C. — Commerce
Dans les conditions que nous venons d’exposer, le commerce ne peut être que local ; les exportations sont, en effet, insignifiantes.
Durian
Durio zibethinus Famille des Malvacées
Historique et généralités. — Bien que cet arbre soit assez peu répandu, njous le décrivons, car ses fruits sont très appréciés; Raoul les a déclarés les meilleurs de l’univers... malgré leur odeur alliacée... et peut-être bien à cause d’elle !...
Le durian est originaire de la péninsule malaise; c'est le Civet-cat fruit tree des Anglais. L’arbre doit son nom spécifique à la passion que la civette zibeth a pour ses
fruits.
Au paragraphe botanique, nous énumérons fruitiers relevant de la famille des Malvacées.
les
arbres
DURIAN
Géographie. — Dispersion. — Synonymie
Asie. — On ne rencontre le durian qu’en quelques points de l’Indo-Chine; plus particulièrement au Cambodge et en Cochinchine où on le cultive. Il est appelé duyin en Birmanie, saû reeng en Annam, thiï reeng au Cambodge.
En Asie méridionale, il est encore connu sous les noms de douren, dourian, de durian des Indes , etc.
Océanie. — 11 est répandu au Siarn, à Bornéo et dans la péninsule malaise où on le nomme Dœrian.
A. — Agronomie
Botanique. — Durio zibethinus Linné.
Famille d es Malvacées.
Arbre. — Il est de grande taille; les jeunes rameaux sont recouverts d'une sorte de duvet.
Feuilles. — Simples, entières, épaisses, garnies de poils écailleux.
Fleurs. — Les inflorescences portent également des poils. Ce sont des cymes qui apparaissent aux entrenœuds des rameaux. Les Heurs hermaphrodites présentent : un involucre gamophylle quise rompt à l’époque de l’anthèse ; un calice à écailles qui ressemble à l’involucre; une corolle qui comprend de 3 à 5 pétales et de nombreuses étamines à filets soudés à la base; ces étamines se divisent, plus haut, en 5 faisceaux.
L’ovaire à 5 loges est surmonté d’un style que termine un stigmate.
Fruit. — Volumineux, oblong, un peu sphérique. Il a l’aspect extérieur des fruits comestibles des Artocarpées; c’est-à-dire qu il est hérissé de puissantes épines
pyramidales et aiguës. Il est à cinq loges, à déhiscence loculicide; chaque loge contient de 3 à 5 graines. La pulpe est emprisonnée dans un péricarpe épais et verdâtre; elle est blanche ou café au lait, molle, savoureuse.
Graines. — Elles sont plongées dans une pulpe de couleur crème de qualité supérieure.
Chaque graine, de la grosseur d’un œuf de pigeon, contient un embryon à deux cotylédons épais.
Variétés. — La culture a donné plusieurs variétés de Dur io , telle que babi , cassomba , manka , etc. Leurs fruits sont à peu près sphériques, mais leur pulpe est fort aqueuse.
Autres Malvacée?. — Nous ne faisons que rappeler ici le Theobroma cacao , dont il est parlé page 379.
Les autres membres de cette famille sont :
Matisia corrfata, ouchupo chnpo de Santa-Fé-de-Bogota. Fruit agréable de la grosseur du poing et ayant l’aspect de l’abricot.
Amlcinsonia baobab Gaertner ou Adansonia digitata Linné. Arbre difforme, à tronc énorme, donnant un gros fruit ovale à écorce coriace, mais dont la pulpe acidulée est assez appréciée; on la fait même sécher pour la conserver. Ce fruit est appelé pain de singe et au Sénégal les indigènes disent bocci.
Adanson croit que cet arbre peut vivre plusieurs centaines d’années. Le fruit, dont nous venons de parler, est une capsule ovoïde, pointue aux extrémités, dont l'écorce ligneuse est recouverte d’un duvet verdâtre assez épais.
Cette capsule est divisée intérieurement en loges dont le nombre varie de dix à quatorze; des cloisons membraneuses les séparent.
Dans chaque loge sont plusieurs graines entourées de pulpe.
DURIAN
Vauclin, qui a analysé la matière parenchymateuse et amylacée du fruit, y a trouvé de l'amidon, une gomme analogue à celle d’Arabie, un acide qui ressemble a l'acide malique et un sucre non cristallisé.
Fig. 171. — Arbres fruitiers entourant une case.
La fécule sucrée du baobab passe rapidement à la fermentation vineuse, mais elle s’acidifie de suite.
Les Mandi ngues portent ce fruit vers le centre de
l’Afrique ; les Arabes l’introduisent au Maroc et en Égypte.
A Madagascar, on a trouvé dans le fruit du baobab un charançon, le Bathyaulacus subcucullatus Fairmaire.
Des fruits desséchés du baobab, provenant de la Guinée française, étaient attaqués par le Lasioderma serricorne , coléoptère de la famille des Pt inides et par le Calandra oryzae Linné, cette calandre qui cause tant de dégâts pour les céréales, notamment.
L'arbre est commun en Guinée, au Sénégal, dans l'Inde, etc.
Sterculia esculenta ou N'tciba , espèce très voisine du Kola, page 544.
Guazmna tomentosa Plumier. C’est le cèdre bâtard; ses fruits contenant une matière mucilagineuse sont consommés sur place.
Pachira aqnatica et P. insignis Au blet ou Pachirier. Le fruit rappelle un peu celui du cacaoyer, aussi appellet-on encore l’arbre cacaoyer sauvage. Pourtant les propriétés des fruits diffèrent totalement. Le fruit du pachirier est connu sous le nom de châtaigne de la Guyane. On le fait cuire sous la cendre.
Arbre commun à la Guyane.
Habitat. — Pour la culture du durian, il convient de choisir judicieusement le sol et le climat.
L’habitat idéal de cet arbre est la péninsule malaise.
A Bornéo et au Siam, les plantations existent dans les vallées de l’intérieur, sur le bord des rivières.
Reproduction. — On sème sur place, en terre meuble, riche et profonde ; on peut encore former des pépinières et transplanter.
Fructification. — A Ceylan, le durian fructifie en juillet et août.
FIGUIER DE BARBARIE
B. — Industrie et usages
Fruit. — Le durian ne peut être savoureux qu’en pays producteurs; en le mangeant dès qu'il vient d’ètre cueilli, l'odeur alliacée ne s’accuse presque pas.
La pulpe est nutritive, on la dit aphrodisiaque; les civettes en sont friandes, on se sert même du fruit du durian comme appât quand on chasse ces animaux ; le péricarpe non mûr est également comestible après cuisson. Il en est de même pour les graines.
A Bornéo, on mange un mélange de pulpe salée conservée et de riz.
Marmelade. — Les Siamois font cuire le durian, puis ils le malaxent avec de la crème fraîche et mettent en pots; ils obtiennent ainsi une marmelade qu’ils apprécient beaucoup.
Graines. — Elles sont comestibles, bien que de qualité médiocre ; ordinairement on les fait griller pour les manger; elles ont alors un peu la saveur de nos châtaignes.