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T.A CLASSE D'INSTRUCTION RELIGIEUSE

Laquelle on ne saurait apporter trop de préparation et de soins, tant dans les Petits-Séminaires, que

dans les autres maisons d'éducation.

11 faut partir de ce principe que « jamais on ne peut être assez instruit de la religion ». La plupart dts faiblesses des âmes catholiques ont pour cause l'ignorance. 11 y a une nécessité pressante à dissiper les nuages qui peuvent cacher la vérité aux esprits. Plus le collège initiera ses élèves aux secrets de la doctrine révélée, plus il formera de chrétiens et davantage aussi il préparera des « futurs prêtres. »

La première préoccupation de la maison d'éducation, et à plus forte raison du Petit-Séminaire, doit donc être d'apprendre aussi solidement que possible à leurs enfants l'apologétique, le dogme et la morale chrétienne.

Pour arriver à ce hut, le premier soin des éducateurs sera de mettre en grand honneur la classe d'instruction religieuse. Il suffit d'avoir passé quelque temps dans le professorat pour constater combien on a de peine à atteindre ce premier résultat ; il semble, en effet, très difficile d'amener les jeunes gens à considérer cet enseignement comme supérieur à tous les autres. La principale raison de cett« tendance, qu'ont les élèves à manifester pour cette classe une estime très modérée, est celle-ci : « On ne demande pas de religion au baccalauréat ! » C'est malheureusement vrai ! Par suite de l'aberration laïque, nos examens modernes mép sent ia « seule Science ». Mais le meilleur moyen d'obtenir, un jour, le retour au respect officiel de la religion catholique, n'est-il pas de redoubler

d'efforts pour entourer dans la maison chrétienne les cours d'instruction religieuse des honneurs qui leur sont dûs ?

On y parviendra au moyen de sanctions exceptionnelles : récompenses spéciales aux enfants qui manifestent pour cette étude du travail et de la bonne volonté ; punitions sévères pour les paresseux ou les récalcitrants... il faut prendre l'être humain tel qu'il est : il mesure l'importance des choses à la gravité des conséquences immédiates qu'elles comportent pour lui-même.

Mais à côté de ces procédés d'ordre inférieur, il y a ceux de la persuasion. Le Supérieur, au cours des conférences spirituelles, les professeurs en classe, auront à cœur de faire comprendre par degrés aux élèves la valeur de la science divine. Si, depuis la sortie des catéchismes — ces classes élémentaires de doctrine — les enfants entendent redire l'importance unique qu'aura dans leur vie la connaissance de Dieu ; si, d'autre part, une solide habitude de la piété et la fréquentation de la Sainte Eucharistie éveille en eux le goût des choses surnaturelles, on finira bien par obtenir pour le cours de religion une émulation encore plus vive que pour celui de physique ou de géométrie !

Mais, de son coté, il faut que le professeur soit à la hauteur de sa mission. Il n'est pas tenté, comme les élèves, de voir dans la classe de religion un hors-dfœuvre ; son zèle pour le recrutement sacerdotal ne peut négliger l'occasion qui lui est offerte d'ouvrir aux âmes les grands horizons des vérités chrétiennes. Toutefois, les qualités requises pour réussir dans ce difficile et délicat enseignement, ne sont pas données à tout le monde. Tel

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ant professeui aatiques serait un gla-

maître d'instruction religieuse. Pour rendre

attirant l'exp isé de l'apologétique, ciu dogme et de

la morale catholiques, il faut une onction, un art de

persuasion, une connaissance des âmes qui ne sont

le partage de tous. C'est pourquoi il serait à souhaiter qua cet enseignement, si important, fût confié, non pas indistinctement à chaque professeur dans sa classe, mais à des « spécialistes », qui ont fait leurs preuves. Plusieurs maisons sont depuis longtemps entrées dans cette voie en se aant un « aumônier » ou « père spirituel », choisi parmi les plus éminents. Ce prêtre chargé

cours de religion, est en même temps particulièrement offert au choix des élèves comme directeur de conscience. Il doit jouer dans la maison, en vue du développement de l'esprit chrétien et de la

ance des vocations sacerdotales, un rôle de première importance.

rès l'instruction religieuse, l'enseignement qui peut avoir le plus d'influence sur l'avenir chrétien des jeunes gens et sur l'éclosion des appels au service de Dieu, est celui de la philosophie.

