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LES ŒUVRES DE VOCATIONS

maudite question d'argent arrêter l'essor de belles vocations. Qu'il serait triste d'entendre des paroles comme celles que prononçait un curé très zélé, et habitué à former beaucoup de prêtres, mais aux prises avec de terribles difficultés pour l'acquittement des nombreuses pensions d'enfants de sa paroisse : « Désormais, déclarait-il mélancoliquement, je ne pourrai orienter vers le sacerdoce que des enfants de famille aisée ! » Pourtant le Bon Maître a besoin d'ouvriers... et parmi eux les pauvres ont, de sa part, une tendre sollicitude.

Heureusement la charité chrétienne est un abîme insondable ! Que de personnes riches et pieuses se font une joie d'adopter quelque élève du sanctuaire ! Rarement les appels en faveur des séminaristes sont restés sans écho. Compienant qu'à notre époque de vie chère, d'argent déprécié et de charges fiscales croissantes, les classes moyennes, d'où sortent la plupart des vocations seraient de moins en moins capables de payer les pensions de leurs « futurs prêtres », beaucoup d'évêques ont sagement pensé qu'il fallait grouper les initiatives individuelles, afin d'assurer à leurs séminaires des ressources qui suppléeraient à la pauvreté des familles. Ils ont fondé des Œuvres de Vocations qui toutes ont donné les plus consolants résultats, même dans des diocèses que l'on croyait incapables de tels efforts. Cet empressement des fidèles à répondre à la demande de leurs Chefs spirituels a été merveilleusement récompensée : partout où la charité s'est exercée généreusement, des recrues ont du même coup commencé à apparaître. Cette relation n'a rien qui puisse étonner : le zèle dépensé à soutenir matériellement les vocations s'est, par

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un élan tout naturel, employé en même temps à les faire naître.

« Plaie d'argent n'est pas mortelle ». L'Eglise de France, appauvrie par les ruines accumulées au moment de la Séparation, reconstitue peu à peu ses œuvres essentielles et reprend son essor merveilleux. Que Dieu en soit loUé éternellement !

Mais si les chefs des diocèses se mettent en mesure de ne pas entraver pour du « vil argent » les vocations naissantes, faut-il conclure die là que les familles doivent être désormais déchargées visà-vis de leur « futur prêtre » de tout souci matériel ? Non, ce serait une faute pleine de déplorables conséquences.

On n'a pas le droit de faire peser sans raison sur des épaules étrangères les charges que Dieu à mises sur celles des parents. La charité ne peut, en effet, être invitée à payer les dettes d'un autre qu'à partir du moment où cet autre ne peut plus en justice y suffire. Il faut donc qu'avant de recourir aux « Œuvres de Vocations » la famille ait accompli pour l'élu de Dieu les sacrifices qu'jelle est an mesure de s'imposer. Il est excessivement rare que des parents, même réputés peu fortunés, ne puissent rien donner. C'est au curé ou au directeur d'arrêter avec eux leur quote-part en argent ou même, dans certains cas, en nature aux frais d'éducation. Dieu fait à cette famille la plus insigne des faveurs, qui sera pour elle une source de bénédictions temporelles et éternelles, et elle hésiterait à concourir de ses deniers à l'obtention de cette grâce ? N'eston pas obligé de qualifier d'injustice la conduite de parents qui, par exemple, prétextant leur gène,

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