C. — Industrie
Fruit au naturel. — Les caramboles sont assez rarement consommées au naturel à cause de leur acidité souvent trop prononcée ; il est vrai qu’on peut les manger cuites. Les Indiens les préfèrent crues pour exciter l’appétit.
Confiserie. — On les utilise dans la préparation des gâteaux et des tartes. On les fait également confire avec du sucre, du miel, etc.
Condiment. — Parfois aussi on les prépare au vinaigre et au sel ; elles jouent dans ce cas le rôle de condiment ou atchav (prononcer achar). Gomme il est souvent question des atchars en cuisine des pays chauds, nous en donnerons une composition exacte.
Atchar dérive de l’espagnol atschi qui désigne le piment. Chez les Indiens, les atchars remplacent les cornichons et les câpres.
CARAMBOLIER
A Batavia on prépare ce condiment en partant du tary , ou toddy ou callou , qui sont des vins de palmiers. Ces vins, par fermentation, donnent d’excellents vinaigres. A ces vinaigres on ajoute des sommités de végétaux : bourgeons du chou palmiste, du cocotier, etc., ou des fruits verts et astringents : jeunes mangues, bilimbis, jeunes caramboles, fruits du brindonnier jeune ; mangoustes, quelques citrus : cédrats, bigarrades, pamplemousses, des petites bananes, etc...
'On ajoute du piment et de la poudre de moutarde pour la force et le piquant. Si les atchars sont destinés au riz, on ajoute aussi des racines fraîches de gingembre.
Boissons. — Dans de nombreux pays, la carambole sert à la confection de boissons acides et rafraîchissantes ; à cet effet, on commence ordinairement par la faire dessécher.
La carambole en médecine
La carambole est acide, rafraîchissante; desséchée, on en fait des tisanes pour calmer la fièvre.
On emploie ce fruit à l’état frais contre la bourbouille : on en fait des applications. S’il est sec, on l’utilise en lotions pour le même usage.
Au Tonkin,où l’industrie de la laque est en vogue, on a remarqué que de nombreux ouvriers souffrent d’éruptions prurigineuses ; on combat ces affections à l’aide de cataplasmes de caramboles fraîches. Pour corriger les fumeurs d opium de leur défaut, ou tout au moins pour arriver à faire modérer les doses, on prépare des pilules dans lesquelles on remplace une partie de l’opium par de la poudre de carambole ; insensiblement on augmente les doses de caramboles; on peut aussi utiliser des infusions
de caramboles ou en faire, à l’état frais, un alcoolat.
On conseille de ne pas manger de carambole durant les accès de lièvre, car il pourrait se produire une astringence telle qu’on ne pourrait plus remuer la langue qu'avec la plus grande difficulté.
Chérimolier
Anona Cherimolia Famille des Anonacées
PLANTES DE MÊME FAMILLE DECRITES DANS CE VOLUME
Cachimantier, Anona veticulata , p. 415.
Corossolier, Anona muricata, p. 475.
Pomme-cannelle, Anona squamosa , p. G09.
Historique et généralités. — C’est l'un des meilleurs fruits des Anonacées.
Le chérimolier ou cherimoyer fut introduit dans les zones tempérées, mais son habitat est bien en pays chauds.
On devrait propager cet arbuste sur la côte occidentale d’Afrique.
Géographie. — Dispersion. — Synonymie
Europe. — France. — La chérimole est le custard-apple des Anglais ; on la récolte en hiver ou en février-mars dans les localités chaudes des environs de Nice. En ces
endroits et à Villefranche, il n’est pas rare de voir des graines tombées se ressemer d’elles-mêmes et produire de beaux sujets.
Espagne. — Le chérimolier bien abrité donne des fruits qui vont jusqu’à maturité.
CHÉRIMOLIER
lie Madère. — Le chérimolier y est cultivé en vue du ravitaillement des paquebots faisant escale dans le port de Funchal et aussi pour une petite exportation sur l’Angleterre.
11 en existe de nombreux arbres en production à Funchal.
