C. — Industrie et usages
Fruits. — Pour consommer les fruits, il est indispensable de les priver de leurs aiguillons ; on y arrive en les brassant dans beau, puis en les pelant. Ces fruits sont très rafraîchissants en été, aussi sont-ils l’objet d’un commerce actif.
En Algérie, on les fait parfois sécher.
La chair sucrée et rougeâtre contient de nombreuses graines; elle rougit promptement les urines.
A Palerme on trouve sur les marchés deux sortes de Iruits : les latini ou anstini ou figues hâtives qui proviennent des premières Heurs. Ces fruits sont de bonne qualité. Puis se voient les seuzzulati ou figues tardives .
Pour obtenir les fruits tardifs, il faut avoir soin, au mois de mai, d’abattre les lleurs à l’aide d’un bâton. Les plantes en développent de nouvelles vers la fin de septembre et il en résulte des fruits également de bonne qualité.
Il existe aussi un fruit, le eu H russi , de couleur jaune orangé, de qualité médiocre.
Gelée. — Avec les fruits on fait aussi une gelée très agréable, mais qui colore également les urines en rouge.
Bourgeons. — Les jeunes bourgeons sont mangés au Mexique.
Boisson. — En faisant fermenter ces fruits, on obtient une boisson très agréable.
Farine. — En Amérique, on extrait une farine blanche des semences ; on la fait bouillir et on la façonne en une sorte de pain.
Nourriture pour bestiaux. — Les rameaux de la variété inerme, d’Algérie, sont coupés en tranches et servent de
GOYAVIER
nourriture aux bestiaux; est-il besoin cT ajouter que ces derniers se montrent également très friands des fruits et que dans bien des pays, au Mexique, par exemple, point n'est besoin de supprimer les aiguillons avant d’avertir la « société » que le dîner est servi !
Alcool. — Par distillation, 100 kilogrammes de fruits produisent 25 litres d’alcool.
7). — Commerce
En Algérie, en Tunisie et en Sicile, les fruits sont vendus à raison de 2 francs à 2 fr. 50 le cent.
Aux environs de Tunis la charge d’àne de raquettes épineuses, soit 40 kilogrammes, est vendue 0 fr. 60; la charge de raquettes inermes vaut 1 fr. 50.
Goyavier
Psidium Guyava Famille des Myrtacées
PLANTES DE MEME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME
Grenadier, Punica granatum , p. 504.
Jamelac, Eugenia malacccnsi.s, p.527.
Jamelongue, Eugenia jambolana , p. 531.
Pomme Rose, Jambosa vulgaris , p. 518.
Historique et généralités. — Le goyavier est indigène dans l'Amérique centrale, depuis le Mexique jusqu’au Brésil.
Le Psidium Guyava ou goyavier ordinaire est une espèce dépendant du Psidium pomiferum, dont nous parlons plus loin, au paragraphe « Botanique », ainsi que des autres variétés de Psidium .
Géographie. — Dispersion. — Synonymie
Europe. — Franco. — On cultive avec succès le Psidinm Cattleyanum ou goyavier-fraise dans quelques localités privilégiées de la Provence, entre Hyôres et San Remo.
En France, le fruit mûrit de septembre à décembre.
Les variétés qui sont à propager dans notre pays, et dont nous parlons plus loin, sont le Psidinm Cattleyanum et le Psidinm Guyava.
Asie. — En Chine se trouve le goyavier de Chine ou goyavier-prune, Psidinm Cattleyanum Sabine. On voit également les Psidinm py ri fer uni et le Psidinm pomiferum.
En Cochinchine, le goyavier prend le nom annamite de Cay oi. On y trouve le Psidinm caninum , qui doit son nom, paraît-il, à ce fait particulier que les chiens se montrent gourmands de ses fruits et qu’après absorption ils sont dans une sorte d'ivresse. Ce goyavier n’atteint guère qu'un mètre de hauteur.
Aux Indes occidentales est répandu le Psidinm pyriferum ou goyavier 'poire.
Ile de Ceylan. — Le goyavier de Chine y est commun. Au Tonkin, la goyave verte lisse et la goyave verte ordinaire sont dites quel oi.
Afrique. — En Algérie et en Tunisie, on cultive sur une assez grande échelle le goyavier-fraise.
