‹ Fusains et eaux-fortesChapitre 21 sur 32 · VUES DE MONTMARTRE · texte numérisé non relu

VUES DE MONTMARTRE

Deux fois dans ma vie il m'est arrive de croire que j'avais une idée neuve ; je n'avais pas encore lu les vers de Namouna .•

Il faut ctrc ignorant comme un maître d'école Pour croire que l'on trouve une seule parole Qui n'ait pas été dite une fois avant nous; C'est imiter quelqu'un que de planter des choux.

Le Klhil suJj sole novl est cruellement vrai.

La première de ces idées était qu'Adam et Eve ne devaient pas avoir de nombril, n'ayant pas été portés dans les flancs d'une femme. J'imaginais sincèrement être le seul homme qui se fût jamais inquiété de ce détail anatomique, Hélas ! je lus par hasard dans je ne sais quel bouquin enfumé que cette ques-

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tion avait été vivement agitée au moyen âge, et que deux peintres, s'étant pris de querelle à ce sujet dans une église où ils peignaient des fresques, avaient passé des paroles aux voies de fait et s'étaient entre-tués, en Tlionneur du nombril d'Adam : singulier motif de querelle.

La seconde de ces idées neuves consistait à monter sur les tours de Notre-Dame pour voir le feu d'artifice du quai d'Orsay.

Je dois avouer que je trouvai deux cent soixante deux personnes assises sur la plate-forme, dont cent trente et une étaient tournées du côté de la barrière du Trône, à l'intention du feu d'arlifice que l'on y tire pour faire diversion à celui du pont de la Concorde.

Je fus profondémenl humilié de voir une intention si délicate et si triomphante partagée par deux cent soixante-deux manants ; s'il n'y en avait eu que deux cent cin([uaiite, compte rond, j'aurais pris mon parti, et je me serais consolé; mais ce nombre de deux cent soixante-deux me parut ironique et insultant.

Cette année, peu curieux de réciter le vers do Victor Hugo :

Voisin, votre coude est pointu,

je me hissai sur la croupe de Montmartre, cette

butte boisée de moulins, qui semble un vrai Chimboraço aux débonnaires babilanls de Paris, et j'éprouvai la môme déception. Tout le monde craignant pour ses cors, ou pour ses cotes, s'était retiré sur la montagne comme la fille de Jephié pleurant sa virginité avec ses compagnes.

11 n'était pas encore nuit; — mais déjà l'horizon avait mordu de sa mâchoire bleuâtre le disque enflammé du soleil qui semblait le bouclier d'un Titan rougi dans une fournaise.— Tout ce côté du ciel était d'un rouge violatre traversé de veines de nuages gris comme un magnifique porphyre africain.

Cette teinte ardente, pareille à la fumée d'un incendie, se fondait par une dégradation insensible avec le lapis-lazull de la portion suprême du firmament, piqué de quelques étoiles éveillées à peine qui entr'ouvaient en tremblant leurs paupières dorées. Le gris pur de la nuit envahissait tout le reste.

Des bancs de brumes blanchâtres moutonnaient sur Paris qui, vu de celte hauteur, faisait l'elfet d'une mer pétrifiée dans un moment de tempête. Chaque toit formait une vapeur dont la fumée était l'écume ; de longs rayons d'un fauve sanglant glissaient horizontalement sur les crêtes des bâtiments, allumant de loin en loin une vitre, comme une écaille au flanc d'un poisson. C'était superbe, audessus de toute peinture et de toute description.

L'horizon acheva de dévorer le soleil ; il ne lui en

restait plus entre les dents qu'une tranche d'un jaune pale et qui s'amincissait de plus en plus. Le soleil englouti, l'ombre estompa la ville comme un dessin qu'on elTace ; quelques tours seules, quelques hauts sommets conservaient encore sur leur front le blond baiser et la dernière caresse de l'aslre disparu.

