‹ Fumeurs d'opiumChapitre 9 sur 21 · Ÿ $ 12 + NA · texte numérisé non relu

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elle pleut en gouttes de lumière sur les rocailles, sur le bassin fleuri de nénuphars, sur les ormes nains ; et vers ce mondeerrant, où Ngô-Cang coupe éternellement le cannellier lunaire, s’élèvent de la montagne des rumeurs lointaines : cliquetis d’élytres et de mandibules, graves coax-coax du marécage ; et, par intervalles, le bramant appel des cerfs, le rauquement du tigre. Un musicien pince distraitement les cordes métalliques du psaliérion, et la claire vibration de cuivre s'envole aussi vers la lune : Prenons la quitare et chantons, — dit le poète ; — héions-nous à jouir de l'heureuse saison, avant que l'automne ne dessèche les feuilles sur la montagne.

.… Quand s’avança Thi-Teu dans Île demi-cercle lumineux où ses compagnons avaient pris place, Liêt impassible lisait, et parfois soufflait la fumée d'opium en lourdes volutes, étranger à l’inepte multitude, indifférent aux éphémères apparences. |

La danseuse frappa du pied; et: « tout n’est pas perdu ! — murmura-t-elle ; je triompherai. » — Vous nous condamnez tous à mourir » — prononça derrière elle une voix tranquille. Thi-Teu reconnut le devin ; mais, haussant les épaules, elle passa très fière, sans un frisson. — ... La lune, au terme de sa lente ascension, planait au plus haut du ciel; symbole des merveilleuses fortunes, avant de descendre dans sa gloire, l’errante déesse triomphait au zénith, sur les vaines rumeurs du monde, sur les silencieuses solitudes de la montagne. |

FUMEURS B'OPIUW

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