C. — Industrie
Noix fraîches. — Dans les pays de production les noix sont toujours consommées fraîches, et voici à ce sujet différentes façons de conserver leur fraîcheur aux fruits.
Dans LAnno (Cote d’ivoire) et les pays voisins Achantis, les noix sont lavées et mises en tas à l’ombre ; on recouvre et on borde ensuite de feuilles de bananiers ; tous les dix jours, les tas sont visités afin de voir si les noix ne sont pas piquées par un insecte nomm éSambara par les Dioulas et Knutia , par les Achantis. On arrive ainsi à conserver les noix fraîches pendant une année environ.
Dans d'autres régions, les indigènes se contentent de faire des trous dans le sol et d’y déposer les noix en vrac; on recouvre de terre, puis des arrosages sont faits quotidiennement.
Les Akoués (Côte d’ivoire) lavent également les noix, puis ils les enveloppent de feuilles fraîches de certaines plantes de marais et enferment le tout dans des troncs évidés de palmiers dont ils ont eu soin d’abord d’extraire le vin de palme (Voir le Cocotier et le Palmier à huile
Les indigènes reconnaissent la maturité de la noix à la
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coloration brunâtre quelle prend et aussi parce que le fruit s’ouvre le long de la suture ventrale.
Transport des noix. — On se sert de paniers fortement tapissés de feuilles vertes et les fruits doivent constamment rester enveloppés. Les charges ainsi formées sont
Fig. 192. — Voûte peu commune!
arrosées de temps à autre; elles peuvent ainsi se conserver plus de deux mois.
Quand il s’agit de transports de longue durée, les Dioulas mettent les colas dans des berceaux recouverts de longues feuilles spéciales, ils arrosent de temps à autre et examinent fréquemment les charges. C’est de cette façon qu'on transporte les colas rouges de l’Achanti jusqu'à Tombouctou ; quant aux colas blancs de conservation moins facile, on les transporte jusqu’à Sakhala.
Dessiccation. — Pour faciliter le transport et les exportations, on dessèche parfois les noix.
C’est là une grossière erreur, car les noix, par la dessiccation, perdent une grande partie de leurs propriétés.
La dessiccation, en effet, détruit la koloxydase, ferment signalé sur le kola frais en 1896, par le Dr Caries, et transforme les combinaisons naturelles solubles de caféine et de théobromine (kolanine vraie de Caries), en produits insolubles.
La kolatine est détruite par la dessiccation de la noix sèche, comme toutes les préparations qui peuvent en dériver, elle n'a guère d'autre action que celle d’un mélange de tannin et de caféine.
Usages. — Nous indiquons, plus loin, quelques-uns des principaux usages de la noix de kola en médecine.
Soins de la bouche. — D’après M. Bernegau, les rameaux du kolatier sont employés par les indigènes du Dahomey pour l’entretien de leurs dents.
Moissons. — La kola est la base de boissons agréables et toniques.
Dans les Antilles et en Amérique centrale elle est ajoutée aux eaux gazeuses.
Les eaux minérales donnent généralement avec le vin de kola des boissons très digestives.
Le lait de cola est confectionné avec du petit-lait; il est à recommander pour l’alimentation courante.
Teinture. — Des artisans noirs emploient souvent les colas pour teindre en rouge les étoffes et les cuirs; c’est ainsi que les Akés dans le district de Bonzi(Côte d'ivoire) teignent des pagnes en libres de raphia qu’ils fabriquent dans leurs forêts, et aussi les gaines de cuir de leurs
armes.
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Le kola en médecine
Noix fraiche. — M. de Wildeman, pharmacien, conser-
valeur au Jardin botanique de l’Etat à Bruxelles, dit dans son ouvrage sur les Plantes tropicales de grande culture :
« Pour obtenir en Europe, avec la cola, les effets obtenus par les nègres d’Afrique mastiquant les noix fraîches, il faudra trouver un moyen de préparer la cola dans son intégrité, de façon à avoir, dans la préparation, non seulement la colanine vraie, mais encore la coloxydase, les phosphates de chaux, de potasse et de fer contenus dans la noix. Ce résultat peut être obtenu en employant les préparations à base de sucre et de vin. Sans entrer dans de grands détails pharmaceutiques, nous pouvons cependant dire que la préparation la plus recommandée est une pulpe formée de parties sensiblement .égales de fruits frais et de sucre: cette préparation ne redoute ni Pair, ni la chaleur, et le sucre ajoute à la valeur du médicament ».
La mastication de graines concassées, à la dose de 4 à 8 grammes par jour, est une médication efficace, si elle est prolongée et si les noix sont fraîches.
Préparations. — Dans les cardiopathies avec asystolie ou hyposystolie, la kola peut être recommandée dans le but de combattre l'hypotension artérielle et d’augmenter la diurèse.
On peut alors prescrire :
Extrait fluide de kola 40 gr.