Presque sur toute l’étendue de l’Afrique occidentale se trouvent des goyaviers; c'est, ainsi que les savanes de la Cote d’ivoire avoisinant les lagunes sont embaumées par les fruits mûrs des goyaviers.
GOYAVIER
Au Congo et au Sénégal, le goyavier se trouve d'introduction.
A Madagascar et dépendances, le goyavier est extrêmement répandu. On l'y connaît sous le nom de gavo et il a donné son nom à des villages : Angavo, Nosygavo, etc.
Fig. 1*3. — Goyave verte lisse (2/3 grandeur naturelle). Dessin : Docteur II. Lenoir.
Amérique. — Le goyavier est indigène dans l’Amérique centrale et aux Antilles.
En Moride et en Californie, le goyavier-fraise est très apprécié.
Dans la Guyane française on distingue : les goyaviers blanc, amazone, vert, rouge, bâtard, framboise, etc.
La variété la plus estimée est la goyave blanche, puis
viennent les amazones et les mi-douces qui sont plus rares.
Le goyavier type y est le Psidium aromaticum Aublet ou goyavier citronnelle; il peut atteindre 2 mètres de hauteur et les indigènes le nomment goyavier-citronnelle, à cause de l’odeur de son bois, des feuilles et des fleurs. Son fruit est de la grosseur d’une prune, de couleur jaunâtre et de saveur agréable. Le Psidium araça est commun aux Guyanes.
Au Brésil, sont très répandues le Psidium poly car puni et le Psidium araça; ce dernier est encore appelé « goyavier du Brésil; » à citer aussi, Psidium chrysophyllum F. V. Mueller ou Guabiroba de mata dans le sud ; Psidium cinereum, dans le sud; Psidium grandi folium JVlartius, extrême sud ; Psidium incanesceus, dans le sud; Psidium lineati folium , dans les montagnes, etc.
Au Venezuela existent plusieurs variétés de Psidium; le goyavier-fraise y est originaire.
Au Pérou, le goyavier-fraise semble être originaire ; dans ce pays, on voit fréquemment le Psidium araça.
Dans les Antilles, les goyaviers sont très répandus.
A Trinidad, le Psydiumpolycarpum est originaire.
A Saint-Domingue, en Ilaïti et dans les îles voisines (la Tortue, la Gonave, etc.), les goyaviers sont communs.
Les Antilles françaises possèdent plusieurs variétés de goyaviers: goyavier blanc, rouge, grosse goyave blanche, grosse rouge, petite rouge, goyave framboise, etc.
Océanie. — A Tahiti, le goyavier est désigné sous le nom indigène de Tuava ; il est tellement abondant qu'il forme une brousse contre laquelle il faut lutter pour protéger les cultures vivrières.
A Java, se rencontre abondamment le Psidium Guyava et sa variété à goût de framboise.
En Nouvelle-Zélande, les goyaviers constituent égale-
GOYAVIER
ment, en grande partie, la brousse de certaines savanes.
Le Psidium ccittleyanum, à goût de groseille, est commun à Timor.
A. — Agronomie
Botanique. — Psidium guyava Raddi.
Famille des Myrtacées.
Arbre . — Tortueux, ne dépassant guère 7 mètres de hauteur; son écorce est lisse, mince et très adhérente sur pied ; mais elle se détache facilement après abatage ; sa couleur est d’un beau vert rougeâtre.
Les jeunes rameaux présentent une forme quadrangulaire.
Feuilles. — Elles sont opposées, ovales, entières, épaisses et pâtes en dessous, coriaces, persistantes et parsemées de pores transparentes.
Fleurs. — Ne forment jamais de puissants bouquets; ne se montrent que par deux ou trois, ou mieux isolées aux aisselles des feuilles. Leur couleur est d’un magnifique rose tendre tirant sur le blanc ; leur odeur est très fine.
Fruit. — C’est une baie souvent d’un beau jaune d'or, de la grosseur d'un citron ; elle est surmontée des lobes persistants du calice. A l’intérieur sont de nombreuses graines.
Lapulpeest de teinte variable, mais souvent blanchâtre, rosée ou verdâtre. L’odeur du fruit, bien que forte, est exquise. Quand, en brousse, on se trouve sous le vent , les goyaviers révèlent leur présence par le parfum de leurs fruits.