Asie. — Le chérimolier ou Chirimoya fut introduit à Gevlan en 1884; il v est à maturité d’octobre à décembre. Afrique. — En Algérie, la récolte des chérimoles se fait
aux mêmes saisons qu’en France.
Les lies Canaries présentent de belles plantations de chérimoliers.
Amérique. — C’est la patrie des anones; de ta, elles ont été répandues entre les tropiques, mais le chirimoya du
Pérou, de l’Equateur et de la Colombie s’est peu diffusé. Au Brésil et au Mexique, on l’appelle fruto de coude. Au Pérou, l'arbre croît dans les Andes.
A la Jamaïque, il préfère les pentes boisées.
Le chérimolier a été introduit en Guyane et aux Antilles françaises.
A. — Agronomie
Botanique. — Anona Cherimolia Miller; Anona Tripe tala Ai ton. Famille des Anonacées .
Arbre. — Le chérimolier est un arbre de 5 mètres de hauteur; ses rameaux sont rudes; le tronc est rond et un peu raboteux.
Feuilles. — Feuilles ovales, obtuses, pubescentes en dessous, vertes sur la face supérieure et très aromatiques.
Fleurs. — Fleurs solitaires, pendantes : trois sépales et trois pétales; les pétales sont verts en dehors et blancs en dedans. Odeur douce qui s’accuse en juillet; elle est de
couleur vert jaunâtre et rappelle un peu celle du câprier.
Fruit. — Le fruit est l’ensemble des carpelles de la fleur qui ont grossi pour la maturité et se sont soudées. Le fruit est donc mamelonné et chaque protubérance correspond à la partie libre d’une baie. Souvent cette partie est durcie à la périphérie et présente les restes du style. Ce fruit, sphérique, peut atteindre la grosseur du poing; l’enveloppe d’abord verdâtre devient noirâtre; la chair est blanche etcrémeuse, savoureuse et à odeur agréable. Elle contient des graines ovales, brunes et ruminées.
Variétés. — Nous nous contenterons de citer YAnonci loxensis , qui est des plus exquises.
Culture; altitude; climat ; multiplication. — Au Pérou, on trouve des chérimoliers jusqu'à 1.500 mètres d’altitude. L’arbre n'exige donc pas une température très élevée.
La culture est simple : Après avoir semé, on laisse croître sur place. La fructification commence vers la troisième année.
A la Jamaïque, on récolte de juillet à septembre; aux Canaries, il faut attendre le commencement de l’hiver.
Dans la zone méditerranéenne, il est indispensable de disposer d’une terre légère, profonde et substantielle ; une exposition abritée permet d’obtenir des fruits à maturité.
On multiplie par semis, par marcottes, par bouturage
à l’étouffée et par couchage.
Greffe. — A Funchal, les jardiniers propagent par greffe sur plants de semis, au lieu de reproduire directement par graines. Les arbres greffés donnent des produits supérieurs à ceux de semis ; toutefois il y a lieu, bien entendu, de procéder à une sélection dans le prélèvement des greffons.
On greffe à environ un mètre de hauteur. M. Fairchild,
CHERIMOLIER
du département des États-Unis, a signalé à Madère plusieurs formes de chérimoliers : un fruit allongé qui mesure jusqu’à 12 centimètres de longueur, à surface lisse,
Fia. 169. — Jardin de Buitenzorg (arbres fruitiers).
mais à saveur de médiocre qualité; puis, un fruit en cœur à saveur très fine. Une troisième forme fut obtenue par M. Blandy ; le fruit renferme peu de graines; la culture en est faite de greffe et on palisse en arceaux afin de permettre aux fruits de mûrir sous le feuillage.
Taille. — Elle se pratique dans plusieurs pays, par exemple aux Canaries. On peut conduire le chérimolier en espalier.
Maladies. — Dès que les arbres commencent à vieillir, ils sont attaqués par la rouille; les fruits perdent de leur saveur. — Le remède le plus efficace est de les remplacer par de jeunes sujets.
B. — Technique
A l’analyse du fruit, un peu avant maturité, Durin a trouvé :
Eau 67,80
Sucre cristallisable 9,47
Glucose Jl, 75