CHAPITRE PREMIER
Pour aspirer à la dignité sacerdotale, il faut y être appelé : « Personne ne doit désirer l'honneur d'être prêtre s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron » (1).
Mais en quoi cons'ste cet appel ? Quels sont sa nature, ses éléments constitutifs, sa nécessité, sa fréquence ? Quelle part doivent prendre dans sa production la grâce divine et les efforts humains ? Voilà toute une série de problèmes qu'il est indispensable d'élucider, afin de donner aux éducateurs les lumières dont ils ont besoin pour éclairer leur zèle de « recruteurs du clergé ».
Au début de l'Eglise, nous voyons Noire-Seigneur s'adresser directement à ceux qu'il veut appeler au sacerdoce pour les inviter à le suivre. Nous lisons dans l'Evangile le récit touchant de la vocation des Apôtres. Saint Paul est « désigné » aussi lui sur le
CD Hebr. V, 4.
[Cil ;. /
chemin de Damas et reçoit d'une façon inattendue l'appel divin.
Cette « vocation officielle » au sacerdoce n'a pas cessé de s'exercer dans l'Eglise. Les évêques, successeurs des Apôtres, qui possèdent sur la terre l'autorité de Xotre-Seigneur Jésus-Christ et continuent à l'exercer, sont chargés « d'appeler » au service de l'autel les sujets qu'ils croient susceptibles de remplir d'une façon digne et sainte les fonctions sacrées. Quard, après avoir réfléchi et prié, ils décident de conférer les ordres à un jeune homme, l'aspirant au sacerdoce doit considérer cet s appel canonique » comme l'expression officielle de la volonté de Dieu sur lui. Sans cette désignation par l'autorité ecclésiastique, il ne saurait prétendre à devenir prêtre : en effet, eût-il la ferme intention de se donner à Dieu, les aptitudes requises et l'attrait pour ce saint état, cet ensemble de qualités ne lui conférerait aucun choit à recevoir l'ordination, si le pouvoir qui, seul dans l'Eglise de Jésus-Christ a reçu la mission de recruter les ministres dont elle a besoin, se refusait à le revêtir de la dignité sacerdotale (1).
Sans appel officiel de l'Evèque, il ne peut donc y avoir de vocation proprement dite. Mais l'Evèque, de son côté, ne peut se passer, pour conférer l'ordi-
(1) " Neminem huberc anquam jus ullum ad ordinationem antecedenter ad libérant clcclinnem episcopi. Personne n'a de droit à l'ordination avant le libre appel de l'Evèque. » (Décision de la Commission des Em. Cardinaux approuvée par Pie X, 1er juillet 1912).
nation, du concours de l'élu. Il faut que le futur prêtre, consentant à être élève au sacerdoce, ait la ferme intention d'entrer dans l'état ecclésiastique.-
« Je veux être prêtre », tel est l'acte de volonté que doit exprimer l'ordinant, pour recevoir vali dément le caractère sacré et les pouvoirs qui en découlent. Que cette intention soit absolument nécessaire pour qu'un homme puisse devenir prêtre, c'est une vérité dont le plus élémentaire bon sens montre l'évidence. Si quelqu'un peut à la rigueur être décoré du titre d'avocat ou de médecin, malgré lui, personne ne peut accéder au ministère sacré sans y avoir consenti.
Cependant cette intention, quoique suffisante pour assurer la validité des ordinations, serait coupable si elle n'était pas droite, c'est-à-dire inspirée par un motif surnaturel, qui est la volonté de recevoir le sacerdoce en vue des fins mêmes que Notre- Seigneur lui a assignées, la glorification de Dieu et le salut des âmes. Un aspirant qui désirerait la prêtrise pour des raisons d'intérêt matériel, par exemple pour son honneur personnel, son influence, l'argent... tromperait l'Eglise et commettrait un grand sacrilège. L'intention droite est, au contraire, inspirée par les considérations surnaturelles d'amour de Dieu, d'union plus étroite à Jésus-Christ, Souverain Prêtre, de soif pour la conversion des pécheurs et le perfectionnement des justes.
Si l'intention est absolument nécessaire dans le sujet qui désire le sacerdoce, elle ne constitue pas à elle seule une preuve de vocation. En réalité,