TA
jaune terne ; chair pulpeuse, sucrée et acerbe. On ne mam ces fruits (]u après blettissure. Cette espèce sert egalement de porte-greffe aux autres
variétés.
Asie. — Nous avons dit que le kaki est originaire de la Chine et du Japon.
Plusieurs Diospyros dont nous parlons plus loin au paragraphe « Botanique »
sont également originaires de ces pays.
Nous cilerons : Diospyros decandra Loureiro, que Ton voit en Indo-Chine et qui est le Cay-the des Cochinchinois ; son fruit est de bonne qualité.
Le Diospyros embryopteris Persoon ou /). glutinosci Kœn, très répandu dans l’Asie méridionale, mais dont le fruit, de qualité médiocre, n’est consommé que par les indigènes.
Le Diospyros lancœ folia Roxburg, également commun dans P Asie méridionale, ne donne un fruit que de qualité inférieure.
Le Diospyros pyrrhocarpa Miquel, très répandu en Birmanie, donne un fruit comestible; les Birmans en extraient aussi une substance dont ils enduisent le papier servant à confectionner leurs parapluies.
Fig. 187. — Kaki rouge (coupes et graines) (2/3 grandeur naturelle).
Dessin : Dr II. Lenoir.
Quant au Diospyros kaki , très répandu en Asie, ses variétés forment deux grandes divisions : Amagaki ou kakis à fruits doux et comestibles et les Sibugaki ou kakis à fruits âpres et seulement mangeables après blettissure.
D'après M. de Castillon, les variétés de choix parmi les Amagaki sont : Hachi-ya-Gaki et Xenzi , tout à fait remarquables, puis, O-Zenzi , Go-sho , kura-Kuma , Goraku.
Pour les Sibugaki , on distingue : T suro-no-Ko ’ Shinarno-Kakis, Aoso et Ko-Kaki.
En Cochinchine, le fruit ordinaire du D. kaki est appelé cay-long , et au Tonkin, quâhong.
Diospyros Mabola Roxburg : il est cultivé dans l'Inde. Son fruit a l'aspect d'une belle pêche ; sa peau est couverte de poils dorés. C'est un fruit d’assez bonne qualité.
Afrique. — Les Diospyros ont généralement donné de bons résultats en Algérie, et ils sont maintenant très répandus à la Réunion. Dans ce dernier pays, il y a lieu de citer le Diospyros mabola .
En Algérie, on cultive YHac/iiya, que nous savons être une variété du Diospyros kaki.
Amérique. — Plusieurs variétés de Diospyros existent en Amérique. Nous citerons :
Diospyros texana Scheele, surtout répandu au Texas. Ses fruits globuleux et noirâtres sont comestibles à maturité.
Diospyros virginiana Linné, ou Kaki de Virginie , ou Persimon. L'arbre végète jusqu’à hauteur du Canada, mais il ne fructifie que dans les régions de l’oranger; le fruit est de la grosseur d’une prune et de couleur café au lait quand il est bien mûr.
Diospyros Mabola ou discolor Vildenow assez apprécié dans plusieurs pays d’Amérique. Les fruits sont velus,
KAKI
globuleux et ont la forme de Tabricot-pêche ; leur parfum est agréable, mais la chair est farineuse et pâteuse. L’arbre existe à la Réunion.
Fig. 188. — Kaki vert (2/3 grandeur naturelle). , Dessin : Docteur H. Lenoir.
Océanie. — Quelques variétés de Diospyros s’y rencontrent, Diospyros Mabola Roxburg ou discolor Wildenow, répandu aux Philippines. Sa feuille ressemble un peu à celle du Caïmitier, page 455.
Diospyros scipota Roxburg ou Sapote negro Sonnerat. Il pousse à l’état spontané aux Philippines ; c’est un arbre
qui atteint jusqu’à 15 mètres de hauteur; son feuillage est touffu et sombre. Le fruit, de la grosseur d’une orange, a une peau verdâtre; sa chair est noire peu appétissante, mais agréable quand le fruit est bien mûr.
En langue sundanaise, le kaki est désigné sous le nom de Kikoweh . ,
A. — Agronomie
Botanique. — Diospyros Kaki Linné fils. Famille des
Ebénacêes.
C’est cette variété que nous étudions plus spécialement et sur laquelle nous allons maintenant donner des détails.
Arbre. — Sa hauteur maximum est de 5 mètres.
Feuilles. — Ovales, aiguës, abondantes, grandes, d’un beau vert; dans la zone méditerranéenne, elles tombent au début de l’automne.
Fleurs. — Elles sont de grandeur moyenne, dioïques et d’un blanc jaunâtre.
Fruits. — Baies avec calice accru, de formes et de dimensions variables; sphériques ou ovoïdes ; le volume va de celui d’une prune à celui d’une pêche. La coloration peut prendre les teintes intermédiaires du jaune au rouge et même ressembler aux tomates.
Les fruits sont généralement dépourvus de graines, et ils peuvent être en si grande quantité qu’ils cachent com plètement les rameaux.
Ils sont fortement retenus aux branches par de solides pédoncules très ligneux. C’est dire que les vents n’ont guère d’action sur eux.
Variétés du Diospyros kaki. — Hiakumé. — - Pulpe à taches noires, goût agréable, poids moyen, 40 grammes. Peu de graines.
KAKI
Hiza. — Petits fruits ayant un peu d’âpreté au moment de la cueillette.
Tara. — Fruits pesant jusque 300 grammes; variété astringente ; pas de pépins.