Alors, l'Arc de triomphe, ce gip:antesque éléphant aux quatre pieds de granit, s'éclaira comme par enchantement; deux ou trois lignes de points lumineux festonnèrent ses flancs noirs. Il soufflait une bise à décorner les bœufs, et les blanches étoiles de l'illumination vacillaient et plongeaient sous la violence de ce souffle nocturne et semblaient s'éteindre par instants ; mais elles reprenaient bientôt leur pétillement étincelant et le monument flamboyait dans la nuit comme un phare glorieux. L'Arc de triomphe allumé, une pluie de paillettes d'or s'éparpilla sur le velours noir de l'obscurité. L'illumination gagnait la ville.

Le Panthéon, gravement assis sur la croupe de sa colline, avait l'air, avec sa tiare de lampions, d'un pape donnant la bénédiction urU et orhi; Notre- Dame portait à son double front un simple fil de diamants lumineux; quelques lueurs rougeatres faisaient deviner Napoléon, le Stylite impérial, debout sur le haut de son grand canon de bronze tourné contre le ciel, et de l'autre coté de la Seine, dont le

cours était indi<{u<' par une large traînée de brume chaude et ruusse, rayonnait, suspendue dans l'air comme dans un météore de gloire, l'étoile de la Légion d'honneur.

C'était un coup d'œil tout à lait babylonien, et je doute que Beelthedzer ou Teglath-Phalasar ait jamais contemplé un panorama plus magique du haut de la dernière des huit tours superposées du temple de Ijélus; figurez-Yous une gravure de Martynn de sept lieues de grandeur.

La nuit étant tout à fait tombée, les premières l'usées du feu d'artifice commencèrent à s'élever dans le bleu sombre du ciel, en faisant des ricochets lumineux, puis, arrivés à leur apogée, elles éclatèrent et se fondirent en une brume d'argent ; elles furent saluées par un hourra joyeux, car les dieux du faubourg, perchés sur l'Olympe de la butte Montmartre, commençaient à s'impatienter et à demander la toile.

Les pièces s'enflammaient les unes après les autres. De cette hauteur, on ne voyait guère que la réverbération. Ces éclairs intermittents, qui paraissaient sortir du ventre de la terre et dessinaient vivement les tranches et les îlots de maisons, produi- >aient un effet mystérieux et féerique. De petites boules tricolores qui montaient et descendaient, se croisant les unes avec les autres comme les globes de cuivre entre les mains d'un jongleur, formaient

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uii spectacle très amusant à l'œil. Eiiliii, Tuii arriva au bouquet ; il s'épanouit dans l'obscurité, comme une grande gerbe d'épis d'or, aux barbes d'argent entremêlées de pavots et de bluets de (ïamme, ou comme la queue du paon de Junon, faisant la roue auprès du trône lumineux, de sa belle maîtresse; puis tout s'éteignit et il ne resta qu'un grand nuage d'un blanc laiteux avec des ombres blondes comme celles des camées, que le vent pétrissait et déformait de ses mains invisibles.

Je relevai la tète, et je vis les étoiles avec leur prunelle jaune comme des yeux de lion, qui regardaient d'un air moqueur les lampions qui s'éteignaient ; elles brillaient, papillonnaient, scintillaient, llamboyaient dans l'air froid de la nuit et redoublaient d'éclat, à mesure que la fête palissait ; elles semblaient dire : Quelle illumination vaut la notre qui s'allume tous les soirs et à laquelle personne ne prend garde? Quoique j'eusse trouvé le feu d'artifice fort beau, je ne puis m'enipècber d'être de l'avis des étoiles. Mon paradoxal ami me soutint que les lampions étaient plus agréables et finit la soirée en me démontrant (jue j'avais les cbeveux rouges.

( La Charte de ÎS30, 3 octobre 1837.)