Alcool à 90° 300
Sirop de sucre 400
Teinture de vanille 20
Eau, quantité suffisante pour 1000 —
Une cuillerée à soupe correspond à 1 gramme d’extrait fluide ; on en prend d une à trois par jour.
S’il s’agit d'états neurasthéniques, fréquents dans la convalescence des maladies infectieuses, la cola peut être utilisée comme adjuvant du traitement tonique.
On choisira parmi l’une des formules :
Eau 50 gr.
Teinture de kola au 1/3 10 —
Teinture de vanille 0,5
Sirop simple 15 —
Teinture de kola 20 gr.
Teinture de coca 10 —
Biphosphate de chaux 20 —
Vin de malaga, quantité suffisante 1000 —
Dans ce dernier cas, on prend 1 à 2 verres à liqueur
par jour, aux repas ; ou :
Sirop d'écorces d’oranges amères 300 gr.
Extrait hydro-alcoolique de kola 10 —
Une cuillerée à bouche avant chaque repas.
Dans le cas de période hectique de la tuberculose pulmonaire chronique, Granet conseille :
Teinture de kola 50 cgr.
Teinture de coca 50 —
Acide citrique 1 gr-
Deux fois par jour une cuillerée à café dans un bol de lait.
Nota. — L’introduction de l’acide citrique et des citrates dans ces préparations a pour but d’éviter la précipitation d’éléments insolubles de la kola.
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Divers. — Les Dahoméens emploient des décoctions de bois de colatier pour combattre les maux de gorge.
Dujardin-Beaumetz préconise l’emploi de la cola dans le cas de diarrhées chroniques, et Cunéo la recommande pour combattre la diarrhée de Cochinchine.
M. Bernegau conseille, en cas de dysenterie, une décoction de riz ou d'avoine et de noix de kola fraîches.
Hamilton dit que la mastication de lgl,5 à 3 grammes de kola fait cesser le mal de mer en quarante minutes.
D. — Commerce
Les noix les plus recherchées par les pharmaciens sont celles de Guinée, de Sierra Leone et de Libéria.
Malgré la vogue des colas en Europe, leur grand commerce se manifeste surtout en pays producteurs.
Bien qu'à Seguiri, il est passé, en 1903, 200.000 kilogrammes de noix, provenant de la frontière libérienne et à destination du moyen Niger, de Kayes et au delà. L’exportation du Dahomey est de 50.000 kilogrammes. Au Sénégal, il entre plus de 200.000 kilogrammes. On peut évaluer ainsi à 5 millions de francs le chiffre des transactions, pour les colas, dans l’intérieur des colonies.
Le plus souvent, les kolas servent de moyen d’échange ; par exemple, en Mallacorée, pour 5 francs, on a 200 noix en hivernage et 400 en saison sèche au moment de la récolte. Les caravanes viennent s’approvisionner; dans la haute Guinée, elles échangent les colas contre du caoutchouc. Dans le Soudan, les noix valent Ofr. 10 pièce, voire 0 fr. 15 et plus. Mais il faut beaucoup de soins pour les conserver fraîches. Les Dioulas y emploient des femmes qui leur servent de porteuses et dont ils trafiquent à l'occasion : ainsi une marchandise transportant
l’autre, ils vont jusqu’aux confins du Sénégal et du Soudan.
D’après M. le professeur Perrot, la consommation centre-africaine peut être évaluée à 10 millions de francs, les échanges de pays à pays et les exportations accusent un trafic d’environ trente millions.
À la Côte d’ivoire, dans le pays des Gans, le paquet de 200 noix est vendu 1 fr. 50; à Dabakala, le même paquet vaut de 4 à 5 francs.
Droit fiscal. — Les kolas importées de colonie française en colonie française, de la Guinée au Sénégal par exemple, paient 75 francs de droits de douane par 100 kilogrammes, indépendamment des droits d’octrois quisont de 2 francs par kilogrammes à Saint-Louis du Sénégal. Les colas d’origine étrangère (Sierra-Leone, Liberia) paient 425 francs les 100 kilogrammes.
La noix de kola fraîche se vend, en France, 8 francs la livre; il y en a environ une vingtaine à la livre.
Pour l’étude complète du kolatier, se reporter aux beaux travaux de MM. A. Chevalier et Perrot et à ceux de M. de Wildeman : Les kolatier s et les noix cle kola , par A. Chevalier et Perrot. Les plantes tropicales de grande culture , par de Wildeman.
Litchi
Nephelium Litchi Famille des Sapindacées.
PLANTES DE MÊME FAMILLE DÉCRITES DANS CE VOLUME
Longanier ou Œil-de-dragon, Nephelium longanum , p. 568.
Ramboutan, Nephelium Lappaceum, p.627.
Quénettier, Milicocca bijuga, p. 624.
Historique et généralités. — On devrait le propager partout, car son fruit est exquis. Cet arbre est originaire de
LITCHI
la Chine méridionale. Il est répandu en Asie tropicale et en Malaisie. Malgré toutes ses qualités, le litchi voit les