Yama-Yemon. — Pulpe compacte et présentant des taches noires; bonne qualité, mais variété tardive.
Hachiya. — Fruits de 300 à 350 grammes, très âpres. C’est cette variété qui est la plus utilisée en Europe pour la confiserie.
Zeiizi. — Variété tardive; il faut attendre les premières gelées pour cueillir.
Variétés de Diospyros divers. — Nous avons cité précédemment quelques-unes des principales variétés des Diospyros ; en voici d’autres :
Diospyros chloroxylon Roxburg, à fruits globuleux et petits, comestibles à complète maturité ;
Diospyros vil/osa , dont les fruits sont passables;
Diospyros montana Roxburg, à fruits comestibles;
Diospyros coronaria , qualité moyenne;
Diospyros melanonylon Roxburg. Son fruit jaunâtre est de la grosseur d’une pomme moyenne; les indigènes le mangent cru ou cuit;
Diospyros Si Tete de Runge, assez répandu en Asie;
Diospyros rarniflora Roxburg; fruit comestible;
Diospyros tomentosa Roxburg; fruit jaunâtre astringent, doux et comestible ;
Diospyros toposia Roxburg; fruit comestible.
Culture. — Habitat. — L’arbre recherche une terre profonde et fraîche, argileuse, mais non compacte.
Il convient d’arroser en saison sèche.
Le plaqueminier résiste aux hivers les plus rigoureux; on en a vu supporter 10 et 15° de froid.
Propagation. — On multiplie par graines et par greffes.
Greffage. — Etant donné que les meilleures variétés sont dépourvues de graines, on multiplie et on conserve les races par greffe (Voir ce que nous avons dit à ce sujet, page 10). On croise les espèces telles que le Diospyros virginiana, le Dio spyros villosa , le Diospyros lotus , le Diospyros coronarici , etc.
C’est sur le Diospyros lotus que Ton greffe le Diospyros costata Carrière, en Algérie.
Les Diospyros kaki , les plus rustiques, appartiennent au groupe correspondant du Diospyros Si Tete de Bunge; c’est-à-dire au vrai kaki ou plaqueminier du Japon.
Ceux correspondant au Diospyros sinensis Thunberg ou kaki de Chine résistent moins et, en province, ils souffrent du froid, alors que les autres peuvent être propagés jusque dans le nord de la France.
On greffe en fente durant février-mars ou à l’automne; la greffe à la Pontoise réussit bien également, ainsi que la greffe en couronne. Alin d’augmenter les chances de réussite, on tient les jeunes pieds greffés sous cloche ou en pot.
Floraison. — Souvent dioïques, les fleurs apparaissent en mai-juin.
Fructification. — Sur le littoral méditerranéen la cueillette a lieu dès la mi-octobre; mais les fruits perdent de leur astringence s’ils restent sur les arbres jusqu’aux froids.
Au Japon les grandes espèces peuvent peser jusque 300 grammes, mais les petites espèces ne dépassent guère 4 grammes.
B. — Industrie et usages
Fruit. — Les Japonais préparent les kakis âpres ou astringents de la façon suivante : Ils s’efforcent de faire
KAKI
disparaître l'apreté en mettant les fruits dans des barils vides de saké (vin de riz); ces barils ont conservé Todeur du saké et on les ferme hermétiquement. Au bout d’une semaine environ la saveur désagréable a disparu et les fruits sont devenus sucrés; dans le cas où les barils ne seraient plus suffisamment imprégnés de l’odeur de saké, on verserait un peu plus de ce vin sur les fruits.
Généralement la préparation en reste là; mais, si l’on a affaire à des kakis par trop acres, on emploie cette autre méthode. Dans un grand baril, on met de la paille de riz, des tiges de patate douce et du charbon de bois; on verse de l'eau tiède et on brasse le tout. On introduit alors les kakis qui doivent baigner dans le liquide; cinq à six jours sojit nécessaires pour rendre les fruits propres à la consommation. Toutefois les produits résultant de cette préparation sont inférieurs à ceux de la première. En France, les kakis une fois cueillis sont placés sur la paille ou sur des tablettes en des endroits secs et aérés; leur maturité s’y achève; les fruits sont disposés sur leur base, autrement dit sur leur large calice persistant.
Les abricots du Japon sont mous, pulpeux et sucrés; intérieurement ils ont assez l’aspect d’une marmelade d’abricots et on les mange à la cuiller. La plupart de ces fruits ne se consomment qu’à l’état blet; ils sont alors exquis et bien peu de fruits peuvent leur être comparés.
Confiserie. — Avec les fruits de certaines variétés, Hachiya , par exemple, on prépare des confitures et des tartes très appréciées.
Les indigènes lont avec ce fruit des pains de quelques centimètres d’épaisseur, de saveur agréable et fort nourrissants.
Exportation. — Quand on prépare les kakis en vue de
l’exportation, on commence par les peler, puis on les suspend pour les dessécher; les fruits noircissent et deviennent très sucrés. Si alors on les emballe bien secs, ils ne tardent pas à se couvrir d une efllorescence blanche composée de sucre exsudé; ils ont alors très bel aspect.
Le Kaki en médecine
Le kaki est employé contre le hoquet; à cet effet, on prépare une tisane de feuilles de kaki mélangées à des feuilles de laurier-cerise.
Vert, on le donne dans la cachexie, l’œdème des parois abdominales. Mélangé avec du gingembre il entre dans la médecine infantile : vomissements, gastrite légère.