Graines. — Elles sont dures et placées en pleine pulpe.
Variétés. — Nous avons dit plus haut que le goyavier-
type de nombreux auteurs est le Psidium pomiferum et que le Psidium Guyava ainsi que d’autres Psidium ne sont que des variétés ; au reste, il existe un nombre considérable d’hybrides du goyavier.
Consacrons quelques lignes à chacune de ces variétés.
Psidium pomiferum Linné. Selon les pays, il se présente sous l’aspect d'un arbuste ou d’un arbre, il est fructifère et rustique. La reproduction se fait de graines; les premiers fruits sont donnés vers la troisième année; la lloraison a lieu au commencement de la saison des pluies.
Le fruit piriforme est de la grosseur d’un citron, de cou leur jaune ou orangé; il est charnu, odorant, de saveur douce et sucrée.
Cet arbre rustique peut être cultivé en Algérie, et il est résistant au point de former de réels peuplements, surtout sur l’emplacement d’anciennes forêts. Dans bien des pays, le goyavier est l'arbre des savanes où il forme une multitude de bosquets.
Psidium Cattleyanum Sabine, encore appelé goyavier de Chine, goyavier- fraise, goyave rouge. Le fruit est très petit, de belle couleur vineuse et possède un exquis parfum de fraise. C'est certainement l’un des fruits des pays chauds les plus agréables. La grosseur varie entre celle d'une cerise et celle d’une prune, la pulpe est charnue et très juteuse. Sa variété lucidium , dit M.-J. Burtt Davy, présente un fruit plus volumineux, jaune et d’un goût délicieux.
Personnellementnous avons retrouvé le goyavier-fraise dans les jardins du gouverneur de la Côte d'ivoire, à Bingerville.
En réalité, il existe cinq variétés du Psidium Cattleyanum, savoir : goyave à peau blanche, noire, jaune, de Java ou framboise et de Timor ou groseille.
GOYAVIER
Nous avons dit plus haut que le Psidium Cattleyanum est encore appelé goyavier de Chine ; nous devons ajouter que certains auteurs en font une espèce distincte ou tout
Fig. 174. — Goyave verte ordinaire (2/3 grandeur naturelle^.
Dessin : Docteur H. Lenoir.
au moins une hybride. Le fruit, en effet, est jaunâtre, rappelant celui du goyavier ordinaire comme volume, mais les grains sont très gros.
La qualité est médiocre; enfin, l’écorce caduque se# détache facilement. Le Psidium cattleyanum est commun à la Réunion.
Psidium aracci. Encore appelé goyavier du Brésil. Sa hauteur moyenne est de 2 mètres. Il porte des fruits assez gros, d’un jaune tirant sur le vert, ovoïdes et à chair blanchâtre d’une saveur aromatique. La pulpe est de bonne qualité et rafraîchissante. Le Psidium araca est assez commun à la Guyane.
Le Psidium polycarpum Anderson. C’est un arbuste très fructifère; les goyaves sont de bonne qualité et de la grosseur d’une noix ; leur couleur est jaunâtre.
Ce goyavier est pubescent, à rameaux comprimés-cylindriques ; la floraison et la fructification se font toute l’année. Arbre très répandu à la Guyane.
Psidium ru fum Martius. Espèce très résistante au froid, mais le fruit n'est que de médiocre qualité.
Voici d’autres espèces moins précieuses que les précédentes :
Psidium mali folium F.-V. Mueller; Psidium cordatium Sims Lévis; Psidium cinereum Martius; Psidium cuueatum Gamb ; Psidium incanesceus Martius, etc.
Autres myrtacées.. — Le goyavier est la première Myr lacée que nous étudions dans cet ouvrage. Nous en verrons d'autres, inscrites en tète de cette monographie; pour nous compléter, nous énumérerons ici quelques plantes de cette famille, mais de moindre importance.
Myrciara jciboticaba Berg ou simplement J aboli cal>a. Très répandu au Brésil; il donne un fruit rouge, juteux et d’excellente qualité. A citer aussi les fruits des Myrciara cauliflora Berg et trunciflora Berg.
Phyllocalyx edalis Berg. Connu au Brésil, dans la province de Minas Geraes, sous le nom de Pitanga uba.