Les chemins de fer sont à la mode comme les montagnes russes, les diables, les bilboquets et les montgolfières l'ont été dans leur temps ; les spectateurs et les actionnaires ne rêvent que rails-road, rails-ioay, locomotives Waggory et autres mécaniques plus ou moins ferrugineuses ; selon eux, la face du monde doit être renouvelée par cette précieuse invention :

L'antique pesanteur à tout objet pendante,

la distance, disparaîtront de la terre dans un temps donné ; les coursiers arabes de la race du Prophète, les pur sang anglais, les cerfs, les lévriers et tous les animaux les plus vites vont être relégués dans la classe des paresseux et regardés comme des

tortues, des caïmans et des aïs ; les haras sont abolis, et on fera dans quelque cent ans d'ici l'exhibition du dernier cheval aux foires et aux fêtes publiques comme on montre aujourd'hui des sirènes, des lapins savants et des femmes barbues ; les Cuvier et les Saint-IIilaire futurs se livreront à la paléontologie à propos des molaires d'un cabalotharium quadrupède anle-chemin de fer trouve dans les glaises et les terrains tertiaires de iMontfaucon. Tout cela est très beau et cette poésie du chemin de fer en vaudrait bien une autre; malheureusement le chemin de fer ne peut être envisagé que comme une curiosité scientifique, une espèce de joujou industriel. La structure de la terre, oii les montées succèdent aux pentes et ainsi de suite pour l'écoulement et la répartition des eaux, s'oppose nécessairement à l'établissement des grandes lignes, où la variété du niveau exigerait d'immenses travaux de remblai et des dépenses telles que le plus grand succès dans l'entreprise pourrait à peine les couvrir ; les pays d'alluvion, comme la Hollande et la Flandre; les grands plateaux du Céleste Empire, où les voitures et les chariots marchent à la voile, se prêtent à l'emploi avantageux de cette invention anglo - américaine ; autrement ce sont des éminences qu'il faut couper comme des verrues, des tunnels, des ponts, des galeries souterraines, des viaducs à construire, des montagnes à éventrer et à percer à jour, des ter-

LE CHEMIN DE FER. isy

Fasses à élever, des enlassemenls babyloniens pour éviter cinq à six pouces de déclivité.

La rapidité de la communication ne pourra jamais compenser des frais si énormes; et qu'importe, après tout, que l'on ait une chose dans deux jours ou dans huit ? On en est quitte pour la demander plus tôt, et même la continuité des arrivages vous dispense de celte précaution. Quant à la question du bon marché, elle est nulle ; les compagnies qui exécuteront les chemins de fer seront obligées d'exiger un tarif exorbitant pour ne pas se ruiner et les transports reviendront à un prix aussi élevé qu'auparavant. Mais laissons là toutes ces considérations mélassigènes qui sentent le commerce et l'industrie, n'empiétons pas sur les droits de messieurs de l'économie et de l'utilité; bornons-nous à décrire, ce qui est de notre métier ; mais avant de commencer, qu'on nous permette encore une question : Si les chemins de fer et les machines à vapeur prennent cette extension que rêvent certains enthousiastes, on trouvera-t-on du charbon de terre pour faire marcher tout cela ? Le charbon ne se plante pas, et il faut des milliers d'années avant que de nouveaux courants de minerai se forment dons les veines des filons épuisés; les forêts ont déjà disparu; comment fera-ton lorsque tout le charbon de terre et toute la houille seront consumés? L'homme pourra-t-il découvrir un autre combustible ou créer une nouvelle bête de

somme pour remplacer le cheval disparu ? Ce ne sera pas un spectacle médiocrement bouffon que de voir les charretiers de l'avenir assis sur leurs marmites refroidies et obliges à pousser eux-mêmes leurs wagons ou à les faire traîner par des vaches ou des poules.

Le chemin de fer de Paris à Saint-Germain excile à un haut degré l'attention des habitants de la bonne ville, et c'est avec raison ; il réunit toutes les magnificences du genre ; le point de départ est marqué par un véritable palais; des salles d'attente sont préparées pour les voyageurs , et ce ne sont pas des sinécuristes que ces honnêtes salles, car pour un trajet de trente minutes , on attend bien deux heures et demie.

