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AVANTAGES DE LA FAMILLE NOMBREUSE

ils finissent par céder. Dieu en profite non seulement pour prendre le fils à son service, mais aussi pour amener, un jour, à la vie chrétienne, les parents, qui, la plupart du temps, n'attendent même pas la date de la « première messe », pour revenir à la véritable piété.

Ces cas extraordinaires sont rares. Ce ne seront jamais les familles stériles qui assureront le recrutement du clergé, mais les familles nombreuses.

Dans un foyer peuplé, tous les éléments favorables peuvent aisément se rencontrer pour concourir à Péclosion des vocations sacerdotales. En premier lieu, il faut noter la vertu des parents qui n'ont point craint, pour obéir à la loi divine, (l'accepter les plus lourdes charges. Toute peine mérite salaire. L'un des plus beaux paiements que puisse offrir le Très-Haut à des époux de cette valeur chrétienne, n'est-ce pas de prendre un de leurs enfants pour « l'élever au rang des princes de son peuple » (1).

L'enfant lui-même aura des facilités spéciales pour comprendre l'appel de Dieu et s'y soumettre docilement. Il est, en effet, accoutumé, par sa situation même, de quatrième, de sixième ou de neuvième venu dans la série fraternelle, à se priver, à porter des habits sans prétention, à ne jamais paraître seul en évidence nulle part : l'humilité de la voie sacerdotale ne l'effraye pas... Il est habitué à entendre dire qu'il lui faudra gagner sa vie, prendre un état, que le petit capital familial sera

(1) Ps. CXII, 8.

poussière une fois divisé : la pauvreté et le travail de la vie du séminariste et du prêtre ne lui répugnent pas... Il sait que ses parents n'ont nullement la prétention de retenir tous leurs enfants dans leur « giron », que ceux qui voudront se faire marins, soldats, colonisateurs en auront la liberté : l'entrée au séminaire ne lui paraît pas pénible... pas dur non plus le départ dans une congrégation... la vie de missionnaire, là-bas, tout là-bas, au cœur de l'Afrique, de la Chine ou de l'Océanie, lui sourirait... Quand l'enfant viendra s'ouvrir de ses projets à son père ou à sa mère, ces braves gens seront aussitôt honorés du choix de Dieu. Ils ne penseront même pas à contrecarrer une telle décision. N'ontils pas, s'il faut se séparer de celui-ci, et lui voir suivre les chemins du renoncement, quelque autre de leurs enfants destinés à rester auprès d'eux, et à leur assurer le pain de la vieillesse ?

Que les œuvres de Dieu sont belles ! Les familles qui vivent dans l'ordre moral, sont, par leur nature même, le milieu le plus favorable qui soit au monde à l'épanouissement de toutes les vertus.

C'est pourquoi, dans l'intérêt même du recrutement sacerdotal, l'un des premiers devoirs du prêtre est de travailler de toutes ses forces à la moralisation et à la sanctification des époux. On ne se rend pas assez compte des services de toutes sortes que l'on rend à la société chrétienne en essayant dr donner aux familles les vrais principes) qui doivent les .guider. Plus d'un prêtre, préoccupé d'obtenir l'instruction matrimoniale nette et solide des fiancés, qui vont s'unir demain, a peut-être accompli ce bienfaisant apostolat, sans se douter

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