GOYAVIER
C’est un petit arbrisseau à fruit jaune, parfumé et d’assez bonne qualité.
Rhodomyrtus tomentosa de Candolle. Répandu à Java où il est désigné sous le nom de Kemonting. Son fruit rouge foncé, peu volumineux, se mange souvent cuit.
Mgr tus Ugni Molina. Se voit au Chili où il porte le nom d'Ugni. Arbrisseau qui donne des fruits comestibles. Avec lui se trouve le Mgr tus huma Molin, que les Chiliens appellent lamas.
Campomanesia lineati folia Ruiz et Pavon, commun au Pérou. Son fruit est de la grosseur d’une pomme.
Campomanesia hgpoleuca Berg. Beaucoup plus connu sous le nom de Goyave de Saint- Anselme.
Gomidesia glomerata Berg. Ou manga de Brejo , que l’on voit au Brésil.
Couroupita guianensis Aublet ou Boulet de canon. Le fruit ligneux est rond, il porte un anneau saillant au tiers de sa hauteur; son volume est celui d'un boulet, d’où son nom créole ; il renferme une pulpe peu succulente, mais appréciée néanmoins. Les indigènes en font une sorte de marmelade rafraîchissante. Les graines sont comestibles. Arbre commun en Guyane.
Abbevillea Guaviroba Berg. Appelé Guaviroba au Brésil.
Bubachia glomerata Berg, ou Cambuca , au Brésil. Son fruit est jaune et de la grosseur d’un abricot ; il est très cultivé au Brésil.
Carega arborea Roxburg. C’est le Khuni du Pendjab; le fruit est comestible, mais les graines sont toxiques.
Lecgthis ollaria Linné. Ses fruits sont à noix comestibles, arbre commun en Guyane.
Lecgthis grandi flora Aublet; plusieurs espèces produisent des amandes comestibles. Ce sont de grands arbres.
Au Brésil ; les fruits sont appelés Lecythis zabucajo Aublet. Les amandes sont délicates. Arbre de la Guyane.
Sapucayci et canari macaque ou marmite de singe ; ils ressemblent, en effet, à une marmite surmontée de son couvercle; chaque fruit renferme de vingt-cinq à trente noix. La pulpe molle et acidulée-sucrée qui entoure ces graines est très recherchée par les singes.
Bertholletia excelsa ou châtaignier du Brésil ou amande du Brésil ou Judas. L’amande est de bonne qualité et riche en principe oléagineux. L’arbre, de grandes dimensions, existe en Colombie, en Guyane et au Brésil. Le fruit volumineux renferme de quinze à vingt-cinq noix triangulaires. L'amande se mange crue ou cuite, son goût rappelle celui de l’amande ou du marron. Au Brésil on en fait des dragées, des confitures et elle entre dans la composition du chocolat.
Nota. — Pour la famille des Myrtacées, voir encore Grenadier , page 504 ; Jameiac , page 527 ; J ame longue , page 531 et Pomme-rose , page 618.
Habitat; exposition; altitude. — Les goyaviers poussent bien souvent en pleine brousse sur les plateaux et flancs de montagnes ; à la Guadeloupe on en rencontre encore à 700 mètres d’altitude. Ce sont donc des arbres rustiques, mais leur rendement en fruits dépend beaucoup de la qualité du sol, de même que la pluie influe sur la qualité des goyaves. Pour que les fruits soient parfaits, il ne faut que des pluies modérées; cela est tellement vrai que dans les pays à grandes chutes de pluies, il est indispensable d’augmenter la fumure, si I on tient à la qualité des goyaves.
Sol. — Un sol argilo-siliceux calcaire convient parfaitement, comme nous avons pu nous en convaincre à Saint-Domingue et en Haïti.
GOYAVIER
D'autre part, nous avons trouvé de véritables peuplements de goyaviers dans le nord-ouest de Madagascar, à Nossi-Bé, aux Comores et à la Côte d’ivoire.
Les argiles fortes et les sols volcaniques conviennent également à cet arbuste; c’est suffisamment dire combien le goyavier est répandu dans les zones tropicales.
Fig. 175. — Jour de fête chez les indigènes.
