KO LA TI ER
lies Set/che/les. — On y a fait des essais de culture. Zanzibar. — Des plantations y ont parfaitement réussi.
Amérique. — Colombie. — Le kolatier C. acuminata y fut trouvé et décrit par Karsten dans sa Flore de Co-
Fig 190. — Travail à l’angady
lombie. Il le désignait sous le nom de Siphoniopsis monoica.
Près de Curiepe, les indigènes le nomment Ecla.
Brésil. — Le C. acuminata existe également au Brésil.
Jamaïque. — Ou a calculé que chaque arbre y rapporte annuellement de 45 à 50 kilogrammes de noix.
Trinidad. — Le kolatier y est également répandu.
Océanie. — Australie. — Des essais de culture du kolatier y ont été faites ces dernières années.
A. — Agronomie
Botanique. — Depuis que Palisot de Beauvois a découvert et étudié le Cola acuminata , les travaux des botanistes et des voyageurs ont fait connaître toute une série de colatiers d'espèces diverses; c’est ainsi que les professeurs K. Schumann et O. Warburg décrivirent le Cola vera , mais d'autres auteurs prétendirent presque aussitôt que ce C. vera n'était autre que le C. acuminata.
En outre le professeur Busse a décrit un Cola supfiana qu'il a trouvé au Cameroun et au Togo; il existerait en outre le Cola Ballayi , sans oublier le C. ficifolia , le C. heterophyllay\e C. cordi folia, leC. Duparquetiana, etc.
Nous ne parlerons que du Cola acuminata Palisot de Beauvois B. Brown.
Synonymie. — Sterculia acuminata Palisot de Beauvoir; Sterculia nitida Ventenat; Sterculia vcrticillata Schumacher et Thonning; Sterculia macrocarpa Don; Siphoniopsis monoica Karst; Edwardia lurida Raff; Eclwardia acuminata O. Kuntze; Lunanea Bichy de Candolle.
Voici ce qu’en dit M. de Wildeman :
« C’est un bel arbre, il peut atteindre 30 mètres de hauteur; son tronc cylindrique, droit, ramifié assez tor-
KOLATIER
tement, forme une couronne étendue dont les rameaux retombent parfois jusqu’à terre. Le bois est léger, blanchâtre et poreux, solide, à grain lin, pas facilement attaqué par les insectes. Il peut donc être employé dans la charpente et la menuiserie et même dans les constructions navales. Les feuilles, très variables dans leur grandeur, sont glabres sur les deux faces à l’état adulte, mais présentent à l’état jeune parfois quelques poils étoilés, principalement sur les nervures. Les feuilles sont pétiolées, à pétiole de 1 à 6 centimètres de longueur, à limbe de 10 à 25 centimètres de longueur et 3 à 9 centimètres de large. Les fleurs sont disposées en cymes axillaires ou terminales, de 5 à 8 centimètres de long, et à pédicelle de 10-15 millimètres environ de long, velu, à poils étoilés; elles possèdent cinq lobes plus ou moins étalés, velus, à poils étoilés sur les deux faces; les Heurs mâles présentent des étamines réunies en une colonne centrale plus courte que le calice, dont les anthères sont disposées en deux séries superposées dans les fleurs hermaphrodites ; le centre est occupé par un ovaire subglobuleux formé de cinq ou six loges, contenant chacune deux rangées d’ovules. L’ovaire est surmonté de cinq ou six stigmates sessiles, subulés et plus ou moins réfléchis; il est entouré à la base par un cercle d’anthères en deux séries superposées. Le fruit est constitué par des follicules au nombre de un à six, oblongs, sessiles, plus ou moins acuminés au sommet, coriaces, rugueux, brunâtres à maturité, de 8-16 centimètres de long et de 6-7 centimètres de large ; ils peuvent renfermer de un à seize, en moyenne six ou huit graines oblongues, possédant de quatre à six cotylédons, blanchâtres ou colorés plus ou moins fortement en rouge et mesurant 3 à 3,5 centimètres de diamètre. » Nota. — Certains auteurs avaient reconnu deux es-
pèces de kolatiers, le kola rouge, Sterculia acumïnata , et le kola blanc Sterculia macrocar pa ; mais on a remarqué, depuis, que les mêmes kolatiers peuvent produire simultanément et parfois dans la même gousse, des kolas jaune clair, rosés, violacés et d’un rose franc.
Habitat. — Il lui faut des terres riches en éléments fertilisants.
En Afriq uc occidentale, sa zone de prédilection semble être comprise entre le 6° 30 et le 8° de latitude.
Culture ; entretien. — On fait germer des noix en pleine terre; au bout d’un mois on transplante le petit arbrisseau et on le préserve du soleil en le coiffant d'un chapeau fait de feuilles de palmiers; il est bon d’arroser de temps on temps.
