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LA PREMIÈRE SÉLECTION

l'attention, et demeure dans la mémoire. De son côté, le prêtre ne manquera pas d'examiner l'attitude que prend chacune des âmes enfantines en présence de la vérité religieuse. Il remarquera bien vite chez ses petits auditeurs des impressions très différentes. Ceux qui sont à la fois intelligents et bien formés à la maison récitent sans aucune hésitation la lettre et s'intéressent vivement à la parole de leur maître ; ils répondent les premiers aux questions et mettent on pratique avec ardeur, au sortir de l'église, les conseils de piété, les invitations à l'effort et au sacrifice qu'on leur a donnés. Les enfants de cette nature ne sont pas toujours nombreux, mais il est rare de n'en pas rencontrer.

A-côté de cette élite, il y a la masse qui atteint à la « bonne petite moyenne », dont est faite l'ordinaire médiocrité. Ces enfants-là apprennent leur leçon, la récitent, mais sans y marquer d'intérêt, pas plus qu'aux explications. Qu'on pardonne l'expression, quelques-uns « avalent » la vérité parce qu'on les y force, comme une volaille qui se laisse gaver, mais ne se nourrit pas. Au-dessous de ceux-là, quelques déshérités intellectuellement et moralement représentent la nullité complète, l'inattention, la dissipation, quand ils n'apportent pas à l'acceptation de la doctrine chrétienne une résistance voulue — hostile parfois — puisée dans un milieu familial à principes anti-religieux.

Ces remarques judicieuses procurent déjà, en vue du recrutement sacerdotal, un premier résultat : elles établissent, on peut dire automatique/ment, une sélection parmi les enfants. Ce seront ceux de la première catégorie, cette élite attentive, pieuse et

généreuse, qui fournira probablement les vocations, s'il doit jamais en sertir de cette « promotion ».

Ce premier triage a son importance. Il indique au prêtre sur qui porter plus particulièrement les efforts de son zèle en vue de susciter un élan vers la piété et de faire goûter les beautés de l'idée sacerdotale.

Ce sera au moment de la première communion privée que le prêtre commencera à lever un petit coin du voile devant les yeux de l'enfant. Il faut, qu'avec 1' « âge de raison eucharistique », naisse en même temps dans la délicate petite âme la connaissance du sacerdoce. Ces deux idées, du Prêtre et du Sacrement de l'autel, sont tellement corrélatives, qu'on ne voit aucune difficulté à les joindre dans l'esprit du futur petit communiant. Après qu'il a saisi ce qu'est le pain consacré, il est facile de lui faire comprendre la grandeur de celui qui le consacre, le fait adorer et le distribue aux fidèles. Cette association d'idées si naturelle, et si logique en même temps, aura des chances, pourvu qu'elle ait été solidement établie, de constituer dans la •■ velle » enfantine un élément d'activité, ou, comme on dit en psychologie, une « liaison dynamique », une « image motrice » qui, si elle se fortifie par des apports successif:; deviendra peut-être dans la suite une cause extraordinaire d'énergies. Les pre miers groupements de représentations, qui se for ment dans une substance cérébrale très neuve et très souple, s'impriment avec tant de vivacité qu'il resteront toujours ceux que l'âme retrouve ave

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le plus de plaisir dans sa « boite à images » it contemple avec le plus d'insistance.

Convaincus de ces vérités, que les prêtres, chargés de préparer à la première communion privée ces enfants pieux et bons, cpii font partie de l'élite de leur catéchisme, n'hésitent donc pas à se faire, en même temps que les apôtres ardents de l'eucharistie, les admirateurs enthousiastes du sacerdoce auquel Notrc-Seigneur a confié son divin Sacrement.

La pensée de la « grandeur sublime du prêtre » devra s'imposer encore davantage à l'heure importante et grave de la Retraite de première Communion solennelle.

Pour remplir sa tâche comme elle doit l'être, le prédicateur des saints exercices, que l'on fait suivre aux enfants durant ces trois jours, sera un propagandiste puissant de « l'idée sacerdotale ».

En eil'et, quel est le but de cette retraite ? C'est évidemment de purifier les cœurs en vue de la digne réception du .Sacrement, mais c'est par dessus tout de leur donner des lumières éclatantes sur la notion de l'Eucharistie, et la valeur infinie du Sacrifice de Notre-Seigneur ; en un mot, une retraite de première communion est destinée à attirer, autant que possible, au centre même de la Religion, qui est la .Messe et la Présence réelle, ces âmes débutantes dans la vie chrétienne.

C'est pourquoi on attend d'une série d'instructions, dirigées vus ce but, d'être autre chose qu'une mission pour la conversion des pécheurs. Il est

toujours excellent de rappeler les fins dernières, aussi peut-on désirer quelque bon sermon sur la mort ou l'enfer ; il est indispensable que les jeunes espiègles fassent une bonne confession, c'est pourquoi le prédicateur devra insister sur l'accusation loyale et la contrition ; mais on ne comprendrait pas que, dans cette retraite, une large part ne soit pas faite à l'Eucharistie, à sa merveilleuse grandeur, à ses prodigieux effets, et, par une suite qui s'impose, à la dignité incomparable de ceux qui en sont les ministres et les dispensateurs.

Les enfants sont légers et ne se fixent qu histoires, aux comparaisons, aux sentiments. Ils donnent par là même l'occasion de concrétiser l'enseignement au moyen de ces traits magnifiques dont est remplie la vie des saints, et qui forment dans leur ensemble l'éloge admirable et profondément vécu du Sacerdoce et de l'Eucharistie. On a quelquefois grand regret de voir préférer à ces saines et authentiques « leçons de choses », des exposés abstraits ou des bluettes dont le fond doctrinal est bien pauvre. Il faut demander la clarté à ceux qui l'ont eue débordante : tel trait d'amour ou d'héroïsme envers Jésus-Hostie, donné par un saint personnage, peut être une lumière et une indication pour une mue. La façon dont un saint François d'Assise agissait à l'égard des prêtres, les paroles que prononçaient sur le sacerdoce un saint Philippe de Néri, un saint Vincent de Paul, un Curé d'Ars, la manière dont ils se préparaient à leur messe et la célébraient, ont inspiré à plus d'une âme l'idée d'imiter de tels exemples.

C'est de ces traits vrais et vécus, contenant une

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