‹ FuturaChapitre 92 sur 131 · ACTE IV. -^ SCENE IV. l'Jl · texte numérisé non relu

ACTE IV. -^ SCENE IV. l'Jl

En grâce? il sent au fond que ses instants sont courts Et, chair pas encor morte et déjà })as vivante, Lardé d'inquiétude, embroché d'épouvante, 11 cuit à petit feu deux mois dans son cachot; Alors le bourreau met la table, et servez chaud ! C'est d'un tendre ! Yois-lu l'abîme qui sépare Votre massacre épais de notre meurtre rare, Votre hachis tout cru de gros péril salé De notre fin cadavre à point et rissolé?

Voilà, noble shako, quel est mon ordinaire. Mais, tout en préférant mon mode culinaire, Je ne dis pas non plus tes massacres malsains. Je ne méprise pas les autres assassins. Condottiere, je suis juste pour toi, la guerre A son atrocité; c'est grossier et vulgaire. Mais c'est toujours tuer, et nous sommes d'accord En ceci que tout meurtre est bon. Vive la mort! L'odeur du sang humain embaume ta moustache. Soyons amis. L'épée est la sœur de la hache, Et nous nous complétons tous deux, la quantité Étant à l'un et l'autre ayant la qualité. Frère, c'est donc à tort que contre moi tu grognes. Toi le gourmand et moi le gourmet des charognes.

Mouvement dans la foule.

FOUURAILLON.

Lo coi'lège !

On se bouscule.

FOURR -VILLON.

Quel flot! — Ilohé!

A un gros homme qui l'écrase.

Tiens, rélépbant Qui n'est plus au Jardin des Plantes !

Recevant sa voisine dans l'estomac.

Chère enfant , Soyons sage. En public !

LA VOISINE

C'est le flot qui m'enlève.

FOURRAILLON.

Flot héroïque! — Assez d'attouchements, vieille Eve!

Il se dégage.

Mais qu'est-ce que j'ai donc dans les yeux? J'ai cru voir Monter à l'échafaud un grand fantôme noir. Mais oui !

Le juge est monté, puis une figure qu'un voile noir cache de la tête aux pieds.

Je suis pourtant dans mon état lucide.

— Serait-ce une surprise aimable, un parricide Qu'on nous décollerait par dessus le marché?

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