‹ Fustel de CoulangesChapitre 73 sur 82 · LES DERNIERES ANNEES. 2S · texte numérisé non relu

LES DERNIERES ANNEES. 2S

o scientifiques », ù deviner leur tour d'esprit, h se faire sur eux une apioion réfléchie. Il repoussait énergiquement l'avis de ceux qui prétendaient réduire le rôle de l'École normnle à fabriquer tous les ans une quarantuîue de professeurs pour les lycées. Il voulait qu'elle [Ai une maison de haute culture, un foyer de n fortes et libres études » '.

C'était une de ses idées favorites que les institutions humaines doivent se modifier peu à peu sous l'action des événements, et non en vertu du caprice d'un individu. 11 appliquait

1. H. FuBtel ne ae préoccupait pas geulemoDt des élivea actuels de l'École ; il songeait Busai aux élèves futurs. Dans un rapport oTIiciel du 17 norembre 1880, il dit qu'il est très ottentif n à la monière dont les aspirants se préparent au concoure de l'année prochaine », et il propose an ministre la rérorme suivante, i 11 tous appartiendra de voir s'il ne conviendrait pas de créer, comme couronnement des études littéraires, une classe que l'on pourrait appeller rhétorique supérieure ou piaW philosophie supérieure . On y achèverait l'étude des trois littératures classiques, du grec surtout, et du français du moyen ftge; ou y étudierait les antiquités grecques et romaines, et les institutions de la France; on prendrait quelques notions du droit, de l'économie politique, de la diplomatie. Les exercices et«les travaux seraient de telle nature que les élèves apprendraient à parler avec ^Al. Cette classe préparerait, non plus au baccalauréat, mais à l'École de droit, à l'École des chartes, administratives. Je souhaiterais, qu'elle n'eiis trois lycées de Paris et dans quatre ou cincj I;

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PtJSTEL DE COULANCBS.

ce principe à l'École comme à tout le reste. Dans la notice qu'il lui a consacrée *, il constate qu'elle a toujours suivi la même voie et que les administrations les plus tyranniques n'ont jamais pu l'asservir à leurs desseins particuliers. « Les gouvernements ont changé sans qu'elle changeât, ou plutôt elle n'a changé que par un progrès spontané et naturel. »

Très vlvace à travers tous les régimes, très indépendante d'esprit, très obstinée au travail, elle s'est créé sa méthode philosophique, « éloignée des chimères et un peu rebelle aux systèmes », sa méthode historique, «aussicontraire aux généralités vagues qu'aux minuties », même son style, « dont la marque est la simplicité, et qui ne souGTre ni le déclamatoire, ni le vul-

M. Fustel aimait tout en elle, à < par l'internat, qui est, pensait-il, « une grande force quand on le comprend non comme moyen de compression, mais comme moyen

1. En m'enToyant cette brochure, M. FuBtel m'écrivai'l : - Voui y Bentirei quelques-unes des idées qui m'ont guidé pendant mon passofe a l'École. ■

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