‹ Fusospirillose broncho-pulmonaireChapitre 29 sur 34 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Les divers traitements préconisés par les auteurs marquent bien, par leur diversité, leur peu d'efficacité.

On a essayé très souvent les injections intraveineuses d’arsénobenzol, en se basant sur les propriétés spirochéticides de ce composé arsenical; certains auteurs, comme Brumpt en particulier, écrivent: « Le traitement arsenical est très efficace ». Or, dans plusieurs de nos observations, les malades en cours de traitement antisyphilitique, recevant, certains, 0 gr. 60 à 0 gr. 90 de 914 hebdomadairement, n’en crachent pas moins de très nombreux spirochètes de Castellani; dans aucune de nos observations le 914 n’a eu d’action sur la bronchite sanglante.

C’est aussi le cas du malade de Pagniez et Ravina, dont l’affection est vieille de 14 ans, qui a résisté à plusieurs séries d’arsénobenzol et celui de l’obs. xxxxtr.

Sabrazès est du même avis: &« Les arsénobenzènes donnent peu de résultats dans la bronchite sanglante ».

Le docteur Pons arrive à la même conclusion.

Pour H. Violle, l’affection évoluerait spontanément vers la guérison; le traitement serait simplement reconstituant: nourriture abondante, vins toniques, arsenicaux (arrhénal) et localement: potions calmantes, ipéca, éméline.

Le professeur E. Cassaët, H. Bonnin et Guénard préconisent un traitement novarsénobenzolique ou bismuthique et, localement, des injections trachéo-bronchiques d’huile arsénobenzolée et d’huile au bleu de méthylène, avec des inhalations alcalines de vapeurs ammoniacales dirigées contre les spirochètes.

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Le médecin-major Pons préconise le traitement par l’iode, de même que Vacarezza (Il Amer. Med. Association, 1920) et Farah (11 Trop. Med., 1923).

Voici les détails du traitement employé par Najib Farah: l’iode a été employé parce qu’on a reconnu que des poules ayant reçu une injection d’iode ne contractent pas la spirochétose des volailles.

La préparation employée est le lipiodol, analogue à Piodipine, et contenant 54 p. 100 d’iode pur dans de l’huile de pavot.

Les injections intramusculaires sont peu ou pas douloureuses ; on fait une série de cinq à dix injections quotidiennes de 2 ce., suivie d’une série de dix à vingt piqûres tous les deux ou trois jours, suivant la tolérance du malade.

On observe un peu de sécheresse de la gorge et du nez, mais aucun phénomène d’iodisme.

Contre les hémoptysies: chlorure de calcium à l’intérieur. Localement, badigeonnage tous les trois jours avec un collutoire :

SPAS OL e AO OA RE TP TEE AU 1 partie Iodure de potassium.......... 1 partie Gbémine M er are tn: 30 parties

Ce traitement amènerait pratiquement la guérison à la fin de la deuxième série de piqûres.

Dans deux cas, le professeur Pevyrot a essayé un traitement iodé intensif en administrant la teinture d’iode à hautes doses, suivant la méthode de Boudreau, de Bordeaux. Les malades arrivaient à prendre MCCC à MD gouttes de teinture d’iode par jour; le résultat a été bon dans un <as, négatif dans l’autre, mais la bronchite de Castellani étant une affection à reprises plus où moins lointaines, il faudrait pouvoir suivre les malades pendant

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longtemps pour se faire une idée de la valeur curative d’un médicament. 54

Pour Grimault, le traitement se résumerait dans les grandes lignes suivantes : |

Eloignement du malade à la campagne; régime substantiel.

Médication arsenicale : tartre stibié à la dose de 15 à 20 centigrammes par jour; liqueur de Fowler, cacodylate, Galyl, Potion à la codéine, iodures de potassium et de sodium; glycérophosphates. .

Dans le service du professeur Peyrot, la prophylaxie à consisté à pratiquer des gargarismes et des attouchements. antiseptiques du pharvnx, des instillations nasales d’huile goménolée ou des applications de pommades antiseptiques, vu le grand nombre de bronchites de Castellant à début oculo-nasal. |

La méthode de Milne, dans les salles d’hôpitaux, pourrait être envisagée pour limiter la propagation de l’infec-. tion. |

A l'hôpital Michel-Tévy, l’atmosphère des salles est maintenu humide et antiseptique, grâce à des vaporisations d’eau contenant un mélange d’essence de térébenthine, de goménol et d’eucalyptol; le sol est lavé avec une solution faible de thymol; l’isolement des malades est réalisé. |

Les traitements employés par le professeur Peyrot ont été les suivants:

1° Injections intraveineuses de novarsénobenzol de 0,15 à 0,90, dont deux injections à 0,90, plus trente injections de biiodure de mercure à 0,02 centigrammes (obs. 1) : aucun résultat. |

2° Obs. IV. — Une série de sulfarsénol avec deux injections à 60, plus vingt injections d’hectine de 0,20 à 0,40;

au total, 3 gr. 60 d’ectine et 0,20 de biiodure de mercure: “aucun résultat; malgré ce traitement, institué pour sa syphilis, le malade expectore des crachats contenant de très nombreux spirochètes.