Abri; ombre; irrigation; brise-vents. — A moins de se livrer à la culture du goyavier dans le but d’exportation de fruits améliorés ou en prévision de fabrication de gelées, confitures, etc., on n’a guère à s’occuper de ces questions qui, pour la plupart des autres plantes, sont primordiales.
Reproduction. — On reproduit de semis ou par boutures; les graines gardent très longtemps leurs propriétés ger-
minatives; elles sont résistantes; on peut les expédier à sec après simple lavage; c’est ainsi qu'elles lèvent même après leur passage dans les intestins des animaux. Dans les pays intertropicaux, le goyavier se multiplie de luimême; on l’arrache en même temps que la brousse. On peut encore reproduire par fragments de racines.
Quand on utilise la graine, on sème en pépinière pour repiquer les jeunes plants lorsqu’ils possèdent deux ou trois paires de feuilles. On dispose en plates-bandes à 0m,20 de distance eu tous sens.
Si l’on opère par bouturage, on peut se servir des rameaux, mais il est plus prudent de prendre les parties souterraines.
Préparation du terrain; plantation. — Le terrain étantnettoyé, les terres retournées, on prend de pépinière les plants d’une année et on les place à 4 mètres d’écartement.
Culture; entretien; taille. — On doit (ailler bas si l'on veut une fructification abondante; la taille se fait environ un mois avant la floraison. Les soins apportés en culture influent beaucoup sur lu grosseur et la quantité des fruits.
Époque de floraison. — Elle dépend des régions : aux Antilles, la iloraison se produit d’avril a juillet; en Cochincliine, de janvier à mai; en Nouvelle-Calédonie, en novembre et décembre.
Récolte; rendement. — A partir de trois ans, un goyavier peut rapporter de 6 à 8 kilogrammes de fruits ; cette production augmente ensuite et atteint de 20 à 25 kilo-
grammes
Cueillette; époques. — Nous avons parlé des époques de Iloraison ; on peut dire que la maturation est à peu près complète trois mois après la floraison; c’est ainsi qu en Cochinchïne la cueillette s'opère d’août à décembre. On
GOYAVIER
recommande de cueillir les fruits, le matin, alin de leur conserver .tout leur arôme.
B. — Industrie
Fruit au naturel. — La saveur de la goyave peut varier : ordinairement elle est légèrement musquée, mais toujours agréable. Le fruit se mange cru ou cuit; nous avons dit que son volume varie selon les espèces; la goyave commune pèse de 60 à 65 grammes, dont 85 0/0 de chair et 15 0/0 de graines et écorce.
La goyave verte est astringente ; elle calme bien la soif, mais il faut lui ajouter du sucre et du rhum ; elle prend, dans ces conditions, un goût de fraise prononcé.
Marmelades. — On recommande spécialement le fruit du Psidiam guyava. L’arbre porte beaucoup, et ses fruits, après cuisson, sont d’odeur et de goût agréables.
Gelées. — On préfère le fruit rouge du Psidiam cattleyanum ou les fruits des Psidiam araca et polycarpum.
Aux Indes occidentales, on utilise les fruits du goyavier-poire ou Psidiam pyriferum pour confectionner d’excellentes gelées.
Sirops. — Les sirops de goyaves sont de plus en plus demandés.
Feuilles. — Les Javanais mangent les feuilles du Psidiam guyava mélangés au riz.
Aux Indes occidentales, les Annamites se servent de l’infusion des feuilles pour teindre leurs vêtements de deuil.
Tanin. — L’écorce du Psidiam guyava renferme de 27 à 30 0/0 de tanin, proportion suffisante pour une exploitation industrielle.
Exploitation pour le bois. — Le bois du Psidiam guyava
se travaille facilement et peut être sculpté. Il donne un charbon de première qualité. Les branches fourchues servent à confectionner des crochets de bats.
La goyave en médecine
Avant complète maturité, la goyave est astringente, et elle est employée comme telle pour la diarrhée et la dysenterie ; elle devient laxative après maturation. A ce moment, le fruit est peu sucré et prend une saveur aigrelette. Les “feuilles en infusion servent également à combattre la dysenterie.
Le fruit vert est donné dans la diarrhée cholériforme.
Infusée avec de l’écorce de grenade, la goyave est tamicide.
Dans certains pays, on préfère manger la goyave cuite afin d’éviter, paraît-il, des catarrhes intestinaux? On fait cuire au sucre.