‹ Future pretresChapitre 10 sur 94 · III · texte numérisé non relu

III

On ne peut nier les faits de cette nature : ils sont, hélas ! trop nombreux ! Àlais prouvent-ils la rareté extrême de la grâce de la vocation ? Donnent-ils le droit de conclure que, là où l'on n'a plus de séminaristes, c'est la marque que Dieu a cessé pour sa part de se « recruter » des prêtres ?

Il semble bien que non. Dieu ne manque jamais à son Eglise, même dans les pays les moins favorisés... ce sont plutôt ses serviteurs qui sont inférieurs à leur mission. En effet, comment expliquer autrement des traits du genre de celui-ci : pendant de longues années aucun aspirant au sacerdoce n'est sorti d'une paroisse, alors que dans les paroisses voisines, fort peu différentes d'esprit et de mœurs, la source ne s'est jamais tarie. Pourtant le curé, qui préside à ce pays stérile, est réputé à juste titre pour un excellent prêtre... Voici que ce pasteur très respecté a un successeur... Un an, deux ans après, la tradition longtemps interrompue se renoue : quelques enfants se préparent à entrer au petit séminaire.

Ailleurs, au fond d'une région à la foi « dévastée », apparaît dans quelque presbytère un « homme de Dieu », d'une vie intérieure profonde et d'un zèle apostolique à toute épreuve. Autour de lui se constitue dans ce « sahara » une oasis, ce que l'on a appelé un « îlot de sainteté », d'où à brève échéance sortiront des vocations.

Que signifient ces constatations ? Que là où les aspirants au sacerdoce se raréfient, la Bonté divine doit être mise hors de cause, mais que par contre le dommage est imputable à l'impéritie, à la négligence, ou à la malice humâmes.

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