3° Obs. VI. — Le malade recoit deux séries de 914 Billon de 0,15 à 0,90; douze ampoules de Rubyl; vingt injections de biiodure: persistance des spirochètes.

4° Obs. XI. — [Le malade reçoit 4 grammes d’hectine; trois séries de sulfarsénol de 0,12 à 0,60, la dernière avec quatre doses à 0,60: les spirochètes sont toujours nombreux lors du dernier examen.

5° Obs. XII. — Le malade recoit 2? grammes de 914 et 2 gr. 44 de sulfarsénol: aucun résultat.

D'autre part, plusieurs cas de guérison ont été obtenus par l’emploi du stovarsol (obs. xxXIV, XXvV, XXIX, XXXI, XXxI1).

Le stovarsol, ou acide acétyloxyaminophénylarsinique, a été administré par la voie buccale, de la manière suivante : |

Soit 0,50 ou 0,75 pendant deux ou trois jours puis un gramme; soit un gramme d’emblée pendant une quinzaine ou une vingtaine de jours.

Les résultats microscopiques montrent la disparition des spirochètes. Aucun accident médicamenteux n’est à signaler. ù

Les effets, parfois heureux, du stovarsol se trouvent confirmés par le médecin major Fontanel, qui, à la Société Médicale des Hôpitaux de Lyon (3 juin 1924), rapporte la guérison d’un cas de spirochétose broncho-pulmonaire, «affection qui s’est montrée rebelle aux diverses médications employées jusqu’ici ».

Il s’agit d’un Arabe qui recut sans succès du 914 intraveineux (0,30, 0,45, 0,45, 0,60), de l’émétine, du hpiodol par voie buccale; il prend du stovarsol d’abord à raison de 0,75 pendant sept jours : rechute; ce n’est qu'avec 13 gram-

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mes de stovarsol en quinze jours que la guérison est obtenue sans incident. |

Dans un autre cas (obs. xxx), 80 ce. de sang total de convalescent de bronchite de Castellani sont injectés sous la peau de l’abdomen du malade; violente élévation de température à 40° dans les jours qui suivent; les examens de crachats ne révèlent plus de spirochètes, si nombreux avant cet essai. |

Dans ce cas, où l’injection de sang total d’un guéri de bronchite paraît avoir amené la disparition des spirilles, il convient de noter l’ascension thermique consécutive à l’injection, qui n’est pas de règle avec les injections sérothérapiques et paraît en rapport avec un phénomène de. shok comparable à ce qu’on observe avec le shok protéinique. |

Dans cette vue, dans un autre cas (obs. xxxr), ont été pratiquées des injections de lait, celles-ci ont été suivies d’une très légère ascension de température et aussi de la persistance des spirochètes dans les crachats.

Le bon résultat obtenu chez le malade de l’observation xxx n’est certes pas de nature à infirmer le principe rappelé par le professeur Sabrazès (Gazette Hebdomadaire des Sciences médicales de Bordeaux, 15 juillet 1923) que la sérothérapie antifusospirillaire n’existe pas, mais: il appelle l’attention sur un mode de traitement nouveau de la fusospirillose broncho:pulmonaire, qu’il serait: bon, vu son innocuité, en tenant compte des qualités respectives du sang du donneur et du récepteur, d'essayer à nouveau:

En résumé, il semble que, dans certains cas, le stovarsol, donné à doses suffisantes (environ 15 grammes au total), soit un médicament efficace; son emploi mériterait d’être suivi et contrôlé; mais il est certain aussi que certains cas de bronchite de Castellani guérissent en quelque sorte

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spontanément, sous l’influence d’une médication banale, ou même sans médication.

EvozuTIon

L'évolution de la bronchite de Castellani est très variable; à côté des cas plus haut cités de bronchite datant de plusieurs années et résistant à tous les traitements, d’autres cas semblent guérir sans le secours d’aucune médieation et relativement très vite, en quelques semaines; cer-

tains, porteurs de germes, vivent d’une vie normale, tout

en continuant à expectorer fort longtemps des spirochètes ; d’autres, au contraire, font un accident aigu, rapide, avec température, hémoptysie, grands signes stéthoscopiques, puis tout rentre dans l’ordre.

La plus grande variabilité règne encore dans l’évolution de cette affection, et l’on touche là à des problèmes certainement très complexes de conditions étiologiques, de terrain, de réceptivité, d’immunité naturelle.

Pronosric

Le pronostic de cette affection est, en lui-même, bénin; mais, par les lésions de l’arbre bronchique et par l’affaiblissement général de l’organisme, l’anémie, par les comiplications diverses qu’elle entraîne, et qui peuvent ne pas être rattachées à leur véritable cause, la porte ouverte à d’autres infections (pneumocoque, bacille de Koch, par exemple), par sa chronicité parfois désespérante, la bronchite fusospirillaire ne doit pas être considérée comme une affection insignifiante, exempte de danger.

Ni fo B.

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