit, la partie apportée vivra donc sur la partie fixe à la façon d’une plante parasite. La greffe ne réussit guère qu’entre deux plantes de contexture analogue.
Nous ne décrirons que les procédés que nous avons vu le mieux réussir aux « Pays Chauds ».
Greffe anglaise ou greffe en langue ou greffe en approche. — Le sujet est étêté ; on sectionne obliquement un côté sur une longueur de 2 à 4 centimètres ; une portion en forme de coin est enlevée à la partie supérieure de la section ( fig . 10, 11 et 12). D’autre part le scion
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
est taillé de façon à s’adapter exactement an sujet : de cette façon les deux parties sont parfaitement encastrées l’une dans l’autre. On assure le contact en liant avec de la filasse, et on protège en recouvrant de cire à greffer ; l’humidité ne peut avoir ainsi aucune influence fâcheuse.
Le scion doit porter trois ou quatre bourgeons et le bourgeon inférieur sera près de la surface du sujet; ce dernier aura été également étêté près d'un bourgeon. Les écorces se trouveront en contact parfait.
solidement.
Cette greffe permet d’employer un sujet et un scion de diamètre différents; néanmoins il est toujours préférable de les choisir de môme grosseur.
Greffe en selle. — Par les figures 15 et 16, il est facile de se rendre compte que cette greffe n’est, en définitive, que l’opération inverse de la précédente. —
Cette méthode est préconisée pour greffer les citronniers (p. 123), les manguiers (p. 579), etc.
Greffe en fente. — Les figures 13 et 14 sont suffisamment explicites pour nous éviter toute description : le mode opératoire est des plus simples. Néanmoins il sera indispensable d'apporter toutes les précautions signalées pour la greffe anglaise. La ligature en particulier sera faite
Fig. 13, 14. — Greffe en fente.
Toutes les explications données ci-dessus subsistent donc et aussi les soins roconimandés pour la greffe anglaise.
Greffe en couronne. — Elle est très employée pour beaucoup d’arbres fruitiers, tels que les orangers (/%• 17). C’est par cetfe méthode que Ton parvient à greffer des orangers doux sur de vieux pieds d'orangers amers.
Le tronc de l’arbre est coupé droit à la scie, puis fini au couteau.
On introduit plusieurs scions : deux ou trois entre l’écorce et le bois. Souvent on prépare le passage à l’aide d’une cheville de bois dur.
Greffe en écusson. — Encore ici la figure 18 est suffisamment claire pour éviter de longues explications. On pratique sur le sujet deux incisions, l’une horizontale*
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
l'autre verticale et, à l’aide du greffoir, on décolle simplement l’écorce ; en effet, les incisions ne doivent pas blesser le bois proprement dit.
D’autre part, on prélève un écusson sur l’arbre à propager. L’écusson comporte un bourgeon parfaitement sain
s’appliquer sur le sujet, dans le logement pratiqué grâce aux deux incisions dont nous avons parlé et au décollement de l’écorce.
Une fois l'écusson mis en place avec de grands soins, afin d’éviter de froisser le bourgeon, on fait une ligature, comme cela a été indiqué pour la greffe anglaise.
Cette méthode est très employée pour les rosiers.
On cultive les arbres fruitiers en espalier, c’est-à-dire appliqués contre une surface verticale, un mur, par exemple : sujet en cordon vertical, palmette, etc., ou en plein vent : gobelet, pyramide, colonne, etc.
Fig. 18. — Grelfc en écusson.
DIVERS
La taille a pour but de répartir la sève de manière régulière dans toutes les parties de l’arbre et de permettre a l'air et au soleil de pénétrer partout.
Pour la taille, il faut distinguer le bourgeon à bois qui est dur, pointu et luisant, du bourgeon à fruit , court, rentl é et arrondi.
On appelle dard un petit rameau de quelques centimètres, qui se transforme en bouton à fruit; on ne le taille pas. Quand la transformation est faite, le dard prend le nom de lambourde .
Le point d’attache des fruits sur les branches se présente souvent en corps charnu fertile; on l’appelle bourse; on rafraîchit en tranchant l’extrémité.
Enlin il faut encore distinguer la brindille , petit rameau grêle que l’on porte parfois à fruit en supprimant l’œil terminal.
En outre de la taille ordinaire, il existe encore la taille en vert ou pincements ; elle a pour but de hâter la lormation des bourgeons à fruit.