Les bureaux où Ton prend ses billets sont entourés de grilles de bois disposées comme celles qu'on voit aux abords des théâtres; ces grilles, qui se compliquent en manières de grecques et qui décrivent plusieurs zigzags tout à fait dédaliens, font faire aux queues de voyageurs une promenade d'agrément d'une ou deux lieues, sans sortir de la même chambre. Enfin, par des travaux et des périls sans nombre, vous arrivez au bienheureux bureau ; l'on vous délivre une petite languette de papier oi^i la première chose qu'on aperçoit est une faute de français : Paris à Saint-Germain. Peut-être n'est-ce qu'une magnifique hyperbole signifiant qu'au moyen de rails et de

LE CHEMIN DE FEU. lltl

wagons les villes sont les unes dans les autres et se transvasent avec facilité.

La salle est décorée d'une façon très splendide et très élégante, dans le style de la Renaissance; des cadres d'architecture, rehaussés de filets d'or, entourent des figures allégoriques d'une couleur vive et chaude, qui deviendraient aisément de bons tableaux ; l'une drapée à l'antique représente la science au temps d'Archimède ; l'autre en costume du moyen âge tient un livre ouvert où est écrit : Intention de V imprimerie et de la ijoiidre à canon; en regard sont peintes deux femmes, dont la première symbolise l'invention de la vapeur, et la seconde l'invention des métiers à (lier; cette figure est charmante; des médaillons sur fond d'or, des portraits de savants mathématiciens, d'inventeurs de tous les pays et de tous les siècles complètent la décoration. Le haut de la salle est tendu de cuir fauve à grands ramages d'un effet noble et sévère; le plafond est divisé en grands compartiments avec les poutres et les membres de maçonnerie apparents ; de chaciue coté de cette salle sont pratiquées deux autres chambres plus petites et d'un ornement moins fleuri, destinées aux places inférieures ; une boiserie de chêne, une tenture de damas vert à dessins courants, des banquettes analogues en forment l'ameublement. De grandes fenêtres cintrées laissent tomber sur toute celte décoration un jour abondant et limpide.

Oïl pourrait donner le plus charmant bal du monde dans ces salles d'attente ; il n'est pas besoin de dire que toutes ces élégantes dispositions sont dues à la fertile imagination de MM. Feuchèrcs, Séchan, Dicterle et Desplechins, les ingénieux décorateurs de l'Opéra. Il n'y a qu'eux de capables d'arranger avec cet esprit, cette richesse et cette grâce; en vérité nous ne nous imaginions pas rencontrer tant de splendeur au chemin de fer, qui est de sa nature assez chaudronnier et assez anti-pittoresque.

Jusqu'ici c'est fort bien, le chemin de fer se présente sous les apparences les plus attrayantes; il vous a fait des surprises agréables; vous croyez entrer dans une forge, dans un antre de cyclope tout noir de fumée et de charbon, et vous vous trouvez dans une salle du palais d'Aladin, vous êtes en pleines Mille et une Xuits, dans une ravissante décoration d'opéra ; mais, ne vous y fiez pas, le chemin n'est pas aussi bon enfant qu'il en a l'air ; approchez-vous de ces petites affiches encadrées de noir, et vous y verrez les avis les moins rassurants du monde.

Avis. — Les voyageurs qui tiennent à leur tète sont priés de ne pas la sortir hors des voitures, attendu qu'ils seraient guillotinés subitement tout vifs en passant sous les ponts et sous les voûtes.

Il ne faut pas se lever, se tenir debout dans les voilures, sous peine d'être lancé sur le rail-^vay, où

l'on serait incontinent coupé en rouelles, dru et menu comme des lé|2;umes de julienne, pai' les roues des ^vagons.

Les personnes prudentes feraient Ijien de s'abstenir de se moucher; on ne sait pas ce qui peut arriver.