Dans certaines régions, les indigènes n’emploient jamais de graines pour la reproduction, ils opèrent par bouturage. Pour le pays de Sassandra, par exemple, les indigènes coupent une branche d’environ im,50 à un kolatier ; ils la recourbent en forme d’arceau et en enfoncent en terre les deux extrémités; au bout d’un certain temps, dès qu'ils jugent les racines suffisamment fortes, ils sectionnent l’arceau par le milieu et, en une seule opération, obtiennent ainsi deux sujets.
Le kolatier ne reçoit généralement pas de soins culturaux ; les indigènes se contentent parfois de débrousser l’herbe autour du pied ; parfois aussi ils binent le sol dans les environs et arrosent pendant la saison sèche; enfin, si la récolte s’annonce bien, ils placent des fourches sous les branches pour les empêcher de casser.
Fructification ; récolte ; rendement. — Le kolatier commence à rapporter vers la sixième année, mais il faut neuf ans pour que la fructification soit active. Il y a deux récoltes par an ; certains sujets ont des fruits toute l’année.
KOLATIER
Un pied rapporte annuellement de 5 à 15 francs. Les rendements varient avec les saisons. S’il pleut beaucoup, le rendement est avantageux.
La floraison a lieu en août et les fruits sont mûrs en décembre.
Le fruit est une cosse qui contient les noix.
Pour la cueillette, les indigènes grimpent sur les arbres ou les gaulent; les noix sont placées à l’abri dans des corbeilles, elles achèvent de mûrir. Les cosses s’ouvrent et les noix s’échappent. On les conserve huit jours, puis on détache le tégument externe par un simple lavage à l’eau. Les noix sont alors exposées au soleil où elles sèchent. Elles sont prêtes à être livrées au commerce.
Un arbre rapporte en moyenne de 1.500 à 2.000 noix, mais on a compté jusqu’à 2.000 noix comme rendement d’un seul arbre. On a même avancé 6.000 kolas par pied et par an dans le pays des Gans (Côte d'ivoire) et 10.000 fruits pour la région de Kokumbo (Côte d’ivoire).
Maladies et ennemis. — Vers la troisième année, l’arbre subit une crise au cours de la saison sèche; il est piqué par un insecte. S'il résiste, il est sauvé et ne demande plus de soins.
Parmi les ennemis du kolatier nous citerons : les fourmis, le Balanogastris colæ , l’antilope qui mange les feuilles.
Le Balanogastris colæ mesure 5 centimètres de long; le ver est blanchâtre, pointu et à tête brune; il s’attaque aux jeunes amandes dont il détruit les cotylédons.
Pour le combattre, il faut supprimer les noix atteintes, puis changer les arbres ou employer des seringages à base de savon créosote ou de décoction de quassia.
B. — Technique
En 1864, Attfield, chimiste anglais, avait reconnu dans la kola une huile essentielle et une substance qu’il avait rapportée à la sléine.
En 1883, MM. Ilechel et Schlagdenhaufen y démontrèrent la présence de deux alcaloïdes : la caféine et la théobromine .
Puis des analyses décelèrent la présence de tanin , de corps gras et de matières colorantes. De l’ouvrage de M. de Wildeman, les Plantes tropicales de grande culture , nous extrayons l’analyse suivante :
Cellulose par différence 29,831
Knoxe et Prescott étudièrent le rouge de kola. Leurs études furent reprises par M. Goris,qui parvintà cristalliser le troisième corps de la kola; il l’appela colatine ; elle est assez rapprochée du tanin, mais elle est douée, en outre, d’une activité médicamenteuse.
Caféine 2,349 \
Théobromine.. 0,023 ! Matières solubles dans le
Tanin 0,027 i chloroforme
Corps gras 0,585 J
Tanin 1,591 j
bouge de cola. 1,290 I Matières solubles dans
Glucose 2,875 l l'alcool.
Sels fixes. ..... 0,070 )
Amidon
Gomme
Matières colorantes — protéiques
Cendres
Eau
KOLATIER
En Guinée, les Sousous font secher les noix au soleil, puis les entourent de feuilles et les conservent dans des paniers.
En Haute-Guinée, dans les centres importants de production, remballage est fait à l’aide de feuilles des Cola heterophylla et cor d% folia.
Fig. 191. — Toiture végétale.
Les indigènes de Tapa utilisent les feuilles de Thaumatococcus Daniel li ou Fila ou Aworom ; les paniers sont garnis de peaux et recouverts de sacs. Les noix peuvent rester ainsi fraîches durant quatre mois. Et à condition de changer de temps à autre les feuilles de Cola heterophylla ou bal, on peut prolonger la conservation jusqu’à environ dix mois.
Dans la région de Mellacorée, on rend la conservation plus longue en ajoutant à l’eau de lavage la poudre d’une racine dont la principale propriété est d’écarter la larve appelée tembone ; on arrive, de cette façon, à une conservation d’une année.
Quant aux noix destinées à l’exportation sur Marseille ou sur Londres, elles sont emballées dans des paniers tressés en lianes et garnis de feuilles.