‹ Fruits des pays chaudsChapitre 88 sur 152 · MANGOUSTAN 1ER · texte numérisé non relu

MANGOUSTAN 1ER

aiguës et unies, leur développement normal est de 18 centimètres de longueur sur 8 centimètres de largeur.

Fleurs. — Elles sont hermaphrodites et naissent au sommet des rameaux; couleur rouge foncé.

Fruit. — Globuleux; haie sphérique du volume d’une petite orange ; il est à péricarpe épais et lisse, d’abord

Fig. 200. — Mangoustan (coupe transversale et graine) (2/3 grand, naturelle

Dessin : Docteur H. Lenoir.

vert jaunâtre, puis rouge violet à maturité; des stigmates persistants le surmontent et des sépales restent a sa base.

Graines et pulpe. — Le fruit renferme des graines enveloppées par une pulpe arilliforme, d'un blanc de neige, délicate, parfumée, succulente, à demi transparente et d’une saveur délicieuse, tenant à la fois du raisin, de la fraise, de la cerise et de l'orange. La pulpe est formée par le tégument des graines ; chaque tégument muni de sa graine a l’aspect d'un quartier d’orange. L’embryon est macropode ou indivis, à deux cotylédons.

Autres Garcinia. — Garcinia pedonculata Roxburg, appelé t il' u f et tikur dans le Silhet. En langue manipour, on dit heibung ; les Annamites l’appellent Borthekra. Cet arbre fleurit de janvier à mars; au Bengale, les fruits mûrissent d’avril à juin. Ils sont jaunes, acides et se conservent desséchés en tranches.

Mangoustan sauvage , Sandoricum indicum. Le fruit est une baie charnue de la forme et de la grosseur d’une orange; ce fruit est marqué de côtes larges, peu saillantes. Les graines sont au milieu d’un arille pulpeux, blanchâtre, fondant, gélatineux, acide et d une saveur alliacée. Cet arille est mangé cru ou en conserve avec du sucre, en gelées, confitures, etc. Le mangoustanier sauvage est commun en Indo-Chine.

Garcinia indica Choisy ou Brindonier. Arbre de taille moyenne, d'un bel aspect et rappelant le giroflier. Rameaux opposés ; feuilles ovales, d’un beau vert foncé ; elles sont nuancées de rose quand elles sont jeunes. Fleurs terminales peu apparentes. Le fruit est une baie sphérique de la grosseur d'une petite pomme d'api; la couleur est pourpre ou rouge foncé; il contient cinq à sixgraines comprimées. Ln suc acide et rouge le remplit. C’est la Brindone des Portugais de Goa. Aux Indes, on en fait des gelées et des sirops; l’acidité est telle que peu de personnes mangent la brindone crue.

Dans l’Hindoustan, on part de ce fruit pour préparer le beurre de Kokann.

L'arbre est cultivé à la Réunion et à Maurice.

Garcinia paniculata Roxburg, et espèces : G. Cambodgia; G. lancœfolia Roxburg, G. stipulatal. Aud, G. Cowa Roxburg, G. Plane boni Pierre, G . xantochymus Hook, G. Loureiri Pierre, G. Oliveri Pierre, G. mergnensis Pierre, G.fusca Pierre, G. Delpyana Pierre, G. Harmandii Pierre.

Autres Clusiacées. Bheedia. — Dans l’Amérique espagnole on en désigne plusieurs espèces sous le nom de cirnelas. Ces arbres donnent des fruits jaunes, ovoïdes, à péricarpe lisse et mince, de la grosseur d’une prune et d’assez bonne qualité; ils renferment doux ou trois grosses semences charnues.

MANGOUSTANIER

On en fait d'excellentes confitures et des boissons agréables. Arbre commun aux Antilles françaises.

Xanthochymus dulcis Roxburg. Commun en Asie ; le fruit jaune est de la grosseur d’une petite prune; pulpe juteuse et légèrement acide.

Calophyllum Wightianum Wallich. Répandu dans les Gbâtes occidentales; le fruit est rouge à maturité, mais sans grande saveur. Seuls les indigènes l’apprécient.

Mesua ferrea Linné. Fréquent en Asie méridionale. Fruit rouge, plissé, grosseur d'une châtaigne, recherché par les indigènes particulièrement aux Indes.

Mammea americana Linné. Originaire d’Amérique, a été introduit aux Indes. C’est Y abricot de Saint-Domingue ou éY Amérique. Il est très répandu aux Antilles et en Amérique tropicale. On l’appelle encore Marne i dY Amérique.

C’est un très bel arbre à cime ample, touffue et pyramidale.

Les feuilles sont ovales, obtuses, coriaces et luisantes. Les fleurs blanches exhalent un parfum assez pénétrant. Le fruit ressemble à l’abricot, mais il atteint souvent la grosseur de la tôle; son écorce grise est épaisse; il renferme une pulpe charnue au centre de laquelle est un gros noyau.

La saveur de la pulpe est assez douce et aromatique. Pour être consommé, le fruit est coupé en tranches que l'on fait macérer dans du vin sucré; il faut avoir soin de bien enlever les deux premières écorces qui sont fort amères et la partie de la pulpe touchant le noyau.

