‹ Fusospirillose broncho-pulmonaireChapitre 23 sur 34 · OBSERVATION XX V · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX V

Ph. Ne... tirailleur annamite. Entre dans le service, le 8 mai, pour stomatite ulcéro-membraneuse: nombreuses ulcérations à fausses membranes, salivation abondante et fétide, grosse adénite sous et rétro-maxillaire.

Réaction fébrile accusée. Traitement habituel : badigeonnages au néo; gargarismes à la liqueur de Labarraque, plus storvasol, à raison de 1 gramme par jour à l’intérieur.

AS À aa

Le 14 mai, six jours après le début de la maladie, éruption généralisée sur tout le corps de plaques rouges, légèrement saillantes, non prurigineuses, plus accusées sur le tronc, discrètes sur les membres; les plus grandes ont la dimension d’une pièce de 2 francs.

Rien n’est changé dans la médication; le stovarsol, en particulier, est continué à la même dose de 1 gramme par jour.

L’éruption disparaît au bout d’une semaine, sans desquamation. En même temps qu’elle, légère diarrhée pendant deux jours (quatre selles par jour), avec urines très foncées et troubles, non albumineuses, à réaction de Hay positive, subictère conjonctival.

OBsERvATION XXVI

Ber…., soldat malgache, en France depuis quinze mois. Infirmier, se contamine dans le service. Début par violent catarrhe oculo-nasal, le 16 mars 1924; laryngite, puis quintes violentes de toux, nocturnes et vespérales. Hospitalisé le 19 mars.

Les crachats, abondants, renferment de très nombreux spirilles et des bacilles fusiformes. Bronchite généralisée. En même temps que la bronchite, le 19 mars, éruption localisée au tronc de plaques rouges, saillantes, non prurigineuses ; foie légèrement augmenté de volume, douloureux à la pression, débordant de deux travers de doigt les fausses côtes (à la pression et au phonendoscope); diarrhée pendant quatre jours (jusqu’à sept selles par 24 heures), après laquelle le foie retrouve son volume normal. L’éruption disparaît, sans desquamation, le onzième jour.

MOD De

OBsErvaTION XXVII

Amar... tirailleur marocain, entre le 5 mars 1924 dans le service du médecin principal Romary pour gangrène pulmonaire. R

Etat général très grave, fièvre élevée (39° 5-40°) pendant trois jours, expectoration très abondante (plusieurs crachoirs en 24 heures), d’une fétidité extrême. Dans les crachats fourmillent spirilles et bacilles fusiformes.

Les urines sont franchement hématiques. Après centrifugation, elles sont reconnues contenir des spirudles mesurant de 8 à 12 a de longueur sur 0 &,5 à 1 #de largeur, très nets, avec la coloration de Fontana-Tribondeau. (Examen du docteur Sondag, médecin chef du Laboratoire de bactériologie de l'Hôpital Michel-Lévy.) .

Le malade meurt le lendemain de cet examen, le 12 mars.

A l’autopsie, la base du poumon droit était le siège d’une vaste perte de substance, de la dimension du poing, ouverte dans la plèvre. Sur des frottis, on constate une purée de symbiose fuso-spirillaire.

Sur des coupes préparées par le docteur Arlo, professeur adjoint de bactériologie à l’Ecole d’application du Service de Santé des Troupes coloniales, après imprégation argentique: mise en évidence des spirilles, nombreux, répandus dans les alvéoles pulmonaires.

OgBservarTion XXVIII Sa-Ka..., tirailleur sénégalais, entre le 26 mai 1924 «en

observation pour cystite ». Urine du sang depuis trois jours. À son entrée, l’hématurie a déjà cessé, les urines

Hot TEA

sont claires. Nie toute blennorrhagie antérieure; aucune trace d’inflammation uréthrale, pas de gonocoques à de multiples examens. |

Les organes génito-urinaires sont normaux dans tout leur parcours.

Les urines ne renferment aucun parasite ; mais le malade tousse depuis une quinzaine de jours par quintes violentes à prédominance nocturne et émet des crachats sanguinolents dans lesquels ont trouve des spirilles et des bacilles fusiformes très nombreux.

A l’auscultation, symptômes de bronchite généralisée, avec maximum à la base gauche.

Pas de bacalles de Koch. Réaction de Wassermann négative.

OBsSERVATION XXIX

Bou..., caporal sénégalais, entre le 3 mai pour bronchite et fièvre. Le fièvre est vive: 40° 4; le poumon gauche présente tous les signes d’une pneumonie lobaire; pleurodynie dans la région sous-claviculaire; exagération des vibrations à ce niveau; bronchophonie, toux à prédominance nocturne; pas d’essoufflement, crachats sanguinolents.

Quatre jours après, point de côté axillaire du même côté; bronchophonie dans la région sous-axillaire, bouffées de râÂles crépitants en foyer limité à cette région. Les crachats renferment de très nombreux spirilles et bacilles fusiformes; pas de pneumocoques.

Le 8, délire aigu de persécution ; le malade prétend qu’on veut le tuer.

- Traitement: stovarsol à l’intérieur, 0 gr. 75 le premier jour; 1 gramme les jours suivants; puis, 0 gr. 50.

PAT MER Défervescence thermique le neuvième Jour; le malade rejoint son corps le 27 mai, guéri, après avoir absorbé 12 gr. 75 de stovarsol en quatorze jours et n’ayant plus de spirilles dans ses crachats. Son état général est excellent ; l’appétit est bon; aucun signe de délire n’a été observé par la suite.

Voir courbe de température, page 46 bis.

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