PRÉPARATIFS DE DÉPART
(cotée 33.)
A Monsieur le comte de Fersen, colonel du régiment Royal-Suédois, chevalier de V ordre du Mérite, de VÉpée et de Cincinnalus.
A Valencieones, le 19 juin 1791 .
Monsieur le comte,
J'ai l'honneur de vous annoncer mon retour au régiment le 16, après une prolongation que j'avais obtenu par l'intercession de M. de Sarlabouse. Je serai très-flatté, Monsieur le comte, si vous voulez m'honnorer de vos ordres, quoique M. Brusselle me dit que vous ne vous mêlez plus des affaires du régiment et disant que vous n'avez plus répondu depuis très-longtemps sur aucun objet de demande qu'il a eu l'honneur de vous faire. Je suis, Monsieur le comte, très-affligé si cela est, et je désire que vous ayez encore des ordres à nous donner, et que ▼ous ne nous abandonniez pas. Je ne puis encore vous donner un détail de la situation de votre pauvre régiment de Royal-Suédois. Elle est trop circonstancieuse pour vous la dépeindre, et vous en savez peutêtre plus que je pourrais vous le dire. Aussi si Tordre ne se remette point, je crois que je ne serai pas longtemps témoin oculaire, car ma santé toujours chancellant ne pourra supporter toutes ces extra-
vagances qui se commettent dans notre état, où on a tout à craindre. Au reste, ne doutez jamais de mon zèle et de mon sincère attachement avec lequel je ne cesserai d'être,
Monsieur le comte,
Votre très -humble et très- obéissant serviteur,
De Furstenwarten.
(cotée 13.)
A Monsieur le Comte de Fersen, colonel propriétaire du régiment de
Royal-Suédois.
Monsieur le comte,
Plusieurs fois j'ai eu l'honneur de vous écrire pour savoir à quoi se réduisoient vos promesses aussi faites de bouche que par lettres. Jusqu'à cette heure je n'ai pas été assez heureux pour recevoir, de votre part, rieu qui me marque à quoi je puis me tenir. Dans les papiers publics, même ceux qui s'impriment en France ont marquées la fin de l'organisation de l'armée ; nonobstant cela je n'ai reçu aucune nouvelle de votre part qui me fasse connoltre à quoi se réduit mon sort; ainsi, Monsieur le comte, je ne doute pas que vous ne m'en instruisiez le plutôt possible ; je crois qu'après avoir été prés de deux ans dans une vaine attente d'être placé dans votre régiment, car je vous avouerez que tous les retards que vous me faites éprouver m'ont tout à fait ôté l'espoire d'être placé, malgré toutes les promesses que j'ai de votre part en écrit, et vous me permettrez de plus de vous observer, Monsieur le comte, que ce n'est point ainsi qu'on en agit avec un homme bien né, ce que je me flatte d'être, etc