On est prié de ne pas fumer; la fumée du tabac et celle du cliarbon de terre ne s'accordent pas bien ensemble. On ne doit pas amener de chiens de peur que leurs aboiements n'épouvantent le cheval de vapeur {steam horse) et ne lui fassent prendre le mors aux dents..., etc., etc.

L'àme saisie de terreur, on reste immobile sur sa banquette, de crainte de faire éclater quelque chose quelque part. Vous étiez parti dans l'honnête dessein d'aller à Saint-Germain, et vous commencez à croire que vous pourriez bien arriver par morceaux dans quelque planète, sur les ailes d'une explosion. L'heure sonne et la cloche qui appelle les voyageurs vous semble avoir des tintements tout à fait funèbres.

Au pitnl de rescalier, vous trouvez le cheval de vapeur tenu en laisse par des pages noirs et tout barbouillés de suie; l'étrange animal s'impatiente; il brûle de se lancer au galop sur les rainures, il a du feu dans les yeux et la fumée lui sort des narines en longs tourbillons. Il ne jette pas comme le cheval son hennissement en fanfares éclatantes ; mais il a

une espèce de râle strident, un grognement de mauvaise humeur d'un effet singulier; on dirait d'un monstre marin enrhumé du cerveau (|ui pousse l'eau par des évents obstrués, ou le renàclement d'un serpent de mer qui aurait avale un vaisseau de travers. Quoi(pril soit infatigable, il a l'air de s'efforcer, de haleter et de se donner beaucoup de peine ; cette vie inanimée a quelque chose de bizarre et d'effrayant ; c'est trop vivant pour une marmite, et trop mort pour un cheval. Bizarre création, qu'un animal de tôle et de fer, à qui le feu tient lieu d'àme et la vapeur de souffle. On casemate les voyageurs dans leurs voitures respectives, et, après deux ou trois fanfares de trompettes, on lâche la bride à la marmite, qui part au pas de course et prend bientôt le galop.

On s'enfonce d'abord sous une voûte obscure, où la fiente d'étincelles que laisse tomber en courant le cheval de vapeur jette par moment de rougeàlres clartés. Celte voûte est le passage le plus anacréonti(jue du chemin de fer, que l'on n'aurait pas cru capable d'immoralité; la voûte est son boudoir. Dans l'intérêt des mœurs, on devrait bien éclairer avec des becs de gaz ce souterrain attentatoire à la décence publi([ue et in(iui('tant pour la pudeur.

Vous voyez bienlùt la lumière du ciel et le soleil, et vous filez assez rapidement au fond d'une tranchée dont les rebords sont garnis de grillages et de

curieux ; puis ce sont des ponts, des ponceaux, des l'cmblais et toutes sortes d'accidents de terrain qu'il a fallu vaincre. La force de traction est inégale, sans doute à cause des différences de pente ; tantôt l'on va assez vite, tantôt l'on va très doucement, quelquefois pas du tout. Le steam Jiorse a mangé toute son avoine de charbon et il faut aller chercher chez la fruitière la plus voisine un boisseau de braise pour le rallumer, ou bien il a pris la mouche, cassé ses harnais et galope tout seul jusqu'à Saint- Germain.

Le chemin de fer de Bruxelles à Anvers, sur lequel nous avons habité assez longtemps dans notre célèbre voyage en Belgique, nous avait accoutumé à une célérité bien supérieure; les arbres fuyaient à droite et à gauche comme une armée en déroute; les clochers disparaissaient et s'envolaient à l'horizon ; la terre grise, tigrée de taches blanches, avait l'air d'une immense queue de pintade; les étoiles de la marguerite, les fleurs d'or du colza perdaient leurs formes et hachaient de zébrures diffuses le fond sombre du paysage ; les nuages et les vents semblaient haleter pour nous suivre. Quant aux berlines du chemin de fer de Saint-Germain, elles ne dépassent pas, en vitesse, un coucou médiocre.

[La Charte de ib30, 15 octobre 1837.)

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