Avec la pulpe ou confectionne également des confitures et des marmelades qu’on exporte.

Cet abricot est rafraîchissant et laxatif ; on ne doit le manger qu’avec modération.

Les fleurs servent à faire une liqueur renommée dite eau de créole , on les fait macérer dans de l’alcool et on sucre fortement.

Ce fruit est réputé comme nutritif, digestif et pectoral.

11 est commun aux Antilles.

Platonia insignis Martius. Connu au Brésil et à la Guyane sous les noms de Parcouri et de Bacury. 11 atteint la grosseur du poing et se mange cru ou cuit. C’est une baie à écorce épaisse, de couleur jaune.

Avec ce fruit on prépare aussi des conserves et des confitures.

Ochrocarpus long] f ohm. Fruit du Mysore qui mesure quelques centimètres de longueur; il est de forme ovoïde.

Ochrocarpus a f ricanas Oliver, Mammea a f ricana G. Don. Commun à Sierra Leone, à la Cote d'ivoire et au Sénégal. C'est Y abricotier d Afrique , appelé quélipe ou kelipe dans le pays de Bondoukou. Cet arbre peut atteindre de 25 à 35 mètres de hauteur; son tronc a de 0m,60 à Im,20 de diamètre et présente des accotements à la base, qui s’élèvent parfois jusqu’à lm,20 du sol. Les rameaux sont étalés.

Son bois, d'un rouge sang, est moyennement dur.

L’écorce est grise, écaillée de blanc; il en exsude une résine jaune.

Bois trop lourd pour l’ébénisterie, mais qui peut être utilisé en menuiserie.

Les fruits, de la grosseur des deux poings, renferment une pulpe jaunâtre comestible contenant trois gros noyaux; pulpe douce et aromatique.

La graine est employée pour faire de la graisse.

Habitat; exposition; altitude. — Des essais de culture du mangoustier ont été tentés sur des terrainsargilo-ferrugineux secs et élevés; malgré tous les soins, les arbres

MANG0USTAN1ER

n'avaient guère que 2 mètres de hauteur au bout de dix ans, tandis que, dans les alluvions, leur hauteur moyenne était de 10 mètres; pourtant, à Java, sur la route de Buitenzorg [fi g. 169) où le terrain est élevé et ferrugineux, des mangoustiers ont atteint 18 mètres de hauteur. Les arbres des plantations sont, en général, moins élevés que les mangoustaniers venus à l'état spontané dans des terrains leur convenant.

Sol. — Un sol riche et ombragé convient. Souvent l'arbre se plaît dans des terres alluvionnaires, des terrains bas, tourbeux et presque mouvants, mais drainés. En tous cas il lui faut beaucoup d’humus.

Abri; irrigation. — Ces conditions d’ordre général ne sont pas à négliger.

Reproduction. — On reproduit par graines et par boutures ; les Annamites choisissent des terrains bas et bourbeux possédant une couche arable poreuse.

Lorsqu’on bouture, il faut enlever, sur les branches utili sées, le suc laiteux qui couvre la section, car le suc formerait avec la terre un mastic à la base de la bouture, ce qui empêcherait presque la formation des jeunes racines.

Durée. — Dans les meilleures conditions, il faut une vingtaine d’années pour que le mangoustanier soit en plein rapport, mais il commence à fructifier vers la huitième année. 11 peut atteindre une extrême vieillesse, tout en restant très fructifère.

Floraison; fructification. — Les époques de lloraison et de fructification diffèrent selon les pays.

En Cochinchine, la lloraison commence en novembre et dure jusqu’en mars; il y a une seconde lloraison en mai et les fruits sont murs de mai à septembre.

On a remarqué que les graines des arbres cultivés au-

delà du 6e degré de latitude nord et du 4e degré de latitude sud, ont une tendance à l’avortement.

B. — Industrie

Fruit. — Le mangoustan est certainement l’un des meilleurs fruits du globe ; la pulpe est blanche, légèrement transparente et exquise ; il ne se conserve pas ; on doit le manger dans les deux ou trois jours qui suivent la cueillette. Le fruit est à peler.

Avec les moyens ordinaires dont on dispose généralement dans les pays chauds, on ne peut guère prolonger la conservation au delà de six à sept jours.

C’est dire que le transport en est rendu très difficile. Cela est réellement dommage, car le mangoustan n’incommode jamais et on le donne aux convalescents.

Confitures. — En Nouvelle-Calédonie, on fait les confitures avec le Garcl nia collina.

Le Mangoustan en médecine

L’écorce du mangoustan est très astringente; elle est employée pour la diarrhée et la dysenterie; on la recommande également contre le tamia. Cette écorce séchée et mélangée en parties égales avec l'écorce sèche de la grenade (25 grammes de chaque environ) sert à la préparation d’une décoction (1 litre et demi d’eau réduit au quart) contre les diarrhées rebelles, la dysenterie, les hémorragies intestinales. — On administre 3 petits verres par jour.

Le fruit employé seul est légèrement laxatif.

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