On n'a pas idée du bien ou du mal qui peut résulter de cette classe, selon qu'elle est faite selon les principes chrétiens de la philosophie traditionnelle et scolastique, ou qu'elle cède aux théories modernes, si creuses d'idées et si dangereuses dans leurs conséquences. Vouloir suivre le programme du baccalauréat tel qu'il se présente, c'est jeter les âmes dans une série d'erreurs dont les conclusions

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logiques mèneraient à la négation de l'âme spirituelle et à la suppression de nos certitudes rationnelles. Le « schéma officiel » actuel met, en effet, sur le même rang les facultés sensitives de l'animal et les facultés rationnelles de l'homme, qui sont pourtant séparées par un abîme infranchissable ; il prend la réaction émotionnelle pour une faculté égale à l'intelligence et à la volonté ; il oublie la métaphysique, relègue Dieu à l'arrière-plan. Entrer dans ces vues serait risquer de troubler les âmes et peut-être de faire perdre la foi à celles des intelligences qui poussent à bout leurs raisonnements. On comprend la parole qu'adressait à un jeune professeur de philosophie un supérieur de collège, ancien professeur de philosophie lui-même : « Vous avez en mains une arme à deux tranchants, veillez à consolider la foi, car des imprudences pourraient la faire perdre I » Ce même supérieur, devenu évêque, instruit par sa longue expérience, a supprimé de son Petit-Séminaire, la classe de philosophie et l'a reportée au Grand-Séminaire. Là, les « futurs prêtres » sent initiés pendant deux ans à la science catholique, solidement basée sur le bon sens et la réalité prémunie contre l'erreur par son respect de la révélation, et qu'on appelle la « Scolastique ». Défense est faite au professeur de parler baccalauréat aux élèves, qui seront pourtant, à la fin de leur cours, parfaitement préparés à y réussir, parce qu'ils auront eu perpétuellement l'occasion de se mettre en face de la philosophie moderne, dont ils sont en mesure d'apprécier les faiblesses sur tous les points où elle s'écarte de la véritable sagesse catholique. Ainsi sont évités ces égarements malheureux dans lesquels certains professeurs

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croient bien faire de jeter les intelligences en vue du q diplôme . Aucun esprit formé à cette robuste école n'oserait proférer ce qu'un philosophe, petitséminariste, exprimait à l'un de ses bienfaiteurs : « Les problèmes de l'inconscient, du moi et de l'idée m'ont passionné au plus haut point. Je crois que, comme opinion, je serais plutôt praginatiste... » Les initiés, qui savent en quoi consiste le pragmatisme, cette doctrine d'utilitarisme intellectuel, qui ajoute foi aux choses, non dans la mesure où elles sont vraies, mais dans celle où elles sont . 'peuvent apprécier dans quelle voie périlleuse ce brave enfant était lancé. Heureusement la plupart des jeunes gens font table rase de leur bagage universitaire en entrant au Grand-Séminaire. Si le dommage pour ceux-là se borne à la perte d'une belle année de formation intellectuelle, n'y en a-t-il pas quelques-uns qui ne se sont jamais remis du désordre jeté dans leur âme ?

Mais, par contre, combien de bienfaits apporte à la jeunesse la classe de philosophie, quand elle est fortement dirigée ! Cette science, expression de la sagesse humaine, exerce d'une façon spéciale la raison dont elle élargit les horizons, en lui faisantapprofondir les causes de toutes choses. Elle introduit dans l'âme, l'équilibre, la précision et la logique, en développant ses facultés intellectuelles et lui apprenant à se soustraire à l'empire des émotions. En cette année bénie, le jeune homme « prend possession » de sa raison et de son jugement ; c'est l'époque où il commence à peser ses responsabilités, et à réfléchir, non plus d'après ce que disent les autres, mais d'après ce qu'il pense lui-même. Comme la saine philosophie lui apporte des appré-

dations exactes sur ia véritable valeur du monde extérieur et des idées, sur la nature de i'àme et de Dieu, le jeune élève lient entre ses mains les éléments qui lui permettront d'étayer ses décisions et d'orienter d'une façon définitive ses premières démarches dans la vie.

On voit, par ces quelques aperçus, l'influence que possède la classe de philosophie sur les vocations. Les jeunes gens qui portaient déjà dans leur cœur quand ils y sont entrés l'appel de Dieu, apprendront à en apprécier l'immense valeur. Les raisons qui les pressaient d'y répondre se préciseront et se i'ortifieront ; leur résolution de se consacrer au service divin, jusque là peut-être trop exposée au revirement des impressions, s'appuiera désormais sur les bases inébranlables de la vérité mieux connue et profondément aimée. Le vouloir, au cours de cette année exceptionnellement féconde, se sera victorieusement armé pour les luttes à prévoir.

Parmi ceux qui, au Collège, se sont assis autour de la chaire du professeur de philosophie sans idée de vocation, les uns n'entreverront jamais comme avenir que la vie dans le monde : ils sont destinés par la Providence à former cette élite de pères de famille, de ia vertu desquels la société chrétienne attend sa prospérité; les autres, plus préoccupés de pénéTfer la raison des choses, essaieront de pousser jusqu'à leurs dernières conclusions les prémisses posi gence par l'ensei-

gnement philosophique. En présence des graves problèmes de Dieu, du monde, de l'infini, de la responsabilité, leur esprit se livrera à de sérieuses dations qui, peu à peu, créeront à l'intérieur

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