LA LASSITUDE PHYSIQUE
temps. Cette « construction » de la maison ne s'opère pas sans de rudes fatigues. Malheureusement les conditions, dans lesquelles se trouve placé le jeune organisme, ne lui sont pas toujours favorables.
Dès lors, fréquemment, on assiste à un amoindrissement des forces chez le laborieux étudiant. Il perd peu à peu son embonpoint, ses fraîches couleurs et ressent une impression d'épuisement. Comme il est énergique, il ne s'écoute pas, ne profère aucune plainte et supporte vaillamment ses malaises. Pour ne rien perdre de ses études et ne pas abandonner la supériorité que son assiduité lui a donnée sur les camarades, il se penche avec uae ardeur redoublée sur les livres et les cahiers, sans penser qu'à cette activité sédentaire, dans l'air raréfié de l'étude, ses poumons respirent mal et son thorax ne se développe pas. Etant toujours las, l'élève anémié joue peu aux récréations, et, sous un prétexte de fatigue, demande à ne pas suivre les promenades : il se refuse ainsi le supplément d'oxygène dont il aurait si grand besoin !
Les (mois s'écoulent... mais tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise... Comment se dénouera cette situation ? Un jour l'enfant plus fatigué qu3 de coutume se présente à la visite du médecin. Le praticien, après une longue auscultation, déclare que ce jeune homme, p. comme on dit, « quelque chose à la poitrine >. Diagnostic terrible, dont on préfère ne pas envisager les conséquences, qui sont des mois de repos, d'éloignement du Séminaire ou du Collège... le risque terrible tic l'oisiveté... mauvaises compagnies et du laisser-aller...
Quelquefois le mal n'est pas si profond : le malaise physique ne dépasse pas la « dépression générale » avec engourdissement des forces. Les conséquences de cet état, quoique moins fâcheuses, sont cependant bien redoutables. Après un certain temps d'énergie dans 'la réaction, le moral tombe à plat. L'enfant a tendance à s'abandonner, le travail baisse, le goût de la vocation décline : c'est îe nuage épais, impénétrable qui passe sur l'âme. La tentation de découragement, telle qu'elle a ùlidécrite au début du présent chapitre, apparaît comme la suite fatale de la diminution physique.
Ici la bonté du directeur, son affection, ses précieux conseils ne suffiront pas à remettre en selle le cavalier désarçonné. Il est urgent de recourir en même temps à des moyens hygiéniques et médicaux. Hélas ! faut-il l'avouer ? il peut se trouver quelques guides spirituels, qui ayant pourtant passé par ces épreuves de l'adolescence, pensent à peine à s'occuper du corps, absorbés qu'ils sont par les soins de l'âme. « Vous les traitez comme des fillettes ! » Tel était le reproche adressé à un professeur, qui se permettait de réclamer des égards spéciaux et un régime approprié pour certains de ses élèves souffrants. Il ne s'en fallut pas de beaucoup que le refus des précautions demandées n'eût pour conséquence d'arrêter ces enfants sur le chemin du sacerdoce.
Ne pourrait-on pas conjurer ce péril de l'anémie, de la tuberculose, de l'entérite, de tous ces malaises qui surviendront toujours trop fréquemment dans les maisons d'éducation ? On a songé dans la plupart de nos Petits-Séminaires et de nos Collèges à